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RÉGÉNÉRA T10N

Massanori, Ogata, Podwyssotsky, Platner, Curt, Millier, Maximoff, Mankovski, etc.) ont établi que, clans l’immense majorité des cas, les cellules des principales glandes ne périssent pas pendant leur fonctionnement normal et qu’il ne saurait être question ici de néoformation ultérieure de cellules ni de karyokinèse.

La multiplication des noyaux, lorsqu’elle existe, se fait parla division directe ou par formation de noyaux secondaires aux dépens de fragments de la substance nucléaire détachés du noyau. Cependant le problème du mode histologique de la régénération à l’état normal n’est pas encore définitivement résolu. La lenteur de la marche des phénomènes est un obstacle important à leur étude.

S'il est des tissus et des organes dont les cellules n’ont à subir après fonctionnement que la régénération de quelques molécules (système nerveux, foie, rein, pancréas, os, tissu conjonctif fixe, muscles), d’autres sont pourvus de cellules qui se détachent régulièrement et périssent, laissant aux éléments qui restent une impulsion multiplicatrice capable d’assurer la réparation des pertes (épiderme, épithélium des muqueuses et des glandes, éléments organisés du sang et des organes hématopoiétiques).

L’étude méthodique des phénomènes régénératifs dans la série animale permet de dégager un certain nombre de notions dont la réunion peut aboutir à des formules de loi. Celles-ci constatent que si la faculté de régénération chez les êtres est en raison inverse de leur complication organique, il est toutefois impossible de conclure du voisinage zoologique de deux espèces à l’égalité de leurs pouvoirs régénérateurs.

Nous avons signalé (t. I, p. 1 5) les curieux phénomènes de mérotomie, observés chez les protozoaires (Nussbaum, Gruber, Balbiani, Verworn, etc.) et en particulier chez le Stentor. Quand on sectionne cet infusoire en deux segments, l’un muni et l’autre dépourvu du noyau, celui des deux segments qui possède la substance nucléaire se régénère entièrement, tandis que l’autre se développe mal et disparaît bientôt. Les expériences de Trembley sur les hydres d’eau douce, ont déjà montré, au milieu du siècle dernier, (pie les fragments de cet animal coupé en morceaux se développaient et arrivaient tous à reproduire un animal entier. L’étoile de mer refait ses bras coupés. La régénération des vers a été déjà signalée par Linné (1743); le ver de terre régénère sa queue coupée, plus rapidemenl en été qu’en hiver, plus vile quand il est jeune que lorsqu’il est vieux; mais la queue n’est capable de régénérer une tète que si l’organe enlevé n’a emporté avec lui qu’un petit nombre d anneaux seulement. Herscheler a suivi pas à pas, à l’aide de coupes

TROUBLES HYPERTROPHIQUES DE LA SUTRIT10S CELLULAIRE

histologiques, la marche des phénomènes qui aboutissent à la régénération de l’extrémité céphalique chez le lombric; il a pu se convaincre que les nouveaux organes tiraient leur origine aussi bien de l’épiderme néoformé que des parties conservées du corps de l’animal, et qu’il était impossible de constater dans la restitution morphologique et physiologique qui s’opérait, la marche du développement embryologique.

Les vers d’espèces différentes, mais voisines les unes des autres, ont des pouvoirs régénérateurs très variables. Les hirudinées (sangsues se régénèrent très difficilement. Chez les arthropodes, certaines espèces se régénèrent mal, d’autres le font avec activité; la régénération des pattes d’écrevisses et des crabes est connue depuis longtemps. Chez les mollusques, l’escargot et la limace sont capables de régénérer une partie de leur tête (Spallanzani), à condition que la destruction n'intéresse pas le système nerveux.

A mesure qu’on s’élève dans l’échelle animale, les régénérations, très manifestes au point de vue fonctionnel, sont moins parfaites en ce qui concerne la morphologie. On voit de plus en plus l’idioplasme d'accroissement (selon l’hypothèse de Weis.sman) se limiter, en ce sens que les cellules de chaque organe ne peuvent reproduire que l’organe correspondant. Chez le triton, l’œil ne peut se refaire que s'il est resté après l’extraction quelques éléments du globe oculaire ; chez l'araignée, l'écrevisse, le poisson, le lézard, etc., une nouvelle patte, une nouvelle queue, une nouvelle nageoire, etc., ne peuvent reparaître que si, au niveau de la lésion, quelques traces des organes détruits ont persisté (Philipeaux). Chez les poissons auxquels on sectionne les nageoires, on constate que l’ordre de pi’écocité de la régénération est le même que celui du développement embryonnaire et que la rapidité de cette reconstitution est en raison directe de l’utilité fonctionnelle ; par exemple la nageoire caudale se reproduit plus vite que les nageoires pectorales (Broussonet).

Les oiseaux régénèrent difficilement leurs parties enlevées ; les mammifères ne jouissent que d’un pouvoir encore plus limité. Ici les cellules organiques renferment bien une provision d’idioplasme corporel, et avec lui la propriété de reproduire une cellule semblable; mais la provision d’idioplasme d’accroissement parait être confiée tout entière aux cellules spécifiques des glandes sexuelles. Les tissus particuliers peuvent à la rigueur se régénérer, à la condition que le terrain primitif persiste, c’est-à-dire que la lésion ait laissé intactes des cellules semblables à celles qui composeront le tissu de régénération. Les ongles, les cornes, les cheveux (pii se reproduisent facilement ne sont que des

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