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HERPÈS LABIAL

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bronchite, pneumonie, typhus; par conséquent, on l’observe dans des maladies tout à fait insignifiantes et dans des affections graves [hydroa febrilis). On ne saurait donc admettre que l’apparition d’un herpès labial ou facial puisse avoir une signification favorable pour la marche du processus qu’il accompagne, puisqu’il peut également survenir dans le cours d’un typhus mortel (1).

Nous ne sommes généralement pas à même de nous prononcer d’une manière quelconque sur la cause de ce remarquable processus. Barensprung a, il est vrai, émis l’opinion que l’herpès facial représente en quelque sorte un zosler limité aux rameaux nerveux les plus périphériques du trijumeau, dont la cause serait peut-être dans l’irritation d’un ganglion infiltré à sa périphérie, par exemple du ganglion incisif. Mais Bârensprung lui-même ne maintient pas cette opinion pour toutes les éruptions qui se manifestent sous forme d’herpès labial. Ainsi, l’herpès labial se distingue encore du zoster en ce que ses groupes sont le plus souvent situés irrégulièrement des deux côtés de la ligne médiane, ne correspondant pas à un rameau nerveux déterminé, et en ce qu’il peut survenir à plusieurs reprises chez le même individu, toutes les fois qu’une affection fébrile lui donne naissance. Gerhardt pense.

(1) La question de l’herpès proprement dit, herpès commun ou vulgaire, vulgairement «bouton de fièvre», est plutôt du ressort de la pathologie générale que de la dermatologie proprement dite. Il s’agit, en effet, d’une éruption localisée, de très peu d’importance comme lésion cutanée, éphémère, ne laissant aucune trace de son passage, pouvant naître sous des conditions si variées qu’elle défie toute catégorisation, au moins dans l’état actuel de la science. Dans l’article Herpès du Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, H. Feulard, après avoir bien montré l’imperfection des diverses divisions proposées, arrive à les éliminer toutes et à ne reconnaître que deux groupes, les herpès de cause générale et les herpès de cause locale; mais cette division elle-même est fictive, car la même lésion peut reconnaître les deux ordres de causes, et il y a bien peu d’herpès, s’il y en a — ce que nous ne croyons pas — qui soient véritablement et exclusivement de cause locale. Prenez un sujet à herpès — car quoique tout le monde ait eu, ou puisse avoir de l’herpès, certains sujets y sont particulièrement exposés — un refroidissement, un surmenage de travail, de marche, de table, de plaisir, etc., des irritations locales de toute espèce, un traumatisme — Voy. Verneuil. De l’herpès traumatique, Mémoires de la Société de Biologie, 5® Série, t. A^, p. 15, 1873 — peuvent au même titre le provoquer, sinon le produire.

I Chacun peut diviser les herpès en autant de groupes qu’il en trouve j de similaires; mais, dans l’état encoi’e rudimentaire de la question,

1 personne ne peut songer à les classer.

Ernest Besnier. — A. Doyon.

KAPOSI. 3® ÉD.

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au contraire^ qu’il est peut-être occasionné par l’irritation des rameaux du trijumeau traversant les canaux osseux, lesquels peuvent être comprimés par les capillaires sanguins qui les accompagnent et qui, dans l’état fébrile, sont gorgés de sang (1).

HERPÈS PRÉPUTIAL OU PROGÉNITAL (2)

On désigne sous ce nom une éruption aiguë de groupes de vésicules sur les parties génitales de l’homme ou de la femme. Chez l’homme, on l’observe sur le prépuce, dans le sillon balanopréputial et sur le tégument péri-pénien ; chez la femme, sur le prépuce du clitoris, sur les petites lèvres et quelquefois aussi sur les parties contiguës, à la face interne des grandes lèvres.

On voit apparaître dans les régions que je viens d’indiquer, et avec une sensation de brûlure et de prurit, un ou plusieurs groupes de vésicules miliaires, de la grosseur d’une tête d’épingle, ou même un peu plus volumineuses, reposant sur une base rouge ou tuméfiée. L’œdème, dans cette affection, est assez considérable et s’étend très loin dans le voisinage; ainsi, par exemple, le prépuce forme un bourrelet épais, infiltré de sérosité, et les petites lèvres sont le siège d’une tuméfaction considérable. En même temps, il se produit souvent, après la déchirure de l'épithélium, une sécrétion sérocatarrhale provenant soit de la muqueuse uréthrale, soit du vagin. Un foyer inflammatoire analogue peut j aussi se former chez l’homme à la partie la plus antérieure de l’urè- j thre, avec écoulement séropurulent et sensation de brûlure en urinant.

Au bout de deux à trois jours, les vésicules se transforment en croûtes, et, après un même laps de temps, ces croûtes tombent et l’éruption guérit. De même que dans le zoster, on peut, dans l’herpès progénital, voir survenir une hémorrhagie dans quelques vésicules ou dans toutes les vésicules. Une fois ces dernières rompues, il se produira de la suppuration par suite de la désagrégation hémorrhagique des couches

(1) Les réserves de l'auteur sont parfaitement justifiées ; il n’y a pas j

lieu, ajouterons-nous, de discuter les théories de l’herpès microbien i avant que la question des micro-organismes soit plus avancée, et, quant | à la théorie de l’auto-intoxication, forme actuelle de l’humorisme, elle ; s’applique parfaitement à un grand nombre de cas d’herpès, sans que j la pathogénie vraie en soit véritablement éclairée. j

(2) Le titre d’I^efyyès génital, ou mieux : « Les Herpès génitaux », serait '

mieux approprié. E. B. — A. D.

HERPÈS PRÉPUTIAL OU PROGÉNITAL.

papillaires les plus superficielles, suppuration qui dure de dix à quinze jours et se termine par cicatrisation après la chute du tissu désagrégé (1 ).

Le diagnostic de cette affection est en général très facile, puisque, même quand les efflorescences isolées forment une plaque de l’étendue d’une pièce de 50 centimes, il est facile de reconnaître à l’aspect polycyclique de leur bord que les groupes vésiculeux sont composés de vésicules isolées et, par suite, de constater leurs caractères d’herpès. Seulement, si l’enveloppe des vésicules a été détruite mécaniquement par le grattage, le frottement des vêtements, ou par une quantité considérable d’exsudat et d’hémorrhagie, et s’il ne reste qu’une surface recouverte de matière jaunâtre ou colorée par l’hématine, si même, à la période de dessiccation, il y a, sous la croûte, une sécrétion légèrement purulente, il ne sera pas toujours facile de distinguer à première vue celte lésion d’un chancre au début ou, en terme plus généraux, d’une affection spécifique primaire.

Si notamment l’on a constaté que le sujet s’est exposé en temps normal, c’est-à-dire, au maximum, une semaine auparavant, à une contagion, il faut réserver son jugement. Car, même dans le cas incontestable d’un herpès, il pourrait y avoir eu en même temps une contagion dont l’effet ne se produirait qu’ultérieurement sous forme d’un

il) Le lecteur qui voudra prendre le tableau des herpès génitaux aux meilleures sources devra lire les inimitables descriptions de Fournier, et les contrôler par l’examen des nombreuses pièces du musée de l’hôpital Saint-Louis. L’excellent article de Feulard donne un exposé très lucide de l’état actuel de la question. — Voyez, Dictionnaire cité, l’exposé fidèle des herpès génitaux dans leur ensemble, pages 13 et suiv., et leur diagnostic avec les chancres vénérien et syphilitique, pages 31 et suiv., — dernier point qui sera d’ailleurs repris plus loin à l’occasion de ces affections. Ainsi que nous l’avons dit plus haut (v. note 2, p. 466), l’herpès génital, que l’on pourrait peut-être appeler plus exactement herpès vénérien, ne se confond pas avec l’herpès commun, localisé aux organes génitaux comme dans les autres régions voisines des cavités naturelles. Son siège est plutôt glandaire ou préputial que pénien proprement dit, et, chez la femme, il occupe sui'tout j la portion vaginale de la vulve ; il est plus ordinairement solitaire ou ! discret, moins vésiculeux et plus eczématique, au point d’être quelque- , fois très difficile à catégoriser exactement. Quand il y a une réaction I générale (qui manque communément), elle est contemporaine ou consécutive, et non prééruptive comme dans l’herpès vulgaire.

Il ne se confond pas non plus avec l’herpès récidivant de la peau , locajlisé aux organes génitaux. Herpès névralgique, zostéroïde, IL de I Mauriac.

Ernest Besnier. — A. Doyon.

DIX-NEUVIÈME LEÇON

ulcère chancreux ou d’une induration. Abstraction faite de cette possibilité, l’herpès progénital affecte constamment la marche d’une affection aiguë et permet toujours de porter un pronostic favorable.

Le signe caractéristique est la récidive fréquente de l’herpès progénital. 11 y a des individus, notamment des hommes, qui, dans la même année^ sont atteints plusieurs fois de cette affection. Beaucoup de malades affirment qu’à la suite de chaque coït ils sont sûrs de voir survenir cette éruption. Il est difficile de dire jusqu’à quel point cette assertion est fondée. Un pourrait alors admettre que l’origine de l’herpès est due à une cause mécanique. J’ai trouvé quelques sujets atteints d’herpès progénital récidivant affectés de troubles des voies digestives (Plumbe avait fait aussi la même observation), anémiques, avec les mains et les pieds froids, avec de l’hyperidrose, par conséquent d’habitus nerveux. D’autres auteurs croient pouvoir rattacher l’herpès progénital à des affections spécifiques des organes génitaux (Diday et Doyon) (1). D’ailleurs, je ne suis pas en mesure de

(1) Suivant Diday et l’un de nous (Doyon), l’herpès génital récidivant ne s’observe que chez des sujets qui, antérieurement, ont eu une lésion vénérienne (chancrelle, chancre, blennorrhagie, etc.] sur le tégument des organes génitaux. Ils ne visent ici que des accidents vénériens, car jamais on ne voit les poussées d’herpès survenir à la suite des autres maladies locales de la région génitale. Mais, d’autre part, tous les vénériens n’en étant pas frappés, il en résulte que, outre cet élément déterminant, il doit y avoir un élément prédispositionuel Il y en a certainement un. Mais n’y en a-t-il qu’un?... L’étude pathogénique complète de Diday et Doyon invoque, en effet, plusieurs éléments et n’en rejette aucun. Dans leur pensée, l’herpès naît à la suite de la chancrelle (chancre simple, chancre mou). Et l’on voit, en etï'et, que, comme l’herpès récidivant, la chancrelle (en tant que lésion d’origine clinique et non expérimentale) ne s'observe guère que dans la région génitale et est un produit pathologique spécial à la région génitale, ils font, en outre, remarquer que les chancrelles le plus souvent accompagnées d’herpès récidivant sont celles que l’on a fait avorter, dont on a entravé la libre évolution. D’où cette formule que nous reproduisons :

« Si on laisse une graine germer librement, son développement épuise la propriété nutritive du terrain. L’arrête-t-on ? En périssant, elle permet un certain développement aux autres graines semées en même temps qu’elles. — Eh bien ! il en est de même à l’égard des graines de chancrelles, lesquelles, dans des circonstances analogues, peuvent éti*e appelées à une existence rudimentaire sous une forme ébaucbée, soit d’herpès. »

Mais ainsi engendrée, cette dermatose singulièi’e a besoin pour] s’établir de plusieurs autres causes. L’arthritisme d’abord. Ces herpètiques-\h sont tous des ai’thritiques, descendants de goutteux ou de

HERPÈS PRÉPUTIAL OU PROGÉNITAL.

vous indiquer à quelle cause on doit altribuer cette affection. Bârensprung a considéré cet herpès comme une espèce de zoster génital périphérique.

11 faut remarquer toutefois que, contrairement à ce qui se passe dans le zoster, les groupes de vésicules dans l’herpès progénital ne sont pas limités à une moitié du membre, mais disposés d’une façon tout à fait irrégulière; d’autre part^ que la récidive fréquente de l’herpès génital est tout à fait en opposition avec l’unicité typique de l’apparition du zoster.

Relativement au traitement^ il est facile de comprendre que, dans la marche typique aiguë, il est inutile d’avoir recours à une médication active. On se borne à saupoudrer les parties malades de poudre d’amidon, et notamment à interposer, entre le gland et le prépuce, de la charpie ou du coton recouvert d’amidon pour atténuer la sensation de brûlure, prévenir la macération des vésicules et favoriser leur dessiccation. Dans les cas où les parties atteintes d’herpès sont mises à nu et suppurent, on emploiera des moyens de protection anodins destinés à' empêcher la production des croûtes, tels que le cérat simple, etc. (1).

rhumatisants ; aussi Diday et Doyon considèrent-ils l’arthritisme comme l'une des cojiditions, la plus essentielle, de l’herpès progénital. Sur ce point, leur expérience est univoque et leur opinion formelle.

Quant à l’oidgine nerveuse de l’herpès progénital, admise par quelques auteurs (Mauriac, Uiiiia, Verneuil, etc.), rien ii’y contredit; et quand cette influence prédomine, elle imprime à la poussée herpétique des caractères particuliers, des modilicatious locales de sensibilité, de calorification, des irradiations au voisinage, même des perturbations du moral, que Mauriac considère comme caractérisant une variété à laquelle il a donné le nom i\' herpès névralgique , mais que Diday et Doyon rapprochent plutôt du zona, herpès génital récidivant zostéroïde, et que nous rattachons à ce que nous avons appelé Vkerpès de la peau.

L’herpès progénital type Diday et Doyon peut bien être aidé dans sa formation par l’action nerveuse. Cette influence, de même que l'influence du génitalisme invoquée et étudiée par les auteurs, mérite de figurer au nombre des causes rarement uniques, le plus souvent concomitantes à l’ensemble desquelles nu nosologiste judicieux doit impartialement faire appel. A ce prix seulement, il peut espérer de posséder une notion étiologique satisfaisante de cette singulière afl'ection.

Ernest Besnier. — A. Doyon.

(1) 11 ne faut pas prendre à la lettre ce qui vient d'éti'e dit sur « l’inutilité d’avoir recours à une médication active » dans l’herpès génital.

Il y a d’abord une prophylaxie générale basée sur la connaissance des

DIX-NEUVIÈME LEÇON

HERPÈS IRIS ET CIRCINÉ (1

Au nombre des éruptions vésiculeuses aiguës, l’herpès iris et l’herpès circiné comptent et sont ordinairement désignés comme une espèce particulière. On comprend sous cette dénomination une éruption aiguë de vésicules, qui présentent la forme bien connue de l’iris ; ce sont des cercles concentriques, ou seulement un seul cercle, c’est-à-dire l’herpès circiné.

conditions causales propres au sujet et au cas particulier, et une propkijlaxie locale. C’est d’abord l’emploi de soins de toilette habituels, de poudres isolantes, de lotions et d’injections appropriées. Tous les irritants locaux doivent être soigneusement écartés, et les surfaces à herpès attentivement et minutieusement protégées contre le contact inévitable de l’urine; chez les femmes, lotions suflisamment réitérées, usage des pommades et des poudres isolantes ; chez l’homme, surveiller la souillure du prépuce et du gland, etc. Enfin, on l’a dit avec raison, la modération'dans Je coït, sa suppression au besoin, la « fidélité conjugale », prennent place au premier rang des mesures prophylactiques.

L’hèrpès établi, les mêmes soins deviennent encore plus nécessaires, et c’est pour ne pas les prescrire avec la compétence et l’autorité nécessaires que beaucoup de médecins laissent se former des irritations secondaires que l’on peut presque constamment éviter. Quelques patients avisés savent, aux sensations du premier stade de l’herpès, l’ecourir immédiatement à quelques applications astringentes, ou au simple isolement avec une poudre inerte impalpable, à l’aide d’un léger duvet de coton hydrophile, etc. Quelques sujets font avec avantage usage de pommades isolantes, comme la pâte de zinc ou la vaseline boriquée faible ; mais, chez quelques autres, aucun corps gras n’est toléré. Leloir affirme que les applications de compresses imprégnées « d’eau de Botot » (voyez plus haut, note 1, p. 461) constituent un des meilleurs moyens abortifs.

Dans les cas où les sujets à herpès génital toujours renouvelé présentent quelque état constitutionnel, quelque diathèse ou quelque état organique particulier auquel la disposition à l’herpès puisse être rattachée, un traitement approprié, une hygiène motivée, doivent être institués ; la condition générale nécessite même quelquefois une médication hydrominérale; les eaux alcalines, arsenicales, sulfureuses, sulfosalines, etc., peuvent trouver des indications précises. On sait que les eaux d’Uriage (Isère), où l’im de nous a pu étudier les herpès génitaux sur une large échelle, comptent à leur actif de très nombreux succès dans le traitement de ces affections.

Ernest Besnier. — A. Doyon.

(1) 1® Herpès iris. — Il n’y a pas d’herpès iris. L’affection que Bateman a décrite sous ce nom est une variété d’érythème multiforme vésiculeux, à éruption concentrique et successive, et à anneaux alternative-

HERPÈS IRIS ET CIRCINÉ

La forme iris se produit de la manière suivante : il survient une vésicule et, tandis que, au bout d’un à trois jours, elle commence à se ' déprimer, on voit surgir tout autour, sur la rougeur cutanée périphérique, une nouvelle couronne de vésicules, et plus tard une deuxième.

; Si la vésicule centrale a complètement disparu, il ne reste que la couronne extérieure de vésicules, qui circonscrit une zone cutanée I rouge ou déjà pigmentée : on a alors un herpès circiné.

I Les vésicules de l’herpès iris et circiné varient de la grosseur d’une tête d’épingle à celle d’un pois ; quelquefois, les vésicules centrales se réunissent aux périphériques pour former un disque de vésicules coni fluentes.

j Quand on examine un groupe parvenu à son développement complet,

' ment vésiculeux et congestifs, ou en cocarde ; c’est la variété la plus élégante et la plus rare de l’érythème multiforme appelée par Bazin , hydroa aigu vésiculeux, affection dont le caractère morphologique j essentiel est de débuter par une petite tache érythémato-papuleuse, laquelle devient vésiculeuse, se dessèche rapidement par son centre qui s’abaisse et s’accuse par une croûtelle souvent ponctuée, pendant que la portion périphérique s’affaisse simplement par résorption du liquide, ou reste plus ou moins soulevée et entourée par la peau saine ou légèrement érythémateuse ; c’est là le type simple, l’hydroa aigu vulgaire. Mais autour de ce premier élément, de cette lésion primaire et en quelque sorte typique, on peut voir le cercle périphérique de premiei' ordre prendre une teinte rouge pourpre plus ou moins marquée, et même s’entourer d’une seconde zone vésiculeuse. Les choses ne vont pas au delà. Tout cela, par les caractères de la lésion, par le siège, la généralisation, etc., est de l'érythème multiforme, et non de l’herpès. La forme en cocarde, à anneaux bien distincts et à coloration J intense, est au nombre des variétés l’ares ; c’est la seule qui mérite la qualification d’ms, cette dénomination s’appliquant no?« à la disposition ; concentrique d’anneaux, mais à la disposition successive %i\ anneaux COLORÉS, comme dans l’arc-en-ciel Erytheme ms, ou en cocarde.

2“ Herpès circiné. — C’est tout à fait abusivement que cette dénomination est donnée aux lésions diverses que détermine le trichophyton à la surface des parties velues, ou non, du tégument ; ces lésions, très [ variées selon le siège, le degré, l’état du sujet, etc., n'ont, dans leurs I caractères les plus habituels, rien qui les rapproche, même de loin, de ! l’herpès de Willan. Ce que l’on désigne sous ce nom, ce sont surtout j des lésions érythémateuses à évolution excentrique, constituant des j anneaux ou des disques, lesquels, dans certains cas ou dans certaines ji régions (les avant-bras et le dos des mains en particulier), prennent ! le caractère vésiculeux, et forment alors ce que l’on appelle, à tort, j Vherpès circiné. Ce sont des dermites parasitaires, circinées, à forme vésiculeuse ; ce ne sont en aucune façon des herpès. (Note de la pre- ; mière édition de cette traduction.)

Ernest Besnier. — A. Doyon.

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c’est seulement son aspect polycyclique qui permet de reconnaître qu’il j a été formé de vésicules isolées. Les vésicules sont en général dures au toucher, parce qu’elles sont formées par une exsudation séreuse dans la couche papillaire et par l’infiltration des couches profondes du réseau muqueux. Aussi se rompent-elles très rarement^ et par conséquent n’ohserv'6-t-on presque jamais, dans ces cas, du suintement ni des croûtes. Elles se terminent, au contraire, en général, au bout de huit ou dix jours, par la résorption de leur contenu, et laissent après | elles une pigmentation légère, très rarement de la desquamation.

Si j’avais à vous dire quelque chose de précis sur la nature de ' l’herpès iris et circiné, je me trouverais dans un grand embarras. ^ .

Vous vous rappellerez que nous en avons déjà parlé h l’occasion de : *

l’érythème iris et circiné. | j

En effet, nous avons toutes raisons d’identifier ces deux processus I (Hebra, Kôbner). D’abord, l’herpès iris et circiné coexiste, comme je t

l’ai déjà indiqué ci-dessus (p. 371), avec l’érythème iris et circiné; on |

l’observe aussi dans sa forme pure d’herpès, dans sa même localisation i typique sur la face dorsale des mains et des pieds, avec sa même marche caractéristique de deux à trois semaines, avec sa forme : annulaire, en un mot avec le caractère de l’érythème multiforme.

11 fut un temps où l’on considérait l’herpès circiné comme le résultat d’une maladie parasitaire, de notre herpès tonsurant actuel . C'était I l’opinion de Bateman, qui l’a décrit et dessiné sous le nom de porrigo | scutulata, et, plus tard encore, cette théorie était acceptée en France, ' surtout par Cazenave. J’ai vu souvent des cas analogues aux suivants : chez un apprenti tailleur de seize ans et chez une fille de douze ans, sur la face dorsale de la main gauche, ou dans un autre cas encore, sur i l’avant-bras d’un enfant, un cercle double de la dimension d’une pièce de 5 francs en argent, composé de vésicules très dures, de 2 millimètres de hauteur, se réunissant pour former un anneau à bord poly- ! cyclique, tandis qu’on pouvait encore observer, disséminées sur la face j dorsale de la main, plusieurs vésicules miliaires isolées. A l’examen ij microscopique, on trouvait un riche réseau de filaments, de cham- ^ pignons dans l’intérieur des cellules du corps muqueux, de sorte j que, dans ce cas, il était impossible de révoquer en doute la nature | parasitaire de l’affection qui se présentait sous Informe d’un herpès : “

circiné.

Vous voyez donc. Messieurs, combien la solution de cette question | ,

est difficile, puisque^ pour se former une opinion, il est nécessaire ! d’avoir recours à des recherches microscopiques exactes. Je vous con- j f seillerai de procéder toujours de la même manière. Quand, dans ; '

l’herpès iris et circiné, on voit se manifester de l’érythème exsudatif '

HERPÈS IRIS ET CIRCINÉ

type, c’est-à-dire lorsque la face dorsale des mains et des pieds est le point de départ, ou la première et principale localisation de l’herpès, il faut l’identifier avec l'érythème. Lorsque, au contraire, l’herpès iris et circiné survient sur une partie quelconque du corps, par exemple à la face, aux joues, ou d’une manière asymétrique sur une seule main, on doit plutôt penser qu’on a affaire à un herpès tonsuranL c’est-à-dire à une affection contagieuse et occasionnée par un champignon. Le fait, en ce cas, est d’ailleurs susceptible d’être démontré par l’examen microscopique (1).

A propos du diagnostic différentiel, je dois encore appeler votre

(1) A lire le texte courant, il semblerait qu’il subsiste véritablement quelque confusion, et qu’il y a quelque difficulté à distinguer nosologiquement ou nosographiquement, les érythèmes phlycténoïdes qui correspondent à 1’ « herpès iris » de Bateman et à 1’ « herpès circiné » du même auteur. Ces difficultés et cette confusion ne sont pas de la faute de Bateman, qui a été parfaitement clair; elles viennent exclusivement des auteurs ultérieurs, des obscurités qu’ils ont apportées dans la question et dont le reflet persiste encore, on vient de le voir. La lumière a cependant été faite de la manière lapins entière par Bazin, dont il est inacceptable que le nom soit omis ici. One le lecteur impartial prenne la peine de lire les pages 108 à 114 des Leçons théoriques et cliniques sur les affections génériques de la peau^ rédigées et publiées par E. Baudot, Paris, 1862, et il verra que la distinction entre les deux affections est des plus claires et des mieux établies.

On ne comprend pas davantage que l'auteur, déclarant que V u herpès iris » est une espèce de l’érythème polymorphe, décrive cette affection parmi les « herpès », et continue à mettre en tête du chapitre « herpès iris et circiné ».

Il y a ici trois choses à distinguer :

1° L'herpès iris de Bateman, qui correspond à la variété d’érythème phlycténoïde que Bazin a si admirablement décrite sous le nom à'hgdroa vésiculeux, et que nous avons retracée plus haut sous le nom d'érythème tiydroa.

2“ L'herpès circiné de Bateman, que Bazin, et d’autres après lui, ont montré être la lésion propre des trichophyties épidermiques. Ce n’est pas un « Aerpès », c’est un dermite ou plutôt une épidermite vésiculeuse ou bulleuse, discoïde d’abord, annulaire, et à cercles ultérieurement concentriques; Bazin a montré combien il était aisé de ne pas confondre cette lésion avec l’iris. Nous reprendrons la question à sa place^ c’est-à-dire en traitant de la trichophytie cutanée, à laquelle elle appartient.

3“ L' herpès véritable^ solitaire, discoïde, annulaire, et même disposé en cocarde, affection véritablement rare, et pour laquelle seule il puisse y avoir quelque amliiguïté dans un cas particulier à l’égard de la trichophylie discoïde, annulaire ou circinée.

DIX-NEÜVIÈME LEÇON.

attention sur une maladie chronique de la peau, très grave, caractérisée par des bulles, le pemphigus, et en particulier sous la forme la plus dangereuse de celte affection, le pemphigus foliacé, qui débute ordinairement par des bulles de forme circinée et iris. Dans ce cas, le diagnostic est impossible au premier moment. Ce n’est qu’au bout de six à huit semaines que le caractère de la maladie se révèle clairement, puisque, en général, l’herpès iris et circiné, après une période d’éruption de deux semaines, se termine complètement, en un même laps de temps, et ne persiste que rarement quelques semaines, tandis que, dans le pemphigus après plusieurs semaines, il survient encore de nouvelles bulles et le processus devient chronique.

A ce propos, qu’on me permette un mot de critique envers un collègue éminent, Duhring, qui, dans ces derniers temps, a proposé dans série de publications la création d’une forme morbide, la dermatite herpétiforme. Il est pour moi certain que cet auteur est, sous ce rapport, dans une erreur complète, et que, avec ce schème, on créerait une confusion fâcheuse dans la conception des processus morbides qui s’y rapportent. Car il est forcé de ranger dans cette catégorie non seulement les processus dont il vient d’étre question, l’herpès iris et le pemphigus circiné, mais encore l’érythème bulleux, le pemphigus gestationis, le pemphigus aigu et même une maladie pycmique, à évolution fatale, caractérisée non par des vésicules, mais par des pustules, maladie que nous étudierons sous le nom d’impétigo herpétiforme. Cette conception de Duhring est absolument erronée (1).

11 est facile de comprendre que, pour l’herpès iris et circiné, il faut se borner à une médication expectante, en raison de sa marche aiguë

(1) Cette critique de l’œuvre très importante de Duhring est trop sommaire, et elle n’est justifiée que pour la plus petite part.

L’éminent dermatologiste de Philadelphie a rendu un service considérable en séparant des érythèmes bulleux et du pemphigus une affection bien individualisée, mise par lui en pleine lumière, et soumise à l’observation de tous; nous nous faisons un devoir de le proclamer. Que cette œuvre ne soit pas d’emblée parfaite, qu’elle réclame contrôle, révision, son auteur lui-mème n’y contredit pas ; mais le service rendu à la science dermatologique n’en est pas moins très grand. Les Annales de dermatologie ont publié cette année même — 1889 — les belles études de notre savant collègue et ami, L. Brocq, sur cette question. — Voy. 2® série, t. IX. — De la dermatite herpétiforme de Duhring. — Tout esprit équitable et indépendant rendra justice à ce travail, qui fait époque en dermatologie; nous n’aurons nous-mêmes que fort peu d’objections à poser, et nous ferons bénéficier nos lecteurs de toutes les clartés qui ressortent des publications de Duhring et de Brocq, etc. Ernest Besnier. — A. Doyon.

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