SARCOME DE. LA PEAU
Le sarcome cutané survient rarement et constitue ordinairement la métastase d’un sarcome des ganglions lymphatiques ou d’organes profonds. Il revêt parfois la forme du sarcome pigmentaire, se développe sur un nævus et, comme les sarcomes en général, a une grande tendance à s’étendre et à se généraliser.
Cependant on observe aussi des sarcomes sous forme de nodosités isolées. Ainsi j’ai vu dans ces dernières années, chez un homme jeune, un sarcome à cellules fusiformes en forme bouton à la face antérieure de la cuisse; une tumeur ombiliquée, de la dimension d’une pièce de 5 francs en argent, chez un homme, entre les épaules. On extirpa les deux tumeurs et il ne survint pas de récidive.
Gomme sarcomatose généralisée, on voit se former tantôt un sarcome pigmenté provenant d’un nævus pigmentaire en dégénérescence sarcomateuse, à évolution constamment fatale et tantôt une deuxième forme consistant en nodosités rouge pâle, du volume d’un pois et même plus grosses, que Kôbner a décrite et dont j’ai vu également deux cas et qui peut céder au traitement par l’arsenic (injections sous-cutanées, Kôbner).
J’ai décrit, en 1872, une forme typique spéciale à la peau, le sarcome pigmentaire multiple idiopathique ; j’en ai vu jusqu’à présent douze cas, tous chez des hommes, et, depuis, Tanturri, Wiggelsworth et Al. Donner en ont aussi observé plusieurs exemples. 11 apparaît en même temps aux deux pieds et aux deux mains, à la plante et à la paume, sur le dos; puis il s’étend sur les jambes, les cuisses et les bras, et au bout de deux à trois ans atteint la face et le tronc. Il débute sous forme de nodosités de la grosseur d’un grain de plomb, d’un pois, d’une fève, brun rougeâtre ou rouge bleuâtre, arrondies, dures, discrètes, et disposées irrégulièrement ou confluentes, et d’infiltrats diffus sur une surface de l’étendue d’une pièce de 50 centimes à celle de la paume de la main. Les pieds et les mains sont épaissis, déformés, douloureux spontanément et à la pression ; les doigts épaissis sont fusiformes, écartés les uns des autres ; la rigidité de la peau rend la marche et le travail manuel presque impossibles. Après une durée de quelques mois, les
p. 199, T. XXXAUll; de Hochsinger et de Scuief, Ueber Leukaemia Cutis, Viertelj. f. Devm. u. Syph., 1887, p. 779; de v. Recklinguaüsen, Deutsche med. Woch., 1888, p. 994; et enfin de Joseph, Ueber Pseudoleukœmia Cutis, Deulsch. medic. Wochensch., 1889, n“ 40, p. 94G.
Ernest Besnier. — A. Doyon.