‹ Pathologie générale et expérimentale (volume 2)Chapitre 2 sur 87 · RÉGÉNÉRA T ION · texte numérisé non relu

RÉGÉNÉRA T ION

dimensions sont maintenues par un phénomène d’équilibre et de corrélation entre les diverses parties de l’organisme. L’accroissement du jeune âge est le résultat des efforts vers un équilibre qui n’est pas encore atteint. Quand il est réalisé, la faculté créatrice des cellules, qui s’était affaiblie peu à peu depuis la naissance, cesse de se manifester ; elle devient latente et se conserve à l’état d’énergie potentielle. Elle n’apparaîtra au jour que lorsque l’équilibre sera momentanément rompu, par suite de la mort de cellules ou de parcelles de cellules, ou encore lorsque les éléments qui la tiennent en bride seront modifiés par une excitation anormale.

Fig. 7. — Hyperplasie nodulaire dans la cirrhose hépatique ; dans les ilols de tissu néoformé se voient beaucoup de figures de division karyokinétique. — Réduction a 1/16 de la grandeur naturelle (cas de Zadoc-Kahn).

Manifestation par à-coups d’une des formes delà propriété d’accroissement cellulaire, le processus de la régénération n’est que la copie du développement embryologique, mais il n’en est pas une copie servile. Si, en effet, la régénération de certains vers se fait suivant le développement embryologique, il est des exceptions nombreuses à cette règle, surtout chez les animaux supérieurs. La vessie réséquée se complète au moyen du grand épiploon qui adhère aux bords de l’organe et se tapisse rapidement d’épithélium dans la portion qui regarde la cavité vésicale, par glissement, greffe et multiplication cellulaire (Cornil et Carnot). Le mécanisme de la régénération ne suit donc pas ici la loi de l’ontogénèse.

Giard a réuni sous le nom de régénération hypoty pique un certain nombre de faits dans lesquels la modification des parties régénérées est en rapport avec la phylogenèse : ainsi la polydaetilie provoquée par

TROUBLES HYPERTROPHIQUES DE LA NUTRITION CELLULAIRE

mutilation chez les axolotls et chez certains pleurodèles peut être, dans certains cas, considérée comme un retour atavique. On a même cité des exemples tirés du règne végétal (Giard).

Mais un très grand nombre de faits (Vulpian) ne permettent pas de généraliser et de rattacher les phénomènes de régénération hétéromorphique soit au développement embryonnaire, soit à un état ancestral. La régénération est déterminée, dans la plupart des cas, par les propriétés de chaque cellule, propriétés qui portent elles-mêmes l’empreinte héréditaire et qui sont modifiées par les influences extérieures, physiques, chimiques ou mécaniques. Par exemple sur un fragment de polype hydroide on peut faire naître à volonté soiL deux têtes libres, soit une tète libre et une autre extrémité radicale enfoncée dans le sable Loeb .

Parmi les diverses conditions qui déterminent les résultats de la régénération tératologique, il tant citer l’influence de la pesanteur et du géotropisme, celle de 1 héliotropisme, la nature des aliments les phénomènes régénératifs s’arrêtent dans un milieu additionné d’une certaine dose de chlorure de sodium) et aussi, comme nous l’avons vu pour 1 hypertrophie compensatrice, l’activité fonctionnelle de l’organe. Des conditions physico-chimiques interviennent donc puissamment, d abord pour exciter, puis pour arrêter la prolifération cellulaire et la

faire aboutir ainsi à telle ou telle forme.

La régénération s observe à l’état physiologique, ainsi qu’à la suite de traumatisme ou d’accidents, c’est-à-dire à l’état pathologique.

M l état physiologique, elle se manifeste dans une foule de conditions qui intéressent 1 essence même de la vie : le développement par scissiparité des bactéries n’est qu’un phénomène de régénération ; la division cellulaire directe ou indirecte et, d une manière générale, toutes les reproductions asexuées sonL des exemples de régénération. La rénovation cellulaire, une fois l’équilibre des dimensions corporelles établi, par laquelle de nouvelles cellules se substituent constamment aux anciennes, la nutrition même, qui a pour but de restaurer l’intégrité cellulaire, ne sont que des phénomènes régénératifs qui démontrent que la vie d’un être est une perpétuelle régénération. La poussée des poils et des ongles, la mue des plumes des oiseaux et des carapaces des crustacés. 1 élimination de la muqueuse utérine à chaque ovulation, etc., appartiennent aussi au domaine de la régénération physiologique. Certains éléments se détachent et meurent complètement (épiderme, etc. ; d'autres, au contraire, ne subissent qu’une destruction limitée à la partie paraplasinique du corps cellulaire. Ranvier, en 1870, avait démontré que les cellules glandulaires 11e se détruisent pas entièrement en sécrétant. Les recherches plus récentes (Stohr, Bi/.zozero cl Vassale, Levacheff.

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