‹ Pathologie et traitement des maladies de la peauChapitre 78 sur 214 · HYPERTROPHIE DE L’ÉPIDERME ET DES P.UMLLES · texte numérisé non relu

HYPERTROPHIE DE L’ÉPIDERME ET DES P.UMLLES

Rigoureusement, on ne peut séparer riiypertroi)hie de l'épiderme de celle des papilles, car, de fait, ces deux états sont le plus souvent coiiihinés. Le processus physiologique delà régénération de l’épithélium n'est pas encore à beaucoup près connu dans tous ses détails; mais il est certain, du moins, que les matériaux pour la formation des cellules épidermiques nouvelles et pour la nutrition de toute la couche cellulaire sont fournis par les papilles, notamment par leurs vaisseaux. Dans les cas pathologiques, il est hors de doute que la couche éjtithélialc s’accroît par elle-même, par une segmentation des cellules et des noyaux des cellules dentelées (fig. 29).

Relativement au processus intime de la division des cellules et des noyaux, spécialement de ceux de l’épithélium, on s’est contenté, jusqu’à ces derniers temps, de l’aspect facile à constater de mnauix étranglés (d échancrés jusqu’à former un pont liliforme ainsi ((ue do doubles noyaux, et l'on a supposé, correspondant à la division ainsi réalisée du noyau, une séparation analogue du ]u-oloj)lasma cellulaire en adjugeant les moitiés ainsi obtenues chacune à un noyau tille, et en partie on l’a constatée réellement i»ar l’observation de bourgeonnement et de sillons d’étranglement, comme Stricker l'a démontré le premier.

Cependant, depuis les travaux de Froniann '1865-(17) et d’ileitzmann (1873), nos connaissances sur la structure intime de la cellule et du noyau se sont étendues et modiliées d'une manière notable en opposition à celles léguées par Max Schultze. En même temps aussi, l’hypothèse antérieure d’une dichotomie sim[)lemeiit mécanicjue de la cellnh' dans sa prolifération a subi les mêmes modifications, gràci' au perfectionnement de nos ])rocédi'‘s de teinture, de nos iustrunumts d opticpie et des méthodes trexamen, par un grand nombre d’auteurs tels quo SI rassburger, Schleicher. Kloin, Arnold, Stricker, Hetzius. IMitzner, Spina, etc., mais surtout de Elemming et de Habl.

HYPERTROPHII': DE I/ÉPIDERME.

D’après ces recherches, le i)rotoplasma cellulaire ne consiste pas en

Iie masse homogène, iinemenl granulée (Max Schultze), mais en deux ibstances différentes au point de vue de la chimie, de la structure et ^ la biologie, c’est-à-dire en une masse de tilaments (miton) et une Nasse interlilamentaire (paramiton); le noyau qui, eu tout cas, doit i re toujours séparé de la substance cellulaire, consiste en une char- ,|mte nucléaire filiforme, en nucléoles et en suc de noyaux (Fleming).

En outre, on distingue sous le nom de chromatine la substance du )vau cellulaire qui se colore par la teinture, mais qu'il ne faut pas I mplètement confondre avec le tissu des filaments et la suhstcince (hromatique qui ne se colore pas, laquelle forme l’enveloppe qui i)le le noyau de toutes parts, tandis que la charpente chromatique ■s filaments atteint bien aussi la limite des cellules, mais constitue :i une enveloppe rétifornïe déchirée en plusieurs points.

Comme les études sur ces très intéressants détails ne sont pas encore rivéesàun résultat tout à fait détinitif,je tracerais l’état actuel de nos innaissances sur la division des noyaux d’après la description et en produisant les termes mêmes du mémoire de C. Rabl, travail qui est, ]mme je le crois, le plus récent et dans lequel cette question est traie à fond.

'Selon Rabl, la division indirecte ou « karyokinésique » de la cellule nrche de pair avec une métamorphose du noyau de la cellule. Cette Métamorphose consiste dans la formation d’une figure composée de jiiments, figure de la division des noyaux ou figure nucléaire. La i ure de division des noyaux est composée de la figure achnimatique >1 fuseau nucléaire, et de la figure chromatique. La figure acliro- . ulique est formée des substances du noyau (Flemming), ou peut-être ■V corps de la cellule (Strasshurger), non colorables ]>ar les agents .‘écifiques de la coloration des noyaux; elle représente un faisceau < filaments en général fusiforme, parfois cylindrique, qui i-elie entre ' X les deux pôles de division de la cellule. Des extrémités des fuseaux ] rtent des rayons se dirigeant dans la substance cellulaire. La figure I romatique est constituée par des substances colorables du noyau, ' s nucléoles et des filaments de charpente et parcourt pendant la uùsion une série régulière de formations.

D'abord, toute la substance chromatique prend la forme d’un iilaimt, qyi traverse le noyau en spirales irrégulières et rapprochées; ]ndant que le filament se raccourcit peu à peu et devient plus épais, li spirales deviennent moins nombreuses et le peloton, dans son envnhle, devient plus relâché. Ensuite le filament se divise en fragments i dés ou segments, qui probablement se séparent de bonne heure dans

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le sens de leur longueur en deux moitiés symétriques (Flemming). Toutes ces différentes formations sont réunies sous la dénomination^ de peloton du noyau mère

Le développement ullérieur se fait de la manière suivante : les seg-i ments de fdaments se resserrent vers l'équateur du noyau et se groupent autour du centre du faisceau achromatique de ülameuts. Ils prennent en même temps la forme d’anses qui sont disposées de telle manièrej que leurs angles regardent le centre, c'est-à-dire le point central de; Taxe de division, les extrémités libres des bouts des anses sont dirigées en dehors. 11 en résulte que la figure prend un aspect étoilé. Flemming, désigne donc cette période sous le nom de forme étoilée du noyau | mère

De la forme étoilée la figure chromatique passe, d'après Flemming, i dans la phase de transformation ou plaque équatoriale ; ceci se produit de ta manière suivante : les moitiés sœurs de chaque anse qui sont i nées par suite de la fente longitudinale se disjoignent et l’une émigTi,; vers un pôle et l’autre vers l’autre (pour plus de détails, voir Heuser) |

Les deux moitiés de la plaque équatoriale se sépai'ent donc l’uue dtj l’autre en s’avançant vers les pôles... Ensuite l’extrémité polairt de chaque filament se recourlie en forme de crochet, tandis quel: courbure antérieure disparait. De cette manière, il se proiluit de non veau des anses dont les côtés sont au début de longueur inégale, e dont les angles se tournent vers le pôle du fuseau nucléaire. Pa suite de cette disposition, les deux moitiés de la ligure chromatiqiu prennent de nouveau la fornie étoilée: pour cette raison, Flemming a désigné cette |)ériode sous le nom d’étoiles filles ou de la fornn étoilée des noyaux tilles.

Ensuite il se produit par connexion j)artielle des anses, des étoile tilles, des pelotons fdles ou hi forme en peloton des noyaux filles, De celte forme ])rovient ensuite de nouveau la charpente du novai, au repos.

D’après cela, chaque noyau tille reproduit dans son dè\('lo|»i)emenl > en une séiâe renversée, les j)ériodes jtarconrues par le noyau mère

Flemming donne le schème suivant des [di:ises princi|)ales de I division des noyaux :

Nov.\u .MICHE {chnrpenle, repos). ' ' ' '

1® l'unno en i)clulon (s|)irein).

B- > 3® Pliasc do Iranshirination (iiiéUdiinèso).

HYPERTROPHIE DE I/ÉPÎDERME.

De ses études personnelles qui se rapîtortent principalement aux ellules des épithéliums et des glandes, il faudrait tout particulière- . lient noter comme ajmnt une importance générale la conviction de labl, que pour chaque espèce de cellules il existe, quant au nombre ; les anses primaires et de celles provenant de leur division une loi ibsolument fixe quant à leur nombre, par exemple vingt-quatre pour es cellules épidermiques du plancher buccal de la larve de la sala- . nandre ; de plus, il faudrait indiquer que dans les cellules embryon- • laires le nombre des anses est plus cousidéranle que dans les tissus 5 icbevés ; que Rabl et Strassburger considèrent comme cellule la subs- I lance cellulaire avec le noyau et qu’à ce dernier se trouvent liées les i ’onctions de nutrition et de reproduction ; que chaque cellule possé- I lierait un noyau ou du moins qu’elle eu aurait eu un dans sa première t )ériode, et que toujours elle proviendrait d’une cellule à un seul nojmu I d’après le mode de division qui a été décrit); que la masse lilamen- } :euse serait réunie à des celliües voisines par des prolongements filai nenteux, et baalement que Rabl, malgré la. disliuction, actuellement i nécessaire, des parties constituantes des cellules et des noyaux dont il I. a été quéstion, ne voudrait pourtant pas abandonner l’idée du protoplasma.

I, Les dessins graphiques suivants empruntés au travail de Rabl, des Lligures de la division des cellules, se rapportent à l’épithélium du pla,tjteaudu plancher' buccal et des feuillets branchiaux de la salamandre maculée; Rabl termine en exprimant sa reconnaissance à Flemming, j àuquel il a emprunté sa méthode de pré[)aration.

< ! On peut, dans toutes les formes actives de prolifération et de régé- ■ aération de l’épiderme, apercevoir les figui-es karyokinésiques qui Iviennent d’être décrites, qu'elles appartiennent à des processus patho- : logiques ou à des irritations expérimentales (Giovanini), de même aussi dans les cellules des néoplasmes en voie de prolifération, par exemi)le du sarcome.

j Les papilles ne participent pas seulement à celte })rolifération par |un apport plus considérable de plasma, mais aussi par le transi)ort de cellules rondes et fusiformes (cellules migratrices), qui passent des papilles dans la couche muqueuse (Biesiadecki, Pagenstecber), comme on le voit figure 19. Mais cet état de nutrition plus intense conduit aussi à l’hyperplasie des papilles et, par conséquent, en règle générale, là un réseau muqueux hypertrophié correspond un corps papillaire ! augmenté de volume et histologiquement modifié. Mais, dans certains cas, l’hypertrophie de l’épiderme peut l’emporter d’une façon notable,

; surtout alors qu’une kératinisation trop rapide donne à la couche épidermique une épaisseur exagérée.

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Figure 33. Figure 34.

Première période des étoiles filles.

Période ünale do l’étoile mère avec fente lougitudinale distincte des anses.

Figure 33.

Peloton fille après la division compliTc du corps de la cellule.

Figure 36.

Figure 37.

l’eloton fille an repos.

KÉRATOSES PURES

Si, avec Lebert, on désigne sons le nom de kératoses toutes les affec- Lions qui se manifestent par un développement considérable de la ouclie épidermique, on peut diviser celles-ci en kératoses avec ou sans liypertropbie papillaire (caractérisée).

KÉRATOSES SANS HYPERTROPHIE PAPILLAIRE. — KÉRATOSES PURES .

Durillons, callosités, iijloma, tylosis. — Ce sont des épaississements circonscrits, superficiels du tissu épidermique, d’une coloration variant d'un blanc sale au jaune brun, d'aspect corné, de consistance dure, sèche, coriace ou cassante sur lesquels les lignes et les sillons normaux sont moins apparents et où la sensibilité tactile est émoussée. Détachée du reste de la peau, la callosité représente une plaque transparente, blanc jaunâtre, plane, concave ou un peu convexe sur ses deux faces, et paraissant homogène à la coupe. C’est au centre que ’épaisseur est la plus considérable (2 à millim.); elle s’amincit sur les bords. Elle est formée par des couches de cellules cornées superposées, parallèles à la surface de la peau, et dont les plus profondes laissent reconnaître facilement un noyau. L’étendue, la forme, le siège des callosités dépendent de leur cause, laquelle est le plus souvent extérieure.

Callosités artificielles. — Elles sont occasionnées tantôt par une pres- I sion prolongée sur un même point de la peau comprimée contre une . saillie osseuse sous-jacente: tantôt par l’action répétée d’acides minéraux, et, en général, de toutes les substances chimiques irritantes. Les callosités dues à des pressions se montrent surtout à la plante des pieds, au talon, et sont déterminées par des chaussures mal faites; ou bien aux points d’appui de bandages herniaires, de corsets, de ceinturons, plus souvent encore à la paume des mains : ce sont alors les callosités professionnelles. Leur étendue et leur siège dépendent, dans ces cas, des outils qui les ont provoquées; elles surviennent chez les menuisiers, par l’usage du ral)ot, aux j>lis du pouce et de l’index; chez les cordonniers, à la paume de la main et aux plis des articulations; elles présentent, en outre,, des fentes transversales dues à la traction sur le ligneul; chez les mêmes ouvriers, on les observe sur la cuisse droite, par suite des coups de marteau destinés à battre le cuir, et sur les ischions, parce qu’ils sont constamment assis sur des tabourets en bois; chez les chapeliers, à l’éminence thénar, par l’habitude de rouler un cylindre avec les mains. Chez les tailleurs, l’usage du fer à repasser pi’oduit des callosités sur la paume de la main droite, celles qui se trouvent à l’extrémité de l’index gauche sont souvent couvertes de piqûres; chez les musiciens, la pression sur les cordes favorise le

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développement de callosités au bout des doigts de la main gauche. Les callosités déterminées par la lessive se présentent à la paume de la main chez les domestiques ; les acides minéraux en amènent aussi chez les ouvriers en métaux, les doreurs, les ouvriers qui travaillent au l'eu, etc. 11 est donc aisé, d’après le siège de ces lésions, de reconnaître la profession de ceux qui les portent.

Les callosités mettent les parties sous-jacentes ule la peau à l’abri des compressions trop violentes, comme celles qui sont déterminées par les outils, mais elles réduisent au minimum la sensibilité tactile; les personnes qui ont des doigts calleux, par exemple, ne peuvent plus travailler à un ouvrage fin et délicat. Quand elles s’étendent à une grande surface de la paume de la main, elles empêchent en outre l’extension des doigts; enlîn elles incommodent par des crevasses douloureuses qui vont souvent jusqu'au chorion. Les parties recouvertes de callosités sont constamment hyperhémiées et disposées aux inflammations; les exanthèmes, la variole, le i)Soriasis, la gale, s'y développent avec plus d'intensité.

Lorsque la cause qui les a produites est écartée pendant longtemps, elles diminuent et disparaissent peu à peu. On peut donc, sur les mains d’un ouvrier, juger de son ardeur au travail. Souvent aussi, il se forme sous la callosité une intïammation très donloureuse, par suite de la tension de la peau, et une snp[)uration du cliorion, qui peut aller jusqu’à soulever la callosité. Dans ces cas, il est utile d’inciser de bonne heure, imiir écha{)per au danger d’une lymphangite, d'un érysipèle, et d'une gangrène atteignant les parties profondes.

Parfois aussi, on voit le tylosis se développer s|)ontanément, par exemple au gland, à la paume de la main ou sur la face dorsale des doigts, chez des ])ersonnes qui ne font usage d'aucun outil pouvant comprimer ces parties, chez des employés, des personnes du monde. J’en ai vu se former en quelques mois, se propager, [)uis dis[)araîlre d’une manière spontanée au l)out de trois ou (juatre ans, j)lus souvent encore persister d’une manière durable.

Le diagnostic du tylosis n'est pas difficile, lorsque la callosité i)résente une surface lisse, se confondant sur les bords avec les parties voisines, ou lorsque sa forme et son siège trahissent sa cause extérieure (1). Mais quand elles sont crevassées et nettement limitées, les callosités de la paume des mains ou de la plante des pieds .sont souvent difficiles à distinguer de l'eczéma, du psoriasis, de la gale, du lichen

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(1) Sous le nom de hôraindermie symétrique des extrémités, nous avons décrit dans les notes de la preTiiière édition de ceth* traduction, t. 11, p. 92, note I, une affection bien indiviilnalisée doid nous avons

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jlmber, de richlhyose de ces végioiis, ou de la syphilis palmaire et ! plantaire. Dans ces cas, il est nécessaire non seulement de chercher : à reconnaître ou à éliminer les caractères spéciaux de ces diverses affections sur les points atteints, mais il faut encore examiner toutes

I Idéposé les types dans le Musée de rhôpital Saint-Louis, sous les 'n“® 492, 360, 961, 1173, et à laquelle se rapportent les n”® 187, 484, 483, i j486, 329, 1168, 1313, 1314, du même Musée.

. Nous en reconnaissons quatre espèces définies :

a) La kératodermie symétrique des extrémités, congénilale et héréditaire , avec ou sans nævi coexistant sur d’autres points du corps.

Unna a très bien décrit et distrait de Tichthyose, avec laquelle elle était, et elle est encore généralement confondue, cette variété, aujourd'hui individualisée, — Uber das Keratoma palm. et plant, heretl., etc., Vlert. f. Dermat. v. Sypli., 1883, p. 231.

Nous en avons déposé un type dans le Musée de l'hôpital Saint-Louis, sous le n“ 961 : Le sujet avait sa mère, trois oncles maternels et deux sœurs atteints comme lui; trois frères étaient restés indemnes.

Aux pieds, toute la surface en contact avec le sol est kératosée; la limite avec les parties saines est marqiiée brusquement par une fine bordure érythémateuse.

Aux mains, la lésion occupe les faces palmaires dans leur entier, empiétant sur une partie seulement de la face dorsale des phalangines et des phalangettes. Les plis de la peau, exagérés, forment une mosaïque à petits éléments.

Les ongles sont sains ; les dents n’ont aucun caractère pathologique : les cheveux sont abondants et normaux; il n’existe sur la peau du I corps ni des membres aucun élément ichthyosique. La couche kéra- ' tosée se colore fortement par toutes les poussières, et en nuances variables, avec la profession du malade.

La lésion gène relativement les sujets dans certains travaux ; mais ' nous avons vu un ouvrier, habile dans le bronze et l’orfèvrerie, exé- : cuter malgré elle les travaux les plus délicats. Le travail excessif ! amène quelquefois de légères crises de dermite fissuraire, mais non les véritables poussées de la kératodermie commune symétrique.

h) La kératodermie commune symétrique des extrémités, qui se développe dans la seconde enfance, érythémateuse, irritable, peut-être en rapport avec quelque névi’ose centrale.

Bien que les lésions prédominent aux points de pression, leur développement se fait indépendamment de tout travail professionnel: la maladie procède par poussées, est plus accentuée en hiver, et subit des exacerbations plutôt que des rechutes, car elle est, en réalité, permanente. Il n’est pas douteux que le travail manuel aggrave et exaspère la kératose, mais on peut garder les malades pendant de longs mois en observation, et s’assurer que des exacerbations se produisent en dehors de tout travail; la plupart de ces sujets sont

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les re'ji,'ious de la peau où les symptômes de ces maladies peuvent se présenter d’une façon plus distincte.

Coi\ clamis, œil dp. perdrix. — Le cor est un épaississement de la couche cornée, analogue à la callosité, mais qui, au lieu de reposer simplement sur le réseau muqueux, présente à sa face inférieure un petit cône central qui s’enfonce dans la peau. Le cor, ainsi que .sa pointe, est constitué par des cellules cornées superposées, entre lesquelles on trouve souvent de petits foyers hémorrhagiques.

Les cors étant dus, le plus souvent, aux pressions latérales des chaussures, on les trouve sur les saillies osseuses et sur les faces latérales des orteils, ainsi que sur toutes les saillies des os du ])ied. Par suite de pressions extérieures, la pointe du cor est serrée contre la peau, ce qui détermine de violentes douleurs; à la longue, le derme sous-jacent avec ses papilles est atrophié, les mailles du chorion })eavent même être écartées, traversées par le cône corné, pendant que les parties avoisinantes et les j)apilles s’entlamment, s’infiltrent et s'hyper t roph i e nt ( R ok i tansky ) .

Parfois, c'est tout à fait spontanément que se développent sur la paume des mains ou la plante des pieds un cor, ou, comme nous l’avons vu quelquefois, plusieurs cors; si bien que leurs surfaces se touchent et qu'ils forment une callosité étendue. Ils empêchent alors

hypernerveux, mobiles, et se soustraient à l’observation prolongée.

Les lésions hyperkératosiques sont disposées, par îlots, à la face palmaire de tous les doigts, au-devant de l'extrémité inférieure et antérieure des métacarpiens, au sommet de l’éminence (hénar, et tout le long du bord cubital de la face [)almaire de la main.

Sur chacun des dois — V. pièce bis — on remarciue d'abord l'épaisseur considérable du revêtement corné dans Ions les points atteints, puis l'hypertrophie des lignes i)apillaires normales, dont les séries élégantes ne sont interrompues (jue par les érosions, déchirures et fissures de cause externe.

Dans les intervalles, la peau est absolument normale, et se sé|)are des parties saines par une zone érythémateuse de 5 à (1 millimètres de largeur ; ludle trace de lésion ('czémateuse à aucune période.

Sur tous les points où la couche cornée est enlevée, l’hyperli-opliie paj)illaire est manifeste, et de petites cônes cornés restent appendns aux grains papillaires.

La marche est pénible, non donlourense : mille douleur spontanée en aucun point du corps ; pas de modifications des réflexes: ancnne altération de la sensibilité aux recherches les plus multipliées.

Aux mains, les mouvements de llexion et d'extension sont limités, à la fois [lar la douleur produite au niveau des rhagades, et en raison de l’obstacle mécanique constitué par l'épaisseur de la couclie cornée.

La sécrétion sudorale n'est pas empécliée ; peut-être existe-t-il,

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la marche et le travail manuel, déterminent ;des douleurs cuisantes, lancinantes, allant des pieds jusqu'au-dessus des genoux, et font souvent porter le diagnostic erroné de goutte, alors qu'un examen plus attentif aurait fait reconnaître la présence de cors.

Le traitement des callosités et des cors consiste à les ramollir, i)uis à les extirper. On parvient à les attendrir à l’aide de bains chauds, de fomentations locales, de cataplasmes, d’enveloppements dans des étofl’es imperméables, de caoutchouc, de traumaticine (caoutcliouc dissous dans du chloroforme), ou encore d’applications de savon vert, de cautérisations avec une solution de. potasse (1 sur 2), d’aci<le acétique, d'acide citrique, ou enfin en ayant recours à un emplâtre simple (emplâtre de litharge), ou à l’emplâtre mercuriel, ou encore à l’emplàtre de savon et d’acide salicylique (10 à 20 0/0), à l'emplàtre de gutta-percha simple ou additionné de salicyl d’après Beiersdorf et Unna.

L'extirpation se fait avec le bistouri ou avec les ciseaux, puis on cautérise les vaisseaux saignants des papilles liypertrophiées. L’emploi

vers le soir, une hyfieridrose de la peau dorsale des mains, surtout I dans la région cubitale.

t Les ongles sont incarnés avec aplatissement latéral de la phalant gette.

La lésion est identique aux deux mains, un peu moins prononcée à la main droite.

Aux faces plantaires des orteils et sur les régions qui corresponv' dent aux faces antérieure et inférieure des métartasiens marginaux, * : ainsi qu’au talon, on retrouve la kératose et l’exfoliation moins ' ; prononcées qu’aux mains, mais la zone congestive périphéricjue y est mieux dessinée.

c] La kératodermie des extrémités en foyers qui se développe en îlots isolés et multiples à la paume des mains, et à la plante du pied, en dehors de toute proportion avec le degré des pressions, et qui est, comme les précédentes, trophonévrotique à origine centrale. Elle a plusieurs variétés, dont l’une des plus remarquables a, pour foyers, les orifices sudoraux, distendus par des cônes cornés comédoniens à feuillets concentriques. — Voy. pièce Ôfiü du Musée, déposée par nous en

d) La kératodermie accidentelle des extrémités, qui arrive à tout âge sous l’intluence de pressions inusitées, mais qui ne se confond pas avec les callosités proprement dites.

Elle reste toujours partielle) et est curable; on l’observe surtout chez les sujets qui, après avoir passé la plus grande partie de leur vie sans faire de travail manuel, s’adonnent, sur le tard, à la menuiserie, au jardinage, etc.

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d'anneaux protecteurs en cuir, caoutchouc ou ouate ne peut avoir qu'une action prophylactique. • |

Corne cutanée [cornu culnneuni). — La corne est une excroissance de i la peau qui, par sa configuration, sa couleur, sa consistance, présente I

la plus grande analogie avec la corne d'un animal. On en a observé de ' ditl'érentes formes, de diverses grandeurs : cylindriques, coniques, en massue, déprimées latéralement, à sillons longitudinaux et transversaux, tranchantes sur un hord, longues de quelques millimètres à 2o centimètres, crochues ou enroulées comme des cornes de bélier. Elles sont implantées par une large base, à la surface de la peau, ou plantées dans une cupule bien limitée, uniques ou multiples, parfois même très nombreuses, comme dans le cas de Baetge. On les trouve sur la tête, les paupières,, le pavillon des oreilles, la pointe du nez, la lèvre, le gland (llebra, Pick), le tronc et les membres, leur face antérieure ou postérieure. Elles se développent souvent dans un court espace de temps, et persistent de longues années; parfois elles tombent, pour se reproduire au même lieu. Quelquefois elles sont le j)oint de départ d'un épithélioma. D'anciens observateurs (G. Simon) avaient cru y trouver une substance cortic.ale, une substance médullaire et une trame spéciale, tubuleuse, formée de vaisseaux (Virchow). Mais il est prouvé que, si elfectivement un groupe de papilles hypertrophiées à vaisseaux dilatés peut s'élever jdus ou moins haut dans l'intérieur de la corne, celle-ci n'est cependant constituée que par des colonnes épirlermiques soudées dans leur longueur et qui s'élèvent autour de ces groupes do papilles, .\ussi, à la coupe, elles présentent un aspect dilférent, selon que, à leur partie inférieure, les papilles ont,™ été comprises dans la section, ou (pie, plus haut, celles-ci mampient.^* Ces tiges isolées présentent souvent une disposition concentriipu' des cellules épidermiques, analogue à celle dijs éléments du cancroïde;,, ou bien, après dessiccation, une structure cellulaire. Si on détache ho* corne, on trouve d’ordinaire à sa base des enfoncements dans lesijiuds pénétraient les groupes de papilles hypertrophiées. Il est certain ipie la corne cutanée se dévelojipe au-dessus des jiapilles hvper]dasiees> au-dessus des condylomes, comme dans le cas de Pick. Même lorstpie la corne est située dans un enfoncement, comme dans un follicidi' dilaté ou même dans une cavité d'athérome, sa hase est lormee de prolongements papillaires (Hindlleisch), et le revêtement épithelial des glandes et des follicules concourt à la formation de la production épidermique. .l’ai enlevé sur la paroi abdominale d un jeune homme un grand nombre de ces excroissances, elles s’étaieul dévelopi>ees en quelques semaines dans un kyste sébacé.

Les cornes sont donc réidlenumt un groupe di' verrues soudées 1 une

KÉRATOSES PURES.

à l'autre; et ce n’est pas leur mode de production, mais leur aspect seul qui pi’ésente quelque chose de bizarre. Leberl, Ilessberg, Bergh, Wilson, Lozes, ont exposé cette question dans tous ses détails.

La corne cutanée est traitée par l’extirpation et la cautérisation des papilles de la surface d’implantation. Dans le sac de kystes sébacés, il faut les cautériser, les énucléer, ou tout simplement en exprimer le contenu.

L’étude des cornes nous conduit directement à celle des verrues ou kératoses avec hypertrophie des papilles.

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