‹ Pathologie générale et expérimentale (volume 2)Chapitre 24 sur 87 · TRANSFUSION · texte numérisé non relu

TRANSFUSION

poumon), etc. Ces dangers sont particulièrement redoutables dans les cas d'injection intra-veineuse.

La technique opératoire est simple. La transfusion intra-veineuse ou sous-cutanée peut être réalisée à l’aide d’une seringue stérilisée ou encore à l aide d’un siphon, qu'il est facile de construire. Une bouteille stérilisée est fermée par un bouchon traversé par deux tubes de verre, l’un court, et l’autre long, descendant jusqu’au fond du vase. A sa sortie, ce dernier est uni à un tube de caoutchouc terminé par une aiguille de Pravaz. Par le tube de verre court muni d’un tampon de ouate, on insuffle de l’air et le siphon s’amorce ; le liquide s’écoule par l’aiguille de Pravaz d'autant plus vile que le flacon est placé plus haut. Il est bien entendu qu avant 1 opération on a procédé à la stérilisation complète du liquide et de 1 appareil, et à la désinfection de la peau.

Quant à la composition du liquide a injecter, elle a été 1 objet de nombreuses discussions. Le mieux est d’utiliser simplement une solution de chlorure de sodium à 7 p. î ooo dans l'eau distillée. Pour éviter toute détérioration des globules rouges et conserver l’isotonie du plasma sanguin, laquelle correspond à peu près à la pression osmotique d’une solution de chlorure de sodium à 9,2 p. 1 000, on a lait valoir les dangers de 1 injection d’une solution trop laible (5 à G p. 1 000). A propos de 1 élude de l’isotonie et de la pression osmotique, nous reviendrons plus loin sur cette question. Qu’il nous suffise de faire remarquer ici que l’action thérapeutique que 1 on vise 11e réside pas comme on l’a cru longtemps, dans le fait pur et simple du lavage de sang. L'injection intra-veineuse non isotonique avec le sérum a bien, sans doute, 1 inconvénient de détruire quelques globules rouges, mais elle a aussi 1 inconvénient ou peutêtre l’avantage de détruire des globules blancs et de jeter, par conséquent, dans la masse liquide des sucs, des ferments bactéricides, antitoxiques, etc., provenant de ces leucocytes. La preuve en est qu après une injection d eau salée, la eoagubilité du sang est augmentée. On peut se demander jusqu à quel point celte destruction rapide, cet émiettement des phagocytes enrichissant le sang en principes diastasiques dissous n est pas utile dans la lutte contre les infections. Peut-être celte leucolyse et aussi une sorte d intoxication par le chlorure de sodium, produisant une lièvre aseptique, jouent-elles un rôle étiologique dans la crise fébrile et dans ses conséquences parfois bienfaisantes ? L action des injections d’eau salée ne se résume pas, en tout cas, dans un simple lavage du sang.

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