‹ Pathologie et traitement des maladies de la peauChapitre 171 sur 214 · TRAITEMENT MÉCANIQUE DU FAVUS · texte numérisé non relu

TRAITEMENT MÉCANIQUE DU FAVUS

b,) Second temps de l'épilation. — Le second temps consiste à épiler, à partir des bords de la plaque favique, les cheveux supposés sains dans l’étendue de un centimètre environ. Un grand nombre de cos cheveux, supposés sains, cassent encore à la pince, et l'épileur ne doit s'arrêter que quand il rencontre des points où l'épilation peut se faire normalement, c'est-à-dire sans casser les cheveux. On doit donc avulser non seulement tous les cheveux malades, mais encore une étroite portion alentour. Avec un peu d’habileté et de patience, tout cela n’est ni difficile, ni cruel.

Ainsi donc, ce second temps du traitement mécanique du favus consiste à enlever à la pince tous les cheveux altérés, et à faire, autour de chaque ilôt altéré, une zone de surveillance et de protection en épilant une surface d’un centimètre environ, zone que le favus n’enfreint jamais, si la surveillance et l’épilation sont faites convenablement. Cela est notre méthode propre, non seulement pour le favus, mais pour toutes les affections parasitaires des poils. Nous l’avons instituée pour la pelade, et nous la maintiendrons pour la trichophytie comme la méthode rationnelle, la seule base solide du traitement radical, rapide, et la meilleure préparation aux médications théoriques.

Les premières épilations, les seules qui soient vraiment pénibles, peuvent être facilitées par quelques applications préalables de l’ordre des substances dites épilatoires ; quelques frietions préalables avec de l’huile de cade phéniquée à 2 pour 50, ou cocaïnée aux mêmes doses, atténuent considérablement la douleur de l’épilation, laquelle, dans notre méthode, on voudra bien se le rappeler, n’estpas appliquée à toute la tête, mais seulement aux parties malades, et à une zone périphérique de un demi-centimètre autour des îlots faviques, zone de surveillance et protection. Si l’on veut l’insensibilité absolue, on peut l’obtenir sans peine avec des pulvérisations d’éther simple ou méthylé, ou des applicatious de chlorure de méthyle au pinceau, etc.

L’irritation produite par l’épilation, généralement très légère — miliaire d’épilation — est aisément calmée par des fomentations avec des solutions de salicylate de soude à 20 p. 1000 additionnée de 10 p. 1000 de bicarbonate de soude.

Les épilations sont à renouveler, aussitôt que, sur les îlots malades, reparaissent les poils de première repousse; en faisant une courte séance toutes les semaines, la tète peut être tenue en état parfait de la manière la plus aisée. Les épilations deviennent inutiles quand la guérison est confirmée, c’est-à-dire quand il n’y a plus de rougeur à la base des poils, et quand on ne trouve plus, dans les produits de l’épilation, la moindre trace de favus, soit qu’on les examine au microscope, soit qu’on fasse des cultures.

Traitement topique

Applications antiparasitaires , parasiticides, stérilisantes.

Le traitement mécanique, tel que nous l’avons indiqué dans le paragraphe précédent, aidé de la propreté aseptique, et renouvelé autant de

APPENDICE DES TRADUCTEURS

temps que l’on trouve sur la tête des poils faviques, c’est-à-dire jusqu’à guérison parfaite, histologique, peut suffire à la guérison — nous en avons fait la preuve publique sur une série assez étendue pour qu’il ne puisse subsister aucun doute. Mais si nous avons dû, pendant un temps assez long, pour cette expérimentation, laisser de côté toutes les autres interventions, cela ne veut pas dire (comme on nous l’a fait dire) que telle est notre méthode exclusive du traitement du favus, et que cette méthode soit la meilleure. Loin de là! C’est avec une persévérance qui ne s’est pas lassée que nous avons mis en pratique toutes les médications connues, ou toutes celles qui nous ont été personnellement proposées. Cette pratique étendue nous a montré qu’aucune des médications topiques, sans épilation, n’avait la valeur qui leur est attribuée, et qu’il était toujours nécessaire de les faire précéder, toutes, ou accompagner, par le traitement mécanique. Aucune d’elles employée seule ne guérit le favus; mais la plupart d’entre elles, si elles lui sont associées, peuvent avoir une action utile; les unes, en combattant l’irritation dermo-épidermique causée par la germination favique; les autres, en favorisant la mue é^WaéWdile, \b. desquamation intra- folliculaire ; les autres en «détruisant» le parasite directement — opinion que nous ne partageons pas — ; les autres, et c’est là où est, croyons-nous, la vérité, en rendant le terrain impropre à la germination favique, en le stérilisant.

A aucun titre, il n’existe pour le favus de parasiticide spécifique : un grand nombre de substances, absolument différentes, peuvent être utilisées, et utiles à l’un des titres que nous venons d’indiquer, souvent à plusieurs d’entre eux en même temps; les principales sont toujours les mêmes dans la série entière : le mercure sous toutes ses formes, le soufre, Viode, le sulfate de cuivre, les acides phénique, borique, etc... Ce sont également celles qui sont indiquées par Vérujski — loc. sup. cit., p. 290 — comme favicides, détruisant l’achorion f/a»s les tubes à culture : essence de thérébenthine, chloroforme, acide acétique, ammoniaque, teinture d’iode, essence de Wintergreen, sublimé, acide phénique, azotate d'argent, sidfate de cuivre, borax, etc., etc.

Mais, alors que ces substances, à des doses infinitésimales, triomphent du favus des cultures, elles perdent leur action sur la tête humaine où le favus végété dans des conditions non pas seulement, comme on l’a dit, de réclusion profonde, mais bien à’ habitat humain et d’aliment spécial, déjà très différentes de celles qui appartiennent aux animaux, et qui ne sont plus, en aucune façon, celles du tube à expérience.

Chez l’homme, aucune de ces substances, employée seule à une dose compatible avec la vie des tissus, et la survivance de l'appareil pilaire, n’est capable de guérir le favus, quels que soient le mode d’application et la forme physique adoptés; aucune d’elles n’agit qu’à des doses capables de modifier les tissus sur lesquels on les applique.

En fait, et pratiquement, quand la tête a été débarrassée du favus massif, et des agglomérats infundibulaires, par le traitement méthodique que nous avons indiqué comme mécaniquement préparatoire

Page 1