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HERPÈS LABIAL

Sous le nom d’herpès labial, ou, ce qui est préférable pour Hebra, d’herpès facial, on désigne une affection de la peau, caractérisée par j| l’éruption aiguë d’un ou plusieurs groupes de vésicules dans la région |1 des lèvres, des ailes du nez et autour de la bmiclie (1).

0) Sous le rapport anatomotopographique , on ne saurait distinguer.

HEHPKS LABIAL.

Leur développement et la première période de leur existence s’accompagnent de sensations de cuisson fl). Les vésicules persistent de

et nous ne distinguons que trois groupes : a) {'herpès des miffjueiises ; b ) {'herpès de la peau; c) V herpès des régions mixtes ou péri-orbiculaires.

a) Herpès des muqueuses. — Cette localisation, très importante à tous égards, appartient à la pathologie commune; plusieurs de ses variétés sont particulièi'emeut du ressort de la gynécologie, de la laryngologie et de l’ophthalmiatrie.

b) Herpès de la peau. — Il peut avoii- son siège sur tous les points du tégument. Ses lieux d’élection ordinaires sont les joues, le menton, les ailes du nez, les oi-eilles, la région fessière, la face inteime de la cuisse, la paume de la main. Presque toujours solitaii’e, quelquefois abortif, il est très souvent névmlgique, irritatif, avec adénopathie doulom-euse, i-écidivant sous l'action de toutes les causes de l’herpès, y compris la menstruation, reparaissant sur les mêmes points, et sui'venant surtout chez des sujets névropathiques, diathèsiques, ou diacritiques dans la série goutteuse ou dans des séries à déterminer, et dans lesquelles sont. comprises quelques variétés de l’herpès successif et chronique de Bazin. — Voy. l’excellente monogi-aphie de Bertiiolle, De l’herpès récidivant de la peau, in Gazette des Hôpitaux, 1876, et les travaux de Mauriac, Gazette des Hôpitaux, 1876, et œuvres ultérieures. — L’herpès génital névralgique de cet éminent syphiligraphe, que quelques auteurs rapportent au zoster, appartient directement à {'herpès récidivant de la peau de Bertiiolle, et il n’a de particulier que sa localisation génitale ; il reste distinct de l’herpès génital proprement dit. Voy. plus loin.

c) Herpès des régions mixtes, ou herpès orhiculaire. — Cet herpès a des teri'itoires déteiTuinés entourant les orifices naturels, territoires qui, dans un rayon assez étendu, présentent une innervation particulièrement aiguë à l’état physiologique comme à l’état pathologique, et des connexions anastomatiques ou sympatiques avec le système nerveux des cavités.

Herpès du conduit auditif externe, de la conque et du pavillon. — IL péri-orhitaires, sourcilier, palpébral (l’herpès conjonctival et l’herpès cornéen méritent d’être classés et étudiés à parti. — IL narinaires. — IL péribuccal, IL labial. — H. du pénis, du pénil et du pli génito-crural de la vulve, de l’anus et du périnée (non confondus avec les herpès génitaux jiroprement dits ou IL vénériens, ni avec l’herpès névralgique de la peau, lequel peut également avoir son siège aux organes génitaux).

Ernest Besnier. — A. Doyon.

fl) Trois stades à distinguer ; a) pré-éruptif; b) stade d’éruption; c) stade post-éruptif.

a) Stade pré-éruptif. — Il ne débute pas, comme on l’a dit, par l’hyperhémie ; ce sont d’abord des sensations diverses que les sujets à herpès connaissent et auxquelles ils ne se trompent pas ; quelques élancements,

DIX-NEUVIEME LEÇON

un à trois jours, se dessèchent ensuite et les croûtes tombent. Parfois une scène morbide analogue se déroule sur la muqueuse buccale, sur celle du voile du palais, de la voûle palatine et de la langue et sur la face interne des ailes du nez. L’épitbélium prend alors une teinte gris foncé sur des points isolés ou réunis par groupes, puis se détache; aussi les parties malades restent-elles pendant quelques jours rouges et sensibles. En même temps, il y a de la gène de la déglutition, de la parole et de la mastication. On sait que cet herpès survient habituellement dans le cours d’afl'eclions éphémères et, en général, fébriles aiguës, telles que

un peu de tension, de fonnication, de piairil, de brûlure, etc. A ce moment, il n’y a encore qu’un léger soulèvement que le doigt perçoit en même temps qu’il constate un peu d’hyi)eresthésie localisée ; peu après, quelques ti’ès légères maculatui’es ou de très petites saillies papuleuses sont constatées, et annoncent que l’on arrive au deuxième stade.

b) Slade d'éruption. — Les maculatui-es douteuses sont devenues évi-

dentes, souvent de forme diffuse; siu‘ la i)eau, nous les avons rarement vues de contour net ou de dessin régnliei'; elles évoluent plus ou moins, et les saillies papuliforrnes qui se sont accentuées se chagi’iueni à la surface. Encore quelques heui'es, surtout si la nuit survient, et les vésicules seront constituées, non pas encore avec leur volume définitif, lequel ne s’établit que progressivement, et dans une pi'oportion très variable. Quelquefois, une seule plaque ap])arait, et en reste au début du deuxième stade; d’auti-es fois, elle poui’suit son développement, l’irritation de la base continuant, à augmentei' en même temps que les vésicLdes s’accroissent et prennent quehiuefois un aspect phlycténoïde — Herpès phlycténoïde. — Fi'équemment aussi les plaques sont multiples, coalescent, et queh]uefois revêtent un cai“actère irritatif manifeste, mais toujours éphémère et superficiel. De même des adénopathies de voisinage qui s’établissent l’apides, sont douloureuses, et s’affaissent promptement. Le liquide des vésicules s’écoide ou est résorbé; et il se forme des croûtes fines, superficielles, noires (sanguines), ou d’autres fois ec/.ématiqnes et même impétiginiformes, montrant, sans qu’il y ait besoin de l’établir par l’iiistologie, combien le processus irritatif est j épidermique, et voisin de celui de l’ec/.éma ou de l’impétigo. ;

c) Stade post-éruptif. — Le molimen éruptif est terminé; les débris des j vésicules, on des exsudations venues du l'éseau, ont cessé d’être adhé- j l'ents; il ne reste plus qu’une desquamativité légère, des macules reiiré- . sentant la coloration érythémateuse du début; puis la l'égion reprend i son aspect normal. Examinez les surfaces sur lesquelles, au même | ])oint, il s’est développé vingt fois, trente fois et plus de l’herpès vrai; jamais vous ne trouverez de cicatrices, caractère essentiel, et ([ui diffé- i rende nettement le processus de l’herpès de celui du zona et d’un ■ grand nombre d’autres éruptions similaires, non semblables. Tout cela, dans les cas moyens, demande environ un septénaire pour évoluer. '

Ernest Besnier. — A. Doyon.

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