TRAITEMENT INTERNE DE L’ECZÉMA
i telles que la chlorose, les dyspepsies, le catarrhe chronique du sommet j des poumons, la dysménorrhée, etc.
Mais, chez ces malades, nous comptons beaucoup en même temps j sur une médication interne dirigée vers le même but, et au moyen de I laquelle on peut faire disparaître la maladie générale, qui est la cause de l’eczéma, et, par là même, la disposition aux récidives.
Dans ce but, nous donnons aux enfants scrofuleux l’huile de foie de morue à l’intérieur ; aux femmes atteintes de chlorose ou de dysménor- I rhée, du fer seul ou combiné à l’arsenic, solution de Fovvler. Un j médicament que l’on peut recommander est la mixture ferro-vineuse et ! arsenicale de Er. Wilson :
: Liquor arsenici chloridi (Pharmacopée britannique (1), sir. simple àâ
1 10, vin ferrugineux 60, eau phéniquée 80), une cuillerée à bouche j chaque jour ; ou bien solution arsenicale de Fowler 5, teinture de j malate de fer, teinture de rhubarbe ââ 20, eau de menthe 140, dont j on prendra une ou deux cuillerées à bouche par jour. Des pilules I composées de : fer citro- ammoniacal 5, arsenic blanc 0,04, extrait et poudre de racines de gentiane q. s. pour faire cinquante pilules. Deux pilules par jour. Puis les amers, dans le catarrhe chronique des poumons et la dyspepsie, la tisane de sommités de mille-feuille, le chénopodium, le lichen d’Islande, les cures de lait ou de petit-lait ; des eaux minérales faiblement alcalines : Gleichenberg, Marienbad ; des
eaux ferrugineuses, comme Franzensbad, Spa, Pyrmont, Schwalbach; l’eau arsenico-ferrugineuse de Roncegno (deux à trois cuillerées à soupe chaque jour dans de l'eau sucrée ou du vin) ; en été, le séjour à la campagne et dans les montagnes, et un régime en général fortifiant. 11 est également utile de conseiller à ces personnes l’usage de boissons alcooliques, de vins cuits et de bonne bière (2).
: (1) La « liquor arsenici chloridi » (solution d’acide arsénieux dans
i l’acide chlorhydrique) delà pharmacie anglaise était autrefois employée sous le nom de Valangin s minerai solvent, dont la formule se trouve dans les formulaires. E. B. — A. D.
I (2) 11 n'y a pas de traitement général de 1’ « eczéma » ; il n’y a que I des eczémateux qu’il faut traiter non seulement selon l’espèce parj ticulière d’eczéma dont ils souffrent, mais encore selon leur état dia- 1 thésique, selon les conditions d’organes et de fonctions qu’ils présen- ! tent. Celui qui traitera le mieux un eczémateux au point de vue général I sera celui qui analysera avec le plus de sollicitude et de compétence la situation particulière de chaque malade, et qui fera le nécessaire pour rectifier dans son hygiène, dans sa situation locale, dans ses con- ! ditions morales, en même temps que dans ses organes et ses fonctions, tout ce qui peut être défectueux.
i h' âge est très important; les travaux nombreux publiés sur le traite-
VINGT-CINQUIÈME LEÇON
Enfin, dans aucune circonstance , nous n’interdisons à nos malades atteints d’eczéma l’usage d’aliments âcres, salés ou épicés, du fromage,
ment de l’eczéma de l’enfance en particulier — Unna, Gaucher, etc., etc., et en dernier lieu E. Schief, Zur Pathol, und Therap. des Ekzems im Kindesalter, Wiener medic. Wochenschr., 1889, n“® 12, 13, 14 et 15 — indiquent tout l’intérêt pratique de cette question.
Aucun médicament interne ne peut être considéré comme spécifique, pas plus les alcalins que les arsenicaux dont il est fait abus. Selon les cas, toute la série médicamenteuse générale peut être utilisée: Y huile de morue , le /"er, \es,sidfureux, \es alcalins QiV arsenic.
L’indication nette de l’arsenic se présente dans les cas ayant dépassé la période active, alors que l’irritation chronique du derme et les troubles persistants de la fonction épidermique semblent s’éterniser. La dose doit quelquefois être menée jusqu’aux limites de la tolérance individuelle , avec les précautions et la surveillance indispensables.
Les alcalins sont vraiment utiles dans beaucoup de cas à toutes les périodes, chez les sujets vigoureux, dans la diathèse urique, chez les goutteux, les glycémiques, les obèses.
Les sulfureux, trop oubliés, sont fort utiles dans la série nombreuse des sujets lymphatiques qui payent à l’eczéma un tribut si élevé. Pendant l’hiver, l’huile de morue convient à beaucoup d’entre eux. L’indication des ferrugineux ne dérive jamais de l’eczéma lui-même, mais de l’état d’anémie accentué.
Ces remarques s’appliquent à l’usage des eaux minérales, dont les plus usitées en France sont les eaux de la Bourboule (arsenicales), d’Uriage (sulfosalines), de Saint-Gervais (sulfureuses, etc.), de Ludion et de Cauterets (sulfureuses), de Royat (alcalines), etc., etc. Il n’en existe aucune qui soit indiquée empiriquement ; aucune qui ne puisse échouer, alors même que l’indication a été posée aussi attentivement que possible, et que l’application en a été dirigée avec le soin le plus minutieux.
L’indication des eaux minérales dans le traitement de l’eczéma peut avoir un double objectif, soit guérir directement un eczéma invétéré rebelle, soit modifier le terrain individuel de l’eczémateux, pour favoriser la guérison de la dermatose ou le prémunir contre les récidives.
Le premier but à remplir est le plus délicat, car il faut tenir compte, non seulement de l’indication générale, mais encore de l’indication locale. Nous considérons comme une contre-indication essentielle, sauf de rares exceptions, la période ascensionnelle, et nous ne dirigeons les malades atteints d’eczéma à un degré ^d’activité quelconque que sur des stations minérales où ils sont assurés de trouver une organisation balnéaire convenable et une direction médicale autorisée.
Mais nous nous empressons de déclarer que s’il s’agit, et c’est là pour nous l’indication moyenne, de modifier l’état diathésique ou un état morbide accidentel de l’eczémateux, supposé capable de provoquer ou de favoriser les récidives ou le progrès de l’eczéma, non seulement les stations que nous avons indiquées, mais encore toutes celles qui sont aptes à modifier cet état diathésique ou ces troubles d’organes