TEIGNE IMBRIQUÉE
saillantes. C’est cette disposition qui a fait donner par Manson à la maladie le nom de « tineaimbricata ».
... Quand l’anneau entier, ainsi formé, atteint un diamètre de I“™,3, il se fait, au centre, une nouvelle plaque brunâtre. Celle-ci, à son tour, fait éclater l’épiderme de formation récente, et on assiste à la formation d’un second anneau, concentrique au premier, qu’il suit dans son développement ; une troisième tache brune se forme au centre du deuxième cercle et suit la même marche que les deux premières, et ainsi de suite. Si l’herpès de Manson dure pendant quelque temps, il envahit une surface considérable du corps, par exemple un membre tout entier, tout un côté du tronc, et même, si le médecin n’intervient pas, toute la surface du corps.
Le cuir chevelu et la face paraissent toujours respectés, mais toutes les autres parties du corps peuvent être atteintes; les lésions restent superficielles et il n’est question de rien qui ressemble aux folliculites parasitaires, même dans les régions velues de l’aisselle et du pubis.
Les cheveux ne sont jamais atteints ni altérés, mais la question reste en suspens pour les poils du corps. Plusieurs auteurs attribuent à Kôniger l’assertion que les poils du corps sont atteints et tombent au niveau des régions envahies par Vherpès imbriqué ; nous avons vérifié dans l’original, et voici ce que dit Koniger, très bon observateur, mais certainement non dermatolologiste — Beobacht. z. geograph. Pathol.; I. U. d. polynesischen Ringworm a. d. Carolinen — Gilbert, U. Samoa Inseln, Virchow's Arch., 1878, T. LXXII, p. 413.
... Les parties limitrophes du cuir chevelu, ainsi que ce dernier, mais à un degré moindre, sont couverts de squames épidermiques de dimensions variées, les unes déjà détachées de la peau, les autres y adhérant plus ou moins...
... La pilosité du corps déjà peu prononcée chez les individus sains, et en réalité très faible chez les insulaires micronésiens des îles Gilbert et Carolines, peut-être un peu plus accusée chez les habitants papouans des îles Yaps et Palau, ainsi que chez les Samoaens polynésiens, semble avoir presque complètement disparu sur les parties malades de la peau. Par conire, la pilosité de la tête et de la face n’est pas atteinte par la maladie qui, il est vrai, n’est que faiblement caractérisée dans ces régions. La sécrétion sudoripare serait très diminuée sur les parties malades du tégument. Les autres organes sont complètement normaux. Les malaises subjeclifs des malades consistent en un prurit d’une intensité variable, souvent insupportable, des régions malades delà peau que les patients cherchent à atténuer par le grattage, et certains d’entre eux portent constamment dans ce but sur eux des fragments de coquilles.
La teigne imbriquée est h'ès contagieuse ; comme pour toutes les teignes du corps, l’absence des soins de la peau, la souillure des linges de corps par les eaux où on les « lave » sans avoir désinfecté ceux qui sont contaminés, entrent au premier rang des conditions de transmission.
Les analogies sont nombreuses entre la trichophgtie du corps et l’herpès imbriqué, mais de nouvelles études sont nécessaires pour savoir si cette affection a un parasite spécifique, ou si elle représente une culture spéciale, régionale, du trichophyton, ou bien si elle résulte de
APPENDICE DES TRADUCTEURS
l’associalion du trichophylon et d’un ou de plusieurs autres microphytes. i
G. TniN — Path. and Treatm. of Bingioorm, 1887, Ch. IX, p. 85 — de'crit et figure (fig. XXI, p. 86) les mycrophytes qu’il a trouvés dans j. (
les squapies qui lui ont été envoyés par Manson. Ces squames conte- jl s
naient des microphytes variés, une grande quantité de mycélium et de i
gonidies, ne différant pas du trichophyton, mais, en outre, un mycé- j s
lium absolument différent. | [
Manson affirme la séparation de la trichophytie circinée et de a I i
teigne imbriquée, non seulement à cause du caractère clinique — déga- i [
gement du centre dans la trichophytie pendant que la périphérie s’ac- I i
croît; anneaux concentriques de desquamation comblant le centre pen- | 1
dant que l’anneau extérieur progresse; absence d’irritation dermique ■ r dans la teigne imbriquée, etc., — mais encore en ce que l’inoculation, sur le même individu, de la teigne imbriquée, et de la teigne circinée, produisent, isolément et spécifiquement, chacune des deux formes (
cliniques. J
Au point de vue thérapeutique, la teigne imbriquée se distingue par a une résistance plus grande aux agents topiques que celle que présente d la trichophytie circinée. r
Yl. — Traitement et prophylaxie de la trichophytie des parties