II. — Anémie générale — Olighémie anémie
On désigne sons le nom d’anémie, d’olighémie (oV. yo; = peu, alga = sang la diminution de la quantité totale du tissu sanguin dans 1 organisme.
Contrairement à la polyémie qui appartient surtout au domaine de la pathologie expérimentale et ne s’observe, chez l’homme, qu’à 1 état exceptionnel et passager, l’olighémie ou anémie générale frappe avec fréquence l’espèce humaine. L’anémie se présente sous deux formes principales : i° l’une, caractérisée par la diminution de la quantité du sang, sans altération notable de sa composition; 20 l’autre, par I amoindrissement de la masse sanguine avec altération de sa qualité. L une et l’autre forme s’enchevêtrent souvent et il huit une analyse c linique
PATHOLOGIE UU SAE G
pénétrante pour classer telle variété clans la catégorie des anémies quantitatives , telle autre clans celle des anémies qualitatives.
Le groupe des anémies qualitatives embrasse un grand nombre d’affections dans lesquelles les modifications sanguines occupent le premier plan, sans que eoexisle nécessairement une diminution du volume de la masse sanguine. La nature et l’évolution de ces maladies les a fait ranger sous la rubrique générale d 'anémies chroniques ; nous reviendrons à celte étude dans le chapitre suivant.
Les modifications quantitatives du tissu sanguin constituent X anémie aiguë, c’est-à-dire l'olighémie au sens propre du mot, X olighémie vraie , caractérisée par la diminution pure et simple de la quantité du sang. La durée de cet accident est d'ordinaire très courte , car la reconstitution du volume du sang aux dépens du plasma des tissus est rapide et la masse sanguine ainsi restaurée est plus liquide qu’à l’état normal. La modification du rapport entre le plasma et les globules rouges entraîne un changement qualitatif du sang. C’est pourquoi l’anémie aiguë — affection caractérisée exclusivement par les altérations quantitatives du sang — constitue toujours un état passager qui s’accompagne bientôt d’une oligocythémie, c’est-à-dire d’une diminution du nombre des globules rouges.
L 'anémie aiguë est la conséquence ordinaire des hémorrhagies abondantes (plaies, traumatismes, déchirures de vaisseaux, hémorrhagies post-puerpérales, larges pertes de substance, hémorrhagies internes, etc.) Lorsque les grandes hémorrhagies amènent l’issue de la moitié de toute la masse sanguine (de 2 litres à 2 1. 5oo) chez l'adulte, elles provoquent une anémie si intense que la mort s’en suit. Dans les hémorrhagies non mortelles, les accidents de l'anémie aiguë dépendent moins de la quantité du sang échappé que de la façon dontla perle s’est effectuée : tantôt rapide, constituée en quelques minutes après déchirure d’un gros vaisseau, tantôt réalisée lentement quand le sang s’écoule des capillaires et des veines. Dans le premier cas, les pertes sanguines relativement faibles mais rapides de un demi-litre à un litre, provoquent des accidents qui 11e s’observent pas après des hémorrhagies beaucoup plus considérables de 2 litres à 2 1. 1/2, pourvu que celles-ci se fassent avec lenteur, par une solution de continuité veineuse ou capillaire. La gravité de l’anémie dépend aussi de l’âge, du sexe et de l’état général de l’individu. Chez un nouveau-né une perte de sang de quelques grammes peut mettre la vie en danger, tandis que pour provoquer les mêmes troubles elle doit atteindre deux cents grammes chez un entant d’un an, et un à deux litres chez l’adulte, c'est-à-dire diminuer du tiers ou de la moitié le volume de la masse sanguine. La femme supporte mieux que l’homme les grandes