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ATROPHIE DU PIGMENT DU POIL

Les termes de canitie ou de poliose (2) s’appliquent à la décoloration ! des poils, qui prennent un aspect blanc gris allant parfois jusqu’au i

chromiques réunies — qui sont secondaires à des états pathologiques classés tels que la sclérodermie, on est obligé de reconnaître que le vitiligo commun, typique, peut être trouvé sur des sujets de tout âge i chez lesquels on chercherait, en vain, une altération appréciable de la santé générale, une lare bien définie. ,

Eknest Besnier. — A. Doyon. I '

(1) En attendant qu’il soit possible de le rendre rationnel, le traitement ^

du vitiligo doit être poursuivi empiriquement, ou par analogie. j

Chez chaque sujet en particulier, il y a d’abord à recueillir toutes I les indications personnelles, et à rétablir l’état des organes et des I »l fonctions si quelque chose y est à réprimer, ou à rectifier. .

Cela fait, nous croyons avoir obtenu, surtout chez les sujets jeunes, et j • dans les cas de vitiligo idiopathique simple, des guérisons ou des ; i améliorations bien voisines, à l’aide de l’emploi interne prolongé du ! I bromure de ])otassium et, à l’extérieur, des bains salins et bromo-iodu- ! ' rés, associé ou non aux injections de pilocarpine. i

11 est, en outre, parfaitement logique d’appliquer aux régions hyper- | pigmentées le traitement des hyperchromies en général, et sur les plaques achromiques, les excitants que l’on emploie d’ordinaire dans la pelade. Nous avons particulièrement signalé l’action chromatogène des applications d’acide acétique.

Enfin, la faradisation, les courants continus, les bains électriques I

méritent d’être mis en usage avec le soin et la persévérance nécessaires. »

(2) La canitie — décoloration idiopathique, des cheveux, et des poils

GRISOiNiNEMEMÏ UES POILS. CANITIE.

blanc d’argent. Cette atrophie peut être congénitale, générale ou partielle, correspondant à l’albinisme; on trouve pourtant aussi, dès la naissance, des cas de poliose partielle, une mèche de cheveux gris ou blanc clair au milieu d’une chevelure plus ou moins foncée, sans que la portion de peau que recouvre cette mèche soit en même temps décolorée.

La canitie prématurée acquise survient d’une manière anormale, s’étendant à la totalité du cuir chevelu ou de la barbe, ou bien sous forme de poliose partielle par suite d’une disposition individuelle ou, dans certains cas, héréditaire, ou encore après de violentes souffrances physiques et morales; parfois aussi, mais rarement, les cheveux qui repoussent après être tombés à la suite d’une fièvre typhoïde, d’un érysipèle, etc., après l’alopécie en aires présentent cette atrophie pigmentaire. La canitie prématurée disparait dans quelques cas rares, par le fait de la reproduction de cheveux pourvus de pigment. Mais le plus souvent elle est persistante, absolument comme la canitie sénile physiologique, dans laquelle ordinairement les cheveux gris apparaissent tout d’abord au niveau des tempes, puis plus tard sur d’autres parties du cuir chevelu et de la barbe, jusqu’à ce que progressivement, c’est-àdire dans l’espace de plusieurs années, les poils de ces régions, ainsi que ceux du corps entier, finissent par être tous blancs.

La base anatomique de toutes les formes de canitie que nous avons énumérées est la même. La pigmentation normale des poils (figure 41) dépend, comme on le sait, du dépôt entre les cellules de l’écorce de granulations pigmentaires variant du brun jaune au brun foncé ; et la nuance de leur coloration, noire, brune, blonde, rouge, tient à la quantité (densité) et à ta distribution de ce pigment. La matrice pigmentaire du poil est la papille même (voy. fig. 42 P.), absolument comme ce sont les papilles de la peau qui fournissent le pigment de l’épiderme, et la constance de la coloration de chaque poil isolément dépend de la reproduction constante du pigment nouveau par sa propre papille. C’est ainsi que les cellules jeunes du bulbe pileux reçoivent immédiatement leur contenu pigmentaire qu’elles entraînent avec elles, et qui, incessamment poussé d’arrière en avant dans le développement du poil à l’extérieur, s’adjoint à la substance corticale de celui-ci et se transforme en tissu corné. Dans les formes congénitales de poliose, les papilles pilaires (et, dans l’albinisme, les papilles de la' peau elles-mêmes) sont dès la naissance dépourvues de celte fonction productrice du pig-

du visage — peut èlre partielle, généralisée, native, acquise, prématurée, rapide, lente, sénile.

Le terme de poliose ■ — décoloration du système pileux en général — est tombé en désuétude. E. B. — A. D.

ÏREINTE-CINQUIÈME LEÇON.

menl; dans la canitie ultérieure ou acquise, les papilles pilaires perdent brusquement (dans le vitiligo) ou progressivement cette propriété, soit à la suite d’une dépression générale de la nutrition ou de l’innervation (après une maladie, un cliagrin,un travail excessif), ou bien à la suite d’une destruction locale des papilles (cicatrices), ou enfin par le fait de l’atrophie sénile des tissus.

Bl

Fig. 41.

Coupe transversale de la racine d'un poil près de l'extrémité de la papille.

P papille, B follicule pileux, R portion de la racine du poil. F petit lol)ule graisseux, Bl vaisseaux sanguins entourant le follicule pileux. Dans le stroma riche en cellules des papilles ainsi qu'entre les cellules de la matrice (ou de la racine) du poil, nombreuses cellules migratrices pigmentées brun foncé, dont l'origine est due aux vaisseaux des papilles. D'aprcs Hiehl.

Elirmann en s’appuyant sur ses études d’anatomie comparée, notamment de la peau de la grenouille (tome II, page 14) est arrivé à celte opinion que ce ne s6nt pas les cellules pigmentées des papilles et du cliorion qui immigrent comme telles dans les séries de cellules du réseau et y déposent leur pigment. Au contraire, on trouverait, tlans le réseau ainsi qu’entre les couches éiiiilenniques du bulbe du poil, des cellules analogues ipii reçoivent, [lar la voie du courant protoplasmatiipie et non du courant des liipiiiles, le pigment par les cellules analogues des papilles; de plus les cellules multipolaires pigmentées qui existent

Bl.

GRISONNEMErs’T DES POILS. CANITIE.

I dans le réseau et dans le bulbe du poil ne seraient pas des productions immigrées, mais des éléments autochtones.

; Trouvant également dans la papille de ces poils des cellules conte- I liant du pigment, dont le bulbe pileux en paraissait déjà privé (poil ' gris), le même auteur pense que le grisonnement ne tient pas à la cessation de la formation du pigment provenant des papilles, mais à ce

Fig. 42.

Coupe perpendiculaire de la racine et de la papille du poil.

1' P papille, B follicule pileux, R portion de la racine du poil, F petit lobule graisseux, B1

vaisseaux sanguins entourant le follicule pileux. Cellules de pigment en grand nombre et protoplasma jeune dans la papille et entre les cellules de la matrice du poil, plus . rares et pauvres en protoplasma à mesure qu’elles ont émigré dans les couches des cellules kératinisées de l’écorce de la tige du poil. D’après Riehl.

j que ce pigment cesse de pénétrer dans les grosses cellules protoplasma- ! tiques du bulbe pileux. Celles-ci, en effet, feraient ici défaut. Ehrmann admet la même théorie pour la disparition du pigment dans le vililigo.

! Mais la démonstration anatomique manque encore à cette conception.

1 Quel que soit de ces deux modes d’interprétation le plus juste, il est I certain que le grisonnement des poils ne résulte pas de la décoloration j ou du blanchissement de la tige déjà complètement développée et pigmentée, mais de ce que les cheveux ou poils qui poussent à partir d’un certain moment sont d’abord pauvres en pigment, puis progressi-

TRENTE-CINQUIÈME LEÇON

vetnenl arrivent à être tout à fait dépourvus de granulations pigmentaires, et alors deviennent gris. Wertheim a étudié tout particulièrement à cette question. Dans la canitie sénile, on trouve toujours des cheveux qui sont encore foncés à leur extrémité libre, tandis que, dans la partie qui correspond à la base, ils présentent déjà une diminution plus ou moins grande de pigment.

Mais il y a plus, avant la canitie complète, certains follicules produisent des cheveux qui ont des anneaux alternativement bruns et blancs, ce qui prouve bien que ces papilles, avant l’arrêt complet de leur production pigmentaire, étaient encore capables de fournir par séries, à ces cheveux, des granulations colorées. Or, comme les cheveux pris isolément ne blanchissent que dans les parties les plus récemment produites, et par conséquent ne peuvent devenir blancs qu’en proportion du temps qu’ils m.ettent à pousser, c’est-à-dire dans un délai de plusieurs semaines, tous les récits qui ont été considérés comme dignes de foi dans ces derniers temps par des hommes de science (Landois, Brown- Séquard, Ra^^mond, Michelson), de personnes chez qui les cheveux auraient blanchi « subitement », « en^une seule nuit» (naufragés ou condamnés à mort, par exemple), tous ces récits, dis-je, ne reposeni que sur une observation erronée. Il est en effet inadmissible, au point de vue physiologique, que des granulations pigmentaires qui se trouvent dans les poils complètement développés et ayant une certaine longueur disparaissent subitement. D’un autre côté, il n’est pas plus admissible de dire qu'il se développe des gaz dans des poils entièrement organisés, sous l’influence de la peur, d'une menace de mort, etc..., que de prétendre que ces bulles de gaz ou d’air masquent le pigment: en effet, on sait que souvent des cheveux qui ont leur coloration normale contiennent de l’air.

Toutefois Waldeyer, dans son dernier ouvr-age sur les poils chez les hommes et les animaux, émet l’opinion que, une certaine proportion de l’air contenu dans le poil peut faire paraître celui-ci gris, même quand il existe encore du pigment de l’écorce, par suite d’une réflexion complète de la lumière. Ceci ne me semble nullement confirmé ijar l’expérience. S’il en était ainsi, le poil devrait pouvoir être immédiatement coloré d'une manière normale par l’expulsion de l’air; ce qui n’est pas. Cesser qui a observé également un cas de cheveux moniliformes, et trouva sur ceux-ci les points rentlés plus clairs que les parties grêles intermédiaires, attribue la coloration plus claire à la présence de l’air dans la substance corticale. Reinhard qui observa chez un aliéné, correspondant au changement périodique d’excitation et de calme psychi(|Lie, une modification dans la coloration des cheveux, allant du blond ardent I |)hase d’excitation) au blond jaunâtre (phase de calme:.

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