PEMPHIGUS. ANATOMIE
Dans un cas que j’ai diagnostiqué comme pemphigus fibrineux et qui fut plus tard publié par le D’’ Borysildewicz, il survint une cécité complète consécutivement à l’adhérence progressive de la conjonctive palpébrale, atteinte d’une affection fibrineuse, avec la conjonctive bulbaire. Dans un travail paru dejiuis cette époque, Hermann Cohn a appelé l’attention sur la rareté du pemphigus ocidaire et la difficulté, dans ce cas, de faire le diagnostic.
Le pemphigus des muqueuses se montre quelquefois isolément, ou bien comme précurseur de la lésion cutanée, mais le plus souvent il est associé au pemphigus de la peau. 11 est certain que la maladie pemphigineuse de la muqueuse s’étend jusque dans les voies aériennes profondes; mais, en somme, cette localisation est relativement rare. En tout cas, c’est presque toujours à la période finale du P. foliacé que les bronches et la trachée sont atteintes. Dans un cas publié par Mader, la maladie sembla avoir précédé le pemphigus de la peau, sous forme de bronchite fibrineuse.
Les bulles du pemphigus diffèrent, sous le rapport anatomique, de celles de l’herpès, de l’eczéma, etc., en raison du siège extrêmement superficiel qu’elles occupent. Leur enveloppe est formée par les couches tout à fait supérieures des cellules cornées, et leur base par un réseau alvéolaire modérément allongé, dont les trabécules ascendants peu nombreux se brisent très promptement quand la phlyctène arrive il un certain degré de réplétion, de sorte que celle-ci semble plus tard former à peu près une seule loge. A la face inférieure de la paroi, on voit souvent appendus les prolongements épidermiques détachés de l’orifice des follicules, sous forme d’appendices coniques. Les papilles correspondantes à la bulle sont imbibées de sérosité, traversées par de larges vacuoles (Haight). 11 résulte donc de ces conditions anatomiques que, dans le pemphigus, la couche la plus superficielle de l’épiderme est toujours la seule qui soit détruite et que, par conséquent, si grandes que soient et la durée et l’extension de la maladie, il n’y a localement ni perte de substance ni cicatrice; mais, au contraire, que la guérison est toujours complète et le rétablissement parfait à la suite d’une pigmentation plus ou moins accusée, mais passagère. Toutefois, il reste des cicatrices après le pemphigus lépreux, et Steiner en a même vu survenir dans un cas à la suite du pemphigus vulgaire. Dans le pemphigus prurigineux, les bulles sont en général situées profondément comme dans l’herpès iris et l’urticaire chronique. Bærensprung, Hebra et moi avons vu se produire dans quelques cas sur les mains et les bras, et moi-même une fois sur le tronc, après la guérison des bulles du pemphigus, des centaines de petits corpuscules de milium d'un blanc de perle, disposés en groupes élégants, qui ont persisté