‹ Pathologie générale et expérimentale (volume 2)Chapitre 23 sur 87 · TR A S FL' SI OX · texte numérisé non relu

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les trois quarts de la dose s’épanchent-ils dans des organes d 'entrepôt (séreuses, foie, tissus). L’injection intra-veineuse d’eau salée agit donc a la façon d un lavage pur et simple, et n’exerce, sous la réserve d'une technique appropriée, qu’une action fort minime sur la pression sanguine (Pierre Delbet).

Quand on sort des limites d’innocuité physiologique, — innocuité qui présente des différences individuelles très marquées suivant la résistance des animaux (Boscet

Vedel) les transfusions salines deviennent meurtrières ; 1 eau salée s accumule dans

le sang, des épanchements se collectent dans les séreuses, et des suffusions hémorrhagiques apparaissent dans les viscères.

Des recherches expérimentales nombreuses ont été faites sur le traitement, par cette méthode, d’animaux malades. Nous avons signalé plushautles résultats acquis en cas d’anémie aiguë consécutive aux hémorrhagies ; ils laissent désormais peu d avenir à la transfusion de sang naturel que les solutions salines remplacent avec avantage. De plus les injections d’eau salée, pratiquées dans la veine ou dans le tissu cellulaire sous-cutané n’ont pas seulement pour effet de relever la tension ; elles exercent en outre une action hémostatique incontestable (Hayem, Duret, Faney, Four-

meaux).

L’action du lavage du sang chez les animaux intoxiqués a été étudiée par Cliassevant, Pierre Delbet, etc. Il résulte des diverses expériences que, dans certaines conditions et à certaines doses, le lavage est susceptible d atténuer, de retarder et même de neutraliser les effets d’un poison, mais que la diurèse provoquée ne constitue pas une voie d’élimination bien puissante d une toxine.

Chez les animaux infectés, la méthode a été utilisée par Dastre et Loye, Ennquez et Hallion, Bosc et Vedel, etc. De ces diverses expériences, les résultats ont été plutôt défavorables. Là encore les injections d’eau salée ont relevé la tension sanguine, et provoqué la diurèse, mais souvent les animaux traités succombaient avant les témoins. 11 faut reconnaître cependant que les résultats de l’étude expérimentale ne peuvent être directement transportés dans le domaine de la clinique humaine. Les questions très complexes du déterminisme expérimental touchant les doses, la virulence de la maladie infectieuse, la résistance individuelle, ne sont pas entièrement résolues.

Chez l’homme, le lavage du sang a été utilisé dans un grand nombre d’états morbides que l'on peut classer avec Lejars de la façon suivante : les hémorrhagies, les diverses formes de collapsus, les intoxications et les infections.

Dans les hémorrhagies, plusieurs cas sont à considérer. Quand la moi t est imini nente, c’est-à-dire que le pouls est nul, la pâleur extrême et la perte de connaissance complète, il faut, sans hésiter, recourir à la méthode la plus rapide et la plus suie, a l injeetion intra-veineuse. Cette injection doit être copieuse (deux litres et plus), et se poursuivre jusqu’à ce que le pouls ait repris de l’ampleur et de la force; il faut souvent reprendre la médication au bout d’une heure ou deux par la voie sous-cutanée. Les anémies post-hémorrhagiques créent en elfet dans 1 organisme un état d équilibre instable et le danger n’est définitivement écarté que lorsque le pouls a repris sa f> équence et sa régularité normales.

Lorsque l'hémorrhagie ne menace pas la vie d’une façon immédiate, la transfusion saline sous-cutanée rend les plus grands services à condition que les injei lions soF pratiquées de bonne heure, qu’elles soient répétées et suffisamment abondantes, peuvent être, à ce point de vue, utilisées dans les hémorrhagies internes (m nales, etc.), comme dans les hémorrhagies externes.

Dans les cas de collapsus, quelle qu’en soit la cause, caractérisés pui une h}po

PATHOLOGIE DU SA y G

sion artérielle, l’hypodermoclysc saline rend des services signalés, chez les personnes soumises à une commotion cérébrale plus ou moins violente, et aussi chez les individus qu’il faut soustraire à la menace d’une syncope ou du collapsus. A ce point de vue, les injections salines peu copieuses et renouvelées ont été utilisées chez des patientes destinées à subir une opération longue et sanglante, chez les malades chloroformisés, dont le pouls faiblissait, et chez les opérés, dans les heures qui suivent les grandes interventions chirurgicales.

Dans le traitement des intoxications humaines, la pratique des injections salines sous-cutanées a été souvent mise en œuvre. Elle a rendu des services dans l'intoxication chloroformique (Bobrolf), dans l’empoisonnement par l’oxyde de carbone Brodier), le gaz d éclairage (Gordon), le plomb (Sailli, Desplats), l urémie sans élévation de pression artérielle.

Le lavage du sang a été opposé aux affections les plus diverses, souvent in extremis , et les résultats en ont été très contradictoires. Dans des cas d’infections streptoceoccique et staphylococcique d’origine chirurgicale, obstétricale ou médicale, on a publié un certain nombre d’observations suivies de guérison, lorsque les injections soit intra-veineuses, soit sous-cutanées, ont été pratiquées dès le début des accidents et qu’elles ont été renouvelées. Lejars a publié le cas d’un jeune homme laparotomisé en pleine péritonite généralisée, pour une rupture d’intestin, qui reçut en neul jours, 26 litres de sérum dans les veines et qui guérit. Les succès ont été obtenus dans les cas où les injections ont été commencées de bonne heure et poursuivies avec persévérance et chez les malades qui urinaient bien. Les injections successives a doses restreintes (a5o à 3oo grammes) précédées ou non d’une saignée, produisent, non plus une réaction énergique et unique comme dans les injections intraveineuses, mais des réactions modérées, successives. Cette dernière méthode est particulièrement recommandable lorsque le doute persiste sur le degré de perméabilité du rein du malade et aussi sur l’état du myocarde.

Des résultats favorables à la suite d’injections salines ont été signalés, chez 1 homme, dans le traitement du choléra proprement dit, des diarrhées cholériformes, du choléra infantile, de la dysenterie grave, de la fièvre typhoïde, etc.

La translusion saline est suivie d'un ensemble de phénomènes qu’on peut tenir pour à peu près constants. D abord le relèvement de la tension sanguine et du pouls, la diurèse d’autant plus copieuse que le rein est plus perméable, et ensuite l élimination par des émonctoires supplémentaires (intestin, peau, glandes salivaires, surface pulmonaire). Le frisson est fréquent et parfois violent, il survient de cinq minutes à trois quarts d’heure après 1 injection. L élévation thermique, dont le maximum se fait sentir de six à dix heures après l’injection, manque rarement.

A 1 hyperthermie, parfois très vive, succède la chute de la température au chiffre normal ou presque normal, en même temps que les effets salutaires se manifestent. On peut donc distinguer, d après Bosc et Yedel, trois périodes dans la réaction qui suit 1 injection saline intra-veineuse et à un plus faible degré l’injection sous-cutanée; les périodes pré-critique, critique et post-critique qui témoignent de l’action réelle et bienfaisante du lavage sur l’organisme infecté.

Les accidents et contre-indications des injections salines dépendent, d’une part, d un défaut d asepsie du liquide, des instruments utilisés ou de la peau du malade, et d autre part, du degré d imperméabilité du rein, surtout à l’égard du chlorure de sodium, qui expose à la production d anasarque, et de la diminution de résistance du cœur (mort subite) ou encore de la défaillance de l’appareil pulmonaire (œdème du

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