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ACNÉ PONCTUÉE OU VULGAIRE

du processus inflammatoire local augmente, la glande sébacée est entièrement détruite par la suppuration, tandis que le bulbe pileux peut encore être conservé, ce qui, à l’égard du sycosis, est très caractéristique. 11 est certain, en effet, que ce sont les glandes sébacées, c’est-à-dire l’anomalie de sécrétion et d’excrétion de ces glandes, qui sont le point de départ et la cause de l’inflammation. Dans les grands abcès de l’acné, il est vrai, le follicule pileux lui-même est aussi détruit et l’on ne trouve plus qu’une vaste cavité purulente, qui parfois contient un poil, cavité qui est limitée par le derme con- , Isidérablement vascularisé et infiltré par suite de l’inflammation. Dans ce dernier cas, il est manifeste que le processus local ne peut se terminer autrement que par la production de cicatrices et la destruction du follicule, tandis que l’acné ponctuée et l’acné pustuleuse superficielle jeuvent encore guérir avec retour complet i l’état normal (1).

La cause prochaine de l’acné réside |lans l’irritation que provoque sur les tisus le produit de sécrétion séjournant .ans le canal excréteur ou dans la glande ébacée même (Virchow) ; cette cause prohaine peut donc être un obstacle mécaique à l’excrétion, comme dans le cas ù l’orifice du follicule est bouché par du oudron (acné du goudron, dont nous parii’ons bientôt), ou un trouble fonctionnel,

! produit de sécrétion étant altéré diiliquement ou trop abondant Ce deriier cas semble être celui de l’acné vulgaire;

Fig. 28.

Coupe verticale d’une pustule d’acné. (Faible grossissement.)

a épiderme. — e infiltration (cellules) inflammatoire dans le chorion entourant la glande sébacée et le follicule, les papilles avoisinantes b. — c glande sébacée dont la plus grande partie du contenu est évacué, il ne reste que du pu.s et un détritus épithélial et graisseux.

— d follicule pileux vu obliquement, appartenant à la glande sébacée.

en effet, cette affection

bî.iébute surtout à l’époque de la puberté, à laquelle, en même temps

(1) Nous ne reprendrons pas ici, faute de place, la description, qui irait besoin d’être régularisée et complétée, des lésions de l’acné lies qu’elles ressortent des études de Biesiadecki, Simon, Cornil, ;loir et Vidal, Pick, B.alzer, Darier, Caesar Boeck, Neisser, etc., c. Nous rappelons seulement l’attention sur ce que, dans un land nombre de formes de l’acné disséminée, la lésion ne part pas de glande sébacée et ne l' occupe pas; que souvent elle débute soit dans canal pilaire, la glande elle-même restant tout à fait intacte, soit ns le périfollicule épidermique ou dans le périfollicule dermique, la

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que le système pileux se développe plus activement, la fonction des glandes sébacées augmente également, et cela plus souvent chez les sujets bruns du sexe masculin, atteints de séborrhée huileuse, quel chez les individus blonds du sexe féminin (1). La dyspepsie chroniquej

glande sébacée n’étant atteinte que secondairement, et dans les formesl pustuleuses ou phlegmoneuses profondes. Dans l’acné tuberculeuse: ou indurée profonde, c’est le périfoUicide- dermique et le derme alentour qui forment la nodosité ; c'est lui qui est le siège de l’abcès, du phlegmon, et non la glande sébacée, laquelle subit l’éventualité des lésions du périfüllicule vasculaire et conjonctif, et est, par elles, comprimée, perforée, envahie, détruite. E. B. — A. D.

(1) La part que prennent les altérations supposées de la sécrétion, sébacée à la constitution des acnés dont il est, à présent, questionji n’est pas aussi simple : la fonction sébacée n’est pas une fouctioni émonctoriale, elle est exclusivement destinée à la lubréfaction de l3| peau et du système pilaire, et il est peu vraisemblable que son orga-, nisation ne la prémunisse pas contre les adultérations dont on l’accuse. Comme la sueur (voyez p. 157, note 2), la sécrétion sébacée s’altère’^ seulement au même titre que le reste du tégument épidermique nor différencié.

En dehors de la forme comédonienne, dans laquelle il est légitime d'in criminerla dystrophie sébacée, ainsi que les altéralionsdu sébum interné i et réserve faite des altérations des produits sébacés et stéatosiidoraio déposés à la surface de la peau ou infiltrant les couches cornées, c’es autour des éléments différenciés, dans leur système vasculaire, danJ l’appareil épidermique qui les entoure jusqu’à l’ostium, que se passeii ' les principaux actes irritatifs qui donnent lieu à la iilupart des « acnés » ,

Les agents provocateurs de ces irritations sont très variés : les un;] viennent du dehors, tels que ceux que produisent, par exemple, l'acmi de la poix, du goudron, d^ l’huile de cade, etc., laquelle n'est le plu: ordinairement qu’une péri-angiofolliculite susglandulaire. Les autre: viennent du dedans, ou, introduits dans l’économie, cheminent d( dedans en dehors vers la surface, poisons du dehors ou pnisoii ' autochtones, éléments morbides charriés par le sang, substance | toxiques éliminées par l'épiderme, mais non par la glande sébacée, dont ce n’est pas la fonction, et qui est organisée pour résister à ce: invasions, — et qui arrivent en foute autour des appareils différenciés' par l’appareil vasculaire périfolliculaire. Cela dit, il n’y a rien d'in' vraisemblable à admettre que le tégument, ainsi préparé, devienni un terrain favorable à la germination des « éléments acnéogènes » cl' Barthélémy. (Voyez Congrès de dermatologie de Paris, 1885).) Mais il a faut |)as oublier que les différents individus sont bien remanjuablenien inégaux devant ces germes, lesquels ne jcroduisent l’acné, en leur pré sence, ([u’au prorata de l’irritabilité du revêtement épidermique.

Cf. Balzer, Parasitisme des glandes sébacées, Société de Biologie 1881, in Gaz. méd., 1881, p. 319.

Ernest Besnier. — K. Doyon.

ACNÉ VARIOLIFORME.

t la chlorose semblent prédisposer à l’acné. On a coutume de ire, mais c’est une opinion absolument erronée, que l’usage habituel ’aliments âcres, salés, acides, ou du fromage (1), ou encore que abstention de rapports sexuels (2), peuvent donner naissance à l’acné, rdinairement, l’affection diminue et disparaît peu à peu à l’âge où !S malades atteignent leur complet développement, c’est-à-dire chez ;s femmes vers la vingtième année, plus tard chez les hommes. Elle 3 prolonge même quelquefois, mais exceptionnellement, jusque vers âge de quarante ans.

Le diagnostic de l’acné vulgaire est très facile, en général, en raison e l’ensemble des symptômes que nous avons décrits, de la présence imullanée de comédons, de nodosités et de pustules à tous les degrés e développement, en raison, enfin, des caractères inflammatoires de es efflorescences. Quelquefois, la variole du visage peut être prise ar erreur pour de l’acné, ou encore pour une syphilide pustuleuse. Nous désignons sous le nom d’acné varioliforme une acné particuère, qui s’établit le plus souvent sur les limites du cuir chevelu, soit vec le front (acné frontale), soit avec la nuque, sous forme de papules lates et de pustules disposées en groupes et sous celle d’effloresences isolées et disséminées, sur le cuir chevelu même, rarement jussi dans la région de toute la face et sur la partie supérieure de la oitrine. Il ne faut pas confondre cet état morbide avec l’acné varioforme de Bazin, qui répond à notre molluscum verruqueux.

'Ce sont des papules grosses comme une lentille, plates, dures, Duge brun, au centre desquelles se forme une pustule flasque, qui se essèche rapidement en une croûte enfoncée au-dessous du niveau de i peau, et qui laisse après sa chute une dépression cicatricielle. ;’aspect de ces pustules rappelle beaucoup les efflorescences de la jariole (d’où le nom que l’on donne à cette affection), de même que, ’un autre côté, leur disposition en groupes, leur coloration foncée t leur dépression centrale donnent à l’éruption une grande ressemlance avec la syphilide tuberculo-pustuleuse en corymbe. Elle dure Insieurs années , par le fait du renouvellement tenace d’éruptions

(1) Nous nous inscrivons, au nom de l’observation commune, contre

L proposition qui vient d’être faite, que la mauvaise alimentation est idifiérente chez les acnéiques. E. B. — A. D.

(2) Cette question est insoluble sous la forme qui lui est donnée, es rapports, « utiles? » chez quelques acnéiques, pourraient être préjuiciables à d’autres, et les abus solitaires sont aussi souvent incriminés, eaucoup plus souvent à invoquer, que la chasteté absolue.

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toujours semblables. Nous ne savons absolument rien au sujet des | causes qui l’engendrent (1). !

L’acné des cachectiques (Hebra), se montre chez des individus consi- j dérablement affaiblis, atteints de marasme, ou chez des sujets scrofu- ! leux, par conséquent, souvent aussi associée au lichen des scrofuleux; , peu abondante à la figure, elle occupe surtout le tronc et les membres j inférieurs. Elle consiste dans la production de papules et de pustules i du volume d’une tête d’épingle à celui d’une lentille, plates, molles, | d’un rouge livide, qui ressemblent beaucoup aux efflorescences syphi- I litiques. Mais elles s’en distinguent principalement par l’absence de ' l’infiltrat dur qui caractérise les syphilides, et par cette circonstance : que jamais elles ne donnent naissance aux ulcérations spécifiques, tout au plus à des soulèvements flasques et superficiels des tissus traversés ; par des foyers hémorrhagiques. ;

La cause de cette acné réside dans l’état de dépression de la nutrition i générale, qui amène chez ces malades une altération des glandes | sébacées avec exsudât hémorrhagique dans les tissus, et souvent même j se termine par le scorbut. J’ai vu une fois l’acné des cachectiques ( survenir, à la suite d'une dépression morale, chez un homme en pleine | santé et dans une bonne situation de fortune. Cette affection disparaît i après que les circonstances qui lui ont donné naissance se sont améliorées, mais elle peut aussi persister pendant des années. j

Nous rattacherons à cette catégorie les variétés d’acné qui survien- i nent artificiellement par suite de l'irritation que certaines substances i médicamenteuses déterminent dans les glandes sébacées, soit que ces I substances nocives arrivent de l’extérieur dans les orifices des glandes, ' comme le goudron [acné du govdron), soit que, venant de l’intérieur, | elles pénètrent dans le torrent circulatoire et arrivent dans les glandes qui les expulsent au dehors, comme cela a lieu quelquefois pour le j goudron et aussi pour l’iode, le brome [acné iodique, bromique). |

Nous avons déjà parlé de l’acné produite par le goudron à l'occasion j du traitement du psoriasis par le goudron. 11 se forme sur la peau une | quantité de papules du volume d’une tête d’épingle, d’un grain de ' plomb ou même d’un pois, d’une couleur rouge brun , dont le centre est marqué d’une façon caractéristique par un point noir, la petite j particule de goudron qui occupe l’orifice du follicule. Outre ces papules, | il peut aussi survenir des nodosités dures, grosses parfois comme des ; noisettes, des abcès, des furoncles, etc. ; leur siège principal est sur ■ le côté de l’extension des membres inférieurs, qui est abondamment pourvu de follicules pileux.

(1) "Voyez plus loin V Appendice des traducteurs.

ACNÉ DES CACHECTIQUES, MÉDICAMENTEUSE.

, Divers produits extraits du goudron, le résinéon, la benzine, la créoote, peuvent également déterminer l’acné, soit qu’ils aient été emf loyés en frictions, soit que, remplissant à l’état de division extrême t atmosphère de grands locaux fermés, ils irritent directement la peau, I oit enfin qu’a}fant pénétré dans l’économie par les voies respiratoires j aient été portés par la circulation aux surfaces tégumentaires, et ^ liminés. On a observé à différentes reprises cette acné, produite par le oudron, d’une manière épidémique, chez des ouvriers travaillant dans |; les distilleries de goudron ou dans des filatures où les axes des broches ^ î talent graissés avec les huiles dont nous avons parlé.

I I Nous y ajouterons aussi l’acné -déterminée par l’emploi de la pommade I te chrysarobine (1).

* L’acné iodique se montre à la suite de l’usage interne de l’iodure de l |)otassium et de l’iodure de sodium, quelquefois alors même qu’on Ven a pris que de faibles doses ; c’est à la face qu’elle apparaît tout IlJ’abord, et souvent associée à d’autres symptômes de l’iodisme. Les (îiustules sont coniques, avec une base rouge vif; exceptionnellement, illes présentent un foyer hémorrhagique (Fournier, etc.), ou un ilercle de vésicules saillantes (T. Fox). Cette forme se distingue de l’acné [ulgaire par son apparition aiguë, la production simultanée d’un grand iombre de pustules semblables, et par l’absence de la pigmentation et les cicatrices, qui sont propres aux affections à marche chronique.

tdamkiewicz a démontré la présence de l’iode dans le contenu des )ustules de l’acné iodique, laquelle disparaît après la cessation de la nédication iodée (2).

i(l) ... et quelquefois de l’acide pyrogallique, etc. E. B. — A. D.

.(2) L’ « acné iodique », dans ses formes communes, est une simple ■péri-angiofolliculite qui se termine par résolution), et dans laquelle la ^glande sébacée proprement dite n’est pas intéressée.

Les formes intenses, les variétés anthracoides, ne s’observent que 1 :hez les sujets qui ne tolèrent pas les préparations indiques et qui préientent, ou peuvent présenter, toutes les autres manifestations de |i ;’ « iodisme ».

Nous avons l’habitude d’appeler ces formes dermatologiques iodopo- 'assiques, plutôt que indiques, parce que nous les considérons comme ’ésultant surtout de Faction de l’iodure de potassium; l’iodure de sodium la produit moins, et l’iode encore moins. — Cf. Celso Pkllizari,

> Isop. aie. eruz. eut. dov. a. azione patogeu. d. iod. d. potass., Lo Spel ^'mentale, féb. 1880, et Nuovo contrib. a. stud. d. eruz. iodiche, eod.

I l'oc., sept. 1884, p. 233, et tirage à part. — Hallopeau, 1° Variété rare ' ll’éruption bulleuse d’origine iodique, Bullet.de la Soc. méd. des hôp., jl881,p. 335; — 2“ Sur deux manif. rares de l’iodisme, nzéûJ., 1885, jp. 1077 ; — 3“ Sur une forme végétante et atrophique du pemphigus iodique, Ann. de Demi, et de Syph., 2® série, t. IX, 1888, p. .286. —

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L’acné bromique (exanthème bromique) a été observée par les médecins depuis que l’on fait un usage fréquent, en thérapeutique, des sels de brome, bromure de potassium et bromure de sodium (Voisin, Mitchell, Neumann, Veiel, etc.). Je l’ai vue à un degré très prononcé chez un nourrisson de six mois auquel le brome était donné sans intention par le lait de sa mère . Dans celte variété, il survient, quelquefois au milieu de symptômes fébriles, des tubercules et des pustules de différentes grosseurs, comme dans l’acné ordinaire; mais on voit aussi en même temps, chez les individus qui ont fait un usage prolongé de doses élevées de bromures, apparaître des infiltrais formés par la continence d’un grand nombre d’éléments acnéiques ; ces infiltrais dont parfois l’épiderme est recouvert de bulles purulentes, confluentes, plus ou moins grosses, et qui ressemblent un peu à de l’eczéma bulleux, à de l’herpès ou à du periiphigus, sont eux-mêmes analogues aux plaques syphilitiques, et font une saillie de 1 à 2 millimètres au-dessus du niveau de la peau. Lorsque les pustules se sont successivement vidées, ces infiltrais ont un aspect qui rappelle quelque peu celui d’un rayon de miel, ou bien ils se fendillent et forment des ulcères d’un mauvais caractère. On y trouve encore des infiltrats de la dimension d’une pièce de cinq francs en argent, ou parfois même de la paume de la main, diffus, modérément durs, rouge brun foncé, qui, au bout d’un certain temps, s’affaissent à leur centre et prennent par là une ressemblance d’autant plus grande avec un infiltrai syphilitique. Enfin, dans l’acné bromique, on rencontre aussi des excroissances verruqueuses et arrondies sur une base infiltrée. Lorsqu'on ne cesse pas l’usage du brome, ces productions peuvent se renouveler constamment pendant des mois, pendant une ou deux années, et, comme je l'ai observé chez une jeune fille atteinte de chorée, envahir la plus grande partie du corps. Elles disi)araissent en laissant sur certains points une pigmentation biaine, et, sur d’autres, des cicatrices. Comme l’a démontré Neumann, il s’agit, dans cette affection, d’une infiltration inftammatoire j)rofonde de la peau, d’une destruction et d’une dégénérescence des glandes et des follicules cutanés (1).

E. BiiSNiER. Un cas d’ér. bull, due <’). l’iod. de potass., un cas d’érupt. anlbracoïde due au même agent, Ann. de Dennal. el de Syph., 2» série, l. 111, 1882, p. KÏ8. — ll.\RDY, traité cité, p. 183, 18815. — Puince A. Moauow, Druq éruptions, etc., New-York, in-8“, 1887. — E.-N. Bhadley, L’iodisme (bibliographie très étendue), Thèse de Paris, — Taylor, Dermatilis luberosa of iodic origin : ibe so-called acné anlbracoïde iodopotassique, The New-York nied. Journ., 1888, p. -477, avec unecbromograpbie. — A. Pig.xoï, art. Iodisme du J)icf. encycl. des sc. méd., Paris, 1889. Ernest Besmer. — A. Doyon.

(1) Le bromure de potassium est un des agents médicamenteux les

ACNÉ DU GOUDRON, lODIQUE, BROMIQUE.

La cause de ces lésions est certainement l’irritation que le brome, ' dont la présence dans le contenu des pustules a été chimiquement j constatée par P. Gutmann, exerce sur la peau, c’est-à-dire sur les I glandes sébacées qu’il traverse pour être éliminé à l’extérieur.

; Le pronostic de cette espèce d’acné est favorable, en ce sens que I cette affection disparaît spontanément dès que la cause spéciale qui lui avait donné naissance est elle-même supprimée. Toutefois, il faut tenir ■f compte des cicatrices indélébiles qui succèdent aux infiltrats profonds j de l’acné bromique.

iii Le traitement de l’acné vulgaire est toujours couronné de succès lorsqu’on lui applique une méthode convenable (1).

j plus irritants pour la peau; ses effets s'accumulent; les lésions qu’il li produit selon les sujets; érythèmes divers; prurigos intenses et

Yprurils atroces par les doses élevées et prolongées, comme chez les ||épileptiques, par exemple; /Jér^/b//^'cu/^7es superficielles ou profondes, isolées ou associées, quelquefois végétantes, fongoïdes, prenant divers aspects insolites; dermites eczématoides, pustuleuses, conglomérées, localisées assez souvent aux surfaces exposées; vastes infiltrations anthracoïdes du derme, phlegmons secondaires, etc., etc.

Régulièrement, les formes intenses et graves proviennent de l’élévation trop grande des doses ou de prolongation sans suspension ; de l’administration du médicament à des sujets atteints d’a/^echon^ dupoumon, de cardiopathies avancées, d'insuffisance rénale, toutes circonstances qui favorisent Y accumulation du toxique.

Quand, en dehors de ces dernières circonstances, les dermites bromurées se produisent à la suite de l’emploi de doses faibles et après un court délai d’administration — ce qui est tout exceptionnel — il s’agit alors de sujets à intolérance bromurique, intolérance de laquelle il a été tenté, mais sans succès, diverses explications. Un exemple remarquable de ces faits exceptionnels a été publié par L. Jacquet, — Bromisme cutané à grands éléments, après absorption peu prolongée de doses faibles de bromure de potassium, etc., Ann. de Dermat. et de Sgpk., 2® série, t. VI, 188o, p. 738; et éruption bromique polymorphe périadénites et bulles. — Congrès de Paris de 1889.

En raison de ces phénomènes d’accumulation toxique, les lésions bromiques sont tenaces, de longue durée et survivent davantage que les lésions indiques ; elles peuvent même persister plus ou moins longtemps après la suppression de l’emploi du médicament.

I Le plus ordinairement, on évitera ces accidents si l’on veut bien surjveiller et diriger l’emploi du médicament en tenant compte des indications que nous avons données ; dans les cas où la prolongation de idoses élevées s’impose par la gravité des accidents nerveux à combattre, on devra toujours tenter des suppressions momentanées. On pourra, en outre, essayer l’emploi simultané de l’arsenic, qui a été considéré comme antidotique à l’égard de la peau.

Ernest Besnier. — A. Doyon.

(I) Nous sommes obligés d’émettre quelques réserves à côté de cette

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Avant tout, il faut ouvrir l’un après l’autre avec le bistouri les abcès glandulaires et sous-cutanés que l’on voit ou que l’on sent au toucher, et faire sortir leur contenu. Pour cela, on est souvent obligé de pénétrer très profondément avec le bistouri, et quelquefois il faut y consacrer dix ou douze séances pour que tous les abcès soient ouverts. Ces petites opérations donnent lieu à un écoulement de sang assez abondant, mais que l’on arrête facilement en comprimant avec de la ouate. Après chaque séance, on peut appliquer des compresses froides. On enlève à l’aide de la curette les infiltrats hémorrhagiques ramollis et l’on excise avec des ciseaux les petits lambeaux de peau.

C’est seulement lorsque, par ces petites opérations continuées pendant dix à quinze jours, l’on a fait disparaître toutes les nodosités fluctuantes, lorsque le gonflement de la face a disparu, et qu’il reste à peine quelques petites nodosités et quelques pustules, que l’on peut commencer le traitement indiqué pour toute acné d’un degré moyen. Ce traitement est le suivant : d’abord, on extrait tous les comédons mécaniquement avec l'instrument de Hebra [Comedonenquetscher] (1), et l’on

déclaration encourageante; le médecin prudent ne fera pas de promesse trop explicite, et surtout ne s’engagera pas pour la question de temps; certaines variétés sont extraordinairement rebelles, et leur repullulation se prolonge indéfiniment. E.' B. — A. D.

(I) Ici encore, il faut faire remarquer que le trailemenl chirurgical de l’acné vulgaire n’est pas absolumentsimple pourun médecin non spécialiste ; d’autre part, il est douloureux; les résultats satisfaisants ne sont pas immédiats; le malade est obligé d’interrompre ses occupations, et, en dernière analyse, beaucoup s’y refusent ou s’y soustraient.

Sous ces réserves, ce traitement s’impose dans tous les cas graves, intenses, rebelles, dans tous les cas où les autres moyens sont demeurés insuffisants, ou encore quand la nature de l’acné donne lieu à des cicatrices défigurantes.

Les éléments acnéiques non suppurés sont scarifiés, ou ruginés avec les petites curettes usitées pour le lupus ; les foyers superficiels ou profonds sont ponctionnés et évacués par pression; il faut se rappeler qu’ils sont souvent profonds, intradermiques et sous-dermiques.

A côté, ou au lieu de cette méthode qui donne lieu à un écoulement de sang assez abondant et qui, chez quelques sujets, produit par autoinoculation des éclosions suppuratives secondaires et indéfinies, nous employons plus ordinairement, et avec des résultats plus rapides, — on se rappelle qu’il ne s’agit que des cas graves, — les applications électrocaustiques faites à l’aide des aiguilles fines de platine qui nous servent dans le traitement du lupus. Tous les foyers intradermiques et sous-dermiques sont ponctionnés avec l’aiguille portée au rouge-cerise, et les foyers profonds, évacués par pression quand l’élimination ne se fait pas spontanément. On peut, à la rigueur, faire ces petites opérations

TRAITEMENT DE L’ACNÉ.

ouvre les abcès à mesure qu'ils se produisent. En second lieu, on fait re'gulièrement et à diverses reprises des lavages énergiques avec différents savons, savon de toilette, savon de glycérine solide ou liquide, savon noir, esprit de savon de potasse, savon de soufre et de sable, savon de soufre iodé, savon de naphtol, savon de naphtol et de soufre, en même temps que l’on donne des bains et des douches de vapeur. En troisième lieu, application méthodique de substances qui, en déterminant une réaction modérée, amènent en même temps une prompte exfoliation de l’épiderme, ainsi que des cellules de revêtement des glandes sébacées, et qui, par conséquent, débarrassent ces dernières de leur contenu et provoquent leur contraction en relevant leur tonicité affaiblie. Les pâtes sulfurées, la macération au moyen de l'écume de savon sulfureux, de savon mou ou de savon de naphtol, la teinture d’iode et le glycéré d’iode, l’emplâtre hydrargyrique, les douches froides, remplissent ces indications. Quatrièmement, on doit employer encore, dans un but cosmétique, des moyens de protection, des pommades, des eaux et des poudres.

Quant à la méthode de traitement â instituer pour un malade qui vaque à ses affaires, voici à peu près celle qu’il doit suivre :

Chaque soir, on nettoie la peau de la face et du dos par des lavages avec un des savons ci-dessus nommés; en même temps, on fait une friction énergique sur la peau et on comprime les parties malades, afin de faire sortir mécaniquement les comédons (1). Puis on fait une lotion et on laisse sécher. Ensuite on étend avec un pinceau une pâte soufrée qu’on laisse toute la nuit, par exemple :

Lait de soufre 10, esprit-de-vin 50, esprit de lavande 10, glycérine 1.50 ;

Ou : soufre jaune 10, esprit de savon de potasse 20, alcool de lavande 60, baume du Pérou 1.50, esprit de camphre 1, huile de bergamotte 5 gouttes;

Ou bien encore : lait de soufre 10, carbonate de potasse 5, esprit

sans grande douleur, en hadigeonneant préalablement, jusqu’à congélation, la peau avec le chlorure de méthyle.

(1) Le « Comedonenquetscher » peut être avantageusement remplacé par la clef de montre. On l’applique perpendiculairement sur la peau, le comédon correspondant exactement au centre de la clef; puis on presse sur la peau doucement et graduellement, et, avec une habileté très ordinaire, on peut rapidement savoir très suffisamment exécuter cette petite, mais très utile besogne; en enlevant une dizaine de comédons par jour, on arrive assez promptement à la terminaison, même dans les cas qui ont été longtemps négligés. E. B. — A. D.

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de savon de potasse 20, glycérine 50, huile de caryopliyllée, huile de menthe et huile de romarin, ââ 1 ; f. s. a. une pâte. Au lieu de ces pâtes, on peut aussi faire des frictions avec de la mousse de savon simple ou sulfureux ou encore de savon de naphtol et de soufre, et la laisser pendant toute la nuit sur la peau. La solution de Vlemingkx agit comme caustique sur les personnes dont la peau est délicate et ne doit être employée que contre l’acné du dos. Le lait sicilien, l’eau de Kummerfeld(l),sontdesémulsions sulfureuses d’une composition analogue. Unna recommande des pâtes avec l’acide acétique d’après cette formule : kaolin 20, glycérine 15, vinaigre de vin 10, huile de bergamotte, 5 gouttes. L’action irritante de ces médicaments est encore augmentée si l’on recouvre de flanelle les parties que l’on vient de badigeonner. Le matin, on enlève la pâte ou la couche de savon appliquée la veille, en lavant la peau, qui est rugueuse et rouge, et sur laquelle on étend une pommade ou une eau protectrice, ou enfin un cosmétique, tel que l’onguent de Wilson, ou :

Oxyde de zinc 20, onguent émollient 100, huile de réséda 2, huile de roses 5 gouttes ;

Ou : sous-nitrate de bismuth, oxyde de zinc, ââ 5, onguent émollient 50, huile de naphte 4 gouttes ;

Ou encore : cold-cream 50, oxyde de zinc 5, glycérine pure 1..50, teinture de benjoin 1. On étale ces pommades en couche mince et on frictionne doucement, puis on poudre légèrement. Les poudres que nous avons déjà énumérées conviennent pour cet usage. L’emploi des préparations qui contiennent du plomb ou du mercure est en général contre-indiqué lorsqu’on fait un traitement sulfureux et que la sécrétion sébacée est abondante, parce que les sulfures de plomb et de mercure font des taches brunes sur ta peau. A côté des poudres indiquées plus haut, la poudre dite des dames est encore d’un très bon usage :

« Pulv. lapid. baptistæ », talc de Venise, poudre de riz, ââ 30, oxyde de zinc 10, huile de néroli 2 gouttes, huile de roses 4 gouttes.

Un très bon cosmétique liquide est l’eau de la princesse (Ilebra); sous-carbonate de bismuth 10, talc de Venise pulvérisé 20, eau de roses 70, eau de Cologne 3.

La teinture d’iode et la glycérine iodée (iode pur etiodure de potassium, ââ 5, glycérine 10) s’appliquent avec un pinceau deux fois par jour, en tout six à douze fois. Après que la croûte brune qui en résulte

(1) Voici la composition de l’eau de Kummerfeld :

Alcool camphré et aie. de lavande, ââ 2 gr. — Lait de soufre, 1 gr. — Eau de Cologne, 4 gr. — Eau distillée, 00 grammes.

ACNÉ ROSÉE.

est tombée, la peau est ordinairement rouge et squameuse; on la traite alors exclusivement par des corps gras pendant un certain temps, puis on peut revenir de nouveau à un traitement irritant au moyen du soufre, de l’iode ou du sublimé. Suivant l’intensité de l’affection, il faut répéter cette série d’opérations de quatre à huit fois dans un espace de six à douze semaines pour obtenir une guérison complète.

La chlorose, la dyspepsie, qui existent en même temps que l’acné, doivent être traitées par les remèdes internes appropriés.

L’acné produite par le goudron, l’acné indique et bromique réclament un traitement symptomatique, l’application du froid contre l’inflammation intense, les pommades de plomb, de zinc, le cérat, dans les cas de destruction ulcéreuse des tissus ou contre le suintement de l’exanthème bromique. J’ai vu des efflorescences et des infîltrats durs de cette dernière variété d’acné disparaître très rapidement par l’application de l’emplâtre mercuriel. Cet emplâtre, ainsique la pommade au précipité (5 sur 50) et les lavages avec l’alcool de savon sont particulièrement efficaces contre l'acné varioliforme (1).

Diekerhoff et Gravilz ont récemment étudié et désigné sous le nom d’acné contagieuse une maladie des chevaux que les vétérinaires connaissent sous le nom de «variole anglaise, englishe Pocken » (horsepox), ' maladie qui consiste dans l’éruption aiguë de bulles aplaties du volume d’un pois et même plus grosses, sur une base infiltrée et enflammée, dans la région de la crinière, du dos et des omoplates, et qu’on a observée chez nous sur des chevaux importés d’Angleterre. L’aspect de l'affection n’a, comme je l’ai vu, aucune ressemblance avec l’acné de l’homme, mais plutôt avec l’impétigo contagieux.

ACNÉ ROSÉE

Par acné rosée (goutte rose, couperose), on entend une maladie chronique limitée aux parties de la face dépourvues de poils, spécialement le nez, les joues, la lèvre inférieure et le menton, et qui parfois s’étend sur la région latérale du cou, caractérisée par la production de taches d’un rouge vif allant jusqu’au rouge foncé, uniformes ou traversées par des vaisseaux sanguins, pâlissant sous la pression du doigt, ainsi que par des papules, des nodosités rouges, élastiques, ou même des nodules et des végétations d’un certain volume.

(1) Acné pilaire de Bazin, acné à cicatrices déprimées, nécrobiotique, etc., etc. E. B. — A. D.

VINGT-SEPTIÈME LEÇON

Dans cette maladie, nous distinguons trois degrés. Le premier consiste dans une rougeur difluse, en général uniforme, de l’extrémité du nez et de son voisinage immédiat. Les malades croient, sans qu'il y ait à cela de fondement, qu’ils ont eu le nez gelé. Aucune douleur. Chez certaines personnes, la rougeur s’étend d’une manière diffuse sur les deux joues, les oreilles, le menton. Quand la maladie dure depuis un certain temps, on trouve toujours un réseau vasculaire de nouvelle formation. Par les froids aigus de l’iiiver, après les repas, ou quand le malade s’est échauffé, ces rougeurs prennent une teinte plus foncée et sont le siège d’une sensation de chaleur et de brûlure. La maladie peut durer des mois et même des années en cet état, puis disparaître complètement; ou bien elle se développe à un degré plus élevé.

Au second degré de l’acné rosée, il se forme progressivement sur des plaques érythémateuses des nodules du volume d’une lentille à celui d’un pois, d’un rouge vif, durs, élastiques, non douloureux, isolés ou réunis en groupes confluents et présentant à leur surface des vaisseaux sanguins jentrecroisés et sinueux. Celte espèce d’acné se trouve sur le nez, le menton, la lèvre inférieure et les joues.

Le troisième degré, le plus prononcé de l’acné rosée, consiste dans cet étal du nez qui est connu sous le nom de « couperose » (1) proprement dite, dans lequel il se produit des végétations arrondies ou de forme irrégulière, placées les unes à côté des autres ou amoncelées les unes sur les autres, quelquefois pendantes, de consistance élastique; à leur niveau, la peau est traversée par un lacis de vaisseaux sanguins, qui atteignent parfois le volume d’une plume de corbeau, et parsemée de comédons et de pustules d’acné, — (ce que l'on appelle PfandnaS'U nez d'une livre). Cet organe peut atteindre des proportions colossales, les appendices peuvent pendre jusque sur la lèvre supérieure et affecter les formes les plus bizarres — rhinophyma.

Une autre variété de cette affection consiste en une hypertrophie uniforme des parties molles du nez, qui s’élargissent et s’allongent

(1) En France, le terme de couperose veut dire simplement congestion permanente , avec ou sans folliculites et avec ou sans varicosités de la face; on dit : « Cette personne est couperosée, teint couperosé, etc. » Généralement, le mot de couperose est pris par les gens du monde en mauvaise part; telle malade qui sera désolée si son médecin consent à reconnaître (ju’elle a la « couperose » sera tout à fait rassurée s’il lui déclare (lu’elle a simplement une acné congestive ou érythémateuse.

Médicalement, le terme est accepté et acceptable; cependant, il est, en fait, peu usité, et il ne nous parait pas utile de lui donner une acception plus précise et plus solide (jiie celle qui lui est actuellement accordée. E. H. — D.

ACNE ROSEE.

en forme de trompe, en faisant une saillie volumineuse en avant (1).

Les petites papules que nous avons de'crites comme appartenant au second degré de l'acné rosée, ainsi que les néoformations du rhinophyma en forme d’appendices et de tumeurs qui constituent la coupe- |lj rose, sont composées de tissu cellulaire gélatineux de nouvelle formaf tion, qui peut bien, il est vrai, s’organiser et passer à l’état de tissu cellulaire solide persistant, mais qui peut aussi se rétracter et dispa- : raitre par résorption. Ce dernier cas n'a lieu que pour les productions I encore récentes. Il y a, en outre, une dilatation et une hypertrophie des glandes sébacées (Biesiadecki), une dilatation des vaisseaux déjà exisi tants et une production de vaisseaux nouveaux placés superficiellement ! dans la peau ; enfin, il y a en outre une dilatation des troncs ascendants

(1) L’acné rosée, la couperose, se compose essentiellement d'une série d’eléments assez étendue, et que l’on peut résumer ainsi qu’il suit ;

a) Erythème lisse superficiel ou profond, d’abord intermittent, puis rémittent, et enfin permanent avec exacerbations — acné érythémateuse simple, très commune chez les femmes, même chez les jeunes filles. ^

b) É'ry thème sébacé, avec irritation manifeste de l’appareil glandulaire, stéatorrhée ou exfoliation, peau très irritable ; on est fort embarrassé de dire si l’on a affaire à un eczéma acnéique ou à une acné eczématique, et le malade subit souvent deux diagnostics distincts de deux médecins consultés, l’un lui déclarant qu’il a un eczéma, l’autre qu’il a une acné ; — beaucoup de ces malades, non tous, ont souvent l’eczéma séborrhéique latent du cuir chevelu — acné eczématique ou eczéma acnéique ou stéatosiq-ue de la face.

c) Érythème profond infiltration du chorion, d’abord œdémateuse, puis plastique, péri-angiofolliculites, périfolliculites et folliculites profondes, depuis les degrés les plus légers, représentés par quelques rares papules ou papulo-pustules éventuelles et éphémères sur un fond érythémateux, jusqu’aux formes intenses d’acné rouge, cuivrée, lie de vin, boutonneuse et pustuleuse, etc. — acné érythémato-pustuleuse, tuberculeuse , infiltrée, déformante.

d) Télangiectasies, véritables varices, varicosités superficielles ou profondes, linéaires, disposées en réseaux élégants, localisées ou diffuses, superficielles ou profondes, lisses ou saillantes, habituellement avec érythème interréticulaire, mais pouvant être isolées, et alors avec ou sans pustules développées sur le trajet de varices, généralement alors de petite dimension — acné télangiectasique , dont les variétés sont très nombreuses.

e) Enfin, hypertrophie du périfollicule dermique et du derme interfolliculaire— acné hypertrophique, déformante, éléphantiasique, rhinophyma.

Toutes ces distinctions établies, non pas pour satisfaire à la division anatomique, mais parce que, en pratique, chacune d'elles comporte un pronostic et des indications de nature spéciale.

Ernest Besnier. — A. Doyon.

VINGT-SEPTIÈME LEÇON

du chorion et de leurs rameaux. Telle est la base anatomique essentielle de l’acné rosée (1), ainsi que l’ont d’ailleurs confirmé les recherches de Hans Hebra.

Le diagnostic de cette affection ne présente, en général, aucune

difficulté (2), alors même qu'il existe en même temps une acné vulgaire.

L’acné rosée du second degré (inoj-en) peut être confondue avec le lupus ou avec la syphilide tuberculeuse. Toutefois, les nodules de l’acné peuvent être distingués de ceux de la syphilis par leur vascularité extraordinaire; de plus, ils sont mous, compressibles; enfin, ils ne s’ulcèrent pas et ne se couvrent pas de cicatrices (3).

Il ne faut pas confondre le rhjnophyma, acné rosée du troisième degré, avec le carcinome et le rhinosclérome (4).

Les causes de l’acné rosée sont très nombreuses et très diverses. Le premier et le second degré de cette affection se développent souvent chez des personnes du sexe féminin, et cela aussi bien à l’époque de la puberté qu’à l’âge critique; plus rarement chez des femmes d’un âge moyen, mais toujours manifestement liés à certains troubles fonc-

(1) Voy. p. complément, Leloir et Vidal, loc. cit,, p. 23. On ne peut

retirer de l’étude anatomique de la couperose que la connaissance des lésions réalisées, et l’on notera particulièrement — V. Leloir, c/. et anal.-path. s. les aff. eut. d'or, nerv., Paris, 1881 — que \e?,nerfs cutanés des régions atteintes sont intacts; on remarquera aussi Timporlance des lésions vasculaires d’ordre congestif ayant la plus grande analogie avec les lésions variqueuses de toute région, et indiquant un trouble considérable de la circulation en retour. E. B. — D.

(2) Nous considérons, au contraire, que des exceptions très nombreuses à cette facilité du diagnostic de l’acné rosée se présentent dans la pratique quand il s’agit, après avoir établi le diagnostic d’acné vasculaire, d’acné sanguine, de distinguer les variétés les unes des autres. Les difficultés principales s’établissent entre l’acné rosée et lupus érythémateux de la face, dont quelques variétés affleurent étroitement l’acné érythémateuse; quelques variétés du lupus pernio ; V eczéma stéatosique du visage; le psoriasis de la région centrale de la face.

Chez les sujets alcooliques, ou même chez quelques syphilitiques atteints de déshydratation dyscrasique, polyurie, glycosurie, \n syphilide tuberculeuse du centre de la face défie tout diagnostic objectif et ne peut être décelée sérieusement que par l’épreuve thérapeutique.

(3) Nous avons déposé dans le Musée de l'hôpital Saint-Louis, sous

le n® 1287, le moulage d’une acné liypertrophiciue du front, simulant absolument le léontiasis lépreux. E. B. — D.

(4) Voy. pl. bas la leçon et les notes sur le rhinosclérome.

ACNÉ ROSÉE. CAUSES.

tionnels des organes sexuels. Chez les jeunes filles et les jeunes femmes, c’est la chlorose, la dysménorrhée, la stérilité; chez les femmes d’un âge avancé, c’est le processus physiologique de la cessation des fonctions sexuelles, que l’on doit considérer comme étant les pauses de l’acné rosée. Chez quelques femmes, la maladie se reproduit â chaque grossesse. On la rencontre exceptionnellement aussi alors même que les fonctions sexuelles sont parfaitement normales, il La dyspepsie chronique semble constituer, chez beaucoup de personnes des deux sexes, une prédisposition à l’acné rosée.

1 Une cause généralement connue de l’acné rosée à tous ses degrés, mais plus particulièrement à son degré le plus élevé, c’est l’usage immodéré, même modéré, mais habituel des alcooliques (1). Chez les buveurs de vin, on observe, en général, des nodosités d’un rouge vif; Lhez les buveurs de bière, c’est plutôt le rhinophyma cyanosique ou viojet ; chez les buveurs d’eau-de-vie, la peau du nez est surtout d’un bleu foncé, lisse, en même temps qu’elle est souple et doublée d’une épaisse couche graisseuse.

Un fait remarquable, c’est l’apparition de l’acné rosée chez des personnes qui, pendant plusieurs années, font des cures hydrothérapiques [excessives.

Enfin, cette maladie s’observe chez toutes les personnes qui restent souvent et longtemps exposées au grand air, au vent et à la pluie, comme les cochers, les marchands en plein air, les matelots, les maçons, etc.

I Physiologiquement, cette affection doit être attribuée à un état de parésie des vaisseaux les plus fins de la peau des parties les plus périphériques du corps, d’où il résulte que la circulation est plus difficile et plus lente sur ces points. Par conséquent, toutes les causes qui peuvent déterminer les engelures, le froid, la sudation aux mains ét aux pieds^ peuvent aussi occasionnellement être cause de l’acné Imsée (2).

(1) L’acné hypertrophique la plus accentuée peut se développer sans

aucune origine œnique ni alcoolique ; une dyspepsie chronique simple peut en être le seul point de départ appréciable chez certains sujets prédisposés. E. B. — A. D.

(2) Que ce soit directement sur le visage, ou, ce qui est plus ordinaire, mdirectement par action transmise, réfléchie, réflexe, toutes les causes qui viennent d’être énumérées agissent par les connexions nombreuses du système nerveux de la face avec le système sympathique, chez des sujets prédisposés héréditairement et constitutionnellement. Le système anatomique essentiellement atteint par ces actions nerveuses est le système des vaisseaux desservant les appa-

KAPOSI, 2® ÉD. 48

VINGT-SEPTIÈME LEÇON

Le pronostic de l’acné rosée du premier ou du second degré est I d'autant plus favorable qu’il est plus facile aussi de faire disparaître ! les causes qui lui ont donné naissance, parce que, par le fait de la i suppression de ces dernières, l’acné elle-même peut se dissiper spontanément et les récidives sont également supprimées (1). Il n’y a pas à attendre un semblable résultat dans le rhinophyma (acné du troisième degré).

Le traitement de l’acné rosée doit être dirigé aussi bien contre les : causes de cette affection que contre les lésions locales. Sous le premier rapport, après avoir établi par un examen attentif la nature des causes étiologiques, on devra recourir à tous les moyens qui paraissent propres à combattre les troubles des organes génitaux, la chlorose, la dyspepsie, etc., intervention locale, cautérisations, puis les amers, les

reils différenciés de la peau du visage; et l’action pathologique y est favorisée par les conditions défectueuses dans lesquelles s’exerce la circulation récurrente, à la fois à cause de l’éloignement du centre moteur et en raison de l’étroitesse relative des canaux osseux du visage.

Tout ce qui peut altérer suspensivement l’innervation de ces régions, ou gêner la circulation en retour par un procédé quelconque, directement ou indirectement, peut intervenir comme facteur dans les acnés sanguines : perturbations nerveuses centrales, irritations des foyers viscéraux, estomac, foie, tube digestif, appareil utérin, gêne circulatoire cardiaque, pulmonaire, dans le système de la veine cave, etc. Enfin, au lieu de venir de points éloignés, les excitations acnéogénes peuvent provenir des cavités immédiatement voisines, de la bouche, des dents, et être alors causes d’acnés unilatérales, si la lésion excitatrice est limitée à un côté. L’origine intranasale est un peu mieux connue: Arnozan — Des altér. de la peau du nez et des lésions des fosses nasales. Congrès méd. pour l’avanc. des sc., 1887 ; Carl Seiler, — 1887, Philadelph. Countr. med. Soc.; anal, franc, p. Brocq, in Ann. de Dennat., 1888, t. XVIII, p. o70 — signalent l’action de la rhinite chronique dans la production de l’acné vulgaire et de l’acné rosée.

La prophylaxie et le traitement des acnés sont basés sur les conditions que nous venons d’indiquer; le médecin qui saura en poursuivre la recherche et en faire l’analyse exacte aura recueilli la meilleure source d’une thérapeutique efficace.

Erxest Besnier. — A. Doyo.n.

(1) De même que pour l’acné commune, nous déclarons que le pronostic de l’acné rosée n’est pas tout à fait tel que l’indique le textel courant. S’il est vrai que la suppression des causes des acnés vascu-i laires peut en amener la guérison, il est également certain (jue, dansi des cas très nombreux, la maladie jiersiste ou reparaît aussitôt quej le malade cesse un régime ou une intervention thérapeutique <pi’il ne| lui est pas possible de perpétuer. Enfin, quelques cas sont absoluineni rebelles. E. B. — A. D.

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