‹ Pathologie et traitement des maladies de la peauChapitre 5 sur 214 · XXXI I · texte numérisé non relu

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INTRODUCTION DE LA PREMIÈRE ÉDITION

tologie, dont les chefs, pourvus des appareils et des moyens de démonstrations nécessaires, enseigneraient l’iiistologie cutanée normale et pathologique.

A chaque service enfin, communiquant directement avec les salles des malades, doit être rattachée une annexe, contenant une salle de cours, qui ne doit, à aucun prétexte, être disjointe du service, une salle de pansement, pour l’application des méthodes rapides et directes de traitement aux malades internes, ainsi que pour l’enseignement de la thérapeutique appliquée.

A ces conditions, mais à ces conditions seulement, l’enseignement delà dermatologie deviendra un enseignement fécond, digne de la grande cité qui est la capitale de la France, digne d’une époque et d’un régime vraiment démocratiques.

Pendant le cours de ces dernières années, la littérature médicale française s’est enrichie de nombreux travaux sur la dermatologie, parmi lesquels quelques-uns ont une importance reconnue et maintiennent parmi nous la science des maladies de la peau à un degré élevé; toutefois, depuis l’époque déjà éloignée à laquelle remontent les dernières publications de Bazin et de M. le professeur Hardy, il n’a pas été donné en France de Traité général des affections cutanées qui pût servir de guide classique à l’élève ou de guide pratique au médecin. Bien que cette pénurie (dont nous avons exposé en toute sincérité les raisons) soit momentanée et doive être remplacée dans un avenir plus ou moins prochain par une véritable richesse de Traités originaux, actuellement en préparation, il n’y en a pas moins une lacune considérable à combler dans le présent; aussi avons-nous pensé faire acte d’opportunité et œuvre d’utilité générale en donnant aujourd’hui une traduction annotée^ commentée et accompagnée d' additions nombreuses ^ des remarquables Leçons sur les maladies de la peau du professeur Kaposi, c’est-à-dire de l’ouvrage le plus récent, le plus original et le plus pratique de la dermatologie allemande .

Cette publication ne fait pas double emploi avec l’œuvre considérable du professeur Hebra, dont l’un de nous a soumis antérieurement la traduction au public français; à l’heure présente.

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on effet, la science marche à pas pressés, et il ne faut qu’un bien petit nombre d’années pour la mise au jour de faits nouveaux, de révolutions doctrinales et de progrès thérapeutiques. L’ouvrage de l’illustre fondateur de l’Ecole dermatologique de Vienne, riche de faits, et de science bibliographique, reste le véritable compendium de la pathologie cutanée, et doit être entre les mains de tous ceux qui veulent faire de cette partie de la pathologie spéciale une étude approfondie. Mais, pour les étudiants, pour les médecins qui ont surtout besoin d’un livre qui leur donne l’état immédiat, actuel, précis et élémentaire de la science sur les différentes affections de la peau, aussi bien au point de vue nosologique que sous le rapport do l’anatomie pathologique, et de la thérapeutique appliquée telle que l’ont faite les plus récents progrès, il était nécessaire de produire un résumé complet et concis à la fois de l’état actuel de la dermatopathologie. Tel est le but que s’est proposé le professeur Kaposi, telle est la raison qui nous a déterminés à mettre ses Leçons sous les yeux du public français, qui possédera maintenant, dans son entier, l’enseignement de l’Ecole de Vienne, aujourd’hui la plus célèbre et la plus en faveur, ainsi que nous l’avons exposé tout à l’heure.

Quelque importance que pût avoir déjà, à ce seul point de vue, la traduction de l’ouvrage allemand (dans notre pays où la grande majorité des médecins et des élèves ne connaît pas, ou ne connaît que très imparfaitement la langue allemande), nous avons cru devoir faire davantage encore, et ajouter au texte courant des notes nombreuses, des commentaires multipliés et des additions étendues. Nous avions, pour entreprendre cette tâche ardue et souvent ingrate, des raisons multipliées ; en voici quelques-unes.

Tout d’abord, s’il est vrai que l’on trouve dans les Leçons du professeur Kaposi un ex|iosé assez étendu des travaux étrangers, il n’en est pas moins certain que la mention plus discrète des auteurs français nous faisait un devoir de mettre nos lecteurs à même de connaître et d’apprécier ce qui a été écrit dans tous les pays (y compris le nôtre) sur la dermatologie ; nous l’avons fait avec l’indépendance la plus entière et en nous plaçant au seul point de vue de l’intérêt de la vérité scientifique.

Personne ne l’ignore, malgré les modifications assez profondes que les dix dernières années ont apportées dans notre état scolaire, les études histologiques et anatomo-pathologiques sont

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moins répandues en France qu’en Autriche, où depuis longtemps (à la grande gloire de ce pays!) elles font partie véritablement intégrante de l’enseignement classique à tous ses degrés et dans toutes ses branches, alors qu’elles restent parmi nous (à notre grand détriment !) l’apanage d’un nombre restreint. Nous ne pouvions omettre de tenir compte de cette différence entre les auditeurs du professeur et les lecteurs de notre traduction ; aussi avons-nous du annexer aux descriptions du texte courant d’assez nombreuses additions, destinées à ne laisser subsister aucune obscurité sur certains points que l’auteur n’avait pas cru nécessaire d’exposer devant un public (faveur peu ordinaire aux professeurs de notre pays!) qu’il connaissait et qu’il savait, par avance, pourvu de toutes les notions préparatoires nécessaires. A cette partie de notre tâche nous avons attaché une telle importance, que nous avons maintes fois demandé assistance, pour la remplir au plus grand bien de nos lecteurs, à plusieurs des hommes éminents de notre pays qui cultivent ces deux branches de la médecine avec un succès si incontesté, soit à Paris, soit à Lyon. Sur plus d’un point, les renseignements que nos savants amis (1) ont bien voulu nous communiquer nous ont permis d’étendre ou de compléter les recherches des dermatologistes viennois. Bien plus, certaines parties importantes, telles que l’étude des affections parasitaires végétales, par exemple, ont été soumises par nous aune enquête nouvelle, à la fois clinique et histologique, dont nous avons produit les résultats.

Chacun sait aujourd’hui quelles différences profondes séparent l’Ecole de Vienne (dont presque toutes les écoles étrangères ne sont actuellement qu’une émanation) de l’Ecole de Paris et de l’École de Lyon, sous le rapport de la nosologie cutanée, de la doctrine dermatologique et de la philosophie thérapeutique ; nous n’avons pas besoin de dire que nous avons mis ces différences en saillie toutes les fois où cela était indispensable. Absolument libres de toute attache doctrinale, recherchant simplement la plus grande somme de vérités à laquelle on peut aujourd’hui

(I) Nous devons ici exprimer parliculièrement toute notre gratitude au professeur Ranvier, et au professeur Renaut (de la Faculté de Lyon), à M. François-Franck, à M. Ernest Chambard et à notre ami et collaborateur de chaque jour, M. F. Balzer, qui nous a si activement assisté dans nos études nouvelles de dermatophytologie.

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prétendre sur ces questions ardues, nous avons dû cependant, parfois, apporter quelque vivacité dans la discussion de ce que nous considérions comme contraire à la réalité des choses. Mais nous avons rassurancc de n’avoir jamais dépassé la mesure de l’indépendance scientifique, et nous avons la ferme confiance que les rapports cordiaux et affectueux que nous avons été jusqu’ici heureux d’entretenir avec le professeur Kaposi n’en seront pas altérés. Nous avons toujours pensé que c’était honorer un auteur et lui témoigner combien on le tenait en haute et particulière estime que d’exprimer à son égard, avec une égale franchise, la louange et la critique. Le soin extrême, l’attention incessante que nous avons apportés à donner une version française claire, précise et facile à lire du texte allemand (besogne, nul ne l’ignore, ardue entre toutes !) nous font espérer que nous avons toujours traduit et jamais trahi notre auteur. Mais il va sans dire que nous donnons, par avance, à noire éminent ami, acte de rectification si quelque erreur d’interprétation s’était produite, ce que d’ailleurs nous ne croyons pas.

C’est surtout dans le domaine de la thérapeutique que nous nous sommes attachés à poursuivre la discussion. Pour l'Ecole dermatologique de Vienne, on le sait, la préoccupation essentielle, dominante, presque exclusive, est de traiter directement la lésion locale par les moyens les plus rapides et les plus actifs, sans se préoccuper de ce que nous appelons l’état constitutionnel des sujets atteints, la nature de la dermopathie, et surtout avec un dédain absolu, une négation formelle des phénomènes physiologico-pathologiques que de nombreuses générations médicales ont rapportés à la cessatioR ou au maintien de certaines dermopathies.

Pour nous, comme pour la généralité des médecins français, les affections cutanées im doivent pas être toutes envisagées sous le même point de vue. Il en est (peu importe en ce moment leur proportion numérique relative) auxquelles le jugement sommaire et l’exécution immédiate s’appliquent incontestablement; mais il en reste un certain nombre que le traitement local n’est pas toujours capable de guérir, et qui ne sont que l’un des éléments d’un état pathologique préexistant, général, éloigné, ou supérieur, qu’elles suffisent parfois, d’ailleurs (et c’est là un point capital en médecine pratique), à caractériser ou à démasquer. Nier ces

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choses, c’est nier l’évidence, c’est jeter volontairement un voile sur une des plus grandes faces de la pathologie générale, de la pratique médicale. A maintes reprises, nous avons montré à quel point extrême était portée cette négation systématique de quelques-uns des plus grands principes de la médecine traditionnelle, et nous avons la ferme croyance que l’époque n’est pas éloignée d’un retour à des appréciations plus modérées. Puisse notre argumentation impartiale contribuer à ce résultat!

Mais si nous avons ainsi marqué avec insistance, et sans détour, ce que nous considérons comme l’erreur de l’Ecole de Vienne, nous ne saurions reconnaître trop hautement combien sont nombreux et considérables les progrès apportés par Hebra et par ses disciples, par toute l’Ecole de Vienne, dans la thérapeutique dermatologique, et particulièrement dans le traitement local, externe, mécanique, des affections de la peau. Initiés depuis longtemps, l’un et l’autre, à ces progrès dont nous nous sommes efforcés d’être les vulgarisateurs dans ce pays par l’enseignement ou par le livre, nous avons mis un soin particulier à guider nos lecteurs dans cette partie encore imparfaitement connue parmi nous de la thérapeutique dermatologique.

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