ACNÉ PONCTUÉE OU VULGAIRE
Par la pression, on donne issue au contenu de la nodosité, c’està-dire au comédon, au pus et à la matière sébacée, puis il s’écoule une certaine quantité de sang.
Il n’est pas difficile de reconnaître que chacune de ces nodosités correspond à une glande sébacée (1) et au tissu périglandulaire le plus immédiat, et qu’elle a été produite par l’inflammation. Le siège le plus habituel de l’acné disséminée est à la face, sur le sternum et sur le dos; on la rencontre beaucoup plus rarement sur d’autres parties du corps, notamment sur les membres, les cas exceptés où son dévelop- I pement est dû à des circonstances spéciales; on ne l’observe presque jamais (2), sur la paume de la main ou à la plante du pied.
- L’acné vulgaire (Fuchs) se distingue par la physionomie particulière i de l’ensemble de ses symptômes. Elle siège sur le front, les joues, le nez, le pavillon des oreilles, la nuque, le sternum et le dos, quelquefois ' aussi sur le bord des paupières et la conjonctive (Arlt). Ses formes j sont celles que nous avons signalées au début de ce chapitre : des ■ papules' avec un comédon central, — acné ponctuée, ou contenant du ! pus, — acné pustuleuse; ovi bien ce sont des nodosités rouges, dures, j douloureuses, — acné indurée ; disséminées, — acné disséminée, ou semblables à des grains de froment ou d’orge, de forme oblongue, placées I les unes à côté des autres, — acné hordéolaire . En même temps que ces i nodosités, on trouve toujours un grand nombre de comédons, et la peau a un aspect gras et brillant (séborrhée huileuse).
Pendant la marche chronique de l’acné, qui se prolonge plusieurs : mois et même plusieurs années, les symptômes locaux varient constamli iment, il est vrai; mais, dans son ensemble, la maladie conserve tou- » jjours au fond le même caractère. Il se produit constamment de nou- ^ velles nodosités inflammatoires, des comédons et des pustules, pendant . !que les anciens abcès s’ouvrent et se dessèchent, laissant à leur place 1 des cicatrices aplaties ou des macules passagères.
il dion systématique et fermée, que l’état de la science dermatologique r In’est pas actuellement en état de légitimer.
Ernest Besnier. — A. Doyon.
I (1) Le lecteur ne doit pas prendre ici le terme de « glande sébacée » li au propre ni au sens précis; il doit lire : d) canal sébacéopilaire et \ Atmosphère épidermique de ce canal — angiofolliculite ou péri-angio- ( folliculite épidermique ; h) périfollicule conjonctif, ou gaine lamineuse du : follicule sébacé, et derme ambiant — périfolliculite profonde, ou .Ipéri-adénite sébacée vraie. E. B. — A. D.
(2) Les follicules sébacés manquant en ces régions, il ne saurait y avoir d’acné proprement dite, mais des folliculites sudorales.
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VINGT-SEPTIÈME LEÇON
Quelquefois, il n’y a qu’un très petit nombre de boutons, mais parfois aussi il en existe chez un seul et même individu jusqu’à plusieurs centaines, à tous les degrés de développement. Par suite aussi, les | malades en éprouvent une gêne et un ennui plus ou moins prolongés, îj ils en sont plus ou moins défigurés, et, d’une manière générale, la maladie est plus ou moins intense suivant le nombre des nodosités. Dans les " cas où l’acné est confluente, le visage est gonflé, déformé, considérablement défiguré par la présence de nodosités rouges, fluctuantes ou dures, | d’abcès, de comédons et de cicatrices,
A ces phénomènes locaux ordinaires s’ajoutent encore des tumeurs grosses comme un pois ou comme une noisette, formées par la dilatation kystiforme des glandes sébacées, épaissies dans leurs parois, tumeurs qui, une fois ouvertes, laissent échapper un contenu muqueux et visqueux, constitué par une matière grasse altérée, — molluscum athéromateux. Quelques-unes de ces tumeurs persistent souvent pendant des années et se rétractent, par suite de l’épaississement de leur contenu, en corps durs, sphériques, enkystés. De plus, il se forme en beaucoup d’endroits des abcès périfolliculaires dont le pus vient se joindre aux abcès glandulaires proprement dits. Enfin, les parties de la peau qui sont occupées par de grosses pustules d’acné se creusent, i saignent et se déchirent en lambeaux, laissant après elles des cicatrices déchiquetées qui parfois forment des brides entre elles.
Le siège anatomique de l’inflammation est le tissu de la peau qui entoure les glandes sébacées et les follicules pileux, ainsi que leur!* canal excréteur commun (G. Simon, Vhrchow, Ilebra-Kaposi, Biesia-ij decki) (1). Les altérations que présente ce tissu correspondent, sous Ici rapport de l'intensité, aux symptômes cliniques de chaque cas, ainsi que cela résulte d’un travail que j’ai publié en collaboration avec Biesiadecki. Dans l’acné ponctuée, les papilles qui entourent le comédon et les couches supérieures du chorion sont remplies de vaisseaux gorgés de sang, de sérum et de cellules d’exsudat qui se trouvent dans les vacuoles dilatées. Dans l’acné pustuleuse, il existe un exsudât | purulent dans le canal excréteur; dans les cas où il y a de grosses! nodosités et des pustules, l’inflammation pénètre profondément dans )'j le tissu qui entoure le corps des glandes sébacées et les follicules' pileux, et l’on trouve, dans la cavité des glandes, du sang et du l'us;; enfin, dans le follicule pileux, les enveloppes du bulbe sont décollées,.^' et leui's cellules épithéliales devenues des cellules de ])us. Si rintcnsité,;
(1) Dauvergine, confirmant les rechercjies de IL Eichhorn, fit, le premier, sur un acnéique mort à la suite d’un érysipèle, l’anatomie de^ l’acné vulgaire. (\’oy. Aubert, Monographie des dermatoses, édit.,
Paris, 18‘35, t. II, p. (!8-G9.]