CAUSES DE L’ECZÉMA
nercuriel détermine souvent sur les parties couvertes depo'ilsun eczéma )apulo-pustuleux (eczéma mercuriel), ou même un eczéma vésiculeux uintant, qui, par conséquent, ne se distingue pas des autres eczémas artiiciels. La teinture d’arnica, qui est bien certainement la substance la aoins efficace au point de vue médical, et que pour cette raison peutître on applique si souvent sur toutes les contusions et les plaies récenes, cette teinture, dis-je, a des propriétés très irritantes, quand elle |st à un certain degré de concentration, et est capable de déterminer (resque chez chaque personne un eczéma intense, avec phlyctènes ionfluentes grosses comme un pois ou un haricot. Nous devons y ajousr les pommades qui contiennent de la poix, delà térébenthine, l’em- |lâtre dediachylon composé (adhésif), eczema ad rupturas.
A cette classe se rattachent les eczémas artificiels produits par des jbslances qui, dans certains métiers, sont fréquemment en contact vec la peau, comme les acides minéraux, le suc de certaines plantes, i poix, la térébenthine, chez les peintres en bâtiment, les imprimeurs;
I eau, la lessive, le savon, chez les garçons de salles, les blanchisseuses % czéma des blanchisseuses) ; les substances pulvérulentes, chez les ÿ piciers, les meuniers et les boulangers (« gale » des épiciers, des bou- ^ i iUgers), les maçons, les laboureurs et cultivateurs. Les eczémas qui Vi irviennent à la suite de cures d’eau froide ( « éruptions critiques » ), ic..., rentrent dans cette même catégorie.
Comme affection produite par des influences thermiques, je dois vous ter Yeczéma solaire, généralement papuleux, et Veczema caloricum iroduit par la chaleur du feu) qui apparaît sous forme de grandes ilyctènes; l’air froid et sec de l’hiver provoque l’eczéma squameux.
Les eczémas papuleux {sudamen) et érythémateux [intertrigo), pro- 1 tiils par la sueur, auxquels nous ajouterons ceux qui résultent de l’apî) ..|ication de vêtements de caoutchouc, sont des affections sérieuses.
Des influences mécaniques, pression et frottement, déterminent rement par elles-mêmes l’eczéma, mais elles le réveillent très souvent de la façon la plus pénible quand la peau a déjà été atteinte de cette ection par le fait de l’une ou l’autre des causes que nous avons nalées antérieurement. Dans ces cas, la pression du chapeau, des
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jérir de l’idiosyncrasie du malade et de régler sur elle le siège, la |rée, etc., de l’application irritante; d’autre part, si un sujet est notoi- ^3 ment eczémateux, on réservera pour ces cas d’urgence l’application l îl ces topiques. Le lecteur comprendra mieux l’énergie avec laquelle Jjprofesseur Kaposi le prémunit contre l’usage des rubéfiants, quand r saura que Hebra et son école considèrent l’application du vésicatoire de ses succédanés comme une pratique dépourvue de toute utilité.
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jarretières, le frottement du col, des manchettes, etc..., suffisent pou provoquer immédiatement une nouvelle éruption d’eczéma.
Le grattage est par lui-même, dans le sens que Hebra, le premier, indiqué, un agent qui peut déterminer un eczéma, parce que, par fait de l’irritation des follicules et des papilles, il survient de l’hype hémie sous l’aspect de raies et de stries, et des formes exsudative d’eczéma disséminées ou agrégées. C’est pourquoi tout eczéma est lu même, par suite du grattage qu’il provoque, le point de départ d’tji nouvel eczéma; c’est pour cela aussi que l’on trouve l’eczéma da^i toutes les affections prurigineuses de la peau, gale, prurigo, urticaii, ichthyose, pemphigus prurigineux, prurit cutané.
Les varices des membres inférieurs sont aussi une cause de l’eczéri idiopathique siégeant dans la peau même. D’abord les varices p^o^ quent des démangeaisons, puis le grattage donne naissance à quelqis papules et à des excoriations; au bout de quelques mois ou de quelqis années, il se produit de temps à autre des hémorrhagies, des croût;, de la suppuration, et enfin de l’eczéma avec ses différentes formes..
Les eczémas symptomatiques sont ceux que l’on peut considé r comme une conséquence, comme le résultat réflexe d’un état morb e de l’organisme, de sa nutrition, de la constitution, de la masse u sang et des humeurs, ou d’un système organique, — la peau excep 3. Ainsi l’eczéma chronique, et récidivant souvent, des mains, de la ':e et aussi d’autres parties du corps, s’observe principalement en. les personnes qui souffrent de dyspepsie chronique (et à la sle de la cachexie paludéenne? Poor), du diabète, de l’albuminurie ), mais avec une fréquence particulière chez les femmes atteintes de csménorrhée ou d’affections utérines, ou qui sont chlorotiques, anaiques (2). On a constaté que l’eczéma diminue et augmente réguli e-
(1) Voyez G. Tuibierge. Des relations des dermatoses avec les aje-
tions des reins et l’albuminurie, in Annales de Dermatologie, 2° s le, t. VI, 1883, p. 42-4. I
(2) Provoqué ou non par des irritations venues du dehors, l’eczaa, quand il est vraiment constitué et installé, comporte toujounau nombre de ses facteurs, qui sont midtiples, une condition individdle, une prédisposition très souvent héréditaire ou acquise.
Toutes les dyshémies et toutes les dyscrasies, toutes les altéra jns matérielles ou fonctionnelles des centres nerveux, toutes les lésions organes et tous les troubles éinonctoriaux, diverses adultérations hnorales résultant d’intoxications alimentaires ou autres, peuvent, pades mécanismes divers, jouer un rôle plus ou moins manifeste da la genèse d’un eczéma. Il serait prématuré de vouloir expliquer cornent et pourquoi ; mais la constatation de la relation de ces ti-oubles div s et de la maladie eczémateuse est assez positive pour que le médecin ra-
CAUSES DE L’ECZEMA.
ment tontes les fois que ces affections elles-mêmes s’améliorent ou j; s’aggravent.
1 L’eczéma survient, au sens simplement névropathique (eczéma névropathique), dans quelques circonstances, par exemple chez certaines .femmes à chacune de leurs grossesses, ou, au contraire, régulièrement fà la fin de l’allaitement.
1 Sous le rapport de l’âge, l’eczéma s’observe chez les enfants, très jjsouventàla face (croûtes de lait), dans les affections chroniques des (yeux et des oreilles; sur le reste du corps, il est souvent déterminé par 'influence de la sueur ou de bains trop chauds, tandis que, chez les adultes et les personnes âgées, les eczémas produits par d’autres causes, par exemple des varices, sont plus fréquents. Mais d’ailleurs l’âge ne parait pas jouer le principal rôle dans l’étiologie de l’eczéma, il semble ('plutôt que ce soit l’irritabilité individuelle de la peau.
I Relativement au sexe, les hommes et les femmes me paraissent fourjnir un contingent à peu près égal, bien que, parmi les malades des hôpitaux, les hommes représentent les deux tiers et les femmes un (tiers seulement des sujets traités.
, Du reste, nous ne connaissons absolument aucune dyscrasie quelconique (ni le rachitisme, ni la scrofule, ni la tuberculose) capable de |léterminer directement l’eczéma (1) ; tout au plus pourrait-on dire que, l;n tant qu’altérant la nutrition des tissus, l’anémie et la chlorose iimènent une irritabilité de la peau, d’où il résulte que celle-ci peut alors Revenir le siège de l’eczéma sous l’influence de certaines causes (chaeur, eau, etc...) (2) auxquelles le même individu résiste parfaitement
licien en prenne note, et, dans l’enquête qu’il doit ouvrir à l’occasion de •haque malade, recherche toutes les conditions pathogéniques probables (e ce cas particulier. Ernest Besnier. — A. Doyon.
i (1) L’eczéma des femmes grosses ou des nourrices n’est pas l’exem- [le le plus certain que l’on puisse donner de l’eczéma proprement ieiiropathique; il y a dans la grossesse une complexité de phénomènes, larnii lesquels le réflexe utérin peut être invoqué, mais aussi discuté. L’eczéma qui survient à la suite des commotions morales, brusques U lentes, mérite mieux cette qualification; quelqu’en puisse être wrigine réelle, le rapport est indéniable ; il est depuis longtemps imnii et acquis. — Voyez, parmi les publications les plus récentes sur î sujet, la thèse de Levèque, élève de Leloir, Contribution â l’étude des ermatnses d’origine nerveuse, Lille, 1887.
Il (-) Laissant de côté le « rachitisme », qu’il n’y a pas lieu de faire ilervenir ici, nous n’avons pas besoin de faire remarquer que la jjscrofule » et la tuberculose ne représentent plus, au cours du jour, des \yscrasies. La « scrofule » ancienne comprend deux choses, — l’une le \ fyoïphatisme », disposition constitutionnelle à la prolongation de la
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bien, dès que son état d’anémie a disparu. Mêmes conséquences lorsque, chez des chlorotiques ou des personnes jeunes et du sexe féminin
vie embryonnaire des cellules, état particulier des tissus lamineux, ! propre surtout à l’enfance et à la jeunesse, qui représente une prédispo- i sition au développement de toute une série d’aflfections cutanées, au premier rang desquelles l’eczéma; — l’autre, la tuberculose, résultat de la pénétration dans l’organisme, in utero ou après la naissance, d'un élément extrinsèque.
Les « scrofuleux » (lymphatiques) représentent un terrain préparé pour la germination de l’élément tuberculeux et pour la réception et le développement de tous les agents d’irritation tégumentaire; l’eczéma se développe chez eux avec une grande fréquence, mais il n’a en lui rien qui mérite le nom ancien de « scrofuleux »,oule nom de « tuberculeux » que donne, par exemple, Unna à une espèce d’eczéma propre aux jeunes sujets lymphatiques.
Les dyscrasies réelles, c’est-à-dire les perturbations organiques de l’hématopoièse, celles qui sont classées, et les altérations autogènes du sang non classées, les plus nombreuses, prennent certainement une part considérable dans la production des grandes dermatoses. Parmi elles, la goutte se place au premier rang, et il ne saurait être contesté qu’il y a des dermatoses goutteuses parmi lesquelles l’eczéma, ou plutôt certains eczémas. W. Ebstein. — La goutte, sa nature, et son traitement. Traduct. franç. de Guambard, Paris, 1887 — déclare explicitement qu’il existe des maladies goutteuses de la peau, et il n’accepte pas sur ce sujet les négations de l’école de Hebra.
Toutefois, nous reconnaissons sans difficulté que ces questions élevées de pathogenèse, qui paraissaient épuisées, réclament une révision complète, basée sur une notion plus exacte de la physiochimie des humeurs normales et morbides, laquelle a besoin d’être en entier renouvelée.
Quand on constate le rapport entre les deux faits, dyscrasie et eczéma, il reste encore à déterminer quelle est la nature de ce rapport qui peut être de pure coïncidence, indiquer l’action d’une cause pathogénique unique produisant la dyscrasie d’une part, et l’affection cutanée de l’autre ; être lui-même le résultat indirect de quelque état morbide secondaire; dériver de l’action toxidermique des médicaments employés chez des sujets intolérants ou à émonctoires insuffisants.
Il faut enfin examiner la question de savoir si Teczéma ne peut pas être, dans quelques circonstances, non pas effet, mais cause de lésions viscérales ou de troubles fonctionnels, semblables à ceux que l’or observe, par exemple, à la suite des brûlures. — Voy. Cn. Talamon, Mal de Brighl consécutif à un eczéma généralisé à répétition annuelle, Courriei médical, 1887. — Persy, Des manifestations cutanées de l’urémie. Thèse dt Paris, 1887. — Lancereaux, Anatomie pathologique et complications de l’urémie, in Union médicale, 1887, etc.
Ernest Besnier. — A. Doyon.
PRONOSTIC DE L’ECZÉMA. 697
)rédisposées aulicfien des scrofuleux, atteintes de séborrhée sèche, on roit, pour la moindre cause, survenir un eczéma papuleux, corresponiant au fonctionnement défectueux des glandes sébacées. Cet eczéma, jui a un mode particulier d’évolution, je le désigne sous le nom d’ec- ;éma folliculaire ou séborrhéique.
L’eczéma en lui-méme n’est ni contagieux (1) ni héréditaire; touefois, dans certaines familles on peut admettre l’existence d’une dispoiition héréditaire à l’eczéma.
Le pronostic de l’eczéma est favorable en ce sens que jamais cette naladie ne met la vie en danger (2) et que toujours elle peut guérir îomplètement. Pour ce qui est de savoir si un eczéma aigu suivra une narche typique comme eczéma aigu ou s’il passera à l’état chronique; (i, après la guérison d’un eczéma chronique, on devra craindre des ’écidives, quelle sera l’extension ou quelle sera la durée même d’une jruption d’eczéma donnée, etc..., — sous tous ces rapports, le prolostic sera très différent, suivant les causes de l’eczéma, l’irritabilité le la peau, le genre de vie et la profession du malade, suivant qu’il courra du non éviter les causes nuisibles qui provoquent ou entreiennent l’eczéma, enfin, et cela a une très grande importance, suivant jue le traitement sera plus ou moins convenablement dirigé (3).
(1) Assurément l’eczéma, pris dans son acception générale conven- ’ionnelle, n’est pas une maladie contagieuse ; mais il y a des affections lésignées sous le nom d’ « eczéma » qui sont transmissibles, les ( eczémas » parasitaires par exempte. Ce n’est pas tout; les germinaions microphytiques diverses qui peuvent se développer, comme sur un errain labouré, au niveau des surfaces eczémateuses, infecter les pièces le pansement et les linges à usage, deviennent l’origine, soit chez le sujet lui-même, soit chez ceux qui sont en rapport avec lui, de lésions misines, l’impétigo, le furoncle, le phlegmon sous-épidermique, etc., ous phénomènes que l’on observe aisément quand on veut fixer son at- .ention sur ce point d’une façon suffisante.
(2) Réserve absolue faite pour la première enfance, dans laquelle l’ec-
Jéma est parfois, directement ou indirectement, une cause de grand langer ou de mort; pour la vieillesse, dans laquelle l'eczéma peut faire courir les mêmes risques ; et pour l’adulte lui-même, chez qui cette iffection est quelquefois le prélude d’une dermatose néoplasique — [P.3'cosis fongoïde — ou le premier acte d’une érythrodermie exfoliante, ;rave ou funeste. E. B. — A. D.
(3) Cela est vrai quelquefois, non toujours. Il va de soi, qu’à égalité i eczéma celui qui sera bien traité aura plus de chances de guérison rapide que celui qui sera mal dirigé; mais l’eczéma « le mieux traité » va souvent si mal, et beaucoup d’eczémas « mal traités » se guérissent cependant si bien, qu’il faut ici faire quelques réserves et avertir le pra-
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Le traitement de l’eczéma est peut-être le chapitre le plus important : de la dermatologie pratique. 11 n’existe pas de maladie de la peau dans laquelle le médecin puisse, autant que dans l’eczéma, exercer une i influence favorable ou défavorable sur la marche de la maladie par le choix du remède, du moment et du mode d’application, en faisant une médication trop active ou au contraire insuffisante ; et, dans aucune autre affection, l’importance des règles générales de thérapeutique que j’ai exposées précédemment (pages 105 et suivantes) ne se fait sentir autant que dans le traitement de l’eczéma. Ace propos, je ne signalerai ici que trois indications générales auxquelles on doit se conformer dans ce traitement : 1“ il faut que, sur chaque point malade, on apprécie exactement le degré de l’altération produite par l’inflammation, si elle est en voie d’augmentation ou de diminution, aiguë ou chronique; 2“ il faut que le médecin sache bien quelle modification produira le médicament qu’il va employer; et 3“ qu’il contrôle à chaque moment l’effet de la médication appliquée (1).
ticien que l’eczéma est la maladie la plus ondoyante qui soit dans le cadre dermatologique, la plus inégale à tous les points de vue. 11 fera sagement de réserver toujours son pronostic sur la durée, l’extension, la récidive, de l’eczéma chez ses malades; le dermatologiste vieilli dans la pratique éprouve chaque jour des mécomptes dans le traitement de cette affection, et jusqu’à sa dernière heure elle reste pour lui une véritable pierre d’achoppement. Que le lecteur n’aille pas croire que nous exprimons ces opinions pessimistes d’après notre seule pratique personnelle, il pourrait supposer que cela dépend de notre méthode habituelle de traitement; non, cela repose malheureusement aussi sur les résultats de la pratique des autres, et non seulement de la nôtre.
(I) L’auteur ne pose pas la question de savoir s’il faut toujours, dansi tous les cas, chez tous les sujets, traiter un eczéma; en un mot, s’ilpeul' y avoir, chez certains malades, inconvénient ou danger à guérir ur’ eczéma. Ce n’est certainement pas par omission, mais parce que cette; question lui paraît hors de propos, l’eczéma devant, pour lui, toujours! être traité. Bien que nous nous soyons déjà explicitement exprimés à ce égard — Voy. p. 108 et 109, note 1 — nous croyons devoir réitéré; ici hotre affirmation et déclarer qu’il y a quelques circonstances dan lesquelles il faut discuter la question de savoir si un eczéma existan n’est pas, soit localement, soit à titre général, un lieu de révulsion oi d’élimination dont il faut ajourner la suppression. Cette question doi toujours être agitée chez les enfants (première enfance) ; quelquefoi chez les sujets adultes — eczéma de la tête, chez les aliénés ou sujets hérédité mentale — du tronc chez les sujets emphysémateux, asthmatii ques, atteints de dilatation des bronches, et même quelquefois de tube! culose pulmonaire, — eczéma de toutes régions chez les sujets atteint d’insuffisance rénale. — Voyez H. Barth, France médicale, 1880, p. 38
TRAITEMENT DE L'ECZÉMA AIGU
Il y a une différence fondamentale entre le traitement de l’eczéma aigu et celui de l’eczéma chronique. On combat le premier d’une Imanière générale par des moyens et des méthodes qui diminuent ou préviennent l’inflammation; au contraire, on oppose au second des ^édicaments irritants et qui réveillent l’inflammation.
TRAITEMENT DE L’ECZÉMA AIGU
Dans la période de développement de l’eczéma aigu, la partie la plus importante du traitement est d’éloigner ce qui pourrait augmenter l’inflammation et le prurit; il faut également éviter toute pression, tout frottement du linge et des vêtements, l’action de la chaleur, la sueur, l’humidité. On interdira donc les lotions et les bains. D’après cela, et par des moyens appropriés, on peut faire rapidement disparaître la forme initiale de l’eczéma aigu, eczéma intertrigo et eczéma papuleux. Un moyen efficace pour supprimer la sueur et l’irritation des plis de la peau atteints d’intertrigo, c’est de les couvrir de poudre ; on se sert pour cela d’une poudre indifférente quelconque, poudre de lycopode, d’amidon, de riz, de talc de Venise, simple, mélangée ou encore additionnée de céruse, d’oxyde de zinc, de sous-nitrate de bismuth, de magnésie
E- Brocq, Journ. of eut an. dis., 1888, et Journ. de niéd. de Pat'is, 1889 - Gaucher, Pathogénie et métastases de l’eczéma, surtout chez les nfants. Congrès internat, de Dermat., 1889, etc.
1 Chez les sujets diathésiques, à alternances morbides, la réserve la plus jgrande, nous ne disons pas l’abstention systématique, s’impose. Voici un sujet qui, depuis un plus ou moins grand nombre d’années, à des époques variables, et à peu près tous les ans, présente un eczéma aigu [généralisé. Au cours d’une de ces crises intervient un coup de froid ; Teczéma s’éteint inopinément ; une fièvre intense survient en même lemps que des phénomènes nerveux graves, et en moins de deux jours |a scène morbide est occupée en entier par une pneumonie. — Ce que le [coup de froid a réalisé, une suppression rapide de l’irritation cutanée par tout autre moyen, chez les sujets ainsi organisés, le pourrait produire. [Chez quelques malades, un balancement véritable s’établit entre l’état de la peau et des troubles viscéraux variés, dyspepsie, entérorrhées, gasjtralgies, etc. 11 ne fait pas doute que la suppression de l’eczéma est jquelquefois le résultat de l’incidence d’autres perturbations patholojgiques; mais cela ne veut pas dire qu’il en soit ainsi toujours, et ces fchoses ne peuvent se juger qu’au particulier, non au général.
I Dans tous les cas d’eczéma intense ancien, il sera prudent d’examiner laltentivement le malade à ce sujet, de faire la revue complète des or- Iganes et des fonctions, de se rendre compte des antécédents névropaithiques et de rechercher l’existence d’alternances morbides antérieures.
Ernest Besnier. — A. Doyon.
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carbonalée. On peut parfumer cette poudre en y ajoutant de l’iris de Florence pulvérisé, tandis que les huiles éthérées ne conviendraient pas ici ; vous formulerez à peu près ainsi : Poudre d'amidon de riz 100 grammes, talc pulvérisé 20, oxyde de zinc et iris de Florence pulvérisés âà 5; ou bien : Oxyde de zinc et sous-nitrate de bismulh ââ 5 grammes, céruse 2,50, poudre de talc de Venise 50. Shœmaker recommande l'oléate de zinc, une poudre blanche, malléable, comme poudre à poudrer donnant une sensation agréable de fraîcheur et desséchant bien.
Sur les parties habituellement découvertes, on étend la poudre au moyen d’un tampon de charpie ou d’une houppe; par contre, dans les replis de la peau atteints d’intertrigo, on doit placer des plumasseaux de ouate de Bruns, imprégnés de poudre, afin d’écarter soigneusement l’une de l’autre les surfaces cutanées, qui sans cela seraient en contact. Cela doit être fait surtout chez les enfants. On changera ces plumasseaux dès qu’ils deviendront chauds et humides.
Dans l’eczéma papuleux, la démangeaison est souvent très intense et on doit la combattre immédiatement parce que le grattage que l’on ne peut éviter risquerait d’aggraver promptement la situation. Des applications d’esprit-de-vin additionné d’un peu d’acide phénique (1 : 200), comme dans la formule suivante ; Acide phénique (ou salicylique, ou acide borique) 1 gramme, esprit-de-vin 150, teinture de lavande et eau de Cologne ââ 25, glycérine 2,50, applications que l’on fait immédiatement suivre d’une couche de poudre, procurent au malade une certaine fraîcheur et diminuent le prurit. Ce qui réussit mieux encore, c’est le badigeonnage avec la teinture de bouleau; huile de bouleau 50 grammes, éther sulfurique et esprit-de-vin rectifié ââ 75; filtrez et ajoutez huile de lavande 2 (1).
Est-ce un eczéma vésiculeux, suintant, impétigineux, qui s’est développé? Il faudra, pendant la période d’acuité de la maladie, se borneri à faire un traitement indifférent, en ayant soin, bien entendu, d’éloigner toutes les causes nuisibles que nous avons énumérées plus haut.
Dans les cas où la maladie est extrêmement intense, c’est-à-dire lorsque la plus grande partie du corps est envahie par des éruptions d’eczéma aigu à différentes périodes, et que le malade a de la fièvre, ce qu’il y a de mieux à faire est de le mettre au lit sans linge de corps e de le couvrir d’un simple drap, après avoir saupoudré le drap de des sous, ainsi que le malade lui-même, d’une grande quantité de poudr d’amidon ou d’une poudre quelconque, dont on mettra également ave
(1) Le lecteur n’oubliera pas que l’auteur ne propose d’appliquer c mode de traitement qu’à « l’eczéma papuleux » ; s’il le veut tenter, il fer bien de le surveiller lui-même. E. B. — A. D.
TRAITEMENT DE L’ECZEMA AIGU
:oi
abondance entre les plis des articulations, des parties ge'nitales, etc... On aura soin de renouveler souvent ces applications (1).
(1) On fait bien difficilement renoncer les malades au « linge de corps »; en tout cas, ils sont mieux aménagés par des pansements appropriés qui écartent les surfaces de contact et empêchent les parties malades d’adhérer aux draps du lit.
Trois modes de pansement : poudres inertes, enveloppements humides, pansements huileux. Chacun a son moment d’opportunité, ses localisations de prédilection, ses convenances individuelles, et c’est par l'essai de chacun d’eux que l’on arrive, par un tâtonnement inévitable, à mettre les choses au point. Quelquefois même, c’est dans leur emploi successif ou dans leur alternance que réside l’action favorable.
a) Poudres inertes. — L’amidon, pour les grandes surfaces, est la meilleure poudre à mettre en usage d’abord; suivant l’intensité du flux eczématique, les surfaces malades sont, en outre, recouvertes de pansements appropriés avec la batiste, la mousseline, le coton, etc.
b) Enveloppements humides. — Le plus important réside dans l’application des cataplasmes faits avec la fécule ou la farine de lin déshuilée; ils doivênt avoir été préparés par ébullition, et l’eau de composition peut être additionnée d’acide borique à la dose de 5 à 10 p. 1000. La pâte, convenablement onctueuse, est étendue dans du linge de batiste ou de mousseline fine, en masses /9eu épaisses, et le cataplasme, appliqué presque refroidi; il est ensuite recouvert de toile imperméable finü, et soigneusement maintenu par un bandage approprié. Aucun moyen de traitement ne rend autant de services que celui-là pendant la période irritative, à la condition de l’appliquer selon les règles que nous indiquons et de renouveler le pansement toutes les trois heures, et au plus toutes les six heures; aussitôt qu’une odeur aigre s’est développée (et on l’atténue considérablement en ajoutant à l’eau des cataplasmes soit 25 p. 100 d’eau de chaux normale, soit 2 à 3 p. 1000 de bicarbonate de
I soude), le cataplasme doit être changé.
Dans les cas moins intenses, ou à un degré déjà atténué, on peut faire l’enveloppement humide, en entourant les parties malades de deux ou trois doubles de batiste ou de mousseline imprégnée d’eau émolliente, décoction de son, d’amidon, etc., additionnées d’acide borique, de bicarbonate de soude, comme ci-dessus, et recouvertes de toiles imperméables fines; mêmes remarques que plus haut pour le renouvellement. On aura soin de désinfecter absolument les linges de pansement avant de les appliquer ou de les réappliquer. Les compresses, avant d’étre posées, doivent être étanchées, bien étalées pour ne pas faire de plis, et, une fois recouvertes de l’imperméable, si le malade a réellement froid ou craint le froid, on met un surtout de flanelle ou de coton.
Enfin, l’enveloppement peut être réalisé plus simplement encore par l’emmaillotement avec les toiles imperméables directement appliquées sur les parties malades, mais à la condition expresse de ne se servir que des toiles imperméables très fines, et non de ces toiles grossières, ou de ces lames de caoutchouc épaisses que beaucoup de médecins emploient avec une persistance malheureuse.
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Si le malade a de la fièvre, on prescrira une diète proportionnée et? on lui donnera à l’intérieur des boissons acides.
On pressera sur les croûtes qui recouvrent les surfaces humides, afm de donner une issue au pus.
Seulement dans les cas de très violente inflammation de la peau,j s'accompagnant d’une très vive sensation de douleur et de tension, oo aura recours à des applications de compresses imbibées d’eau froide ou d’acétate de plomb basique (10 sur 500 d’eau), que l’on aura soin dei changer constamment, afin de maintenir une température basse.
Comme l’eau irrite la peau et provoque sur une partie du tégumen déjà eczémateuse un eczéma léger, cet inconvénient, en pareil cas, renc très précieuse l’application de l’appareil réfrigérant deLeiter. Cet appa reil consiste en un tube métallique extrêmement souple enroulé en cer des concentriques et qui peut s’ajuster sur les différentes parties di' corps, tube par lequel on maintient un courant d’eau par aspiration ai moyen d’un tube d’ajutage et d’écoulement. J’ai, dans ces dernière années, appliqué plusieurs fuis avec des résultats plus satisfaisants d^ l’acétate d’alumine sous forme de liqueur de Burow et étendue de 10 25 p. 100 d'eau commune. Les compresses étaient renouvelées toutes le deux à trois heures; et cela dans des cas accompagnés de tuméfaclio œdémateuse considérable et de sécrétion abondante de la peau eczémf teuse ou de poussées aiguës récidivant localement avec persistanci notamment lorsqu’elles récidivent après une application de graisse. CetI thérapie s’est montrée très efficace et dans les cas où, indépendammer . de la dermite, outre la perte abondante de sérum provenant des surface' humides de l’eczéma, le prurit intense et l’insomnie menaeiaient (]^ devenir une cause d’épuisement, de grande excitation morale; je re commande, par conséquent, très chaudement ce remède. |
Dans les mêmes circonstances, les compresses de thymol agisse^ quelquefois favorablement (thymol 1, eau 1000).
Tous ces modes représentent, en réalité, le bain permanent; lei action est très favorable à la fois pour le soulagement du patient pour le traitement delà maladie; malheureusement, beaucoup de méd cins en ignorent les détails d’application, qu’on ne leur a jamais appr ou ne prennent pas la peine de les surveiller. I
c) Pansements huileux. — Dans les cas intenses, graves, très été.; dus, quelques malades bénéficient de l’application de compresses i: i prégnées de liniment oléo-calcaire, pur ou additionné de faibles quantif de laudanum, de bicarbonate de soude, d’acide borique. Même loppement imperméable et mêmes pansements que ci-dessus, mêui recommandations. Eknest Besnier. — A. Doyon. *
tt
! En général cependant, dans l’eczéma aigu, le traitement par les applications pulvérulentes est ce qu’il y a de mieux à faire.
Sur les régions pilaires, on laisse la maladie marcher seule et sans aucune intervention thérapeutique, jusqu’à ce que les croûtes tombent jet que l’affection arrive à la période squameuse (1), Quant aux parties dépourvues de poils, on peut, à la période de déclin, détacher les croûtes en les enduisant de graisse, et abréger la durée de la maladie jen recouvrant les surfaces encore humides d’une pommade appropriée, que l'on maintient à l’aide d’un bandage compressif. La meilleure pomïmade que l’on puisse prescrire dans ces cas est l’onguent diachylon de idebra ou la pommade de vaseline et de plomb que j’ai indiquée (emialâtre diachylon simple, vaseline 100 gr. ; faites fondre et mêlez). jDn étale la pommade en couches épaisses sur de la toile que l’on boupe en morceaux de la dimension nécessaire, on les pose sur la peau îton les maintient en place avec des bandes de flanelle (pour la face, i’est un masque de flanelle). Au lieu de se servir de bandelettes, on emploie des épingles de sûreté pour maintenir le pansement. La couche jie pommçide est renouvelée tous les jours une ou deux fois, après que l’on a eu soin chaque fois de débarrasser la surface de l’eczéma des ;roûtes macérées et des masses épidermiques. Quelquefois l’onguent liachylon détermine un gonflement aigu de la peau ; il sera peut-être dors préférable de recourir à la pommade de vaseline et de plomb ou [I la pommade à l’acide borique, à la pommade de zinc ou à une autre lipplicalion grasse ; mais souvent aussi aucune pommade ne sera supportée, et le traitement au moyen de compresses froides (solution l’acétate de plomb, liqueur de Burow), de la pâte de Lassar, ou bien iivec de l’amidon seul, devra être continué jusqu’à la fin, c’est-à-dire usqu’à la période squameuse (2).
j A partir de ce moment, on peut suivre une voie différente. La plus '.ommode est d’assouplir plusieurs fois par jour avec des graisses les iiirfaces rudes, squameuses, et de les saupoudrer ensuite afin de dissi-
(1) Le bonnet de caoutchouc pour la tête, un masque pour la ace, peuvent alors rendre de grands services, mais eux-mêmes ne 'Ont pas toujours supportés. Il faut alors attendre, avoir recours aux lulvérisations tièdes, à la poudre d’amidon, aux applications de pomnade au bismuth, carbonate ou sous-nitrate de bismuth 1 à 2 pour 30 l’excipient, à condition que celui-ci soit fi-ais, récent et neutre ou légèrement alcalinisé.
(2) Voy. sur les méthodes nouvelles de traitement Veiel (de Cannstatt) jJeber die neure Thérapie des Ekzems. — Therap. Monatsh., 1889. — jVerf. Corr. Blatt de Württ. arztl. Landesver, numéro d’août 1888.
muler aussi la rongeur de la peau. Les moyens qui conviennent dans cij cas sont l’onguent émollient, la crème de glycérine (amidon puij 10 grammes, glycérine 40 grammes; faites cuire et mêlezl, les pom mades au précipité blanc (1 : 40), à l’oxyde de zinc, au sous-nitrate d' bismuth (1 : 40), l’onguent de Wilson (benjoin pulvérisé 5 grammes, axonge 160 grammes; faites digérer, passez et ajoutez oxyde de zini 25), la vaseline pure, la glycérine, etc. ;
Mais, comme l’eczéma squameux s’accompagne de démangeaisor bien que quelques-uns des médicaments que nous venons d’énumére soient irritants à la peau, il faut cependant, à moins que l’on n’ait d’ai très motifs, dans l’eczéma de la face par exemple, si l’on veut que 1; malade puisse sortir, il faut, dis-je, persister dans l’usage de ces méd caments; mais ce qui est mieux encore, à cette période, c’est de recour au goudron.
Nous nous servons des diverses espèces de goudron que nous avoi indiquées à propos du psoriasis. Mais ici la plus grande attenti(| est nécessaire. D’abord, — contrairement à ce que l’on fait pour le ps riasis, — il ne faut jamais, dans l’eczéma, appliquer le goudron suri parties humides. Bien que déjà recouverte d’épiderme, la peau q conserve une coloration rouge vif après la disparition du suintemei; s’enflamme très facilement^ sous Tinfluence du goudron et redevient siège d’une sécrétion aiguë, surtout dans les régions où des plis de peau se trouvent en contact les uns avec les autres (aux parties géi], taies, à la face inférieure des seins). Dans ces cas, on peut, après u ^ seule application de goudron, avoir la surprise désagréable de vi‘ que la maladie se reproduit comme au début avec gonflement et su '■ tement. Pour éviter un accident aussi fâcheux, il est bon de recouvpendant les premiers jours d’une couche de pommade les parties cji, l’on a enduites de goudron (1). Après plusieurs jours écoulés, quai^ on verra que l’épiderme brunit et que l’hyperhémie diminue, et si, t même temps, la température de la peau reste fraîche, on pourra fajî les badigeonnages avec le goudron seul; encore est-il toujours pi •
(1) On évitera surtout cette surprise désagréable quand on attem i le moment physiologique opportun et quand on essaiera la suscepbilité des parties malades d’une manière partielle et avec pruder . Savoir attendre est ici, comme bien souvent en thérapeutique, une ch e essentielle. L’huile de cade ou de bouleau, mitigée d’abord avec dul ment oléo-calcaire ou de l’huile d’amandes douces, puis employée pi?» peut satisfaire à cette période de traitement. Malheureusement, lage iralité des praticiens applique ordinairement le médicament trop tôt t, pour un cas d’impunité, récolte de nombreux revers. Ce n’est pas ic a faute du remède, mais bien celle du médecin. E. B. — A. D. ■
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TRAITEMENT DE L’ECZÉMA CHRONIQUE
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nt d’empêcher le contact des plis de la peau les uns avec les autres r des applications de poudre.
A mesure que la régénération épidermique se régularise et (jue la au reprend sa coloration normale, l’épiderme imprégné de goudron vient adhérent et la surface de la peau paraît uniformément brune, attend alors que cette couche brune soit tombée, laissant une surface anche et lisse; si, au contraire, la peau continue à desquamer, on ut la rendre immédiatement souple par des onctions avec les pomades indifférentes que nous avons énumérées plus haut.
IA cette période, on réussit aussi à faire disparaître rapidement le ocessus avec une solution de 1 gramme de naphtol pour alcool lué, 200 grammes. On fait un badigeonnage une fois ou tout au plus ux fois par jour, pendant deux à trois jours. Si la peau supporte ces iplications, elle paraît légèrement brunie, lisse et pâle ; il convient ors de cesser l’emploi du remède. La desquamation a lieu lentement d’une manière insensible, ce qui est la condition la plus favoble. Cependant, dès que la peau devient un peu rouge sous l’influence badigeonnage de naphtol ou que l’épiderme présente des crevasses iperficielles, il faut cesser le traitement.
La pommade de naphtol à 1 0/0, employée en onction légère une à ux fois par jour et poudrée, peut toutefois remplacer le goudron mme traitement final. Aussi, dans ce cas, le résultat favorable doit-il paraître immédiatement dans l’espace de un à deux jours ; il faut >|)rs s’arrêter. 11 en sera de[ même si le contraire a lieu, c’est-à-dire dans Ijcas où il survient de nouveau de l’irritation et de la chaleur de la 1jau, comme pendant l’application prématurée du goudron. iDans le traitement de l’eczéma chronique, la première indication est ramollir méthodiquement et de faire tomber non seulement les ûtes qui recouvrent les parties malades, mais encore les masses épimiques qui sont épaisses, sèches et parfois calleuses, n seconde ligne, le traitement doit être dirigé en vue de faire dispa- 1[tre l’hyperhémie chronique qui forme le fond anatomique de l’hyperpsie de l’épiderme, ainsi que les exacerbations qui se montrent de tnps en temps et donnent lieu à la production des papules et des vésies, puis au suintement. En même temps, le traitement devra avoir r but d’amener la résorption de l’exsudât chronique et de l’œdème a peau, et de faire cesser le prurit.
pomme il ne s'agit pas ici d’une hyperhémie aiguë, on pourra ourir parfois à des remèdes tout à fait énergiques, souvent même à moyens qui déterminent réellement un degré plus ou moins consi- 'able d’inflammation aiguë et quelquefois même un véritable eczéma
KAPOSI, 2» ÉD. 45
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aigu. On sait par expérience, en effet, que, dans le mouvement actif du sang et des humeurs qui accompagne l’inflammation aiguë, les callosités épidermiques épaisses se détachent plus rapidement, et les exsudais inflammatoires anciens dans le chorion, comme dans les autres tissus, arrivent plus facilement à être résorbés. Le succès du traitement dépend de l’application plus ou moins opportune de ces principes et du talent du médecin à choisir plus ou moins convenablement le médicament approprié au siège et à la période de la maladie.
Quant aux moyens à l’aide desquels on peut ramollir l’épiderme et les croûtes, ce sont toutes les graisses que je vous ai déjà indiquées et, en particulier, l’huile de morue, ensuite l’onguent diachylon de Hebra, la pommade de vaseline et de plomb, etc., et l’eau.
On verse ces huiles sur la peau plusieurs fois par jour et en grande quantité, et l’on frotte de manière à fragmenter et ramollir les croûtes et les écailles épidermiques. Puis on enveloppe les parties du corps, ainsi frottées d’huile, avec des étoffes de laine, qui maintiennent la graisse sur la peau. Les graisses solides, les pommades un peu fermes, c’est-à-dire particulièrement l’onguent diachylon de Hebra, l’onguenlde vaseline et de plomb que j’ai proposé, la pommade de paraffine et d’acide borique ramollissent encore mieux ces croûtes, quand on a soin de les étaler en couches épaisses sur des pièces de toile ou de laine, de les appliquer exactement sur les parties de la peau envahies par l’eczéma; on les maintient avec des bandes de flanelle.
On peut remplacer, et avec grand avantage, ces préparations par l’emplâtre, qu’a proposé Pick, de savon salicylé (10 à 20 0/0 d’acide salicylique sur lOÜ d’emplâtre de savon). Ces emplâtres, s’ils ont été récemment préparés, collent bien, et, si on les maintient appliqués avec des bandes de calicot ou, comme Pick l’a indiqué, avec des tricots, ils agissent par macération et diminuent aussi l’hyperhémie inflammatoire et l'infiltration. On peut laisser en place ces emplâtres de un à plusieurs jours dans tous les cas où c’est nécessaire. Toutefois, l’emplâtre salicylé mérite, pour le traitement de l’eczéma chronique infiltré, la préférence sur les pansements de graisse et les tarlatanes-emplâtres deUnna, (pi’ona recommandés -incidemment, et les emplâtres surguttapercha préparés primitivement par Seabury et Johnson, et très vivement vantés dans les dernières années par Beiersdorf et Unna, puisque, avec ces derniers emplâtres, il se produit une macération énergique, mais avec la même facilité un eczéma artificiel, et celle action nocive n’est nullement neutralisée par l’adjonction de zinc, de salicylé et de borax, etc., (pii a été conseillée.
On peut employer l’eau sous forme de compresses ou d'enveloppements faits d’après la méthode de Priessnitz, ou bien en bains de va-
TRAITEMENT DE L’ECZÉMA CHRONIQUE
peur, douches ou bains de baignoire. L’enveloppement caoutchouté, dont nous avons déjà parlé, est très efficace; on peut s’en servir sous forme de vêtements complets, de bonnets, de gants, de jaquettes, de pantalons et de bas, ou bien en appliquant des bandes de caoutchouc, ou, enfin, en recouvrant les parties atteintes d’eczéma avec des plaques : ou des masques de caoutchouc (E. Besnier). Souvent, la macération qui j se produit sous le caoutchouc ou par l’emploi de l’eau détermine accessoirement sur les parties saines de la peau une nouvelle éruption d’eczéma.
Pour faire macérer et disparaître les produits de l’eczéma déjà ramoli lis, on emploie encore, de temps à aulre^ des lotions avec le savon vert, le savon de glycérine, ou l’esprit de savon de potasse, le savon de naphtol et de soufre que j’ai indiqués.
’ Les eaux thermales indifférentes n’agissent que comme moyen de i macération; celles qui contiennent du soufre ne sont salutaires que dans ; certaines formes d’eczéma, et encore faut-il, dans ces cas, en faire un usage prolongé et continu.
Sur les points couverts de callosités épaisses, que les moyens précédemment énumérés ne peuvent ni ramollir, ni entamer, ni rendre lisses,
I il faut faire des frictions avec l’acide acétique concentré ou avec l’acide [ chlorhydrique, ou bien ces callosités céderont à l’application du I savon noir, que l’on étale sur de la flanelle et qu’on laisse en place pendant douze à vingt-quatre heures, ou, mieux encore, à l’application j d’une solution de potasse caustique 5, pour eau distillée 10. Cette solution met à nu toutes les surfaces atteintes, d’eczéma et agit sur cette affection absolument comme un réactif chimique.
Il est préférable d’utiliser l’action combinée du savon mou, du gou- ! dron, du soufre et de la graisse, dont on use concurremment avec lapom- 1 made sulfureuse de Wilkinson modifiée, dans l’eczéma chronique, aussi bien dans celui qui s’accompagne d’un épaississement considérable de l’épiderme que même dans la période humide et pustuleuse; il en est : spécialement ainsi dans l’eczéma du cuir chevelu, du sein, du scrotum, des doigts, de la paume de la main et de la plante des pieds, j Pour ce qui est de la méthode à suivre dans le traitement de l’eczéma I chronique, voici comment on procède. On commence par la macération [ des croûtes, c’est-à-dire par les applications d’huile, de pommades,
' d’enveloppes caoutchoutées, par les lavages avec différents savons, la j cautérisation avec la solution de potasse, les bains, etc., et l’on continue ce traitement pendant un certain temps, jusqu’à ce que la peau j atteinte d’eczéma devienne souple et lisse, qu’elle ne s’excorie plus par j le fait d’un lavage énergique avec le savon et que l’on n’y aperçoive plus aucun point humide. Ordinairement, la peau est déjà devenue nor-
VINGT-CINQUIEME LEÇON
male; mais, quelquefois aussi, elle reste encore hyperhémique (eczéma squameux). On applique alors le goudron, et on continue le traitement jusqu’à la fin, comme nous l’avons décrit pour l’eczéma aigu.
L’eczéma squameux, sans épaississement considérable de l’épiderme, peut, dès le principe, être traité par le goudron, que l’on étend en couche très mince avec un pinceau de crin, mais en frottant énergiquement; cette application fait également disparaître le prurit le plus rapidement possible. Si l’épiderme est réellement épaissi, on peut, dans les premiers temps, faire usage d’un mélange d’huile d’olive ou d’huile de foie de morue avec l’huile de hêtre ou de bouleau (1 : 1 ou 1 ; 2). La pommade de Wilkinson modifiée (qui contient du soufre, du goudron, du savon et de la graisse), appliquée de huit à douze fois, agit favorablement, sous tous les rapports, dans un temps très court, sur les surfaces anciennement envahies. Sur les points où il n’y a qu'un léger eczéma, il suffira de faire des badigeonnages avec la teinture de bouleau, des lavages avec le savon dur de goudron, avec le savon liquide de goudron (huile de bouleau 20, esprit de savon de potasse 50, glycérine 10), des onctions avec la pommade de goudron (huile de hêtre 10, glycérine 5, onguent émollient 50, baume du Pérou 2,50), avec la pommade à l’acide phénique (1 : 50), à l’oxyde de zinc, au précipité; naplitol 1 à 2, onguent émollient 100; ou avec la crème de potasse. On distingue cette dernière, suivant la quantité dépotasse qu’elle contient, en crème n- I, n“ II, n” III et n“ IV (glycérine 40, huile de rose, huile de fleur d’oranger ââ 2 gouttes, solution de carbonate de potasse 2,50 (n" I), o (n“ II), 10 tn" III), 20 (n« IV).
Après avoir exposé, d’une façon aussi détaillée que possible, les principes généraux du traitement de l’eczéma chronique, et les remèdes et méthodes qu’il convient d’employer, je veux encore donner ici quelques indications relativement aux eczémas localisés à certaines régions en particulier.
Dans l’eczéma du cuir chevelu, on peut ramollir les croûtes avec l’huile d’olive, l’huile de foie de morue, l’huile phéniquée (acide phénique 1, huile d’olive 100, baume du Pérou 2, ou naphtol I, huile d’olive 100), ou bien à l’aide du bonnet de caoutchouc. Ce bonnet doit être maintenu avec des bandes de flanelle, et jamais avec des cordons élastiques. Les matières ramollies sont enlevées tous les jours, ou tous les trois ou quatre jours, au moyen de lavages avec l’esprit de savon de potasse. On doit prévenir les femmes que leurs cheveux tomberont en grande (juantité, et que ce traitement en entraînera encore une partie; mais la réparation ne larde pas à se faire; il est donc barbare de couper la chevelure pour ce traitement. A partir de la période squameuse, on aura recours aux badigeonnages avec la teinture de hêtre,
TRAITEMENT DE L’ECZÉMA LOCALISÉ
jl’alcool de naphtol (1 /2 0/0), plus tard avec l’alcool phéniqué et les 'pommades au précipité blanc, à l’oxyde de zinc ou à la pommade d’althéa. Lassar recommande d’employer déjà dans la période humide sa 'pâte composée de : oxyde zinc, amidon âà 25; vaseline pure 50; acide salicylique 1 (pâte de Lassar). Le badigeonnage avec la pommade de Wilkinson agit souvent mieux en l’employant au début. Les douches let les compresses froides (sous-acétate de plomb liquide, liqueur de Burow) sont très utiles dans les cas où le cuir chevelu est le siège d’une ‘vive inflammation (1).
I Dans l’eczéma impétigineux de la face, il faut adapter exactement les emplâtres, les pièces de toile enduites de pommade, les masques de caoutchouc destinés à produire la macération des croûtes, et couper !ces pièces spécialement pour chaque partie du visage, le nez, le front, les oreilles, les lèvres, remplir les sillons et les creux avec des tampons de charpie et serrer le tout au moyen d’un masque de flanelle. On place dans la cavité des narines des tampons imbibés de glycérine, d’huile,
I d’onguept émollient ou de substances analogues (eau et glycérine ââ 10,
I sulfate de zinc 0,15). On cautérisera avec le nitrate d’argent les fissures I si tenaces de la muqueuse nasale (2). Dans l’eczéma du bord des paupières, une pommade composée de précipité rouge 0,15, pour onguent I émollient 10, réussit très bien. La résorption de l’infiltrat des lèvres est ( accélérée par la pression exercée au moyen de bandes de flanelle enduites de pommade, ou bien d’emplâtre de minium (3). Quand il n’y a plus nulle part de suintement, on peut alors employer le goudron, la
' (1) Les douches de vapeur s'associent ici avec grand succès à l’em-
ploi du bonnet de caoutchouc ; les cheveux, chez les hommes et chez les jeunes sujets, doivent toujours être coupés ras. Chez les femmes, c’est j une question plus délicate, mais qui doit encore être résolue par l’affîri mative quand la maladie est ancienne, tenace et que la chevelure est dans un état misérable qui en rend le sacrifice facile.
Nous n’avons généralement pas retiré de bénéfice manifeste des pra- ! tiques hydrothérapiques à l’eau froide dans ces conditions particulières.
j (2) Les douches pulvérisées tièdes, le masque fait avec de la toile I caoutchoutée ou du caoutchouc laminé, sont les moyens à la fois les
I plus simples et les plus efficaces. E. B. — A. D.
II (3) On obtiendra plus simplement ce résultat avec notre procédé :
I une bandelette de caoutchouc laminé, mesurée aux dimensions de la ! lèvre inférieure, est appliquée à sa surface et y est maintenue, légère- ' ment tendue, par des cordons non élastiques, cousus aux angles de la bandelette, deux de chaque côté, ramenés en arrière l’un au-dessus,
' l’autre au-dessous de l’oreille, et noués derrière la tête. L’appareil est maintenu en place la nuit ou le jour, ou la nuit et le jour selon les cir-
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pommade de yjoe ou de précipite', l’onguent de Wilson, la vaseline, la pâte de Unna, la crème de glycérine, etc. Ce sont les fissures situées dans les sillons des oreilles qui résistent le plus longtemps (I).*
constances. Cet appareil est celui qui nous sert communément pour la guérison rapide de l’eczéma pilaire de la lèvre supérieure.
(1) L’eczéma des régions pilaires de la face comporte des indications particulières que l’on ne saurait omettre d’indiquer; plusieurs de nos élèves ont exposé, en détail, notre pratique sur ce point. Voyez Kinzel- BACH et Hoel, loc. cit., p. 664.
Nous distinguons particulièrement deux localisations :
fl) Eczéma récidivant de la lèvre supérieure. — Cet eczéma, le plus habituellement traité au moyen d’applications irritantes, mercurielles, etc., et ainsi éternisé, peut être souvent guéri avec rapidité par quelques épilations de la partie malade, les douches tièdes pulvérisées, les cataplasmes et la bandelette de caoutchouc élastique. La barbe est, il est inutile de le dire, rasée autour des parties malades pour permettre l’application exacte des cataplasmes ou de la bandelette élastique. L’épilation, relativement peu douloureuse, est faite aussitôt que les croûtes ont été enlevées par les douches, l’application des substances grasses et les cataplasmes. C’est l’affaire de vingt-quatre heures. On taille ensuite les poils aux ciseaux à quelques millimètres de la peau, et on épile à la pince les poils, un à un.
Le lendemain, quelques vésico-pustules et de petites excoriations punctiformes sont constatées ordinairement. Si les cataplasmes sont bien appliqués en permanence, le soulagement est extrême et l’amélioration manifeste en peu de jours. On continue les douches pulvérisées, dix minutes, deux fois par jour, puis on pratique une nouvelle épilation si le résultat n’est pas complet. Au bout de très peu de jours, le pansement avec la bandelette élastique est suffisant, et les ouvriers peuvent rapidement reprendre leurs'occupations.
Quand l’afleclion, d’abord amendée, semble, au bout de huit à dix jours, rester stationnaire, on a recours aux divers topiques appropriés, et, en dernier ressort, aux scarifications linéaires.
b) Eczéma delà barbe. — L’eczéma chronique de la barbe proprement dit constitue une des formes les plus tenaces, les plus enracinées de l’eczéma; c’est par séries d’années qu’il faut compter la durée de la maladie. Quelques cas résistent à tous les modes de traitement; mais, dans la grande majorité, l’épilation régularisée, par séries, répétée pendant plusieurs semaines, quelquefois plusieurs mois, vient à boutde l’affection. Les douches pulvérisées, le caoutchouc, les cataplasmes de fécule, constituent l’agent du traitement pendant plusieurs semaines jusqu’à amélioration considérable. Le moment venu, la pommade de Ilebrn, le goudron ou l'huile de cade, moins souvent le soufre ou l’ichthyol, ou encore les badigeonnages avec des solutions de nitrate d’argent, achèvent la guérison. Cette méthode de traitement, malgré le préjugé de beaucoup de médecins contre l’épilation, peut être instituée de la ma-
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L’eczéma chronique du bord des lèvres (1) ne disparaît souvent qu’après une cautérisation réitérée avec une solution concentrée de potasse (2). Il en est de même pour l’eczéma du sein et du mamelon, dont la peau ne se ramollit rapidement que par le traitement avec les compresses enduites de savon noir, la solution de potasse caustique, le collodion additionné de sublimé (0,50 de sublimé pour 50 de collodion), ou l’acide acétique. Le mamelon supporte très bien ces applications, de même que celles de goudron. Chez les femmes enceintes, je n’ai jamais vu ce traitement déterminer l’avortement.
On traitera l’eczéma du scrotum d’après les mêmes principes. Seulement, ici la difficulté est plus grande pour appliquer exactement les remèdes émollients, onguent diacbylon, pommade de vaseline et de plomb, emplâtre salicylé, suspensoir en caoutchouc (3), etc. Quand
niére la plus régulière et la plus simple, les malades pouvant vaquer à leurs occupations dans la journée. Ernest Besnier. — A. Doyon.
(1) Voyez plus haut la note 1 des pages 644 et suivantes.
(2) Ces applications peuvent être avantageusement remplacées par des onctions de savon mou de potasse.
Le procédé de la bandelette élastique que nous venons d’indiquer Iconvient ici ; la bandelette doit avoir la même longueur, 6 à 8 centimètres, mais être plus large, 3 à 5 centimètres; sa partie moyenne, qui correspondra à la fente buccale, doit être incisée (sans rien enlever du tissu ) horizontalement dans une longueur de 3 à 4 centimètres. Le Iprocédé de déligation est le même que ci-dessus. Si les cordons sont convenablement (modérément) tendus, le caoutchouc s’applique très bien sur les parties malades, la langue peut être projetée hors de la jbouche et la respiration buccale est assurée par l’incisure de la pièce [élastique. Cet appareil peut être aisément porté durant le sommeil et I souvent pendant la journée. E. B. — A. D.
I (3) Le suspensoir en caoutchouc laminé très fin, non vulcanisé, ou mieux, le suspensoir en foi/e /«ne de caoutchouc, bien appliqué, rend |les plus grands services dans la cure de l’eczéma du scrotum. Quand il 1 existe en même temps de l’intertrigo scroto-crural, on y adapte, avec [profit pour le patient, des ailettes en toile fine de caoutchouc, réglées par des cordons; ces appareils peuvent, en outre, servir à maintenir les pansements humides, ou autres. La recommandation expresse à faire aux intéressés est de prendre les plus grands soins de la propreté de leurs appareils de caoutchouc, qui doivent être soigneusement lavés à l’eau froide, sans savon.
Beaucoup d’« eczémas» du scrotum sont dus au contact de l’urine, surtout chez les sujets à urine toxique; ((urinaires» qui ne
prennent pas le soin suffisant de débarrasser le canal de l’urèthre, il I se fait un suintement dont le patient n’a pas conscience, qui cause ou [perpétue la dermite, et qu’il suffit souvent de tarir pour obtenir la guérison de l’affection cutanée. E. B. — A. D.
VINGT-CINQUIÈME LEÇON
l’eczéma est ancien, il est difficile d’en triompher sans cautériser un point ou un autre. Il n’est pas rare d’observer, dans le cours de celte affection, des moments très douloureux. On peut même voir survenir des accidents nerveux quand la peau du scrotum se trouve, en totalité, mise à nu. Les lavages au savon, qu’il est nécessaire de pratiquer deux fois par jour, seront faits sous forme de bains de siège; on n’arrive à l’usage du goudron que quand la solution de potasse ne détermine plus de suintement nulle part. II est difficile de guérir un eczéma ancien du scrotum en moins de six semaines à trois mois; et, la guérison obtenue, le malade devra se prémunir contre l’influence de la sueur en portant un suspensoir et en faisant usage des poudres absorbantes.
On traite de même l’eczéma du périnée et de l'anus. L’onguent diachylon, ou, si celui-ci est trop actif, l’onguent simple, la pommade de borax, les bandes de caoutchouc, en un mot tous les agents aptes à provoquer la macération de l'épiderme et à recouvrir les surfaces dénudées seront employés ; ces pansements seront maintenus par des bandages appropriés, de toile ou de flanelle, en exerçant une compression légère.
S’il y a des l'hagades dans le rectum, on introduira des suppositoires composés de beurre de cacao l,o0, oxyde de zinc 0,15 ou additionnés d’extrait aqueux d’opium 0,02, ou d’extrait de belladone 0,02 avec 1 p. 100 de cocaïne, et on prescrira des lavements froids (1).
(1) Si les lésions eczémateuses ont quelque intensité, il faut, pour soulager rapidement le malade, un ensemble de moyens dont voici un aperçu :
1“ Localement, pendant la nuit, cataplasmes refroidis, convenablement placés, recouverts de toile imperméable et bien maintenus. Pendant le jour, le malade portera en permanence une plaque anale de caoutchouc laminé fin, ou de toile de caoutchouc, (ju’il est très facile d’associer à un suspensoir. Après chaque garde-robe, prendre, pour rendre de suite, un lavement d’eau boriquée à 1 p. 100.
2“ A l’intérieur, médication interne appropriée à l’état du sujet; emploi des alcalins; antisepsie intestinale. Si le malade se soumet, en même temps à un régime sobre, s’il évite les irritants, les épices, etc., il arrivera souvent, dans les délais les plus courts, à se délivrer de l’une des localisations les plus pénibles de la maladie eczémateuse.
A la vulve, les difficultés sont plus grandes encore, en raison surtout de l’écoulement du sang menstruel, des liquides vaginaux et de la souillure réitérée de la région par l’urine; quand la peau est déjà eczématique, et qu’en môme temps l’urine est hypertoxique, les douleurs à chaque miction deviennent intolérables. L’eczéma s’étale à la face interne des cuisses, sous forme de dermite papuleuse cohérente (faux
TRAITEMENT DE L’ECZÉMA LOCALISÉ
Le meilleur mode de traitement de l'eczéma des mains et des doigts c’est d’employer des gants ou des doigts de gant en caoutchouc (1), et, suivant les cas, des applications méthodiques d’emplâtre salicylé, de pommades, de tarlatanes-emplâtres et de lavages savonneux, tant qu’il existe des surfaces dénudées, des pustules et des rhagades. Dans les formes tenaces, en particulier, s’il existe des callosités épaisses de la paume des mains et des doigts, et des vésicules ^profondément situées, on peut recommander les manuluves avec la potasse caustique (5 : 500 d’eau) ou avec le sublimé (5 : 300), bains que l’on prend chaque jour pendant dix minutes seulement. Immédiatement après on lave les mains avec de l’eau, on les essuie et on les recouvre avec le caoutchouc ou avec de la pommade. Souvent on réussit beaucoup plus rapidement en faisant des badigeonnages avec la pommade Wilkinson, dont on alterne l’emploi avec celui de la macération par des emplâtres. Pour les eczémas calleux circonscrits de la paume de la main, on peut, après les avoir cautérisés avec l’acide acétique ou citrique, les ramollir en les recouvrant de baudruche ou de traumaticine (solution de gutta-percha dans du chloroforme) ou frictionner avec une pommade de naphtol â 5 p. 100. On excisera avec les ciseaux ou l’on cautérisera avec l’alun ou avec la pierre infernale les végétations qui surviennent dans le pli unguéal. Le traitement terminal par le goudron ou par les pommades émollientes que nous avons énumérées est ici le même que dans les autres variétés.
lichen), extrêmement prurigineuse, et tourmente les malades au plus haut degré.
La médication et le régime sont les mêmes que pour l’eczéma de I l’anus; il faut, en outre, modifier la toxicité des urines par l’antisepsie intestinale et examiner attentivement sa composition, pour en tirer les indications curatives ; — l’urine des glycosuriques, par exemple, est une des plus irritantes; — quelquefois, oblitérer le vagin par des tampons convenablement renouvelés. Toutes les fois que la malade urinera, elle fera une lotion immédiate de toutes les régions souillées avec de l’eau boriquée tiède ; les surfaces malades seront enduites d’un peu d’onguent épais de zinc, puis poudrées à l’amidon, et les surfaces de contact écartées par des pansements appropriés, pendant le jour. Pendant la nuit, cataplasmes froids.
I Parmi les cures minérales utiles dans les cas rebelles, nous signa- I Ions particulièrement celles qui se font aux eaux de Saint-Gervais I (Haute-Savoie), dont nous avons plusieurs fois constaté l’action favoj rable. Ernest Besnier. — A. Doyon.
! (1) A la condition d’employer le caoutchouc souple, /in, non vulca-
! nisé, ou les gants de toile de caoutchouc, e( non les gants grossiers (gants de chimistes) en caoutchouc vulcanisé, que de trop nombreux médecins infligent à leurs patients. E. B. — A. D.
VINGT-CINQUIÈME LEÇON
Pour l’eczéma de l’ombilic, on place dans celle cavité des tampons avec de la pommade, ou de l’acétate de plomb, ou de la poudre simple. Si la rougeur et le prurit persistent, on a recours au goudron.
Des placards d’eczéma trèsjimilé du tronc, des membres, guérissent souvent par des applications de solution de sublimé fl pour 100 d’alcool ou de collodion).
Le traitement de l’eczéma du côté de la flexion des articulations doit être institué conformément au plan général que nous avons exposé. L’eczéma du creux de l’aisselle est souvent compliqué d’inflammation et de suppuration des ganglions lymphatiques de cette région, affections auxquelles on applique le traitement qu’elles réclament (1).
Dans l’eczéma chronique généralisé, le médecin doit apprécier dans chaque cas spécial quelle est la méthode à laquelle il doit donner la préférence, puisque les remèdes et les méthodes devront varier suivant l’intensité de l’affection totale, suivant la prédominance de telle ou telle forme, et suivant la position du malade, s’il est absolument obligé de sortir ou s’il peut se consacrer entièrement à son traitement. C’est ainsi que, dans un cas, on enveloppera tout le corps dans des vêtements de caoutchouc ; une autre fois, on aura recours à des badigeonnages avec l’huile de foie de morue goudronnée ou avec l’onguent de Wilkinson ; ou bien l’on devra appliquer des traitements différents aux diverses parties du corps : on couvrira l’une de goudron, l’autre d’onguent diachylon, une troisième de poudre, tandis que l’on cautérisera la quatrième, etc., suivant l’indication.
Comme vous l’avez vu, nous nous efforçons d’obtenir dans tous les cas, par l’usage approprié de remèdes locaux, une guérison certaine de l’eczéma, non pas seulement dans les régions où il est produit par des causes locales ou externes, mais encore là où nous croyons qu’il est provoqué par des affections réelles ou supposées de l’organisme.
(Ij L’eczéma de l’aisselle est surtout l’origine de péri-adenites et d’adénites sudoripares ; il est le plus habituellement du type séborrhéique. Après l’irritation vive coin bal tue comme à l’ordinaire, les pommades au soufre et au goudron conviennent fort bien. Très souvent chez les femmes, où il est de beaucoup le plus fréquent, on le guérit rapidement et aisément : 1“ en faisant trois à quatre fois par vingfquatre heures un savonnage de la région, suivi d’un poudrage à l’amidon ; 2® en supprimant tous les plis de vêlement, manches de chemises et de flanelles, doublures en caoutchouc, etc., que les femmes accumulent dans ce pli; en un mot, en surveillant et en faisant exécuter les soins d’hygiène locale indispensables; le médecin ne doit pas craindre d’entrer dans les détails d’application; son succès est à ce prix.