BOUTO.N ENDÉMIQUE D’ORIENT
APPENDICE DES TRADUCTEURS
Bouton endémique d’ Orient
: ou
Bouton endémique des pays chauds.
Le « bouton d’Orient », que nous jugeons plus exact d’appeler i bouton endémique d' Orient, ou bouton endémique des pays chauds, esi une affection cutanée de cause externe qui se développe, en certaines sai- , sons, dans un grand nombre de régions et de localités isothermes, dont les limites et le nombre ne sont pas encore fixés complètement, mais que l’on peut provisoirement se représenter, d’une manière sommaire, avec Le Roy de Méricourt, — .4rt. Bouton d’.\!ep. Dic.t. encyclop. des SC. méd., — comme contenues dans une zone qui s’étend, du I Maroc;, à l’Ouest, jusqu’aux rives du Gange, à l’Est, et qui est comprise entre les dixième et quarantième degrés de latitude Nord.
Les dénominations qui s’y rapportent sont en nombre illimité : Bouton d’Alep, de Bagdad, de Cambay, du Nil ou d’Égypte, du Caire, de ' Suez, de Crète, de Delphes, de Guzerat, du Sindh, de Bombay, du Zab ou des Zibans, de Laghouat, d'Ouargla, d’El-Kantara, etc., etc.. Bouton d’un an. — Pyrophlyctide endémique. Pustule de Bassora, Impétigo annuel. Clou de Delhi, d’Umballa,de Biskra, de Gafsa, deTuggurth, de Pendjdeh, etc., etc. — Ulcère d’Orient, Ulcère ou Ghanci’e du Sahara,
: Dermatose ulcéreuse. Ulcère des pays chauds, etc., etc. — Maladie des ' Sartes, etc., etc.
Depuis longtemps, l’analogie ou l’identité des affections ainsi dénom- 1 mées est annoncée et affirmée d’après l’identité générale des caractères cliniques; mais il est réservé à la période contemporaine d’en fournir la démonstration péremptoire par la preuve de l’identité de l’élément pathogène; la préparation, fort laborieuse, de cette preuve est en cours d’exécution ; le travail d’épuration et la période de discussion ne sont pas encore clos.
Voyez SiiiTH, Fleming, Army med. Rep., vol. X et XI, 1868, 1869, cit. Tilbury Fox, Skin Diseuses, Ihird Edit., ii“ “243, 1873. — Vandike Carter, notes on the « Bouton de Biskra». The La7icet,i81’6, Med. chir. Transact., 1877, et Weber, Études sur le Clou de Biskra, in Rec. de Méin. de méd. militaire, 1876. — A. Laveran, Contribution à l’étude du Bouton de Biskra, in Annales de Dermat. et de Syph., 2® série, t. I, 1880, p. 173. — Boinet, Boixet et Depéret, 1884. — Du Boulon de Gafsa au camp de Sathonay, Lyon médical, 1884. E. Duclaux. Étude d'un microbe rencontré sur un malade atteint du Clou de Biskra, in Ann. de Dermat. et de Syph., 2“ série, t. V, 1884, p. 377. — E. Duclaux et A. Fournier, in BuUet. Acad, de Méd., 1884, p. 743. Discuss., p. 769. — E. Duclaux et IlEYDE.XREtCH, Arch. de Physiologie, 1884. — Heyde.xreich, Soc. de Biologie, 1886. — G. Riehl, zur Anat. und .Etiol. der
APPE^M)ICE DES TRADUGTEUUS.
Orieiitbeule. — Travail du Laboratoire d’anatomie de Kiwdrat, 1 887; anal, franc., jl p. Duvo.n', in Ann. de Dcrmat. et de Syph., 2“ série, t. l.\, 1888. — A. Ch.antk- ji
MESSE. Note sur le Boulon du Nil. Thillct. de la Soc. imat., 1887, p. 576. —
E. PoNCET, Annalea de l' Inslilnl Pasteur, nov. 1887. — Voy., en outre, E. Vidal. - j Ecrou clinique. Du Boulon de Riskra, in liullctin médical, 1887, p. 1.33, et i M. Bouquet, Du Clou de Biskra, Thèse inaugurale, Paris, 1887. — Smus-Pmo.XDr | etc. OüDO, Étude étiol. sur l’ulcère des pays chauds, iu-8", Marseille, 1887. |
— J. -B. Lol'stalot, Le Boulon de Biskra, Thèse de Lille, 1888. — Leloir et | Vidal, Traité descript. des Tual. de la peau, livraison, pl. VL j
Le bouton endémique est contagieux à tous les degrés, auto-inoculable, inoculable et réinoculable indéfiniment; son agent producteur j peut être reçu des sources les plus multiples, être conservé dans les déchets des lésions cutanées, les objets souillés, et avoir tous les rir- | cumfusa (on ne paraît pas avoir étudié scientifiquement la question des- | ingeslod) pour agents vecteurs; l’eau est incriminée surtout, et c'est au * bain que les sujets atteints rapportent très souvent l’origine de leur j mal; il se développe sur les animaux domestiques et peut être apporté I et inséré sur le tégument par les insectes locaux. j
Dans ces conditions, on comprend aisément que la maladie atteigne tout le monde et à tout âge, et qu’elle ait lieu d’élection sur les partiesdécouvertes, les extrémités, la face, — non le cuir chevelu — rarement le tronc, exceptionnellement les organes génitaux. ,
Quelquefois solitaire, le bouton est plus ordinairement .mulliple, — - j deux à douze, — moins souvent multiplié jusqu'à atteindre le nombre de quarante à cinquante. — Un des sujets inoculés par Weber avait I déjà eu, auparavant, quaranle-trois boutons. j
L’étude anatomopathologique du bouton endémique, même poussée j 1 au degré de perfection histologique où l’ont menée Poxcet, Rieul, etc., ; I est parfaitement stérile et bien faite pour montrer l’insuffisance de ' 1 l’histologie pure. Elle n’apprend ni la nature de l’irritant pathogène, ni. j i sa voie de pénétration, ni son lieu anatomique d’élection ; elle ne cons- i i tate que les désordres secondaires f|ui atleignenl, comme le lupus, etc., j . le derme plus ou moins profondément et déterminent des lésions indé- i lébiles I
Tout l'avenir est dans Thistobaclériologie — (Voy. les travaux que nous j avons cités plus haut et Leloir, in Thèse de Loustalot, Sup. cit., et : Traité cit. — ), et le moment n’est pas éloigné où les inconnues qui n’ont - ■ pas été encore dégagées le seront par les progrès de la technique et par une connaissance plus approfondie de la microbiologie.
Quand l’agent producteur du boulon endémique est déposé dans le ■ . tissu de culture, c’est-à-dire dans le réseau, ou dans la couche papillaire du derme, ou bien quand il est inoculé expérimentalement, le développement se fait, comme dans le chancre simple, immédiatement après l’insertion des déchets quelcompies, croûtes, pus, ichor, prove- ; liant de la plaie, et l’évolution est rapide. — Le 15 avril 1875, Weber fait trois inoculations sur le bras d’un adulte avec des parcelles de croûte. Troisjours après, apparaissent des clous aux endroits inoculés, clous croûteux qui, le 1°'’ mai — sixième jour — sont grands comme ' une pièce d’un franc; ces clous sont guéris en deux semaines et suivis