‹ Pathologie générale et expérimentale (volume 2)Chapitre 44 sur 87 · FIBRINE · texte numérisé non relu

FIBRINE

Plasma sanguin . . .

Lymphe

de l’œdème. . . .

•2 il i5

'ü i péritonéale. . . .

g ) péricardique . . .

9'jà à 962

r j pleurale

czi f de l'hydrocèle . .

\ de l’hydrocéphalie.

PATHOLOGIE DE LA LYMPHE ET DE LA CUU L LA TIOS LYMPHATIQUE

Les liquides épanchés renferment parfois certaines substances «pie l’on ne trouve pas ou que l’on ne trouve qu’en faible proportion dans le sano\ Sans parler des germes microbiens que l’on peut trouver dans les épanchements, la mucine, la graisse, la cholestérine, les peptones, la lécithine, la tyrosine, etc., n’appartiennent pas au liquide transsudé luimême; elles résultent de la décomposition du liquide ou proviennent des éléments cellulaires de la paroi limitante.

Frais le liquide d’œdème est alcalin. Les principales matières albuminoïdes qu’il contient sont la sérine, la globuline, le fibrinogène; la fibrine toute formée est rare dans les transsudats récents. Nous avons cité plus haut les résultats des analyses chimiques pratiquées en France (Méhu, Robin etVerdeil). Voici d’autres éléments d’appréciation empruntés à des auteurs étrangers. Si l’on admet qu’en moyenne, le plasma sanguin contient 7,4e p. 100 de matières albuminoïdes, pour les transsudats et exsudais pathologiques, cette moyenne subit les variations suivantes :

Dans l’anasarque

Phlyetène de vésicatoire

Hydrocèle

Péritonite

Exsudai séreux de la plèvre

du péricarde

du péritoine

Transsudais cachectiques et hyperéiniques au cours des cardiopathies, maladies des reins, etc

5,8-6 p. 100 (Reuss, Hoffmann;

5 p. 100 (ltoppe)

4,94-5- 3 p. 100 (Reuss, Hoffmann)

4 p. 100 (Reuss) a.aS p. 100 (Reuss) i,83 p. 100 (Reuss)

1,10 à 0,70 p. 100 et même 0,22 p. 100 (Concelli)

0,8 à 0.1 p. 100 (Hoffmann. Sénalor, Reuss, etc.).

La teneur albumineuse la plus faible, au-dessous de 0,10 p. 100, s'observe dans les œdèmes provoqués par des lésions rénales graves, surtout dans la dégénérescence amyloïde des reins (Hoffmann' . On sait d’ailleurs qu’Andral et Gavarret avaient signalé que dans la néphrite albumineuse, l’albumine du sérum tombait au chiffre de 60 environ.

Parmi les matières albuminoïdes, la sérine prédomine, la quantité de globuline est insignifiante, de o,5o à 0,80 p. 100. On a signalé cependant un cas de péritonite cancéreuse, où l’exsudât inflammatoire contenait 2 p. 100 de globuline, sur un total de a.i p. 100 de matières albuminoïdes (Fichtner).

Parmi les autres substances, on peut encore citer une série d'éléments solubles, tpii se trouvent aussi dans le plasma sanguin : sucre, sels (chlorures, phosphates, carbonate et sulfate de soude), graisses et matières extractives (urée, pigments et acides biliaires, hémoglobine, etc.). Dans certains cas, on a signalé la présence de l’urobiline (Jalcseh) et une fois

PHENOMENES OSMOTIQUES 3 , g

le liquide ascitique, au cours d'une cirrhose hépatique, renfermait de l’allantoïne (Moscatelli).

La couleur des liquides d’hydropisie est très variable : ordinairement incolores et transparents, ils peuvent quelquefois présenter une teinte jaunâtre ou rougeâtre, provenant de pigments hématiques. La couleur jaune de la plupart des transsudats est due vraisemblablement à la présence presque constante de l’urobiline. Leur aspect trouble provient de l’abondance des leucocytes ou de la graisse en émulsion dans le liquide. En cas d’oblitération de gros troncs lymphatiques, les épanchements deviennent lactescents (ascite ou pleurésie chyleuses, graisseuses, etc.). La méthode imaginée par Widal et Ravaut sous le nom de cyto-diagnoslic a beaucoup éclairé la recherche de la cause des liquides épanchés. — - Nous renvoyons le lecteur à ce qui sera dit plus loin sur ce sujet, au chapitre de l'inflammation séreuse.

Phénomènes os m o t i q u e s

l.a connaissance des phénomènes de l’osmose a été entièrement renouvelée dans ces dernières années : l'utilisation des membranes hémiperméables, l’application des nouvelles théories de la chimie physique ont singulièrement contribué à nous donner sur ces phénomènes des notions plus précises.

1. On désigne sous le nom d’osmose, l’ensemble des faits, vus d’abord par l’abbé Nollet (1748) et bien étudiés surtout depuis Dulrochct ( 1 83 5) que l’on observe, lorsqu’on interpose une membrane perméable (vessie, peau, parchemin animal ou végétal) entre deux solutions ou deux liquides miscibles, dont l’un au moins peut mouiller cette membrane. — D’une façon générale, on voit les deux liquides se porter l’un vers l’autre à travers la membrane : il y a donc entre eux deux courants simultanés et inverses. Mais la force de ces deux courants de sens contraire est inégale : l’un d’entre eux (courant endosmotique) est toujours plus puissant que l’autre; il tend donc à produire une dénivellation plus ou moins considérable entre les deux liquides. Au contraire, l’autre (courant exosmotique) tend à ramener, lentement, le niveau des deux liquides à un même plan. O11 peut donc observer deux phases dans les phénomènes osmotiques : une phase initiale, pendant laquelle prédomine le courant endosmotique, marquée par une dénivellation d’abord rapide, puis de plus en plus lente jusqu’au moment où l’équilibre est atteint; et une phase secondaire pendant laquelle la prédominance du courant exosmotique ramène le système au point de départ.

La force osmotique, que met en jeu l’emploi d’une membrane perinéa-

J'iO

PATHOLOGIE DE I.A LYMPHE ET DE LA Cl HCL' LA T10S LYMPHATIQUE

1,1e, peut être mesurée, soit par la dénivellation totale, soit parla vitesse du courant endosmotique, pendant un temps déterminé, compté à partir du début de l’action (vitesse initiale d’osmose). Celle force osmotique dépend, directement, de deux conditions : i° la différence déconcentration des liquides; 20 leur température. Mais elle est indirectement soumise à beaucoup d’autres conditions accessoires, telles que : la nature de la membrane, le sens dans lequel elle est placée, la composition des liquides, etc. Pour expliquer les phénomènes souvent contradictoires que l’on observe, ainsi que l’existence des deux courants endo et exosmolique, on a admis que l’emploi des membranes perméables mettait en jeu, non pas une, mais deux forces physiques considérées autrefois comme distinctes, et que nous savons aujourd'hui n’ètre que les deux laces d’une même propriété moléculaire : l’osmose proprement dite, et la diffusion (Graham). La première ne s’exerce qu’entre deux liquides semblables, ou entre deux solutions ayant le même dissol\ant, à elle est dû le courant qui va du liquide le moins concentré vers le plus concentré, courant qui amène l’identité de concentration. La seconde s’exerce entre les corps hétérogènes : son action n’est possible que grâce à la perméabilité de la membrane. C’est cette force que manifestent les liquides différents, ou les corps dissous différents en présence, lorsque, cherchant à se répandre dans le plus grand volume possible, ils tendent à se mêler l’un à l’autre. C’est elle qui amène l’identité de composition. Son action s’exerce, en grande partie, en sens inverse de la première (courant exosmto tique), puisque, poussant les molécules dissoutes du corps le plus concentré vers le moins concentré, elle supprime la dillérence de concentration, et, partant, les phénomènes osmotiques auxquels cette diflérence donne lieu. Que l’on possède un moyen de supprimer cette force diffusive, et l’on pourra étudier les phénomènes osmotiques purs, dégagés de tous les autres. Ce moyen, on 1 a trouvé dans l’emploi des membranes hémi-perméables.

IL Depuis longtemps (i865), Traube avait dit qu’une masse globulaire de g'élatine colorée, et portée dans du tanin, couvrait sa surface d une pellicule plus ou moins épaisse de tannate de gélatine. Le globule étant porté dans l’eau pure, l’eau pénétrait à travers la pellicule pour aller ramollir et dissoudre la gélatine qu’elle renfermait, sans que la moindre particule de gélatine passe, en sens inverse, dans 1 eau. Dans ces conditions la sphérule formée par la pellicule de tannate augmente de volume dans des proportions considérables. Celle pellicule perméable a 1 eau, imperméable à la gélatine, est une membrane hémiperméable. Depuis Traube, beaucoup de physiologistes et de chimistes ont pu constituer des membranes analogues. Mais c'est à Pl’effer (1877) que revient 1 bon-

PHENOMENES OSMOTIQUES j2I

nem* d avoir, le premier, bien étudié les phénomènes qui se présentent ainsi à l'observateur. Pfefferseservitdans sesexpériencesd’unemembrane formée par un précipité de ferrocyanure de cuivre. 11 prit un vase de pile, en terre poreuse, bien lavé et bien séché, le remplit d’une solution île sulfate de cuivre, puis le plaça dans une solution de ferrocyanure de potassium. Les deux solutions, pénétrant en sens inverse dans les pores du vase, vinrent en contact, et il se produisit un précipité gélatineux de ferrocyanure de cuivre qui tapissa le vase et en obtura les pores. Si l’on remplit un tel vase d’une solution d’un sel dans l’eau, et qu’on le place dans l'eau distillée, l’eau extérieure pourra bien pénétrer dans le vase ; l’eau intérieure pourra bien en sortir, mais non les molécules salines. Dès lors, il ne saurait se produire qu’un courant endosmotique : et, en effet, on voit l’eau pure passer de dehors en dedans, et le niveau du liquide monter a 1 intérieur du vase. Si I on avait préalablement fermé le vase hermétiquement, à l’aide d’un bouchon traversé par le tube d un manomètre, le liquideintérieur contenu dans cet espace clos, auquel vient continuellement s adjoindre de l’eau extérieure, acquerra une certaine pression. Celle-ci augmentera, tant que l’eau pénétrera dans le vase, puis restera stationnaire quand le système entier aura atteint 1 équilibre. C’est cette pression, mesurée au moyen du manomètre, qui indique la force de l’osmose, et qu’on a nommée pression oh tension osmotique.

Qu’est-ce que cette pression osmotique? quelles sont ses causes, quelles sont ses lois, quelle est sa place dans la chimie physique? c’est ce que nous ont fait connaître les belles conceptions théoriques que nous devons surtout à Yan t’IIoff.

III. Elles se résument toutes en une comparaison très simple : \ an l Hofl (i885) compare une solution à un gaz ; on peut, en effet considérer un gaz comme formé de molécules dissoutes dans l’éther. Or, les molécules des gaz tendent à se répandre dans le plus grand volume possible ; de la môme façon les molécules d’un corps dissous cherchent à se distribuer dans le plus grand volume possible du dissolvant. Si l’on arrête le mouvement d’expansion des molécules gazeuses, elles exercent sur la paroi qui les contient une pression, la « pression gazeuse » ; aussi les molécules dissoutes exercent sur les molécules du dissolvant une pression, qui n est autre que la « pression osmotique ». Dans le cas des membranes hémiperméables, les molécules ne se peuvent répandre dans le plus grand volume possible de dissolvant, qu’à la condition d'attirer ce dernier à elles f1).

(‘) La même difficulté d’explication sc présente ici que lorsqu'il s’agit d’établir la théorie kinétique des gaz. On peut en effet considérer les pressions manifestées comme provenant de

Cha.ntemesse et Podwvssotsky. Processus généraux. II. ai

3aa PATHOLOGIE DE LA LYMPHE ET DE LA ClIiCULATIOS l.YMPDA T/Ql'E

On voit de suite combien la comparaison de Van t llolf est féconde. Elle a été poussée dans ses détails et on a pu établir pour les solutions, comme pour les gaz, une « loi de Mariotte » : « pour une menu; masse de molécules dissoutes, la pression osmotique est proportionnelle à la concentration, ou inversement proportionnelle au volume » : et une « loi de Gay-Lussac » : « pour une même masse de molécules dissoutes, la pression osmotique croît proportionnellement au binôme de dilatation, ou est proportionnelle à la température absolue ». D'autre part, Van t'Hoff a démontré que la pression osmotique ne dépend nullement de la nature du dissolvant, et, sauf une réserve que nous allons examiner dans un instant, nullement non plus de la nature du corps dissous, ni de sa structure, nide sa grosseur moléculaire. Comme la tension gazeuse, elle dépend exclusivement du nombre des molécules dissoutes ; et si l’on fait des solutions contenant, dans le même volume, le même nombre de molécules dissoutes (en molécules-grammes) c’est-à-dire proportionnelles aux poids moléculaires, ces solutions auront la même tension osmotique, ellesseront « isotoniques ». Elles vérifient ainsi la loi établie, pour les gaz, par Avogrado : « La pression osmotique est la même quand le nombre des molécules-grammes dissoutes est le meme dans un même espace, quelle que soit la matière ». Par exemple, de meme que 2 grammes d’hydrogène, ou 35 g r. 5 de chlore, ou, en d autres termes, une molécule-gramme d’un corps quelconque (poids moléculaire exprime en grammes) exerce à l’état gazeux, à la même température et sous le même volume, une pression de 22 atmosphères 35. cette même moléculegramme (2 gr. H, 35 gr. 5 Cl) dissoute dans un même volume de dissolvant, à la même température, exercera une pression osmotique de 22 atmosphères 35. Enfin, pour la pression osmotique*, comme pour la pression gazeuse, on a pu établir que, dans un mélange, chaque corps dissousexerce

chocs ou d'attractions — du dissous ou du dissolvant. En refusant d'attribuer le transport de l'eau à une attraction exercée par les molécules salines, et. eu ne faisant intervenu- que le dissolvant, on peut encore dire avec Etard : l’eau extérieure au vase de 1 feller est a la pression atmosphérique; l’intérieur du vase a été rempli, à la même pression, non pas d’eau, mais d’une solution dans laquelle le dissolvant et les molécules dissoutes ont. chacun, une fraction de la tension totale, comme cela a lieu pour les mélangés gazeux. U eau intérieure n'a donc pas la même tension que l’eau extérieure, mais une tension moindre, et cette dernière entre dans le vase pour rétablir la tension de 1 eau, intus »t txtiu. conception peut être exposée en d'autres termes. Si I011 adopte les idées récentes t llolf, qui admet, non pas seulement que les molécules des corps dissous agissent comme si elles étaient à l'état gazeux, mais bien qu’elles sont réellement a létal gazeux, on p< ut dire, «vccNernst, que la tension de vapeur de l’eau unie a la membrane est liés voisine e la tension de l’eau pure, — que, dans le vase, la tension de vapeur du coips t issou. diminue la tension de vapeur de l'eau dissolvant, et que, la force élastique étant moi» r‘ de ce coté, le transport a lieu. Mais quelle que soit l’opinion qu on professe a ce suje . c. faits qu’implique la théorie de Vau t llolf, et les conséquences qu elle eu tire, restent t \acl< ment les mêmes.

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