‹ Pathologie et traitement des maladies de la peauChapitre 80 sur 214 · KÉRATOSES AVEC HYPERTROPHIE DES PAPILLES · texte numérisé non relu

KÉRATOSES AVEC HYPERTROPHIE DES PAPILLES

Les végétations, condylomes acuminés, poireaux, sont des excroisîances filiformes, fendillées ou papilliformes, implantées sur une peau

ju elles ont leur fait apparition, il s’cn développe constamment de louvelles. »

La malade de Mibelli a quatorze ans ; elle porte sur le dos des mains de petites tumeurs du volume d’un grain de cliènevis, globuleuses ou fîUongées, à surface rugueuse et quelquefois épineuse, de coloration irariant du gris violet au rouge cuivre, s’effaçant complètement par la pression. Dans les intervalles, petites taches miliaires rouge cuivré, cornées, et disparaissant également par la pression. Développement très lent, en plusieurs années. A l’examen histologique, lésions complexes de kératose et d’angiome caverneux, avec dilatation des lacunes lymphatiques comme dans le fibrokératome de Unna.

Ces lésions, par leur rapport avec l’asphyxie algide des extrémités, — ^r. pernio — semblent être liées aux troubles circulatoires, la kératose étant secondaire, et, d’après l’observation de Mibelli d’autant plus prononcée que le processus angiomateux est plus avancé.

c) Verrues planes. — Elles se distinguent des formes communes par leur dimension moindre, leur nombre généralement plus grand, leur surface plane, leur forme variable, arrondie ou polygonale, ou irrégulière. Elles présentent avec certains éléments de lichen plan une telle analogie, que la confusion est, dans quelques cas, faite, au moins pour un moment, même par des otiservatours expérimentés, surtout sur le dos des mains et du poignet où leur surface est lisse, brillante, polie, tranchant à peine, parfois, sur la coloration normale de la peau.

On les observe, comme les précédentes, non seulement sur les mains, jinais encore sur le visage quelquefois confluentes et généralisées, !telles par exemple que les a représentées Georges Tiiix dans un très intéressant travail intitulé. — Au unuzual case of warty growths on the face, in Vol. LXIV of the Med. chir. Transact., London, 1881 — sur le cuir chevelu, etc. Souvent, elles sont groupées par colonies sur les 'joues, sur les parties latérales du front, sur tout le front. Dans ces [régions, elles prennent, en général, une teinte jaune chamois.

Habituellement, on les observe à la fois sur ces divers points et aux mains, où on les retrouve presque toujours, alors môme que le sujet en ignore l’existence; quelquefois elles restent très longtemps discrètes, solitaires, latentes, puis se développent avec rapidité en peu de temps. — Voy. pour les observations publiées : G. ïiiix, loc. sup. cit. ; Tqibaült, D.arier, infr. cit.-, Tenneson, E. Besnier, lléun. clin. hebd. des méd. de Saint- Louis, in Ann. Z>er/«aL, 2“ série, T. X, 1889, p. 22, et 200; Gémy, Verrues conlfuentes des deux jambes, in Ann. de Dermat. xJ. de Syph., 2“ série, T. X, 1889, p. 92.

L’anatomie des verrues planes a été faite avec soin, et figurée d’abord par G. Tuin, loc. svp. cit., et ensuite par Darier — Verrues planes juvéniles de la face, Ann. de Dermat., 2“ série, T. IX, 1888, p. 617.

L’hypertrophie épidermodermique qui les constitue est-elle primitivement épidermique — Hyperakantbose d’AüSPiTz? — Darier est porté

KAPOSI, 2“ ÉDIT. — n. 4

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normale, non infillrée, et qui doivent leur apparition à l’irritation pro- 1 duite par un écoulement blennorrhagique. Elles sont molles, succu- ; lentes, rouge vif, humides, quand elles siègent sur les muqueuses et là

à penser que « l’allongement des papilles, et l’accroissement en surface qui en résulte pour la couche génératrice, pourraient suffire à expliquer l’hypergenèse des cellules épidermiques dont le processus , ij de kératinisation n’est, du reste, aucunement modifié ».

Sur la présence d’un élément parasitaire pathogène, — que l’ohser- f vation clinique rend, à notre sens, certaine — Darieh reste sur la f réserve : ayant coloré par le hleu de méthylène ou la méthode de f. Gram, il n’a pas trouvé de parasites dans les élémenis de la face. « On k en trouve pourtant presque toujours, ajoute-t-il, sous forme de coeci |i ou de bacilles dans les verrues de la main, mais leur rôle pathogène « n’est pas démontré. » I

Ce sera pour plus tard ; mais provisoirement, l’auto-inoculabilité de I ces verrues est cliniquement manifeste. — Voy. Gémy, loc. stip. cit., f relatant les observations démonstratives et minutieusement relevées ji de E. Vidal sur la « verrue mh'e » et sur les i^verrues filles. »

2“ Verrues chez L'adulle ; PapUlomes cornés. — On peut rencontrer 4 chez l’adulte toutes les espèces de verrues; mais elles deviennent plus rares, s’étalent, prennent des formes irrégulières, se localisent aux /, extrémités des doigts, dans la zone péri-unguéale, deviennent juxta- u unguéales, au pouce particulièrement, en décollant l’ongle par sou bord libre, rendant le trouble fonctionnel plus accentué, et l’aclioii ! curative j)lus laborieuse.

La production pathologique perd les formes régulières ([u’elle a dans l’enfance ou dans la jeunesse, s’aplatit, se diffuse, et devient plus cornée ; souvent elle forme de véritables nappes hyperkératosiques — papillomes cornés, papillomes dits simples.

On les observe le plus souvent, non exclusivement, chez des hommes de peine, tonneliers, cordiers, ouvriers en paniers, laveurs de vaisselle, etc., aux mains, surtout au dos des doigts, autour des saillies, articulaires, à la nuque, au cou-de-pietl, aux régions fessières, etc. L’interventi(»n des irritations externes dans leur production est inconteslable ; mais l’allure générale de ces lésions n’est pas celle d’un pro- , cessas irrita lif simple et commun. Leur permanence, la fréciuence de leurs récidives, les analogies qu’elles présentent avec les boutons endémiques, le tubercule anatomique, certaines formes de lupus, la luher- , culose cutanée papillomaleuse, verrmpieuse, etc., nous portent à penser qu'un élément microbien doit intervenir dans leur production.

Les papillomes cornés forment à la surface de la peau des plaques, ou plateaux surélevés, entourés d’une zone érytliémateuse étroite; leur surface est irrégulière, grenue, granuleuse, rude au toucher, non prurigineuse, [U’ésentant (pielquefois, sons des actions diverses, de petits foyers [ihlegmasiiiues, des rhagades, des ulcérations.

Lorsque l’on a fait tombeiq par les cataplasmes, ou par le savon, le

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