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VARIATIONS QUANTITATIVES DU LIQUIDE SANGUIN

Le sang n’est pas une simple solution saline et albuminoïde tenant en suspension des éléments figurés. C’est un tissu liquide qui a toutes propriétés des tissus et qui, de plus, jouit d’une qualité propre, le mouvement perpétuel. C’est pourquoi il se met en contact avec les divers éléments de l’économie, leur apporte l’excitant vital par excellence, l’oxvgène, ainsi que les matériaux nutritifs, et les débarrasse des produits de la désassimilation et des substances étrangères. Sa composition varie sans cesse ; aucun autre tissu ne présente d’aussi fréquentes ni d’aussi diverses modifications. Chargé d’un rôle exceptionnel, le sang a progressivement élaboré deux de ses propriétés essentielles : le pouvoir de se perfectionner lui-même et celui de ramener au taux normal sa constitution chimique quand elle est altérée. Nul autre tissu ne possède à un tel degré la plasticité nécessaire pour compenser rapidement les modifications qu’il a subies.

La purification du sang envahi par des particules étrangères est l’œuvre principale îles leucocytes, ou plus exactement des phagocytes (Mctchnikoff). Les globules blancs ne sont pas les seuls agents de la protection sanguine ; l’endothélium des capillaires et surtout celui du foie et de la rate, ainsique d’autres dérivés de mésoderme possèdent à ce point de vue une puissance remarquable.

L action des phagocytes n’est pas circonscrite au domaine des corps organisés solides (microbes, etc.), elle s’exerce encore sur les substances solubles et la valeur de la protection dont l’organisme leur est redevable prend un caractère plus manifeste chaque jour. Metchnikoff et ses élèves ont montré que ces cellules absorbaient et digéraient des toxines microbiennes (tétanos) et des poisons minéraux solubles(arsenic). Leur capacité d’englobement est le fruit de la mobilité de leur protoplasma et de leur pouvoir chimiotaxique ; leur puissance de digestion et de destruction, inexpliquée jusqu’ici, a reçu quelque lumière de la découverte des oxydases.

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PATHOLOGIE DU SANG

Depuis Lavoisier, la réalité des combustions intra-organiques était connue ; depuis Claude Bernard, leur siège avait été localisé au niveau des capillaires des tissus. Le mécanisme de leur action restait obscur. En effet, les principes chimiques dont 1 oxydation produit l’énergie ne sont pas oxydés par 1 oxygène atmosphérique, lorsqu on les place in vitro dans les conditions de température, de réaction, d oxygénation semblables à celles que présente l’organisme.

Cependant ces oxydations sont indéniables. Comment s exercent-elles Pour surmonter les difficultés d une explication plausible, Traube avait imaginé une hypothèse, celle d’un corps excitateur de l’oxygène, c est-à-dire d un corps capable de transmettre l’oxygène, charrié par certains éléments jusqu aux cellules sur lesquelles devait porter l’oxydation. Ce corps dont 1 existence (ut prédite par Traube existe. On peut donner la preuve de sa présence, sinon dans toutes les cellules, au moins dans les globules blancs.

Les expériences de Schmiedeberg, de Jaquet, de Salkowsky, d Abelous et Biarnès ont établi que du sang artérialisé ou que du sang qui a traversé certains organes (poumons, reins) même lorsque les cellules du parenchyme ont été tuées par la congélation, jouissait d'un pouvoir oxydant assez fort pour transformer 1 aldéhyde salicylique en acide salicylique.

Mais aucun des auteurs précédents n’avait réussi à isoler ce ferment soluble oxydant ; la découverte en a été faite chez les végétaux par G. Bertrand. Dans le latex qui s’écoule de l'incision du tronc de certains arbres de la famille des Anacardiacées, ce savant a isolé un ferment soluble, la laccase, qui oxyde 1 hydroquinone. En collaboration avec Bourquelot, il a établi la présence de la laccase dans les organes jeunes de la plupart des plantes vertes, et il a montré qu’il devaity avoir, non pas un seul, mais plusieurs ferments oxydants auxquels il a donné le nom général d oxydases. Depuis lors, Abelous et Biarnès ont mis en évidence une oxydase dans le sang et les organes des crustacés, dans le sang et dans certains organes des mammifères ; Portier et Piéri ont signalé la présence de ce même ferment chez les invertébrés marins. Paul Carnot a établi que la salive fraîche de l’homme, même après filtration sur bougie Chamberland, possède des propriétés oxydantes. La bile verte elle-même, d après Dastre et Floresco, est riche en oxydase. L’urine normale, liquide qui a subi 1 action réductrice du rein sain (Berthelot) ne contient pas d'oxvdase; l’urine des néphritiques, chargée de l’albumine et de globules du sang en renferme.

Les expériences très concluantes de Portier ont établi que l'oxydase dont on constate la présence dans le sang et dans certains organes, ne peut provenir ni des substances albuminoïdes du plasma, ni des globules rouges, mais qu elle existe en abondance dans les leucocytes. On peut l'extraire de ces éléments par la macération dans l’eau chloroformée ou dans la solution de fluorure de sodium à i p. îoo, ou encore au moyen de la digestion par la trypsine.

11 est bien probable que dans la digestion intra-cellulaire dont sont doués les leucocytes les oxydases interviennent énergiquement.

Les voies et moyens d 'épuration sanguine sont multiples. A travers le filtre rénal le sang élimine les produits des échanges nutritifs, les solutions de substances étrangères à sa constitution, une partie des poisons d’origine externe et souvent bon nombre de microbes. L'immense développement des capillaires hépatiques forme un réseau où

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