‹ Pathologie générale et expérimentale (volume 2)Chapitre 21 sur 87 · I. — Pléthore · texte numérisé non relu

I. — Pléthore

La réplétion du système vasculaire par du sang qui a conservé la proportion de ses parties constituantes est la pléthore (-/.r/Jwsa, réplétion ; elle n’est que rarement assez forte pour constituer un signe pathologique. Cliniquement, la pléthore se traduit par l’animation du visage, la rougeur des muqueuses, la dilatation des vaisseaux périphériques, 1 énergie de l’impulsion cardiaque. La tendance aux congestions périphériques fait apparaître des bouffées de chaleur, des lourdeurs de tète, quelquefois de la céphalalgie, symptômes que dissipent une saignée ou 1 établissement d’un flux sanguin. L’hypothèse qui rattachait cet état aux abus alimentaires n est pas fondée, parce que le sang possède précisément un pouvoir autonome de régulation. L excès alimentaire ne pourrait, d’une manière durable, aboutir à une augmentation du liquide en circulation. C est pourquoi les vrais pléthoriques sont rares et victimes le plus souvent d un vice de constitution congénital, d’une dysharmonie entre le volume de la masse sanguine et celui du corps, d'un développement anormal des capacités cardiaques et vasculaires. Il s’agit ici de laits assez exceptionnels pour que certains médecins aient mis en doute 1 existence de la pléthore vraie, tandis que d’autres, au nom de la corrélation entre le tableau clinique signalé et l’état anatomique des artères et du cœur hypertrophiés, affirmaient sa réalité. Il faut remarquer cependant, que les observations anatomo-pathologiques auxquelles nous laisons allusion sont anciennes et qu’il serait nécessaire de les contrôler à nouveau.

L amputation d un membre qui a été privé de tout son sang au profit de la circulation générale par l’application préalable de la bande d Esmarch. permet de juger combien de temps se maintient dans l’organisme la pléthore vraie, acquise. L’expérience démontre que celle-ci ne persiste qu un temps très court. La pléthore vraie, constituant un phénomène pathologique, ne peut exister, en l’absence d'une augmentation de volume permanente de la canalisation sanguine, que sous la forme d un état passager. L’excès de la niasse sanguine disparait et celle-ci revient a son volume normal sous l’effort d une propriété inhérente au

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