TRAITEMENT INTERNE DE L’ECZÉMA
du caviar, etc., parce que ces substances n’augmentent ni l’eczéma, ni le prurit, et qu’elles ne déterminent en aucune façon cette « âcreté du sang» que l’on redoute tant, mais qui n’existe pas (1). Tous ces
et de fonctions peuvent réclamer les eczémateux : Vichy, Fougues, Vais, Évian, Vittel, Contrexéville, Salins et Salies, Bagnères-de-Bigorre, Plombières, Néris, Luxeuil, etc.
Ce que nous venons de dire est suffisant, nous le pensons, pour permettre aux praticiens de diriger les malades vers les sources qui leur sont vraiment appropriées ; aux médecins traitants qui exercent auprès des sources, il appartient de préciser les indications de la cure, de graduer l’action générale et locale des eaux, selon les conditions particulières du patient, et de surveiller l’évolution thermale. En formulant nettement ces propositions, nous sommes assurés d’avoir avec nous tous les médecins fidèles aux principes de la médecine rationnelle.
Ernest Besnier. — A. Doyon.
(1) A aucun titre, à aucun degré, nous ne saurions admettre, avec le professeur Kaposi, que l’alimentation, l’état moral, la réglementation du sommeil et de la veille, que l'hygiène en un mot soit sans influence sur l’évolution des affections de la peau. Nous croj'ons, au contraire, que chez un grand nombre de malades, sinon chez tous, les écarts de régime, l’usage des viandes salées, du café et surtout des alcooliques, peuvent entretenir et aggraver certaines lésions cutanées, lien est de même des veilles prolongées.
Combien de fois n’avons-nous pas entendu des eczémateux nous déclarer que, dès qu’ils prenaient des liqueurs, dès qu’ils mangeaient de la viande de porc, des mets trop salés ou trop épicés, il survenait une rechute. Le prurit notamment augmente sous l’action des écarts de régime ou d’une vie irrégulière.
Nous ne voulons certainement pas dire que, par un régime sévère, par une hygiène très régulière on arriverait à écarter presque complètement les exacerbations et les rechutes, ainsi que le croient les malades dont nous avons si souvent à subir l’étonnement naïf : Personne, disent-ils, n’a une vie plus réglée qu’eux; mais il est certain que les veilles habituelles et prolongées, les excès alcooliques, favorisent singulièrement leur retour. L’abus de l’alcool aggrave les lésions eczémateuses, c’est là pour nous aujourd’hui un fait incontestable. 11 n’y a rien d’exclusif à l’eczéma; presque toutes les lésions cutanées sont dans le même cas : là, les syphilides elles-mêmes sont plus précoces, s’accusent d’une manière plus grave, les ulcérations deviennent plus profondes, la marche de la maladie se présente plus insidieuse et plus rebelle à toute intervention thérapeutique, lorsque le malade est adonné aux excès alcooliques.
Chez quelques sujets l’usage du vin et de toute boisson fermentée, du cidre, etc., doit être sévèrement interdit, et le régime de l’eau est quelquefois héroïque.
« J’ai connu, dit Lorry (p. 40), un homme très robuste dont la vie était sagement partagée entre les exercices de l’esprit et ceux du corps ;
VINGT-CINQUIÈME LEÇON
remèdes et toutes ces me'dications n’ont qu’un effet reconstituant dirigé peut-être contre la disposition aux récidives tenant à l’état général, effet qui ne peut agir que peu à peu. Pour la guérison directe de l’eczéma, ils sont aussi inefficaces que toute l’armée des antipsoriques vantés autrefois ou que l’ergotine de nouveau recommandée dans ces derniers temps par Lewin.
des herpès prurigineux (lisez eczémas) à la face et aux membres le tourmentaient et l’inquiétaient, jour et nuit, d’une façon lamentable. Comme je savais qu’il usait modérément d’un vin généreux, j’estime qu’il fut guéri par la simple substitution d’un vin léger et ténu à celui dont il se servait. J’en ai vu un autre qui se délivra entièrement d’affections de ce genre par l’usage de l'eau. »
Aussi ne saurions-nous trop insister sur l’utilité d’un régime régulier, d’une hygiène convenable chez tous les malades atteints d’affections cutanées en général et d’eczéma en particulier.
En résumé, comme l’a dit avec beaucoup de raison l’un des représentants les plus autorisés de la dermatologie américaine, Duncan- Bulkley, la diète et l’hygiène représentent une large part des éléments de l’existence humaine, et sont souvent, ou plutôt toujours, plus puissants pour la santé ou la maladie que les remèdes; et ce qui est vrai de l’organisme en général est éminemment vrai par rapport à la plus grande surface de réaction du corps, c’est-à-dire la peau.
Ces principes posés, et pour qu’il ne subsiste aucun malentendu, il faut ajouter qu’ils ne s’appliquent ni à tous les eczémas, ni à tous les eczémateux, et qu’ils comportent des exceptions nombreuses, basées sur l’eczémateux et sur l’eczéma.
, 1“ Sur l' eczémateux : La règle diététique ne saurait être uniforme pour tous les pays ni pour toutes les races, et, dans un même pays et dans une même race, pour toutes les catégories sociales, ni pour toutes les aptitudes individuelles.
C’est sur l’application de ces conditions, et non sur une formule invariable, que le médecin devra se baser pour faire des restrictions et des interdictions, ou, au contraire, pour accorder la liberté du régime.
2° Sur l'eczéma .- Il n’est pas besoin de dire que les dermites eczémateuses spéciales de cause externe, qui guérissent à merveille par les agents externes, celles pour lesquelles Malcolm Morris — Harveian Soc. of London, 1889 — réclame si justement la dénomination de « local eczémas », et qui dépassent en nombre les eczémas dits de cause générale, ne réclament de diète spéciale, et même de traitement interne, que si le sujet est un intolérant déclaré pour les substances alimentaires réputées irritantes pour la peau.
11 demeure donc entendu que l’hygiène générale et spéciale, la diète des eczémateux, ne seront jamais régléi's systématiquement, et que, tout en faisant sévèrement les interdictions légitimes, le médecin ne les fera qu’à bon escient, et seulement quand elles sont vraiment nécessaires.
. Ernest Besnier. — A. Doyon.
PRURIGO.
7ia
VINGT-SIXIÈME LEÇON
PRURIGO
Prurigo caractéristique. — Prurigo agria. — Prurigo uiitis.
Suivant en cela des exemples antérieurs, beaucoup de médecins emploient encore actuellement le nom de prurigo comme synonyme de prurit ou démangeaison de la peau, et comprennent sous cette dénomination des affections cutanées tout à fait différentes les unes des autres, s’accompagnant ou non de papules, mais qui n’ont de commun que le symptôme démangeaison. C’est ainsi qu’il est question de prurigo pédiculaire, prurigo sénile, local, etc.
Mais l’emploi banal du terme de prurigo n’est plus permis aujourd’hui, depuis que Hebra en a fait l’application à un processus pathologique différencié par des caractères très tranchés des autres maladies de la peau qui s’accompagnent de démangeaisons, et dans lequel on doit reconnaître une affection d’un genre ^spécial (1), et je ne puis le
(1) Personne, plus que nous, n’a reconnu la vérité de la création du prurigo de Hebra ; et nous ne croyons pas que personne ait plus ardemment poursuivi la démonstration de la nécessité d’adopter la réforme imposée par le chef illustre de l’école de Vienne. Gela posé, nous conservons toute notre liberté pour présenter les objections de détail qu’il est nécessaire d’introduire.
Et tout d’abord, Hebra eût été mieux inspiré en désignant la maladie nouvelle sous un nom nouveau, quel qu’il fût; c’est toujours chose hasardée que de déclasser une appellation pour l’appliquer à une chose nouvelle et spéciale, alors surtout que cette appellation, comme dans le cas actuel, est un véritable comble de banalité.
Pour nous, nous n’avons trouvé qu’un seul moyen de ÿ,ov\\v véritablement d’embarras, sans rien sacrifier de ce qui doit être respecté : Nous appelons l’affection ici décrite sous le nom de prurigo de Hebra, et nous avons la confiance de croire que notre proposition sera adoptée par les dermatologistes. Quant à rayer d’un trait de plume la qualification de prurigo de toutes les autres parties de la dennatopathologie, nous n’y saurions consentir. Quoi qu’en disent l’illustre Hebra et notre éminent auteur, il y a un prurigo pédiculaire, un prurigo sénile, un prurigo de la vulve, du scrotum et de l’anus, et jamais les médecins ne se soumettront par décret à supprimer ces expressions de leur vocabulaire. Nous nous déclarerions, pour notre part, satisfaits amplement si les médecins consentaient seulement à ne jamais employer le mot
VÜVGT-SIXIÈME LEÇON’.
trouver mieux justifié quand on a opposé au prurigo de Hebra l’eczéma papuleux ou d’autres dermatoses papuleuses (telles que des dermatoses prurigineuses ou des espèces de prurigo), et cela non en raison d’exigences de la pathologie, mais uniquement pour éviter la continuation d’anciennes erreurs sous une nouvelle forme.
Le prurigo est une maladie indépendante (1) qui n’a aucun rapport
prurigo sans qualificatif. « Prurigo, sans qualificatif, veut dire simplement et exactement affection prurigineuse^ dans laquelle les lésions cutanées sont essentiellement ou en grande partie le résultat des irritations mécaniques produites par le grattage qu’entraîne l’irritation provoquée (du dehors en dedans) dans le système nerveux téguinentaire. Lorsque nous aurons dit, selon les cas, prurigo de Hebra, prurigo des vieillards, prurigo pédiculaire, prurigo partiel, etc., nous aurons satisfait à toutes les nécessités actuelles de la science et de la pratique, si nous appliquons exactement ces dénominations à ce à quoi elles conviennent et non à autre chose. Il n’a pas été très difficile de substituer, dans le langage médical, les termes de prurit sénile, prurit vulvaire, etc., aux mots àe prurigo sénile, prurigo vulvaire, etc., mais le terme de prurigo pédiculaire reste usuel. »
Ernest Besnier. — A. Doyon.
(1) Nul doute : La maladie que Hebra a séparée du groupe confus dans lequel elle était égarée est une maladie propre, parfaitement individualisée, et qu’il y a, en pratique, un intérêt de premier ordre à signaler en termes précis. Nous avons pris soin de nous exprimer clairement à cet égard dans les notes de la première édition de cette traduction, et, pour éviter toute confusion avec divers autres états pathologiques déjà étiquetés sous le nom de « prurigo », nous avons proposé la dénomination de Prurigo de Hebra.
Il nous serait agréable de dire que notre proposition a été acceptée par tous nos compatriotes comme elle méritait de l’être: mais nous devons déclarer que quelques-uns de nos savants collègues n’y ont pas souscrit et ont maintenu le prurigo de Hebra dans le genre Lichen.
Cette dissidence est restée partielle; la presque totalité des dermatologistes de tous les pays a reconnu comme nous, et proclamé, l’utilité et le bien fondé de la réforme de Hebra, qui a eu le mérite de mettre en pleine lumière une maladie qui n’était que partiellement connue, incomplètement décrite et littéralement perdue dans le dédale inextricable des « lichens » anciens.
A aucun titre, le prurigo de Hebra n’est un « lichen » ; c’est une maladie spéciale à lésions multiples, pour laquelle nous maintenons la dénomination que nous avons proposée.
Ernest Besnier. — A. Doyon.
PRURIGO.
I i avec d’autres dermatoses. C’est en re'alité une maladie qui apparaît ( dans la plus tendre enfance (1) et se prolonge d’ordinaire pendant i i toute la vie (2). Dans cette affection, on voit se développer, sous forme ;■ j d’éruptions qui se reproduisent d’une façon chronique, de petites J papules épidermiques dont le volume varie de celui d’un grain de millet i à celui d’une tête d’épingle, pâles ou rouge pâle, dures et donnant lieu j à une violente démangeaison ; ces papules sont disséminées sur tout le i j corps, mais plutôt localisées sur le côté d’extension des membres, tandis i i que la peau du côté de la flexion des articulations en est régulièrement i i exempte (3).
i Les symptômes du prurigo se complètent encore davantage par les i phénomènes qui succèdent aux éruptions que nous avons signalées, I ainsi que par les particularités du développement et de la marche de i la maladie.
J Les symptômes du prurigo n’existent pas chez l’enfant nouveau-né ; t j cette maladie ne commence que du huitième au douzième mois de la vie, j ! et tout d’abord elle ne présente pas le tableau caractéristique qui existe ■J iplus tard. Elle apparaît alors sous forme d’une urticaire (4), qui persiste
(1) Cette règle a des exceptions ; le prurigo le plus typique peut apparaître ou se démasquer seulement dans la seconde enfance, et
' même dans la jeunesse. E. B. — A. D.
(2) Ici, heureusement, les exceptions sont nombreuses.
' ! (3) Quelques observateurs, qui ne se sont pas bien pénétrés des termes
l[de l’auteur, récusent quelquefois des prurigos avérés, sous le prétexte Il îqu’il y a des lésions ailleurs que sur le côté de l’extension ; mais cela n’a jamais été contesté. 11 s’agit ici de prédominances et de localisa- ■f 'tiens typiques qu'il faut mettre en relief dans une description classique, et qui conservent toute leur valeur clinique en dépit des aberrations de lieu, et même des paratypes, dont le prurigo n’est pas plus exempt qu’aucune affection cutanée. E. B. — A. D.
(4) L’élément ortié est si manifeste dans le prélude du prurigo de Hebra, et il reparaît encore si souvent pendant les crises, que l’on a pu
être amené à considérer la maladie comme une espèce d’urticaire
G. Riehl, Ueber die patholog. Bedeut. der Prurigo, in Viert. f. Dermal. und Sypk., 1884, p. 44; anal, franc, p. Doyon, in Ann. de Dermat., 2e série, t. VI, 1885, p. 23.
Cette opinion n’est pas fondée. L’urticaire et le Pr. de Hebra sont ■ deux maladies différentes qui peuvent être associées sans que l’on doive, pour cela, les confondre. On trouve l’urticaire — nous l’avons déjà dit plus haut, p. 418, note! — comme phénomène prémonitoire, prodromique ou concomitant dans un grand nombre d’états morbides aigus ou chroniques, sans qu’il vienne l’idée à personne de les identifier
KAPOSI, 2» ÉD. 46
VINGT-SIXIEME LEÇON
jusque dans la seconde année de la vie, avec les alternatives qui lui sont particulières de plaques blanches, de démangeaison, d’insomnie et d’excoriations. Seulement, vers la fin de la première année ou au commencement de la seconde, en outre des plaques blanches, il survient de petites papules, et l’affection se manifeste d’une façon tout à fait appréciable, en se localisant principalement sur la face antérieure des jambes et des cuisses, sur le bassin, les régions fessières et le côté de l’extension des membres supérieurs. Ces papules sont peu proéminentes, souvent elles ne sont perceptibles qu’au moyen du toucher; elles sont pâles ou rouges, causent une vive démangeaison et deviennent plus saillantes parle fait du grattage, qui en même temps les blesse et lesexcorie. La gouttelette de sérosité et de sang qui en sort se dessèche promptement en une croûtelle brune, qui couronne le sommet de la papule et est encore adhérente, même après que celle-ci s’est affaissée par le fait de la résorption de l’exsudât qui lui avait donné naissance.
A ces phénomènes s’ajoutent maintenant les symptômes ultérieurs que détermine le grattage violent auquel se livrent les malades, c'està-dire des excoriations sous forme de stries et de petites croûtes de sang, des pustules et des pertes de substance profondes, une pigmentation brune diffuse ou en forme de raies, l’arrachement des poils follets, l’œdème et l’épaississement de la peau des jambes, l’engorgement
pour cela. On ne peut pas davantage dire que le prurigo de Hebra est la transformation^ la dégénérescence d’une urticaire. Même en admettant — ce qui n’est pas — qu’il y ait une transmutation d’une espèce morbide en une autre, le prurigo de Hebka, arrivé à son développement complet, diffère essentiellement de l’urticaire chronique par tous ses caractères propres, qu’il n’est pas besoin de rééditer ici.
Bien qu’on ait pu l’interpréter dans le sens de la proposition de Rieul, la dissertation très intéressante de Comby à la Société médicale des Hôpitaux — Voy. J. Comby, De Turlicaire des enfants (formes, pathogénie, évolution). Bulletins et Mém. de la Soc. méd. des Hôp., 1889, p. 437 — ne conclut pas absolument de même. Ce que Comby a voulu dire, c’est qu’il considérait l'urticaire comme conduisant au prurigo de Hebra, et devant être considérée, quand on l’observe dans la première enfance, comme l’avant-coureur du prurigo. Dans ces termes, nous acceptons la proposition, avec cette réserve que tout enfant de six à vingt-quatre mois, chez qui on observe de l'urticaire, pourra avoir ensuite le prurigo, mais que cette issue peut ne pas être observée. Si l’on ajoute à cela — voy. plus loin, p. 728, note 2 — les observations récentes de Iæloir et Tavernier sur l’anatomie du prurigo de Hebra, on conviendra qu’il est superflu de disserter plus longuement, pour établir les différenciations entre le prurigo de Hebra et l’urticaire^ et l'indépendance essentielle des deux affections.
Ernest Besnier. — Doyon.
PRURIGO.
ides ganglions inguinaux et les phénomènes de l’eczéma à tous les degrés.
.\vec la fin de la seconde année ou au commencement de la troisième, ila physionomie pathologique du prurigo s’est complétée dans sa forme typique.
Ce qui frappe d’abord au premier coup d’œil que l’on jette sur un malade entièrement découvert, c’est que les lésions morbides, effloresences, pigmentation, excoriations, etc., affectent au degré le plus âlevé le côté de l’extension des membres, et qu’elles vont en augmentant des bras aux jambes, de sorte que c’est sur les bras que la peau 3st le moins malade, et sur les jambes qu’elle l’est le plus.
C’est sur les membres inférieurs que l’on trouve le plus grand nombre de papules, la plupart écorchées et couvertes d’une croûtelle sanguine, ainsi que de nombreuses pustules et excoriations. L’épiderme présente une pigmentation brun foncé et s’exfolie, sous l’ongle qui le gratte, en une poussière fine comme de la farine. Si l’on frotte doucement avec la paume de la main la peau de la cuisse en descendant /ers la jambe, on éprouve la sensation manifeste que, suivant la même lirection, la peau devient plus rugueuse, plus sèche et plus épaisse. Les lignes et les sillons de la région du genou sont considérablement léveloppés. Si l’on saisit entre les doigts la peau de la face antérieure lies cuisses, on reconnaît qu’elle a une épaisseur anormale. Aux jambes, Jans les cas où le prurigo est intense, c’est à peine si on peut soulever in pli de la peau, tant elle est épaisse attendue. Les poils follets sont négalement arrachés par suite du grattage.
Les lésions se prolongent même sur le dos du pied, mais à un moin- Ire degré. Sur le tronc, on trouve souvent encore un assez grand nomj jre de papules et d’excoriations, qui sont disséminées çà et là; on en lil'encontre moins sur les joues, sur le cou et sur le front; dans ces réj;ions, il se développe le plus souvent un eczéma squameux.
.\u contraire, au creux du jarret et au pli du coude, dans le creux de [aisselle et dans le pli de l’aine, la peau est toujours blanche, lisse, umide et exemple de prurigo. Les ganglions lymphatiques hypertrohiés, formant des nodosités saillantes dans la région inguinale, comlètent le tableau caractéristique de la maladie.
D’après les observations que nous possédons actuellement, à partir e ce moment la maladie persiste jusque dans l’âge mûr et même jusque lans la vieillesse (1), en conservant complètement le type primitif. On
(1) On trouve quelques cas de prurigo persévérant depuis l’enfance, hez des vieillards ; nous en avons montré plusieurs exemples. Mais,
VINGT-SIXIÈME LEÇON
peut placer un enfant de trois ans atteint de prurigo à côté d’un homme de cinquante ans atteint de la même affection, et l'on sera forcé de reconnaître que la physionomie de la maladie du premier n’est qu'une copie rajeunie de celle du dernier.
Mais dans cette affection qui évolue pendant toute la durée de la vie, l’état change bien des fois, sous le rapport de l’intensité et des symptômes. Ainsi, en général, l’éruption et la démangeaison diminuent pendant les mois chauds de l’été, il survient même un peu de transpiration sur la peau des régions envahies par le prurigo ; puis la maladie se reproduit et augmente en hiver (1). Les soins de propreté bien entendus et constants e.xercent une influence favorable incontestable sur le degré de la maladie. Au contraire, quand on néglige complètement ces soins et le traitement, on voit s’aggraver les symptômes ainsi que les conséquences et les complications des phénomènes exsudatifs et des lésions mécaniques que supporte le tégument. A cette série de conditions se rattachent la pigmentation, qui peut aller parfois jusqu’au brun noir (melasma), et l’épaississement du derme; sur les jambes, la peau finit par être tendue, lisse ou rugueuse, à peu près comme du tissu cicatriciel, et elle ne peut plus se plisser. En outre, un eczéma croùteux recouvre le plus souvent les parties atteintes de prurigo; et, de plus, comme dans toutes les maladies de peau accompagnées de démangeaisons, cet eczéma peut aussi s’établir sur le côté de la flexion des articulations et sur la face, que le prurigo n’envahit pas, ainsi que sur le cuir chevelu, dont les cheveux deviennent poussiéreux, ternes, grêles et finissent par tomber. On peut enfin rencontrer la lymphangite et, complication plus rare, la suppuration des ganglions de l’aine.
Au point de vue pratique, il est important de distinguer deux degrés dans la maladie en question.
L’une, la forme la plus grave, le prurigo agria ou ferox (Ilebra), est celle dont je viens de donner la description.
d’une part, nous avons des faits certains de prurigo éteints avant l’âge adulte ; et, de l’autre, à moins de supposer que presque aucun des sujets atteints de prurigo dès l’enfance n’a de longue survie, il est aisé de constater que le prurigo devient une maladie rare chez l’adulte et chez le vieillard.
(l) Telle est, en effet, la règle ordinaire; mais on trouve assez souvent des cas renversés, dans les(iuels l’été est la saison mauvaise, et des cas indifférents, dans lesquels l’action saisonnière est peu marquée ou nulle.
PRURIGO.
L’autre forme, le prurigo mitis^ a absolument le même type que la première, mais elle est beaucoup plus bénigne, soit parce que, d’une I manière générale, le nombre des papules, la fréquence des éruptions et l’intensité de la démangeaison sont très peu considérables, et que, par suite, les altérations qui relèvent de cette forme de prurigo ou qui la compliquent sont naturellement beaucoup moindres; soit parce que les membres inférieurs (pour les bras cela est tout à fait exceptionnel)
I en sont seuls atteints (prurigo partiel).
Sous ce point de vue, les deux formes du prurigo restent distinctes : le prurigo bénin d’un enfant de trois ans n’augmente pas avec les années, au point de devenir du prurigo intense. Dans ce dernier cas, le caractère grave de la maladie existait déjà primitivement, et il persiste ensuite, de façon qu’un enfant de cinq ans atteint de prurigo agria présente déjà sur la peau des jambes des lésions d’un degré beaucoup plus ' élevé qu’un individu de quarante ans, qui n’est atteint que de prurigo mitis.
i Cette distinction a une importance spéciale au point de vue du pronostic du prurigo, car, pour la forme grave et même pour les cas modérés observés chez les adultes, l’expression employée par Ilebra est toujours vraie : « Cette affection est incurable. » C’est dans la première f enfance seulement que le prurigo mitis peut être complètement guéri : par des soins constants et bien entendus surtout, et que le prurigo agria ‘ peut, pour les années ultérieures, être suffisamment amendé et assez : bien maintenu dans cet état d'amélioration, pour que le malade se supt pose de temps à autre débarrassé de son affection, i ^ Abandonné à lui-même, le prurigo constitue une maladie grave et I qui exerce une grande influence sur la vie physique et morale, j Non seulement les accidents locaux détériorent l’état physique du I malade par suite des déperditions, de l’épuisement nerveux et des ; insomnies auxquels il donne lieu, — le sujet atteint de prurigo est j généralement pâle et amaigri, — mais encore la vie tout entière I d’un individu aussi cruellement atteint est depuis le berceau marquée i pour le malheur. Enfant, il donnait beaucoup de mal et de soucis aux ! personnes chargées de le soigner; souvent empêché par son état de ji santé de s’appliquer à ses leçons et à son travail, évité, repoussé par j ses camarades d’école et de chambre parce qu'il se gratte constamment, î l’individu atteint de prurigo arrive rarement à une instruction qui lui I permette d’occuper dans la vie une position stable dans un certain j rang. Il n’y a guère que les gens riches qui puissent par des soins assi- I dus corriger suffisamment cette infortune pour échapper à cette exclu- I sion de la société. Le prurigo ne rend certainement pas les gens impropres à la vie conjugale, mais ils ne sont cependant guère en
VINGT-SIXIÈME LEÇON
état de se marier, et ils sont « impropres au service militaire (1) ».
En raison des symptdmes si prononcés du prurigo, il n’est guère possible que le diagnostic de cette affection donne lieu à des erreurs. Aspect de la peau brune, couverte de papules et de petites croûtes punctiformes, déchirée par le grattage, sèche, épaissie, intensité croissante de ces modifications à. mesure que l’on descend vers les jambes, en connexion avec l’engorgement des ganglions inguinaux, tandis que, au contraire, la peau est saine, blanche, exempte d’excoriations dans le triangle crural et au creux du jarret... tous ces traits sont tellement caractéristiques, que l’on ne peut confondre cette affection avec une autre.
Le prurigo est difficile à diagnostiquer à l’époque de la première éruption, lorsque c’est l’urticaire qui domine. D’un autre côté, on peut le méconnaître, lorsque l’eczéma est tellement prononcé que les croûtes masquent les symptômes propres et que même les parties de peau épargnées par le prurigo, comme le côté de la flexion des articulations, sont envahies par l’eczéma.
Dans l’ichthyose nacrée, on trouve aussi, exactement sur les points qui sont le siège habituel du prurigo, par conséquent sur le côté de l’extension des membres, la peau sèche avec son épiderme en desquamation, tandis que le tégument du côté de la flexion des articulations est normal. Mais les autres symptômes caractéristiques du prurigo manquent dans l’ichthyose, à savoir les papules, la pigmentation et l’épaississement de la peau, bien qu’il existe même un eczéma modéré.
Dans toutes les dermatoses qui s’accompagnent d’une vive démangeaison, spécialement dans les maladies chroniques, gale, excoriations consécutives à la présence des poux de corps, urticaire chronique, prurit cutané, sénile, il survient des pigmentations, des papules, des pustules et de l’eczéma. Mais ces lésions ne présentent jamais la localisation typique du prurigo et, en outre, en raison des caractères particulier.s qu’offrent ces affections, c’est à celles-ci que l’on doit rapporter l’origine de ces divers accidents.
Si l’on considère les résultats des recherches anatomi(iues entreprises par Simon, Ilebra, Derby, Neumann, Gay et par moi-même, et (|ue l’on espère y trouver une explication particulière des symptômes du prurigo, on reconnaît bientôt (jue l’on s’est complètement trompé dans ses espérances. En effet, on ne trouve rien de plus dans la région des papules
(l)Tout cela, nous le reconnaissons, est merveilleusement exact; mais la lettre en doit être a])pliquée seulement aux formes graves du prurigo de llobra, lesquelles, à ce degré, sont exceptionnelles, au moins dans le rayon de notre observation française. E. B. — A. D.
PRURIGO. 727
j, qu’une intiltration modérée de.s papilles et une imbibition séreuse de celles-ci, lesquelles existent également dans le réseau de Malpighi, absolument comme dans les altérations de l’eczéma papuleux. Au contraire,
! dans les points qui ont été pendant de nombreuses années le siège d’un prurigo intense, on constate les mêmes phénomènes que dans toute dermatite chronique, par conséquent aussi dans l’eczéma chronique, à I savoir ; épaississement, prolifération dans les couches du réseau muqueux, dépôts de pigment disséminés dans le chorion, pénétration abondante de cellules dans ce dernier, surtout autour des vaisseaux, çà et là dilatation des vaisseaux lymphatiques et de quelques glandes sudoripares, par suite de la prolifération de leur revêtement cellulaire. On reconnaît enfin, en certains endroits, la déformation des follicules par I les végétations qui se produisent sur les gaines de la racine du poil , 1 l’hypertrophie des muscles redresseurs des poils ; et, dans les formes anciennes, la dégénérescence atrophique des follicules et des glandes j sébacées. En aucun cas, ces divers états anatomiques ne peuvent expli- ^ quer ni, la démangeaison violente, ni la localisation particulière de la maladie, non plus que la maladie elle-méme.
Relativement aux fines modifications anatomiques qui doivent et déi terminer la papule récente de prurigo et la caractériser anatomiquement, Auspilz et, après lui, Caspary ont, dans ces derniers temps, émis î l’opinion qu’une prolifération du réseau , sans participation infiamma- [ toire des vaisseaux papillaires, constitue la papule; Riehl, au contraire,
} insiste sur le rôle des processus inflammatoires dans la couche papillaire, attribuant à ces processus et à leurs conséquences histologiques une très grande similitude non avec l’eczéma papuleux, mais avec le î| pomphus de l’urticaire.
H Riehl considère aussi le processus morbide du prurigo comme ana- 5j logue à celui de l’urticaire, surtout en ce qui concerne le fait que j’ai i le premier fait remarquer que la maladie prurigo commence sous f j l’aspect de l’urticaire, sans cependant oublier que ceci n’explique en : rien la particularité, la localisation spéciale, la ténacité, etc., de la maladie. Auspitz est d’avis que les papules de prurigo sont des formes de prolifération (hyperakantose) ; mais cette hypothèse ne lui paraît j pas suffisante pour expliquer la genèse de cette affection, car il exigeait encore la présence des papules du lichen pilaire correspondant aux papules de prurigo et, de plus, pour justifier l’existence de ces papules de lichen et du prurit, il lui fallait encore la coïncidence d’une névrose j de la motilité, sous forme d’un spasme des muscles érecteurs et d’une i névrose de la sensibilité , prurit. A ces théories insoutenables, Riehl et Caspary ont opposé leurs doutes bien justifiés.
L’opinion de Leloir sur les dégénérescences des ramifications termi-
VINGT-SIXIÈME LEÇON
nales des nerfs du corps papillaire dans le prurigo n’a pas non plus l’importance étiologique que leur a attribuée son auteur (1)^ depuis que Sigm. Mayer a démontré que ces modifications n’ont rien d’anormal. Aussi les papules que j’ai décrites restent, jusqu’à présent, la base anatomique essentielle de la maladie.
Or, quoique Caspary désigne ces papules sous le nom de papules épidermiques, Riehl sous celui d’urticaire, tandis que je les tiens pour analogues aux papules de l’eczéma papuleux et, par conséquent, produites par des processus inflammatoires du tissu papillaire, je crois pourtant que, avec le temps, on verra que ces opinions ne diffèrent pas essentiellement entre elles. Car chaque papule, de l’eczéma papuleux ne consiste, à une certaine période, c’est-à-dire après la disparition de la dilatation des vaisseaux et l’absorption de l’exsudât, qu’en cellules proliférées du réseau ; et je ne peux me résoudre à regarder, comme le fait Riehl, les papules de prurigo comme de l’urticaire proprement dite. Car elles ont toujours une circonférence très minime, elles ne grossissent jamais et persistent à cet état beaucoup plus longtemps qu’un pomphus(2).
Mais enfin il est essentiel et important, pour la constitution de la maladie prurigo, que des papules de ce genre apparaissent d’une ma-
(1) L’opinion prêtée à Leloir par l'auteur n’a pas été formulée par
lui ; il a, au contraire, décjaré que les nerfs cutanés lui ont toujours paru sains. E. B. — A. D.
(2) Bien qu’elles soient en quelque sorte négatives, les conclusions des recherches récentes de Leloir — Voy. Leloir et A. Tavernier, Note sur l’anat. palh. et la nature de la lésion élémentaire de l’affection désignée sous le nom de « Prurigo deHebra », in Annales de Dermatologie, 2® série, t. X, 1889, p. 613 — établissent formellement rmrffüfrfHa/f/é de ce prurigo de Hebra, et sa distinction d'avec l’eczéma, le lichen, etc. Voici ces conclusions :
« La lésion élémentaire du prurigo de Hebra n’est ni une vésicule d’eczéma papulo-vésiculeux ou autre, ni une plilyctène, ni un nodule Je prolifération épithéliale du corps de Malpighi, ni un jiroduit d’exsudation venant de la couche pai)illaire, ni une papule de lichen, ni un jioniphus d'urticaire, ni un élément du juurigo parasitaire, par exemple. — Qu’est-cc donc alors? Une sorte de cavité kystique, se développant dans Lintérieur du corps de Malpighi, augmentant de volume, ayant toujours j>our voàte supérieure le corps do Malpighi ou la couche cornée dans son intégrité totale, et })Our parois inférieures et latérales le corps de Malpighi, tendant à se kératiniseï' à la sml'ace dans les lésions les plus anciennes, .\joulons à cela que cette sorte de kyste renfeiine un liquitle clair, quelques cellules éjiithéliales altérées, quehpies rares globules blancs. Notons en terminant qu il semble exister parfois une relation entre la formation de ce kyste et le conduit excréteur des glandes sudoriparcs. » E. B. — D.
PRURIGO.
nière constante, qu’elles se fixent toujours sur les régions ci-dessus jj indiquées, — la surface d’extension des membres inférieurs où leur intensité et leur nombre sont accrus vers les parties inférieures — et jque le processus ait débuté à peu près entre la première et la deuxième année de la vie.
I Toute autre maladie prurigineuse, même se présentant avec des I papules semblables et occupant, ne fût-ce que d’une manière passagère, la même localisation, n’est pas du prurigo, mais de l’eczéma papuleux. Et lorsque, par exemple, G. Behrend a vu survenir du prurigo chez des
I enfants de cinq ans après la scarlatine et croit, par conséquent, que la
II maladie peut aussi naître dans des années ultérieures sous l’influence ,d’un mauvais état du sang, il m’est impossible de me ranger à son [opinion. Ces enfants avaient certainement eu auparavant du prurigo (1).
I 11 est probable que la sensation de prurit déterminée par chaque papule provient de l’irritation que la quantité, même minime, de proiduit d’inflammation (sérum) qui arrive brusquement dans chaque i efflorescence exerce sur les nerfs des papilles (Hebra) (2). Mais il reste toujours inexpliqué pourquoi des exsudations circonscrites plus considérables ou seulement analogues, comme celles de l’herpès ou de l’érythème papuleux, ne provoquent pas une démangeaison aussi vive ; pourquoi, dans le prurigo, les papules se renouvellent avec tant de ténacité et se localisent d’une façon aussi particulière? Nous ne pouvons pas considérer le prurigo comme une simple névrose, comme le prurit
1 , (1) C’est là un point à débattre : nous rappelons que nous avons observé
[Ides cas de prurigo anciens, non passagers, non assimilables aux I eczémas papuleux, qui avaient débuté dans la seconde enfance. L’auteur, lavée juste raison, ne conteste pas le diagnostic d’un dermatologiste [ aussi expérimenté, aussi autorisé et aussi réservé que Behrend, mais il [I suppose que les enfants, qui étaient atteints du prurigo de Hebra après lia scarlatine en présentaient déjà antérieurement le germe; c’est là P une question de fait qui ne peut être résolue que par des observations 1 nouvelles. Mais il n’y a aucune raison pour que le prurigo de Hebra ne i puisse pas naître dans la seconde enfance, et une scarlatine pourrait ' I parfaitement être l’agent provocateur de son développement, quelle ■ que soit, d’ailleurs, l'interprétation théorique du fait.
j (2) Yoy. sur ce point, et sur plusieurs autres de l’histoire du prurigo, les notes que nous avons ajoutées à l’analyse française du travail de [J. Caspary — üeber Prurigo, in Viertel. f. Dermat. und Syph., 1884, ’ p. 314 ; anal, française, annotée par E. Besnier et A. Doyon, in Ann. de Dermat. et de Syph., 2® série, t. VI, 1883, p. 289.
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cutané, puisque nous sommes en présence de modifications de la peau parfaitement visibles, qui correspondent entièrement aux phénomènes pathologiques et qui constituent la nature de la maladie. Car il est certain que tous les symptômes sont proportionnés à l’augmentation et à la diminution de l’éruption papuleuse.
Mais, d’autre part, nous savons une maladie de la peau très prurigineuse, se manifestant comme une véritable névrose, le prurit cutané, dans laquelle, même avec une durée de plusieurs années, outre les effets du grattage momentanément provoqués et se guérissant rapidement, il ne survient sur la peau aucunes modifications anatomiques, et surtout pas de celles correspondant à l’inflammation, qui est strictement localisée, ou aux efflorescences, de sorte <|ue, même à ce point de vue, le prurigo est exclu des névroses proprement dites.
Relativement aux causes du prurigo, tout au plus pouvons-nous admettre certaines conditions générales sous l’influence desquelles d’ordinaire le prurigo se développe plus fréquemment. Il n’est pas douteux, par exemple, que le prurigo se rencontre beaucoup plus souvent dans les classes pauvres que dans les familles riches ; on ne peut pas nier cependant qu’on l’observe aussi chez des enfants appartenant aux couches les plus élevées de la société.
D’un autre côté, ce sont souvent des enfants faibles, mal nourris, auxquels les soins matériels font défaut, et même des enfants scrofuleux et au ventre très développé, chez lesquels le prurigo se manifeste ; cependant, il n’est pas rare de le rencontrer chez des enfants parfaitement nourris, et l’on ne doit pas oublier aussi que le prurigo lui-même, lorsqu’il dure depuis un certain temps, affaiblit considérablement les sujets qui en sont atteints (1).
Quant à la localisation spéciale du prurigo sur la surface d’extension
(1) La condition défectueuse de l’alimentation a été incriminée avec insistance par .1. Comiîy, loc. sup. cit., comme produisant l’urticaire et ensuite le prurigo de Ilebra; mais il y a tant d'enfants mal nourris (]ui n’ont ni urticaire ni prurigo, que le rapport peut toujours être contesté, surtout en présence des cas développés, comme le dit l’auteur, chez des enfants parfaitement nourris. En réalité, la pathogénie du prurigo de Hebra reste très obscure, et l’on chercherait en vain, dans l'état actuel de nos connaissances et de nos moyens de jugement en ces matières, encore très bornés, une condition univoque à lacjuelle la maladie puisse être rapportée. Cependant, les ascendants sont rarement exempts de tare actuelle ou héréditaire; presque tous présentent, dans l’un des générateurs au moins, (juebpie trouble de la nutrition générale, un état dvscrasique ou une disposilii>n particulière aux dermatoses; les Israélites y sont très exposés, même dans leurs couches sociales les plus élevées; cette remarque ne s'appli(|ue pas seulement
TRAITEMENT DU PRURIGO.
j des membres, il est possible que les conditions analomiques congéni- I taies agissent dans le même sens que pour la localisation semblable dans richthyose. D’ailleurs, quand la maladie s’aggrave, les papules j surviennent aussi sur le tronc et à la face.
' Sous le rapport du sexe, le prurigo paraît être plus fréquent chez i l’homme que chez la femme.
j Dans certains cas, on peut considérer une disposition héréditaire comme étant la cause du prurigo, en raison de cette circonstance que j cette maladie commence toujours dans le cours de la première ou de la seconde année de la vie. Aussi n’est-il pas rare de trouver dans une famille plusieurs frères et sœurs atteints de cette même affection. Il y a certainement beaucoup de vrai dans la remarque faite par Hebra ([ue ! des mères tuberculeuses et, d’après ce que j'ai vu moi-même, des mères 1 qui, pendant leur grossesse, étaient anémiques et souffraient de ca- 1 tarrhe chronique (sujet à des exacerbations) du sommet des poumons I mettent au monde des enfants que le prurigo atteint plus tard.
On ne peut pas produire le prurigo artificiellement par des moyens externes; il n’est pas non plus contagieux. Enfin, nous avons constaté, d’'après les nombreux cas que nous avons observés, que rien ne permet d’admettre que le prurigo puisse être transmis directement des parents aux enfants.
Dans le traitement du prurigo, c’est généralement le soufre, le gou- I dron et le savon, et, d’après mes expériences les plus récentes, le naphtol, qui nous fournissent les moyens de combattre directement le prurit et ' les éruptions de papules. On emploie le soufre sous forme de savon sul- ! fureux, de solution de sulfure de potasse ou de chaux, ou d’eaux thermales sulfureuses. Le goudron pur ou mélangé d’huile d’olive ou d’huile I de foie de morue (huile de foie de morue et huile de bouleau, parties I égales) est utilisé particulièrement contre le prurit. En outre, on se sert encore de toutes les pommades et graisses indifférentes connues, et l’on a recours à des bains préparés avec les combinaisons les plus variées de substances, soit contre les symptômes proprement dits du prurigo, soit contre l’eczéma qui l’accompagne.
La méthode de traitement est proportionnée à l’intensité de chaque cas; elle est douce et simple, ou énergique et compliquée.
I au prurigo de Hebra, mais à toutes les dermatoses. Ce que nous tenons ! à préciser, c’est que toutes les dyscrasies, toutes les maladies constituj tionnelles, dénommées ou classées dans les doctrines diverses, se trouvent représentées parmi les facteurs supposés du prurigo, mais qu’au- ! cune ne peut être incriminée à titre exclusif.
Ernest Besnier. — A. Doyon.
VINGT-SIXIÈME LEÇON
Au début des symptômes du prurigo et dans les formes légères, alors I que l’urticaire prédomine et qu’il y a seulement un petit nombre de j papules, il suffit de laver convenablement le malade tous les jours avec î du savon sulfureux ou avec du savon de goudron et de soufre, ou même de le recouvrir d’écume de savon, puis de le placer dans un bain pen- | dant une heure, après quoi on le frotte d’huile de foie de morue (1)* d’huile et de goudron, ou de graisse simple. I
Dans les cas de prurigo intense, on fera usage de la solution de ! Vlemingkx en bains prolongés, d’après la méthode que nous avons exposée à propos du psoriasis.
Une série de dix à douze frictions avec la pommade de Wilkinson amène dans le prurigo agria une amélioration considérable, et en particulier supprime immédiatement la démangeaison et procure un bon ! sommeil. L’enveloppement avec la toile de caoutchouc donne également d’excellents résultats.
11 est facile de comprendre que l’on devra aussi appliquer, tantôt sur la totalité du corps, tantôt sur des points limités de la peau, d’autres remèdes que l’on a indiqués pour combattre le prurit modéré, la sécheresse de l’épiderme, ainsi que l’eczéma avec suintement; tels sont: l’acide phénique ou l’acide salicylique 1 sur 200 d’alcool, la pommade de zinc, l’onguent diachylon, la pommade boriquée (acide borique, gly- ' cérine, ââ 5, cire blanche, paraffine ââ 20, huile d’olive 50), etc.
Pour ce qui est des eaux thermales sulfureuses naturelles, leur ] emploi, comme celui des bains sulfureux artificiels, est extrêmement utile centre le prurigo, seulement il faut en faire un usage plus assidu qu’on ne le fait ordinairement dans les stations thermales (2). !
(1) L’huile de morue, additionnée ou non de la petite quantité de I
naphtol qu’elle peut tenir en solution, est un excellent topique du pru- : rigo; mais tous les sujets ne la tolèrent pas, et, sous toutes ses formes , d’application, l’odeur qui lui est propre constitue un inconvénient très ! réel. E. B. — A. D.
(2) Ce que nous avons dit — note 1, page 730 — sur la banalité des
conditions pathogéniques du prurigo de Hebra suffit pour faire préjuger que des cures hydrothermales midtiples sont applicables à son traitement.— Pour la lésion, toutes les eaux sulfureuses ou autres, même les plus indifférentes, qui comportent la balnéation prolongée sont favorables. Pour la maladie, l’indication doit être déduite de l’état du sujet plutôt que de la lésion cutanée; on doit combattre, en germe, dans l’enfant, celle des tares dystrophiques ([ui apparaissent manifestes chez les générateurs, le lymphatisme, l’obésité, la prédisposition rhumatismale, la goutte, etc. ; et, dans ces cas, les eaux salines et sulfosalines, les eaux sulfureuses, alcalines, arsenicales, peuvent trouver leur très grande utilité d’application. E. B. — A. D.
TRAITEMENT DU PRURIGO.
Les bains de sublimé, 5 à 10 grammes pour un bain entier, les bains d’alun, de soude, 1,000 à 2,000 grammes pour un bain, les sels d’iode et de brome (Darkau, Hall), les bains salés, enfin les bains d’écorce de chêne, peuvent être employés avec avantage; cependant, en général, leur action n’est pas suffisante.
Depuis plusieurs années, j’ai traité par le naphtol tous les malades de la clinique, ainsi que ceux de ma pratique privée, atteints de prurigo et à n’importe quel degré de la maladie; j’ai, chez tous, obtenu des résultats extrêmement satisfaisants, puisque le prurit diminuait immédiatement et disparaissait bientôt; même les symptômes d’eczéma que l’on observe avec les meilleures méthodes anciennes de traitement cédaient dans la même proportion. La nouvelle médication n’a que l’avantage du bon marché, de la commodité et de la propreté, car des bains sont tout à fait superflus; le naphtol n’a pas de mauvaise odeur, les linges ne sont pas endommagés, et on peut l’employer commodément.
Voici quelle est la méthode de traitement : chaque soir, on fait une friction légère avec une pommade composée de naphtol 5, onguent émollient 100, sur la peau des membres, principalement sur leur face externe, puis on poudre par-dessus. Chez les enfants au-dessous de dix ans, je prescris une pommade de 1 à 2 p. 100. Toutefois, on peut encore tous les deux soirs faire un lavage dans le bain avec du savon de naphtol et de soufre. Je n’ai pas noté le plus léger accident et n'ai eu à recueillir de ce traitement qu’une satisfaction sans mélange.
Les méthodes locales de traitement seront continuées d’une manière ou d’une autre jusqu’à ce que la peau soit complètement lisse et souple, qu’il n’y ail plus de démangeaison, ni de nouvelles éruptions de papules. Alors on appliquera le traitement sous une forme modérée tous les deux ou trois jours, et l’on n’interrompra la cure que dans les cas où, après des mois entiers de soins et d’observation, on se sera bien assuré que la peau est entièrement revenue à l’état normal; on devra reprendre le traitement à nouveau aussitôt que l’on apercevra une recrudescence-du prurigo (1).
(1) Nous pensons que les applications locales doivent, au contraire, être continuées avec la plus grande énergie, longtemps après la cessation complète des accidents cutanés appréciables. — Voyez plus loin la note 1 de la page 734. — Ce sont les frictions quotidiennes qui doivent être usitées, et non pas seulement les emplâtres, lesquels ne s’appliquent (dans la direction d’idées que nous poursuivons) qu’aux éléments localisés à de petites surfaces ou aux malades chez qui les circonstances ne permettent pas d’accorder à la cure prolongée, intensive, tout le développement que nous réclamons en principe.
VINGT-SIXIÈME LEÇON
Dans le traitement de cette maladie, il y a peu de chose à attendre de l’usage des médicaments internes. Dans quelques cas, cependant, j’ai observé une diminution non douteuse des symptômes du prurigo à la suite de l’administration de l’acide phénique à l’intérieur, à la dose de 1 gramme à I gr. 50 par jour en pilules. ^
On peut également obtenir une amélioration passagère par des in- i jections sous-cutanées de pilocarpine muriatique 0 gr. 02 par dose , (O. Simon), ainsi que de l’emploi du sirop de jaborandi.
L’arsenic est complètement inefficace contre le prurigo ; au contraire, l’huile de foie de morue à l’intérieur, pure ou avec addition d'iode (iode pur 0 gr. 1, huile de foie de morue 100 grammes), de phosphore (huile de foie de morue 30, phosphore pur 0 gr. 01, gomme arabique, ; sucre blanc, àâ 15 grammes, eau distillée 40 grammes, sirop simple | 15 grammes, — Kassowitz), convient très bien chez les individus atteints de prurigo qui sont mal nourris, qui ont le teint blême et une , constitution scrofuleuse ; ainsi que des règles hygiéniques générales, ' par exemple des cures de lait, le séjour à la campagne pendant l’été, l’usage occasionnel de bains iodés, etc. (1). ,
(1) Si rien n’est plus facile, à l’aide des procédés les plus divers, , que d’améliorer momentanément l’état de la peau dans le prurigo de ; llebra, rien n’est plus fragile que l’amélioration obtenue par l’un ou l’autre de ces moyens. j
Le traitement du prurigo comporte donc deux parties bien distinctes : |
le traitement de la lésion et celui de la maladie. j
Sur le premier point, nous avons peu de chose à ajouter à tout ce | qui a été dit, avec son autorité légitime, par le professeur Kaposi. Le ‘ plus habituellement, nous divisons la cure en cure de jour et cure de 1 nuit; [a) pendant la nuit, usage des applications grasses, des onctions ou des emplâtres; [h) le matin, lavage à eau chaude et au savon simple ou médicamenteux; friction superficielle avec une flanelle aspergée d'un j alcoolat aromatique; (c) puis, pendant le jour, protection delà peau par j l’enveloppement de toile fine de caoutchouc, combinée avec le vêtement, : suivant l’étendue ou le degré des altérations. Inutile de dire que si, au moment où l’on est appelé à soigner le malade, la peau est vivement irritée, en état d’eczéma suintant sur de grandes surfaces, c’est le i traitement de cette complication par les moyens appropriés (jui doit être mis en usage, jusqu'à ce que l’état moyen, revenu, permette le j traitement ci-dessus indiqué ; mais, si l’on veut obtenir quelque résultat satisfaisant, l’emploi du traitement doit être continué rigoureusement pendant plusieurs mois après la cessation de la cure proprement , dite; c’est à cette persévérance dans la manutention curative externe que nous devons nos plus heureux résultats.
En dehors des cures hydrominérales, ou de certaines indications particulières, nous nous abstenons des bains chez tous les sujets qui sont lavés chaque matin à eau chaude et au savon; dans plusieurs cas, les i
FOLLICULITES, FORMES DE L’ACNÉ.
VINGT-SEPTIÈME LEÇON
Acné disséminée. — Acné vulgaire. — Acné artificielle. — Acné produite par le goudron, l’iode, le brome. — Acné rosée.
FOLLICULITES, FORMES DE L’ACNÉ.
Les formes pathologiques qui appartiennent à cette classe, acné disséminée, acné rosée et acné mentagre ou sycosis, représentent, grâce à certaines circonstances qui leur sont communes, telles que la localisation sur le visage, leur siège qui intéresse les glandes de la peau, etc..., un groupe morbide naturel; mais elles diffèrent entre elles par beaucoup de particularités qui en font des maladies distinctes (1).
I bains laissés à la discrétion des malades ou de leurs parents nous ont I semblé plus nuisibles qu’utiles.
I Quant à la médication générale, nous reconnaissons qu’il n’y a pas un I seul médicament connu qui, administré à l’intérieur, puisse guérir le prurigo de Hebra.
Mais nous affirmons énergiquement que les malades qui joignent, aux applications extérieures longtemps poursuivies, une hygiène alimentaire sévère et une médication interne déterminée d'après l'état particulier de leur type pathologique, ou dans la direction indiquée par l’état des ascendants, arrivent à des résultats très satisfaisants, même dans les cas intenses. 11 y a^, pour les enfants, le plus grand intérêt à ce qu’une médication énergique soit commencée de bonne heure, et poursuivie I avec ténacité, même dans les intervalles des crises.
Parmi les médicaments internes, l’huile de morue axi\\AoyéQ pendant la saison froide est d’une utilité peu douteuse chez le plus grand nombre des jeunes sujets; pendant l’été, les amers, les alcalins, l’arsenic, peuvent être administrés avec grand bénéfice, à la condition d’en préciser l’indication et d’en diriger l’emploi sans aucune idée systématique, et toujours au prorata des conditions individuelles du sujet à traiter.
Ernest Besnier. — A. Doyon.
(1) Théoriquement, il semble philosophique et naturel de réunir sous le terme générique d’ACNÉ toutes les altérations fonctionnelles ou matérielles du système sébacé; mais si l’on vient à examiner de près la part I que prend la glande sébacée proprement dite dans la constitution des affections qui portent aujourd’hui le nom d’acné, on ne tarde pas à ! reconnaître que cette part est souvent accessoire, secondaire ou même nulle.
! En réalité, quelques « acnés » sont tout à fait indépendantes de la I glande sébacée; beaucoup ne sont que des folliculites pi/ah-cs; souvent j le périfollicule — atmosphère épithéliale ou lamineuse du follicule I sébacé ou sébacéopilaire — est atteint pi'imitivement , et l’appareil follicu- : laire lui-même n’est envahi que de dehors en dedans. Alors même que
VINGT-SEPTIEME LEÇON
ACNÉ DISSÉMINÉE (I).
Elle consiste dans la production de nodosités du volume d’une tête d'épingle à celui d’un pois, ou plus grosses, rouges, coniques ou demisphériques, douloureuses, qui portent à. leur sommet une tête noire de comédon ou bien une pustule, ou qui contiennent du pus dans leur intérieur.
l’irritation a son foyer dans le follicule, elle demeure fréquemment limitée au canal sébacé ou sébacéopilaire, ne descend pas au-dessous de l’embouchure du diverticule et se propage à la partie périfolliculaire, sans atteindre directement la glande.
Si l’on ajoute que, dans plus d’une « acné », la nature parasitaire ' prime la notion de siège anatomique, on aura compris que, pour envi- ! sager ces affections à leur point réel, il est nécessaire de s’écarter un peu de la notion traditionnelle.
Nous préciserons les faits principaux de cette question au cours des notes annexées au texte courant, et, comme l’auteur n’a pas représenté ^ tous les types aujourd’hui individualisés, nous donnerons le complément dans un appendice au cours de la vingt-huitième leçon, . après le chapitre du sycosis. Eknest Besnier. — A. Doyon. i
(!' Sous le titre peu compromettant d’acné « disséminée » ou d’acné I vulgaire, l’auteur comprend plusieurs formes et variétés très logiquement réunies, mais sur lesquelles il y a lieu d’être un peu plus explicite , au point de vue de la clarté. A ces formes et variétés, nous appliquons ou nous conservons les dénominations suivantes ; Acné simple;
À . papuleuse; A . ponctuée (A . comédon, avec périfolliculite ou péri-angio- ' folliculite); A. pustuleuse, superficielle et profonde; A. phlegmoneuse; ' A. tuberculeuse ou A. indurée ; A. sébacée kystique.
Toutes ces acnés ont un caractère plilegmasique variable, mais corn- , mun, et Ton comprend que Leloir et Vidal, loc. cit., les aient rangées ^ dans T « acné inflammatoire » avec d’autres formes que nous repor- ' tons plus loin. Mais, si nous reconnaissons la part que prend le procès- ' sus inflammatoire vulgaire dans ces acnés, nous ne saurions consentir à faire celte part prépondérante et à baser sur elle une classification des acnés. Si les formes dermatologiques, réunies sous la rubrique d'acné disséminée ou vulgaire, forment en réalité un groupe naturel et pratique, ce n’est pas pour telle ou telle raison anatomique, mais bien en ce qu’elles peuvent se présenter toutes à la fois chez le même sujet et qu’elles peuvent se succéder régulièrement depuis la première jusqu’à la dernière dans l’évolution, allant, par exemple, de TA. comédon ou de T.\. papuleuse jusqu’à TA. kystique, en passant par tous les autres degrés. C’est-à-dire qu’il y a une raison directe et logique de réunir dans la description ce qui est associé dans la réalité. Nous ne croyons pas (pTil y ail rien de mieux à faire sur ce point, en ce moment, que de grouper les formes individualisées dans Tordre indiqué naturellement par l’observation des faits, mais, en évitant toute classilica-