ATROPHIE DES POILS. TRICHORREXIE NOUEUSE
; un ou plusieurs renflements sphériques ou fusiformes (W. G. Smith), placés à des distances variables sur la tige, ayant l’aspect de lentes I ou donnant à tout le poil l’apparence d’un chapelet (1). A côté i de cela, -on trouve des tronçons de poils, terminés par une sorte de boursouflure de forme sphérique et d’un aspect terne, et quand ces tronçons existent en grand nombre, ils donnent à la barbe une I apparence rappelant celle d’une barbe qui aurait été brûlée. Si on tire sur ces poils, ils se cassent aussitôt, au milieu d’un renflement noueux,
, dont la moitié inférieure reste surle tronçon du poil. L’examen microscopique montre qu’au niveau de chaque nodosité la couche corticale du poil est renflée et fendillée, et que chaque renflement terminal repré- ! sente la moitié inférieure, fendillée en forme de balai, d’une de ces nodo- ■ sités qui a été cassée en deux, tandis que la portion du poil qui est située entre deux nodosités a son aspect normal, sauf que le canal : médullaire est élargi en quelques points. D’ailleurs, la racine du poil ! est solidement adhérente, comme à l’état normal. Schwimmer admet I que la racine elle-même est atteinte d’un certain degré de dépérissement t et que par cela même la nutrition originelle du poil se trouve affaiblie, f Michelson place également cette espèce de boursouflement et de rupture des poils sur la même ligne que le fendillement de la pointe et les regarde comme une conséquence de la sécheresse du cuir chevelu, provenant de l’affaiblissement de la nutrition et de l’afflux des humeurs. J’ai toujours été de cet avis. Mais cela n’explique pas I pourquoi les poils en certains endroits sont renflés et se cassent. Mais quoiqu’en pense Wolfberg, l’affection ne procède certainement pas ; d’un traitement mécanique défectueux, avec lavage et brossage; elle est tout aussi peu d’origine parasitaire, puisque les cocci et les champignons qui existent parfois dans les cavités de la portion désagrégée des cheveux (Schwimmer, etc.) ne représentent que des dépôts acci- ’ dentels.
G. Behrend est d’avis qu’à côté de la trichorrexie noueuse dont il vient d’étre question, il faut considérer ces nodosités de la chevelure comme une variété spéciale qui a été décrite en premier lieu par W. G. Smith, puis par Mc. Call Anderson, Luce et Lesser (1),
(1) Cheveux moniliformes, Ringelhaaren, Monilethrix; pili annu- I /ati, aplasie moniliforme intermittente, etc. — Karscu, De capill. hum. color. quædam. Diss. inatig. Grypliiæ, 1846, p. 34, cit. Behrend ; W. G. Smiïu, a rare nod. cond. of the hair, Bynt. med. Journ., 1879, 1880; Lüce, s. un cas curieux d’alop.. Thèse de Paris 1879; Mc Call Anderson, On a unusual case of hered. Trichorr. nod., Lancet., 1883; j Payne, Hairs show. nod. condit., Palh. iransact., Vol. XXXVII, 1886, j p. 340, with plate (There were two cases, Brothers, æt. one and two
TRENTE-SIXIÈME LEÇON
par ce dernier sous le nom emprunté à Karsch de cheveux moniliformes, variété dans laquelle le poil présente à des distances régulières, d’environ 1 millimètre, des épaississements fusiformes. Entre ces renflements, le poil est aminci et n’otfre aucune tendance à se fendiller et à se rompre. Behrend ayant trouvé cette alternance d’épaississement et d’amincissement non seulement sur la partie extrafolliculaire de la chevelure, mais aussi dans la portion qui se trouve à l’intérieur du follicule, croit devoir admettre, avec Virchow, pour cette anomalie, une aplasie périodique du poil provenant de la papille, et à laquelle correspondrait la partie amincie du poil, tandis que la portion fusiforme appartiendrait à la phase de formation normale.
La trichorrexie noueuse est très défigurante et extrêmement tenace.
Le traitement local (applications de soufre, de savon, de goudron et
years, cii. H. Radcliffe Crocker, loc. cit., p. 60Ü ; Edm. Lesskr, ein Fall von Ringelhaaren, Yortr. gehalt. in d. dermat. Sect. der Natur. in Strassburg 1885, separat. Abd. d. Vierleljahr. f. Dermat. u. Syph. 1885-86 ; Behrend, u. Knotenbildung am. Haarsch., Berlin, med. Gesellsch. Feb. 1885, ViRCuow’s Arcu. Bd. 103, 1886, m. Taf.
Ainsi que nous l’avons indiqué plusieurs fois, et en dernier lieu à la séance de mars de la Société française de dermatologie, l’aplasie moniliforme ne constitue pas, pour nous, une affection propre ; elle est le résultat d’une altération fonctionnelle de la formation du poil, qui peut se rencontrer dans plusieurs états pathologiques.
On voit, assez fréquemment, dans la pelade, des tronçons de poils ainsi constitués ; Vextrémité libre, généralement brisée en pinceau, de coloration et de calibre normaux; puis, ce calibre diminue brusquement jusqu’à la racine, atrophiée elle-même, en même temps que la partie correspondante de la tige est absolument dépigmentée et transparente comme du verre. Quelquefois cette atrophie avec dépigmentation, au lieu d’être uniforme jusqu’à la racine, est interrompue par de courts renflements où le poil reprend, à peu de choses près, sa couleur et son calibre. Régularité et nombre des renflements à part, l’analogie avec l’aplasie moniliforme est entière, et complétée par les infiltrations d’air, et la brisure en pinceau d’un certain nombre de cheveux, lésions communes dans l’aplasie comme dans la pelade.
L’aplasie lamineuse est une des lésions de la xérodermie pilaire, forme d’icbthyose pilaire; maladie congénitale, héréditaire, familiale. On peut la rencontrer sur toutes les régions pilaires du corps sans exception — Voyez pour complément. Compte rendu officiel de la Soc. franc, de Dermat., Paris, 189Ü, Arnozan, Hallopeau, E. Besnier, Hardy, Vidal, Brocq, et Bulletin médical, 1890, p. 501, De l'aplasie moniliforine des cheveux et des poils, exposé complet par Hallopeau, dans une leçon clinique faite à l’hApital Saint-Louis, en mai 1890. Cf. : Ar.nozan, P. Archambault, Note sur un cas de cheveux moniliformes, av. pl. in Ann. de Dennal. et de Syph., 1890, 3® série, T. I, p. 29:2.
Ernest Besnier. — A. Doyon.