MALADIES DE LA FEAL
GÉNÉRALITÉS
PREMIÈRE LEÇON
Rapporls de la dermatologie avec la pathologie générale. — Son importance scientifique et pratique. — Histoire de son développement depuis l’antiquité jusqu'à nos jours.
Messieurs,
L'étude des maladies de la peau, la dermatologie, ou plus exactement la dermato-pathologie, a pour but de nous initier à l'une des parties le plus importantes de la nosologie spéciale. Celte étude comprend aujourd'hui un ensemble très e'tendu de faits dont la réunion peut, jusqu’à un certain point, être considérée comme formant un tout complet, mais qui reste lié aux autres branches de la médecine et surtout à la pathologie générale par des ramifications organiques très remarquables.
Yoilàun premier point dont il faut avoir, dès l’abord, la notion bien précise pour abandonner immédiatement, si par hasard on l’avait conçue, cette idée qu’il ne s’agirait ici (jue de s’approprier, pour l’exercice de l’art, une certaine routine clinique et pratique. Vous serez bientôt, au contraire, en mesure de vous convaincre que l'étude des mala dies de la peau devient, sous le rapport pratique, d’autant plus profitable et, sous le rapport scientifique, d’autant plus satisfaisante i]ue l’on cherche et que l’on embrasse avec plus de soin les rapporls et les analogies que ces affections ont avec les étals physiologiques et pathologiques des autres organes, du système vasculaire et nerveux, de la KAPOSI 2= ÉD . 1
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crase du sang et des humeurs et avec les diffe'rents états de l’organisme entier.
De plus, les phénomènes morbides qui ont leur siège dans la peau fournissent un point de comparaison et d’investigation très instructif par rapport aux processus pathologiques analogues des organes internes, puisque les premiers sont déjà accessibles durant la vie et in flagi'anli facto livrés à la perception de nos sens et à notre observation, tandis qu’on ne peut déduire les seconds qu’aprés la mortel à titre de processus isolés ou interrompus au milieu de leur évolution.
Ainsi donc l’importance de la dermato-pathologie se révèle sous un triple aspect : en premier lieu, elle nous apprend à connaître, à comprendre et à guérir les maladies d’un organe indispensable à la vie, la peau; en second lieu, par la démonstration des relations des dermatonoses avec les maladies des autres organes et systèmes, elle étend et complète nos connaissances sur la pathologie du corps humain en général; enfin, en nous montrant les phénomènes morbides qui sont directement accessibles à nos sens, elle contribue encore, de la manière la plus utile, à augmenter l'ensemble des notions de la pathologie générale et expérimentale.
Cette importance de la dermatologie est une conquête de la médecine moderne ; elle est née, à la fin du siècle précédent, de l’application à l’étude des affections culanées de la méthode usitée dans les sciences naturelles, et elle s’est accrue davantage encore depuis dix ans sous l’influence des progrès que les recherches expérimentales et microscopiques ont réalisés dans l'anatomie et la physiologie de la peau, et dans son histologie pathologique.
Mais, il faut le reconnaître, le sol sur lequel la dermatologie moderne a pris naissance était préparé depuis longtemps ; et nous serons naturellement amenés, en traçant l’iiistorique et la symptomatologie des maladies cutanées considérées isolément, à reconnaître les services rendus par les médecins des époques antérieures, en même temps que nous devrons, à l’occasion de beaucoup de dénominations anciennes que l’on conserve avec raison, exposer les idées qui y étaient autrefois attachées^ et qu’il est nécessaire de connaître pour les bien comprendre.
Cette antiquité des premières notions dermatologiques se comprend aisément, en présence du caractère d’extériorité désaffections tégumentaires, lesquelles frappent les personnes les plus étrangères à l’art, grâce à leur coloration spéciale et à leur aspect particulier; aussi il eât été vraiment extraordinaire que de semblables phénomènes aient été méconnus par les médecins qui, comme ceux de la Grèce, se préoccupaient très activement des actes les plus intimes de l’organisme
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humain, et autant que l'état des sciences naturelles et surtout de l’anatomie pouvait le permettre à cette époque.
Dans l’Ancien Testament, on trouve déjà (pielques indications sur diverses affections de la peau, des cheveux et des poils, contagieuses on non, sous les noms de : nega, bahereth, schehiu, mkepahai, zaraalh. Cependant, nous ne sommes pas à même d’interpréter exactement ces expressions dans le sens médical. Dans la traduction de la Bible des Septante et celles d’autres auteurs, nega et zarauth ont été traduits par lèpre et gale ; et l’o])inion que le zaraath de la Bible signifie réellement la lèpre s’est maintenue jusqu’à nos jours dans la littérature médicale. C’est une erreur, ainsi que je l’ai déjà démontré, il y a plusieurs années. Zaraalh àdiXii le Lémûqm, chap. 13, ne veut pas dire autre chose qu’une maladie de la peau maligne, difficile à guérir ou même tout à fait incurable, peut-être aussi une maladie contagieuse, et il est possible que l’on ait employé encore ce terme pour désigner la lèpre et même la gale, certainement aussi des plaies gangréneuse s.
Dans les livres des médecins grecs, on trouve des notions et des désignations pathologicjues plus faciles à reconnaître comme s’appliquant aux lésions morbides de la peau, en premier lieu chez Hippocrate, le contemporain de Socrate et de Platon (460-37Ü ? av. J.-C.). Ainsi sont les noms de éçotvOyitzctia (de avOoç, fleur, l'àvOscv, fleurir, efIJorescere, fleurs de la peau), et et £y.6u).axa pour fleurs de la peau,
dartres cutanées, dermatoses en général, dans le sens généi'i(pie, à peu près comme les expressions modernes les plus récentes employées encore aujourd’hui par les médecins et les gens du monde. En outre, cpugara, cpu^/eOXa, repglvOot, emvuy.Tti;, avOpa; pour des tumeurs tubéreuses et inflammatoires de la peau; Xotoi, Xsrtpa, TOTupi'aaiç, 'j^wpa, pour des
maladies sèches de la peau ,avec desquamation de l’épiderme, accompagnées ou non de prurit, tandis que xvvj(7p.oc, et xvtSwinç étaient employés pour désigner les démangeaisons et les brîduresdela peau; îopwa, pour les vésicules sudorales; cpXuxxaîvac, Xuçaxta, <puSpd;^ia, d/wpeç, XYiptov, itô|X'po[, pour les vésicules, les bulles, les éruptions cutanées sécrétantes et croûteuses ; epTc^ç, iadio’xswa et xégypioii;, pour des affections du tégument, s’étendant par la périphérie, appelées « serpigineuses » (superficielles ou creusant profondément ; âXaoç, Xeux-ij, gsXotç, pour des
décolorations et des anomalies pigmentaires de la peau ; gaôifftsç, izaSapôlcn; et àXojTtex'ia, pour les diverses formes morbides de chute de cheveux ; dxpo'/6p8ov, dxpoOujxtov, [xupgvjxiat, tdv6ot, pour les verrues et les boutons; epuatTTsXai;, ocrys-Sctivoi, epuO^gaxa, ■Kîxéyiou, pour des processus
que l’on désigne ainsi encore actuellement ; xoi'paoe;, pour les ulcères scrofuleux. D’après ces textes, on ne saurait nier que déjà Hippocrate ait considéré certaines maladies de la peau comme des affections plus
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ou moins importantes de cet organe, ayant une existence propre, comme un mal idiopathique et d’autres comme la manifestation ou l’expression de certaines affections internes, même ge'nérales et fébriles, comme des « apostases ». 11 parle des éruptions dites critiques, qui terminent des maladies fébriles, il croit que des éruptions peuvent rétrocéder spontanément, ou à la suite de traitements sur des organes internes et les rendre malades; ou, au contraire, que des excrétions et déplétions, comme le flux bémorrboïdal, peuvent débarrasser de certaines affections de la peau. Enfin, nous trouvons dans l’œuvre hippocratique de nombreuses données sur les causes des maladies cutanées ; pour quelquesunes d’entre elles, en effet, on admettait l’influence des humeurs cardinales ; pour d’autres, on invoquait les saisons, les variations de température, des particularités relatives à la direction des vents, à l’âge et au sexe.
Après Hippocrate, dont les œuvres formeront la base des études médicales pour des milliers d’années^ Celse mérite d’être signalé pour le soin avec lequel il traita des maladies de la peau. Cet écrivain, incontestablement le moins abstrait des anciens auteurs médicaux, vivait à Rome environ de 53 avant J. -G. à l’an 7 après J.-C.; il a publié un ouvrage qui mérite d'être encore lu aujourd’hui : Medidnæ libri octo contenant, dans les IIP, V'' et VP livres un traité passablement substantiel et méthodique des maladies de la peau, en même temps que des idées théoriques. Dans ce traité qui a tenu le premier rang jusqu’au xv!!!** siècle, à la fois en raison des observations qu’il réunit et de la forme sous laquelle elles sont présentées, nous trouvons les classifications et les idées contenues dans les écrits d’Hippocrate, non seulement définies et rassemblées d’une manière concise, mais encore remplacées ou complétées par des rioms latins nouveaux, usités encore aujourd’hui en grande partie; et la pathologie des maladies de la peau y estenrichie par des descriptions d'une exactitude que ne désavouerait pas la science moderne. Dans le HP livre, Celse retrace les caractères de l’éléphantiasis en des termes qui ne permettent pas de le méconnaître; dans le V® livre il expose le traitement des plaies et des ulcères {vulnera, ulcéra), et dans des chapitres spéciaux il jette les bases de la thérapeutique d’une série entière de maladies de la peau, telles que : carbunculus, carcinoma, therioma {phagedæiia), ignls sacer, ulcéra ex frigore (ulcère par congélation), funmculus, phgma, pkggethlon, abscessus, fistulæ, kerion, acrochordou, tbgmion, mgrmekia, clavus, pustulæ, scabies, impétigo, papulæ, vitiligo ; dans le VP livre : de capillis fluentiOus, de porrigine, de sgcosi, de areis, de varis, lenticulis et ephelide; dans le VIP, de condglomalibus, de varicibus, de gangræna. La plupart de ces dénominations sont encore en usage aujourd’hui, quoique quelques-
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unes d’entre elles aient reçu d’autres acceptions. C’est ainsi que Celse comprend sous le nom de jnistulæ non seulement les efllorescences purulentes, mais encore l’urticaire et les vésicules sudorales; sous le nom de scahies une maladie prurigineuse s’accompagnant de squames et de sécrétion que nous connaissons à présent sous le nom d’eczéma. D’autres désignations et applications, telles que celtes de sycosis pour une maladie des parties velues de la face, de porriyo pour la teigne, sont conservées encore actuellement ou l’ont été jusque dans ces derniers temps, sans oublier les noms ci-dessus pour les verrues, etc.
A cette même époque, Pline signale une maladie contagieuse de la peau nouvellement importée à Rome, la mentagre, et le même auteur indique, presque en même temps que Scribonius Largus, l’éruption en ceinture, sous le nom de zoster ou zona, tandis que d’autres auteurs et surtout Arétée, décrivent d’une manière surprenante l’éléphantiasis (la lèpre), affection qui, à cette époque, prit en Italie une plus grande extension.
Galien, qui vivait au ii“ siècle après J.-C., a reproduit avec force cpmmentaires, dans ses œuvres excessivement développées, les matériaux fournis par Hippocrate et par Celse ; et c’est dans ses écrits que les auteurs des siècles suivants ont principalement puisé. Parmi ceux-là il faut surtout citer Aetius d’Amida (343 après J.-C.), qui le premier a employé l’expression d’Èx'saaTa; Paul d’Égine qui s’attacha, plus particulièrement à certaines maladies de la peau, Oribaze, Alexander Trallianus, Actuarius, lesquels, en décrivant les affections cutanées d’une manière précise, rendirent plus facile l’étude des anciens auteurs grecs.
Au milieu de la confusion politique et guerrière qui marque la fin de l’empire romain occidental et le commencement du moyen âge, les doctrines de la médecine grecque, et notamment celles sur les maladies de la peau, furent, en grande partie, abandonnées dans les pays où elles avaient été primitivement cultivées. C’est seulement à partir du vin® siècle que nous les voyons de nouveau rendues à l’Occident indirectement par les Indiens et les Arabes et augmentées de nouvelles et importantes recherches.
Déjà dans les ouvrages médicaux des Indiens, Charaka et Sushruta, publiés entre le v® et le ix® siècle, outre les maladies de la peau mentionnées par les Grecs, nous trouvons décrites surtout les varioles, mâsùnkù, sous leurs diverses formes et complications dangereuses; probablement aussi la rougeole mais spécialement la lèpre tubéreuse et anesthésique, kushla et hâlarakta, ainsi que l’affection introduite plus tard en médecine sous le nom d'éléphanliasis des Arabes, la pachydermie, qui jus([u’alors était inconnue en Occident.
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Les écrivains arabes Razès, Serapion, Ebn-Zor ,Haly-Abbas ont toutefois fait progresser d’une manière remarquable et originale la connaissance des maladies de la peau par la communication de nouveaux faits, et par la transmission des doctrines grecques anciennes qu'ils ont utilisées. Avant tout, leur description des symptômes de la lèpre, djudzam, est restée comme règle pour les époque suivantes, ainsi que leur division de la lèpre en quatre variétés qui devaient évidemment correspondre aux quatre humeurs cardinales de Galien : la lèpre élépbantine provenant de la bile noire, la lèpre léonine de la bile rouge, la lèpre alopécique du sang, la lèpre tyria de la pituite.
En outre, Valbarras [alba et nigra) et la morphée, probablement identique au vililigo, aux leuke et mêlas de Celse, paraissent encore appartenir à la lèpre.
Le dal-fil est la pachydermie, complètement inconnue des Grecs, représentant l'éléphantiasis des traductenrs arabes et ce qu’on a appelé plus tard l’éléphantiasis des Arabes.
Outre la variole et la rougeole, les Arabes décrivent, avec un soin remarquable, les maladies delà tête; Avicennes les appelle sahafati, identiques évidemment, étymologiquement, avec le sapakat des Hébreux; Haly-.\bbas, au contraire, les nomme alvathim, dont le plus exact traducteur des Arabes, Stephan Antiochus, a formé le nom tinea encore en usage aujourd’hui, teigne de la tête {Kopfgr'md)] parmi les cinq variétés établies on reconnaît d’une manière distincte la teigne contagieuse, connue aujourd’hui sous le nom de favus. Enfin, Avenzoar parle de la gale vraie, avec mention de l’insecte qui lui est propre.
Les travaux assurément très estimables des Arabes ont été transmis aux médecins de l’Occident, traduits en latin, par les fondateurs et les continuateurs de l’École de Salerne, Constantin l’Africain, Roger, Roland, etc., dans l’intervalle compris entre le x® et le xiv® siècle. C’est ainsi que fut renouée la chaîne de la tradition des doctrines grecques ; mais, en fait de maladies de la peau, c’était presque exclusivement de la lèpre que s’occupaient les écrivains du xi® jusqu’à la fin du XV® siècle : les Italiens, Vitalis de Furno, Guillaume de Salicet, Lanfranc, Montagnana; les Espagnols, Theodoricus, Villanova; les Anglais, Glanville, Gilbert, Gaddesden; en France, Gordon, Guy de Chauliac; en Allemagne, Hans Gersdorf, etc., car la lèpre s’était développée précisément dans lesxir et xm® siècles comme une véritable épidémie générale, que les gouvernements et la société tout entière, ainsi ([ue la médecine, cherchaient à combattre. Mais les médecins, dans leurs appréciations sur le caractère et le mode de traitement de la lèpre n’allaient pas au delà des notions qu’ils tenaient des .\rabes et que l’Ecole de Salerne avait mises en lumière.
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Dans le cours du xv° siècle, la lèpre avait graduellement disparu des contrées de l’Europe centrale. Par contre, vers la fin de ce siècle, il se produisit une nouvelle épidémie, lues venerea, connue plus tard sous le nom de syphilis. On avait donc l’occasion d’examiner les diverses affections de la peau qui sont spéciales à cette maladie. Mais, quoique le nombre des auteurs qui s’occupèrent de la syphilis, à la lin du XV® siècle, et dans les premières dizaines d’années du xvi“ siècle, soit très considérable, et que l’on compte, parmi eux, des écrivains distingués tels que : Marcellus Cumanus, Musa Brassavole, Gabriel Fallope, Fracastor, etc., les travaux positifs de ces derniers, relativement aux manifestations syphilitiques de la peau, n’ont qu’une valeur insignifiante.
C’est seulement au xvi® siècle que fut commencée une étude des dermatoses plus personnelle, et peu à peu plus indépendante des anciennes formules des Arabistes. Outre les éruptions syphilitiques que l'on pouvait étiologifiuement et théori(juement comparer à la lèpre, on apprit encore à connaître, comme une espèce particulière de maladies dyscrasiques de la peau, le scorbut, la fièvre pétéchiale et les exanthèmes aigus contagieux. On tendait de plus en plus à traiter les aiïéctions de la peau comme telles dans le sens pathologique pur. C’est ainsi que Jean Manardus, donne, sous le titre de lactumen, une description exacte de la teigne humide de la face, ou croûte de lait des enfants à la mamelle; Gorræus, une synonymie lexicographique très pratique pour faciliter l’étude de la terminologie dermatologi(pie ; Blondus une monographie: de rnacidis corporis. On trouve dans .Vmiu’oise Paré des notions précises sur la variole ; dans Forestus, Schenk de Grafenberg, Montagnana, sur le pemphigus, la gale contagieuse et les différentes espèces de teigne. De plus, bon nombre d’auteurs soumettaient à une étude plus approfondie, sous le rapport étiologique et descriptif, les maladies de la peau déjà connues.
Tels sont les écrivains cités dans l’Aphrodisiacus de Aloy. Luisinus qui publièrent des dissertations sur la syphilis, à la fin du xv® siècle et •dans la première moitié du xvi® siècle. Aussi, ne pouvons-nous être surpris, si, vers ce temps-là, il se produisit une œuvre plus importante, dans laquelle il était exclusivement question des maladies de la peau : cette œuvre est le Traité publié en 1572, d’après les leçons du A'énitien Hieronimus Mercuriali, par son élève P. Aicardius, de mordis cutaneis, le premier livre de dermatologie pure, dans lequel, cependant, on trouve peu de choses originales. L’auteur divise, comme Galien, les maladies de la peau : en celles de la tète, contenant les différentes formes de calvitie et de teignes, et en celles des autres parties du corps. Pour le reste, le travail de Mercuriali ne présente, en réalité, sous le
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rapport descriptif et théorique, qu’un résumé des ouvrages de la médecine gréco-romaine et arabe.
A partir de cette époque, on voit augmenter le nombre des auteurs qui consacraient à la description des maladies de la peau, soit des chapitres spéciaux, dans des traités de médecine générale, soit enfin des monographies complètes et des ouvrages plus considérables. Je citerai, parmi eux, à la fin du xvp siècle et dans le cours du xvii®, outre Fernel, Yidus Vidius, Sennert, lequel parle d’une manière très détaillée de diverses affections de la peau et notamment des exanthèmes aigus. Dôring, qui mentionne la scarlatine d’une manière évidente. Jean Dolæus, qui décrit déjà le lupus dans le sens moderne, mais surtout Ilafenreffer, généralement connu, dont l’ouvrage, paru vers 1660, comprend toutes les maladies de la peau; ce dernier auteur parle aussi des insectes de la gale sous leur nom populaire {Seuren), ainsi que des commensaux parasites [!\Jitesser), de cridonibus.
Dans les ouvrages de médecine parus à la fin du xviP et au commencement du XVIII® siècle, de J. Dolæus, de Sydenham, de van Swieten (Boerhave), de llaën, etc., nous trouvons des indications très intéressantes sur l’objet de nos études.
Mais, en tant que doctrine spéciale, systématique, la dermatologie ne s’est cependant développée qu’à partir de la deuxième moitié du siècle précédent. Déjà l’Anglais Daniel Turner avait ouvert cette période par un livre très important sur les maladies de la peau ; Astruc avait publié un grand ouvrage sur la syphilis et sur les dermatoses non syphilitiques ; Sauvages, outre des détails pathologiques, avait donné des études historiques très remarquables, et Hensler, des recherches historiques sur la lèpre et la syphilis qui peuvent encore servir de modèle aujourd’hui.
Mais c’est surtout le grand ouvrage du Français Lorry : Tmctatus de morbis cutaneis, publié à Paris en 1777, que nous devons, à présent, vous signaler d’une manière toute spéciale comme embrassant tout le domaine des maladies de la peau par l’importance de ses aperçus historiques et patiiologiques, ainsi que par la forme classique des descriptions.
Dans l’ouvrage de Lorry, on trouve non seulement des commentaires complets et critiques sur les matériaux afférents à la dermatologie de ses prédécesseurs, en remontant jusqu’à l’époque hippocratique, mais encore une grande quantité de faits cliniques bien observés, bien exposés, et des descriptions de maladies rédigées d’une manière extrêmement exacte et logique, comme, par exemple, ce qui concerne les ulcères. En outre, il a étudié, d’une manière remarquable, la pathologie générale des maladies de la peau, et a dépassé de beaucoup
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l’horizon étroit d’une simple description. A ce point de vue, Lorry, outre les caractères cliniques évidents des dermatonoses, indique leurs rapports avec l’anatomie et la physiologie de la peau, ainsi qu’avec l’organisme tout entier. 11 les divise en idiopathitjues et apostatiques, en générales et locales; il indique celles qui afi'ectent certains éléments du tissu cutané, distingue celies qui résultent de causes générales ou locales, mécaniques ou toxiques, et étudie complètement les dermatonoses sous le rapport pathologique et thérapeutique, selon toutes les directions qui étaient ouvertes à cette époque à la science médicale.
Malgré les matériaux considérables et le caractère classi(jue de ce traité, l'ouvrage de Lorry n’a pourtant que peu favorisé le progrès de la dermatologie chez le grand public médical ; pour lui, le livre était trop savant, et les extraits qu’on eût pu en faire auraient donné lieu à un labeur trop pénible.
En raison de ces circonstances, le petit livre de notre compatriote Plenck, paru à Ahenne en 1776, a eu incomparablement plus de popularité. On y trouve toutes les maladies de la peau, d'après la forme et l'aspect sous lesquels elle se présentent aux yeux, désignées comme des productions naturelles arrivées à leur complet développement : maculæ, pustulæ, vesiculæ, hullæ, papulæ, crustæ; il les divise en quatorze classes, et sépare ensuite ces classes en cent vingt variétés, ce qui, en apparence, rendait le système extrêmement difficile à suivre. Mais tout ce qui concerne les classes et leurs subdivisions était défini d’une manière concise et concluante, à peu près comme dans le système de Linné, dans lequel les genres, espèces et variétés des plantes sont rangés d’une manière fixe, selon la nature et le nombre des étamines. C’est ainsi que la Doctrina de morbis culaneis de Plenck s’imposa, comme un catéchisme, par des axiomes concis et commodes, comme un guide en apparence sûr, et on ne peut mieux approprié pour se familiariser avec les maladies de la peau.
Toutefois, aussitôt qu’on observa à nouveau ces affections au lit du malade, il fut facile de se convaincre qu’elles ne se présentaient pas sous des formes aussi fixes que l’indiquaient les définitions de Plenck, mais qu’elles offraient des phénomènes pathologiques très variables et méritaient, par conséquent, d’étre rangées tantôt dans une classe, tantôt dans une autre. Ainsi, une affection qui se manifestait aujourd’hui à l’état papuleux, apparaissait peu de temps après sous forme de vésicules, plus tard encore sous l’aspect de bulles ou d’ulcères. En outre, il est fâcheux, que s’en tenant à la forme extérieure seule et non au phénomène pathologique intime, Plenck ait réuni dans une même classe des processus pathologiquement tout à fait différents, comme la gale et la variole, des exanthèmes aigus et des taches lenticulaires, la lèpre et
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la cutis a7iserina, sans compter beaucoup de monslruosite's pathologiques, telle que la gale syphilitique et autres semblables. •
Mais l’exposition de ces ide'es précises sur les formes primitives des maladies de la peau n’en était pas moins un progrès d’une réelle valeur pour l’avenir des études dermatologiques en ce qu’elle supprimait, dans un sens et dans une mesure déterminés, l’arbitraire de la terminologie, en même temps qu’elle en facilitait la discussion.
Cette influence salutaire fut confirmée par cette circonstance que Robert Willan, dans son ouvrage qui a fait époque sur les maladies de la peau, s’était approprié le système de Plenck en le réduisant, il est vrai, à neuf ordres dont les titres sont : 1® Papules; 2® Squames; 3® Exanthèmes ; 4® Bulles; 5® Pustules; 6® Vésicules ; 7® Tubercules ; 8® Macules; 9® Excroissances.
Avec le nom justement célèbre de Willan s’ouvre pour la dermatologie le commencement d’une ère nouvelle, créatrice et féconde. Dans son ouvrage et dans son atlas commencés en 1798, et continués après sa mort prématurée par son savant élève et ami Bateman, Description and treatment of cutaneous diseuses, London, 1799, et Synopsis of cutaneous diseases according to the arrangement of Willan, London, 1815, Willan a non seulement fondé, et pour toujours, des descriptions très claires et très exactes, soit des maladies de la peau déjà connues, soit des dermatoses nouvellement observées par lui, mais encore il a fait progresser la pathologie et la thérapeutique des affections de la peau par ses études sur la marche de la maladie, et par l’indication d’urte méthode rationnelle de traitement; enfin, par la simplification et la détermination de la nomenclature et de la synonymie basées sur la connaissance approfondie des anciens, il a créé une base solide et large pour l’étude ultérieure des dermatoses.
Bien que les ouvrages de Willan-Baleman aient dû exercer une influence réformatrice sur les médecins anglais contemporains, et, par de nombreuses traductions comme celles des Haneman, Sprengel, Blasius, etc., sur les dermatologistes des autres pays, cette action ne se fit cependant sentir que peu à peu d’une manière efficace.
Presque indépendamment de celte influence, il se produisit à ce moment, en France, un épanouissement rapide et remarquable de ia dermatologie, lequel, provoqué et fortifié par les travaux précédents de Lorry, Sauvages, Roussel, Poupart, fut entretenu grâce au nombre considérable des malades de l’hôpital Saint-Louis, à Paris, auquel sont attachés les noms célèbres d’Alibert, de Biett.
Alibert a régné sur la dermatologie, en France, pendant les trente premières années de ce siècle, par son enseignement oral, par ses ouvrages et par sa pratique. Sa classification, publiée dans un grand
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ouvrage illustré à partir de 1806, était une classification naturelle. Les teignes et les dartres y occupaient une place importante. C’est seulement dans son dernier ouvrage paru en 1832 qu’il a fait quelques concessions évidentes à la méthode de ^\'illan, dans l’exposé d’une nouvelle classification.
Biett, au contraire, s’est approprié le système de 'Willan et, tout en étant dans son enseignement moins brillant que son collègue Alibert, il a, grâce à ses leçons publiées en 1828 par ses élèves Cazenave et Schedel, exercé une intluence uitérieure incomparablement i)lus fructueuse sur la culture de la science dermatologi(pie.
Gela est plus vrai peut-être encore de Rayer dont l'ouvrage témoigne d’une connaissance exacte des travaux dermatologiques antérieurs; son Traité des maladies de la peau, Paris, 1883, renferme, en outre, sous le rapport clinique, beaucoup de renseignements instructifs, même pour le lecteur actuel.
Par les travaux des auteurs que nous venons de citer, l'influence au delà des fronlièves de France de l'École française a atteint, s’il est permis de le dire, son point culminant en dermatologie. Toutefois la France a produitultérieurement aussi une remarquable série de dermatologistes, parmi lesquels Hardy, Cazenave et Bazin ont été, à certains égards, de véritables créateurs.
La prééminence que son autonomie avait donnée à l’École française a entraîné avec elle dans le cours du temps un inconvénient inévitable : Elle s’est pendant un temps assez long cantonnée dans les limites que lui imposait la doctrine des crases, négligeant la voie nouvelle inaugurée par Hebra à l’aide de l’anatomie pathologique, de l'histologie et de la pathologie générale. Mais une fois quelle eut opéré son mouvement de conversion, sa marche en avant redevint rapide et fut couronnée de succès, grâce aux travaux excellents et aux efforts énergiques d’un nombre considérable de dermatologistes et d’histologistes ; dans ces dernières années, la France en a produit un grand nombre; leurs recherches homogènes et adéquates à celles des autres nations, se rétlètenl en pleine lumière dans le recueil spécial dirigé par Ernest Besnier et A. Doyon.
En Allemagne, ce qu’on a fait en dermatologie autour de 1810 était de moindre valeur. Les auteui's anciens, sur les maladies de la peau : Peter Frank (1792) et Struwe (1829), ainsi (jue ceux qui les ont suivis, Riecke (1841), Schônlein et C.-ll. Fucbs, se sont efforcés de faire prévaloir en dermatologie les théories de pathologie humorale qui dominaient les idées médicales alors régnantes. Cette tentative s’accuse d’une manière très marquée dans l’étude de Fucbs qui, au cours de son ouvrage en trois volumes sur les maladies de la peau, paru en 1840
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attribua en partie sous l’impulsion des travaux de Willan et des Français, aux dyscrasies rhumatismales, catarrhales, érysipélateuses, etc., et à divers autres états de l’organisme, une influence considérable sur l’origine et le caractère de certaines maladies de la peau. En même temps il chercha aussi, comme Schônlein, à adapter à l’étude des dermatoses les méthodes dites naturelles déjà employées en botanique et en zoologie. Schônlein avait déjà signalé pour les maladies de la peau comme pour les plantes, une période de germination, de développement, de floraison, de maturité, de fructitication et de dépérissement. L’exposé des familles morbides, des espèces, des sous-espèces, des genres, des variétés pour les maladies de la peau, parut à Fuchs un ordre logique. Les efforts faits pour satisfaire à toutes les directions possibles ont beaucoup compliqué le système de Fuchs, et l’ont rendu difficile à comprendre, inconvénient encore augmenté par les innovations de sa nomenclature.
Avec ce désir immodéré du naturel, la doctrine de Fuchs-Schônlein e.st certainement devenue la plus artificielle et la moins naturelle de toutes ; aussi n’a-t-elle eu aucune influence digne d’étre ici mentionnée.
Cependant, on avait réalisé dans les sciences naturelles médicales un grand progrès, qui, d’un côté, permettait de rejeter les idées ontologiques elles théories de pathologie humorale, et, de l’autre, offrait à la dermato-pathologie une nouvelle voie et une base positive. On avait constaté que l’insecte de la gale, connu déjà depuis des siècles et dont la présence avait été récemment confirmée, que les champignons dans la muscardine, et dans le favus chez l’homme, étaient des causes de maladies tout à fait indépendantes du sang et de la nature des humeurs, causes, par conséquent, absolument inconciliables avec la doctrine des crases, puisqu’elles agissaient. en rendant la peau malade d’une manière identique chez tous les individus.
Puis, certains phénomènes morbides accomplis sur le tégument se trouvèrent plus facilement compris à mesure que l’on connaissait mieux les rapports histologiques et les fonctions physiologiques de la peau. Outre les glandes sébacées connues depuis Malpighi, dont Morgagni, Boerhave et Gotunnio s’étaient servis pour expliquer la formation des efflorescences dans les maladies de la peau, on avait appris ce qui con cerne la structure des glandes de la sueur par les recherches de Breschet, Roussel de A^auzème (1834) et Gurlt. Wendt et Renie avaient clairement expliqué la structure de l’épiderme; Berres et Fohmann la nature et la distribution de la lymphe et des vaisseaux sanguins; Kôlliker avait démontré l’existence des fibres musculaires organiques qui entourent les glandes cutanées; ’Wagner et Meissner la terminaison
des nerfs dans la peau; tandis que les recherches de Favre, Schotlin, E.-H. Weber, etc., avaient démontré d’une manière plus nette les diverses fonctions de la peau et notamment les fonctions de secrétion.
Un esprit nouveau, des tendances nouvelles animaient et dirigeaient les études médicales pendant ces quarante années. On rejeta les théories a priori, et, par suite, la doctrine fut débarrassée de la mission ingrate de lui subordonner les faits. L’anatomie pathologique devint la base des études médicales. Elle représentait la notion intégrale des faits copiés sur nature, tels qu’ils sont créés par les modifications de tissu amenées par le processus morbide. Leur intelligence complète réclamait logiquement l’observation du cours de la maladie non modifiée par l’action thérapeutique ainsi que l’étude physique des symptômes. La première a été instituée par Itokitansky, la dernière par Skoda, qui sont ainsi les fondateurs principaux de la nouvelle école et spécialement de l’École de Vienne.
Ce que ces deux esprits créateurs ont fait pour la pathologie en général, leur élève, notre maître, dont le souvenir est impérissable et qui nous a quittés trop tôt, Ferdinand llebra, l’a fait spécialement pour la dermatologie, et il est devenu le créateur de la nouvelle école dermatologique qui porte son nom.
Sans s’arrêter aux formules anciennes, llebra prit pour base de ses recherches dermatologiques la série des faits pathologiques bien démontrés par Rokitansky tels que l’hyperhémie, l’inflammation, les néoplasmes, l’hémorrhagie, etc. D'autre part, suivant l’exemple de Skoda, il fit cette étude, en appelant à son aide l’expérimentation, c’est-à-dire en provoquant artificiellement des maladies de la peau, qu'il soumettait à l’observation, et dont il enregistrait les modifications que certaines influences, y compris même la thérapeutique, occasionnaient dans le cours normal de ces affections. C’est ainsi que llebra arriva d’abord à établir l’indépendance de beaucoup de dermatoses, put démontrer l’inanité des prétendues dyscrasies psoriques, herpétiques, scrofuleuses, arthritiques et autres considérées autrefois comme causes de toutes les maladies de la peau, et entrer dans une voie exempte de préjugés en ce qui concerne le traitement de ces maladies.
Guidé par une connaissance approfondie de la littérature scientifique, il soumit à une saine critique le vaste ensemble des matériaux de la tradition dermatologique, rejetant ce qui était inutile, consolidant ce qui était bon, séparant et caractérisant nettement et pour toujours les groupes et les formes de maladies, de façon à rapprocher par les points de contact naturels ce qui avait été séparé à tort, à déterminer toute une série de formes morbides jusqu'alors inconnues, à réformer, enfin, et à reconstituer la nosologie et la nosographie cutanées. Sur cette base
PREMIERE LEÇON
positive fondée par lui de toutes pièces, Ilebra édifia la doctrine des dermatoses d’après une méthode et avec une précision qui, sous beaucoup de rapports, rapprochent la dermatologie des sciences naturelles exactes.
D’autre part, le traitement des maladies de la peau institué sur ces données fournit des succès dont on n’avait auparavant aucune idée. La thérapeutique, qui jadis flottait entre tous les préjugés, toutes les fantaisies, à l’ombre du plus complet arbitraire, devint pour une grande partie des dermatonoses, une médication raisonnée et sûre du succès. Elle s’appuyait, en effet, sur la connaissance exacte des maladies, de leurs causes, ainsi que sur l’action physiologique des médicame nts établie expérimentalement. Si l’on se rappelle enfin la puissante influence personnelle que Hebra a exercée dans l’application de sa doctrine comme professeur et comme écrivain, par la clarté et la logique de son enseignement oral et de ses écrits, et comme médecin, praticien et clinicien, par un don de précision qui allait presque jusqu’à l’infaillibilité, non moins que par sa promptitude dans le diagnostic et l’efficacité de ses méthodes de traitement, alors on comprendra que la doctrine nouvelle ait, en peu de temps, attiré à elle le plus grand nombre des médecins et des étudiants. Scientifiquement satisfaisante, ouverte à tous les progrès, confirmée brillamment dans la pratique, la doctrine nouvelle ne tarda pas à être acceptée comme régulatrice et à devenir manifestement prédominante dans ses principes fondamentaux.
La doctrine de Hebra fut formulée dès l’année 1844 dans sa dissertation célèbre sur la gale, renfermant non seulement des faits qui firent sensation, mais montrant déjà clairement les idées principales qu’il considérait à titre général comme capables de systématiser la pathologie cutanée. Malgré les tempêtes de colère, de doute et de contradiction que ce travail souleva dans le camp des doctrinaires héréditaires, Hebra tint ferme le drapeau de la doctrine nouvelle, celle de l’observation des faits, et se défendit courageusement contre des attaques sans nombre.
En 1845, Hebra publia sa classification des maladies de la peau, qui a pour base l’anatomie pathologique. H divisa, d’après ce principe, les dermatoses en douze classes, qui correspondent aux altérations principales que Rokitansky avait prises pour base de la pathologie des tissus en général.
Ce sont :
L® classe Hyperhémies cutanées ;
IP — Anémies cutanées ;
HP — Anomalies de sécrétion des glandes de la peau;
GÉNÉRALITÉS
lo
lY® classe
Exsudations ;
Hémorrhagies de la peau ;
Yi® —
Hypertrophies;
VIP —
Atrophies ;
YIIl® —
Néoplasmes ;