TRAITEMENT TOPIQUE DU FAVUS. 79T
— page 787 — ; quand l’épilation méthodique — page 790 — a éliminé la plus grande partie du favus interné, le médecin a le champ libre pour appliquer tous les antiparasitaires théoriques, sans préjudice du renouvellement du traitement mécanique — avulsion des poils occupant les follicules envahis, jusqu’à guérison histologiquement établie.
Pendant toute la durée du traitement, nous faisons tenir les cheveux du sujet favique coupés ras aux ciseaux sur toute la tête, et maintenus ras par des coupes, réglées selon la rapidité de la repousse. Cette pratique permet, seule, la surveillance effective, et rend le traitement d’une extrême facilité.
Tous les soirs, la tête entière est frictionnée avec une pommade qui contient, au gré du médecin, l’une des substances théoriquement anlifaviques, employées aux doses tolérées, c’est-à-dire à celles qui n’amènent pas d’irritation phlegmasique. La friction avec les graisses est le meilleur moyen pratique de faire pénétrer, dans le follicule, une substance médicamenteuse incorporée :
Voici l’une de nos formules :
Baume du Pérou ou huile de cade ou de
bouleau blanc
.a grammes.
Acide salicylique, résorciue .... àà
Soufre précipité
io —
Lanoline, vaseline, axonge àà
Tous les matins, la tête entière est lavée à l’eau chaude, avec un savon de goudron, de naphtol, d’ichlhyol, etc., et, quand elle a été bien essuyée, on fait, sur toutes les surfaces faviques, circonscrites par les zones épilées, une friction à l’aide d’une boulette de coton imprégnée d’un liniment antiparasitaire, tel que :
Alcool à 90 100 grammes
Acide acétique cristallisant .... 0.2o à 1 —
Acide borique 2 —
Chloroforme d —
Enfin, le pansement du matin, pansement quotidien, est complété en appliquant sur toutes les surfaces faviques un morceau d’emplâtre de Vigo fin, delà dimension exacte des surfaces faviques cerclées par les zones d’épilation.
Cela dit, nous répétons, bien que nous l’ayons déjà dit à satiété, que vingt autres formules peuvent arriver au même but par des substances différentes. Ce que nous recommandons avant toute chose, c’est de ne pas croire qu’un favus se guérit avec une pommade ou une lotion; c’est toujours un état pathologique complexe qui réclame un ensemble de moyens logiquement coordonné, et régulièrement suivi dans la direction que nous avons indiquée.
Ernest Besnier. — A. Doyon.
CINQUANTE -DEUXIÈME LEÇON
Deux ou plusieurs semaines sont de nouveau nécessaires pour la guérison ; en somme, le traitement du favus du cuir chevelu exige plusieurs mois (1).
Quant au favus des parties du corps dépourvues de poils, on peut le faire dispa/raîbre com plèbe ment par une application suflisante d’imile pour ramollir les masses faviques, et par des lotions savonneuses.
Pour le favus des ongles, il faut l’enlever lorsqu’il est circonscrit, ou en cas d’opacité dilfuse de l’ongle, le détruire peu à peu par l’application de l’emplâtre hydrargyrique, d’une solution de sublime pour 100 d’alcool, et en coupant l’ong’ 7 à partir du bord.
CINQUANTE -DEUXIÈME LEÇON
Herpès tonsurant. — Ses ditterentes formes : herpès tonsurant du cuir chevelu, herpès tonsurant vésicnleux, squameux, maculeux (2). — Onychomj'cose. — Sycosis parasitaire. — Eczéma marginé. — Pityriasis versicolore. — Erytlirasma.
HERPÈS TONSURANT
L’herpès tonsurant, scheerende Flechte [common Ringivorm des Anglais), se manifeste suivant la région et selon le degré de dévelopment, sous diverses formes, que l’on n’a pas toujours reconnues comme étant de même nature, et qui ont été, par conséquent, l’objet de nombreuses dénominations. Dans sa localisation sur le cuir chevelu, la
(1) De même que pour toutes les affections parasitaires, la durée du traitement dépend de l’époque de la maladie à laquelle le traitement est institué; de l’étendue du favus à ce moment; de l’âge du sujet; de la sévérité avec laquelle la médication est appliquée. Même dans nos services hospitaliers, il y a mille négligences, mille impédiments de détail qui prolongent la durée de l’affection. Nous pensons, avec Lailler, 'que l’on doit demander six mois pour la guérison d’un favus étendv à une. grande partie du cuir chevelu; mais au bout de deux mois de traitement attentif, la situation est déjà améliorée au plus haut point; le traitement est très simplifié, le malade peut être restitué à l’école, et interné sans aucun danger de transmission. Dans aucun cas, le malade ne doit être déclaré guéri définitivement qu’après examen histologique, et dans le doute, après culture, et lorsqu’il a été revu plusieurs semaines après la première constatation de la guérison. Tous les points du cuir chevelu qui restent hyperhémies et squameux, quelque limités qu’ils soient, doivent être examinés histologiquement et surveillés avec soin.
Ernest Besnier. — A. Doyon.
(2) ... (Pityriasis rosé de Gibert).
HERPES TONSURANT.
plus anciennnement connue, l’affection a été désignée par Willan, sous le nom de porrigo scutulaia (1), par Mahon (1829) (2) sous celui de teigne tondante. Lorsque Cazenave (1840) (3) constata la présence de
(1) Le porrigo scwta/aia de Willan ; iinea (onsiirans, common Ringworm of ihe scalp {Rmgworm, anneau — ver, ouvermiculaire) des Anglais, se rapporte manifestement à 1’ « herpès tonsurant », à la fois par le dessin de AVillan, — PL XXXiX, 1817, — et même par quelques traits de la description, d’ailleurs très imparfaite, qu’il en a donné.
C’est notre trichophytie actuelle — trichophytie circinée de Hardy — que représente le ringworm vésiculeux, herpes circuiatus de Rateman ; on peut s’en assurer, aussi bien dans les parties de sa description relative à la peau, que dans celles qui le montrent sur le cuir chevelu. Enfin, l’assimilation est complétée par l’extension de la maladie dans les collèges, et par sa contagiosité qui ressort du tableau de Willan- Bateman. Ernest Besnier. — A. Doyon.
(2) L’ouvrage de Mahon Jewne — Recherches sur le siège et la nature des teignes, Paris, 1829 — si peu recommandable sous divers rapports, contient cependant un grand nombre d’observations d’un réel intérêt, malgré leur imperfection. La trichophytie du cuir chevelu y est clairement décrite sous le nom de teigne tondante [squarus tondens), et très exactement représentée; l’extension de la maladie sur la peau glabre s’y trouve indiquée; l’on y rapporte même une observation avec onychomycose, qui est distinguée de l’onychomycose favique.
(3) Il est vraiment extraordinaire de constater qu’il faut arrh^er à l’année 1840, pourvoir reconnaître l’identité, et commencer la vulgarisation de maladies, en fait, depuis longtemps connues, et dénommées : porrigo scutulata de Willan, herpes circinatus des jeunes sujets, de Bateman, teigtie tondante de Mahon; et cela à l’aide d’un mot incorrect et d’une observation première défectueuse.
C’est le 29 avril 1840 que Cazenave, constatant une épidémie dans un collège de Paris, se servit, pour désigner l’affection qu’il observait, du mot impropre d’ « herpès ».
Voici ses paroles textuelles :
<( En examinant avec soin, je crus reconnaître les caractères de l’herpès circiné; c’était sa forme ronde, sa superficialité, son développement excentrique; c’était pour moi une des variétés de l’herpès que j’ai appelé squameux, dans lequel les vésicules, extrêmement ténues, se sèchent immédiatement, dans lequel il y a une desquamation centrale. Ce qui vient corroborer cette opinion, c’est que, quatre fois sur cinq, je rencontrai sur le front, sur le visage, sur le cou même, des plaques analogues qui permettaient de reconnaître les caractères évidents de l’herpès. » Gazen.yve — Annales des maladies de la ‘peau, tome P'', 1844, page 42.
Chose non moins curieuse, Cazenave ne reconnut pas d’emblée qu’il s’agissait d’une « teigne ». Voici la prescription qu’il formula, et qui fut purement une médication interne : les jeunes collégiens prirent pendant trois semaines des boissons amères, et deux cuillerées à bouche par
CINQUANTE-DEUXIEME LEÇON
vésicules dans le processus, et par conséquent proposa de lui donner le nom d’herpès tonsurant, qui fut accepté plus tard aussi par Hebra, il devint immédiatement évident que l’herpès circiné de Bateman était identique avec ce processus (1). La découverte du champignon (appelé trichophyton tonsurant) dans les cheveux de la teigne, par Gruby et Malmsten (1844), parut justifier le nom de trichomyces tonsurans (Malmsten).
Aux formes de la maladie déjà décrites antérieurement (squames et vésicules), llebra (1854) en a ajouté une nouvelle, la forme maculeuse, et après de nouvelles recherches il faut encore y joindre l’eczéma marginé du même auteur et le sycosis parasitaire de Bazin. La nosologie et la symptomatologie de l’herpès tonsurant démontrent que toutes les formes que je viens de vous indiquer ne sont que des variétés tenant au siège et à des complications, qui, toutes, sont occasionnées par un champignon identique, et constituent un seul et même processus, l’herpès tonsurant.
jour d’un sirop contenant : hyposulfite de soude, 1 gramme ; sirop de squine, 125.
Quant aux « vésicules », il n’en est pas question dans la description. Cazenave les admit virtuellement, et sans doute par analogie avec celles qu’il rencontrait sur des plaques simultanées de dermatophytie développées au visage, et surtout parce que la classification willanique l’exigeait.
Et cependant le mot fit fortune à ce point que le professeur Kaposi le conserve encore, malgré son incorrection absolue !
Nous l’avons déjà dit, il y a dix ans, à cette place et dans la note 1, p. 437, 438, 1'’® édit.
Cet « herpès » n’est pas de l’herpès; un grand nombre, le plus grand nombre des trichophyties ou des dermatotrichophyties évoluent sans mériter jamais le nom d’herpès, qui doit être aujourd’hui, en bonne nomenclature dermatologique, réservé à l’herpès vrai, dont le type est fourni par l’H. labial. Quant aux formes qui présentent un érythème assez intense pour se couronner de vésicules éphémères ou vivaces, le terme d’herpès ne leur est pas davantage applicable. Ce sont des dermites vésiculeuses parasitaires, dont la forme circinée est due à l’évolution des parasites, et non à une condition anatomique, ni anatomopathologique proprement dite.
Nous serons obligés, à plusieurs reprises, de revenir sur ce point, dont la rectification importe à la bonne tenue de la nomenclature dermatologique.
Ernest Besnier. — A. Doyon.
(1) Celte identité était déjà surabondamment démontrée par les observations et par les expérimentations de Sam. Plumbe, ainsi que le professeur Kaposi l’expose lui-même dans son grand ouvrage. Voy. Hebra- Kaposi — trad. Doyon, tome II, page 825.
HERPÈS TONSÜRANT.
Avant tout, il faut faire attention à la différence des symptômes entre l’herpès tonsurant localisé au cuir chevelu, et celui quia son siège sur la peau des parties glabres, différence qui repose principalement sur ce que, dans la première localisation, le trichophyton peut proliférer à l’intérieur des follicules pileux (1).
L’herpès (2) tonsurant du cuir chevelu forme des plaques alopéciques, dont l’étendue varie de celle d’une pièce d’un centime à celle d’une pièce de 5 francs en argent (3), lesquelles se manifestent comme des tonsures imparfaites, comme si on avait coupé les cheveux, d’une manière irrégulière, tout près de leur point d’émergence, car il reste des tronçons de cheveux plus ou moins longs. Les cheveux sont comme cassés (4). Il y a aussi des cheveux un peu plus longs qui se cassent
(1) Les altérations développées par le trichophyton se présentent sous des formes extrêmement différentes à tous égards, selon qu’on les observe : 1“ sur le cuir chevelu; 2“ dans les poils proprement dits et particulièrement dans la barbe; 3“ sur la peau pourvue seulement de poils de duvet. — Voy. plus loin, Appendice des Traducteurs, p. 801. Dans les trois cas, le parasite occupe les couches cornées de l’épiderme et les poils, de quelque ordre qu’ils soient.
(2) Le terme d'herpès, appliqué aux altérations que le trichophyton
détermine sur le cuir chevelu, est absolument à rejeter; il y a longtemps que le professeur Hardy a montré le vice de cette appellation, et a proposé, pour la remplacer, la très heureuse expression de trichophytie. Voy. Hardy — Leçons sur les maladies de la peau, p. 161 et suiv. Vainement Bazin a objecté que tous les végétaux des teignes étaient trichophytes, car il suffît, pour éviter toute ambiguïté, de réserver le terme de trichophyton au champignon de Malmsten; cette objection, et d’autres encore moins sérieuses, représentent de pures querelles de mots, auxquelles il y a plus lieu de s’attarder. Le terme de trichophytie tondante ou tonsurante, ou de trichophytie du cuir chevelu, est absolument approprié; on chercherait en vain quelque raison plausible de perpétuer, en préférant le terme d’herpès, à la fois une erreur de fait, et une confusion indéfinie. E. B. — A. D.
(3) La dimension des plaques tricophytiques peut être beaucoup plus
petite et beaucoup plus grande ; il n’y a même pas toujours de plaque à proprement parler, et on peut trouver un cheveu cassé à niveau, infiltré de trichophyton, absolument isolé au milieu de cheveux sains; on en trouve toujours un plus ou moins grand nombre (satellites), autour des grandes plaques. L’affection peut même être disséminée dans la presque totalité du cuir chevelu sous forme de cheveux atteints et cassés isolément, ou par petits groupes. E. B. — A. D.
(4) Les cheveux infiltrés sont littéralement cassés; leur friabilité est extrême, ils se rompent inévitablement sous la pression des mors de la pince à épiler le plus délicatement maniée ; ils sont ramollis, et n’offrent
quand on essaie de les arracher à leur point de sortie. Dans ces régions, le cuir chevelu paraît un peu tuméfié, uni, ou recouvert en grande partie de petites squames blanches ou jaune sale; parfois le rebord du disque est légèrement rouge, très rarement il est recouvert de petites vésicules (« herpès » de Cazenave), le plus souvent de eroûtelks semblables à de la gomme (1). On trouve ces plaques au nombre d’une ou de plusieurs, de dimensions variables,, et sur différentes parties de la tête. Elles atteignent une certaine étendue dans l’espace de plusieurs semaines ou de plusieurs mois. Au bout de quelques mois, de un, deux ou trois ans, le processus peut s’éteindre localement, parce que les cheveux qui repoussent et qui sont très adhérents deviennent de plus en plus nombreux, et qu’enfin la pousse des cheveux se fait d’une manière uniforme et durable. 11 ne reste pas de calvitie cicatricielle étendue, lors même qu’il se trouve en quelques points un follicule pileux atrophié (2).
D’autres fois, le processus peut se développer sur tout le cuir chevelu, par l’extension et la confluence des foyers morbides. 11 paraît alors recouvert dans sa totalité par une couche épaisse de squames épidermiques blanches et sèches. La maladie présente un aspect semblable à celui qu’on observe dans î’eczéma squameux, le pityriasis séborrhéique du cuir chevelu, le psoriasis de la même région, ou à celui du favus, une
aucune résistance à l’application exacte de la plaque de verre tin, avec laquelle on peut littéralement les aplatir sur le porte-objet ; on les écrase entre les mors de la pince à épiler, caractère pathognomonique que nous avons depuis longtemps indiqué.
La prolifération trichophytique est à ce point luxuriante, que le poil en est littéralement farci et est augmenté de volume et foncé en couleur, et que le follicule en est rendu saillant. De là vient l’aspect de « barbe mal rasée » que présentent les tonsures trichophytiques, et qui est tout à fait pathognomonique.
Ernest Besnier. — A. Doyon.
(1) Les « petites vésicules » sont si rares sur le cuir chevelu, qu’il ne faut pas s’attendre à les rencontrer; elles sont aussi rares que les « croûtelles semblables à de la gomme ».
Un peu de tuméfaction et d'érythème au début, en même temps que les lésions de grattage déterminées quelquefois par un prurit assez vif; rapidement un peu de tuméfaction; de la desquamation, des squames, voilà les seules altérations essentielles. Les phénomènes de dermite vésiculeuse, eczémateuse, impétigineuse, sycosique, sont tout accidentels et rares, sauf chez les très jeunes sujets, pour qui tout est occ ision à épidermite catarrhale; dans la grande majorité des cas où nous les avons observés, tous ces accidents étaient dus aux traitements intempestifs mis en œuvre. E. B. — A. D.
(2) Une plaque trichophytique d’une certaine étendue a toujours une longue durée ; on y voit, en même temps, des cheveux infiltrés et cassés,
HERPES lONSURANT.
fois qu’il a été nettoyé; elle n’offre, en un mot, rien de caractéristique. Toutefois, à un examen pins attentif, on ro-it çà et là des foyers un peu plus netleinent marqués, à l’intérieTiF desquels les cheveux paraissent cassés courts. Dans d’autres cas, Tattention est attirée sur la nature du processus par la présence d’un cercle rouge, squameux, qui envahit la partie voisine, dépourvue de poils, du front, de la nuque. Que l’herpès tonsnrant soit circonscrit à quelques points, ou étendu à tout le cuir chevelu, il peut toujours durer plusieurs années. A part un prurit modéré, cette maladie ne donne lieu à aucune sensation de malaise ; elle se termine toujours par la guérison, même lorsqu’elle a duré plusieurs années, et en ne laissant que quelques rares points chauves et de petites taches.
Sur la peau des régions glabres (1), au tronc, sur les membres et à la
des follets de repousse qui ne donneront pas ordinairement asile au parasite dont ils sont couverts, et quand la guérison se prépare, de nouveaux cheveux qui sont devenus impropres à la germination tricliophj'tique. Quelque longue que soit l’évolution trkhophytique, elle n’est pas indétinie comme celle du favus ÿ sa guérison spontanée est constante; nous ne connaissons pas d’alopécie définitive due au trichophyton, hormis les cas où l’application intempestive d’agents irritants (l’huile de croton, par exemple) a déterminé des altérations irréparables.
(1) Les altérations déterminées sur les parties glabres de la peau par le trichophyton ne méritent pas davantage que les précédentes le nom àherpèa ; ce sont des lésions de l’ordre érythémateux, papuleuses, discoïdes, circinées, simples, squameuses ou vésiculeuses. La dénomination d’hei'pès doit être absolument abandonnée, même pour l’érythème .trichophytique vésiculeux, lequel ne cesse pas plus d’être un érythème parasitaire dans ses formes diverses, que l'érythème multiforme ne cesse d’èti’e un érythème dans sa polymorphie.
L’herpès vrai peut être annulaire, et c’est à lui que revient véritablement la dénomination à'herpès circiné. Quant aux lésions que le trichophyton détermine sur la peau vague, elles sont assez souvent vésiculeuses et circinées dans certaines régions, les membres supérieurs, par exemple ; mais elles sont, dans un grand nombre de cas, simplement érythémateuses, affectant les types papuleux, discoïde, annulaire, centrifuge, avec desquamation simple. Le terme générique de trichophytie leur convient à toutes, et, si l’on veut bien, avec nous, dire : trichophytie papuleuse, squameuse, circinée, vésiculeuse, on aura ainsi adopté une terminologie exacte et parfaitement appropriée aux choses à décrire.
Le terme de tonsurant, appliqué à la trichophytie des parties glabres, n’est pas plus acceptable que le mot d’herpès ; il n’est jamais dans ces cas question, en effet, de tonsure, et nous cherchons toujours en vain les raisons qui pourraient faire conserver une dénomination aussi complètement impropre à tous égards. Ernest Besnter. — k. Doyon.
CINQUANTE-DEUXIÈME LEÇON
face (1), l’herpès tonsurant apparaît soit sous la forme bien nette de vésicules, herpès vésiculeux, soit de taches, de disques et de cercles rouges desquamatifs, herpès tonsurant maculeux et squameux.
L’herpès tonsurant vésiculeux (2) représente la forme décrite par Bateman sous le nom d’herpès circiné (3), dans laquelle des cercles confluents, de la dimension d’un centime jusqu’à celle d’une pièce de 5 francs en argent, sont constitués par des vésicules distinctes. Ils se développent à partir de certains centres; les vésicules primitives, centrales, se transforment en petites squames, et de nouvelles vésicules surviennent à la périphérie sur une base rouge ; ces dernières entourent alors en forme de couronne une aire rouge, squameuse, ou pâle au centre. L’éruption est accompagnée d’une sensation modérée de cuisson et de prurit. On trouve ces cercles isolés ou en grand nombre à la face, sur la région dorsale des mains, à la nuque, au tronc, mais rarement aux membres inférieurs, etc. Plus rarement encore, on observe cette éruption de cercles vésiculeux sur tout le tronc et sur une grande partie des membres, de la face et du cou; dans ces cas, les vésicules ont une grosseur variant de celle d’un grain de milium à celle d’une tête d’épingle et au-dessus. L’éruption a toujours un caractère aigu, parfois elle s’accompagne de phénomènes fébriles, d’inflammation intense, de tuméfaction de la peau et de croûtes épaisses à la place des vésicules. Mais habituellement, le processus aigu, composé seulement de quelques cercles, dure trois à quatre semaines; si l’éruption est plus étendue, de six semaines à trois mois. Lorsque l’éruption vésiculeuse s’arrête, les croûtes tombent et la peau, rouge au début, plus tard pigmentée, revient peu à peu à l’état normal (4).
(1) 11 est aussi remarquable, que cela a été peu remarqué, de voir
l’extrême inégalité des différentes parties de la face devant le trichophyton : la région des sourcils, les cils, la moustache sont très rarement atteints, tandis que la barbe proprement dite en représente le véritable lieu d’élection. E. B. — A. D.
(2) La dénomination correcte de cette forme est: Érythème trichophyiique vésiculeux, trichophytie érythémato-vésiculeuse circinée.
(3) Voyez plus haut, note 1, page 793. E. B. — A. D.
(4) La trichophytie des parties glabres est généralement mal connue
des médecins, aussi bien dans ses variétés européennes que dans ses variétés exotiques; il est donc nécessaire, tout en restant dans la mesure des données élémentaires et pratiques, de dépasser la limite trop restreinte du texte courant. C’est ce que nous allons faire dans le court appendice ci-contre. E. B. — A. D.