PUE NOME NES OSMOTIQUES
en ce point, une vaso-dilatation très sensible. En même temps, la pression artérielle générale s’élève considérablement ; le volume du rein augmente, ainsi que le volume de l’intestin. Si l’accroissement de la tension osmotique s’étend à une plus grande partie des humeurs, on observe bientôt une vasodilatation de la langue et du pharynx. Ces actions tendent toutes à régler la tension osmotique. Par exemple, si le sang dans les capillaires d’une région quelconque (muscle en contraction, estomac au moment de la digestion, glande en activité), devient brusquement hypertonique, la série des moyens employés par l’organisme pour rétablir la tension normale parait être la suivante : i° vaso-dilatation locale, élévation de la pression artérielle, par conséquent augmentation delà vitesse du sang, chasse sanguine, lavage des capillaires par du sang de tension moindre ; 20 mise en activité du rein et de l’intestin, correspondant à une excrétion de molécules salines, a une absorption de molécules liquides; 3° enfin, lorsque ses propres ressources sont insuffisantes, l’organisme recourt aux éléments extérieurs à lui : la vasodilatation de la langue est le dernier moyen de défense de l’organisme ; c’est le substratum physiologique de la soil, sensation consciente du besoin d’eau qu’il éprouve à ce moment. André Mayer a montré expérimentalement et cliniquement que le sanof des animaux et des malades atteints de soif ardente présente toujours une augmentation anormale de tension osmotique.
Tout ce mécanisme régulateur vasculaire est du à des réflexes, dont le point de départ est 1 endothélium, et dont Mayer a expérimentalement montré que le centre — centre régulateur vasculaire de la tension
osmotique — est situé dans le bulbe.
Ce n’est pas seulement le milieu intérieur qui présente cette remarquable constance de la tension osmotique, ce sont aussi les cellules elles-mêmes. Hamburger a pu le démontrer pour les cellules les plus accessibles à l’expérimentation, les globules rouges. Les érythrocytes font des échanges constants d’eau et de sels avec le plasma. Chlorures, phosphates, et aussi matières albuminoïdes entrent et sortent continuellement des globules, et l’on a longuement étudié la série dns substances qui peuvent les pénétrer sans les altérer, et la série de celles pour qui ils restent impénétrables. Citons, parmi les premières, l’urée, l’uréthane, les aldéhydes, les cétones et les éthers, etc. (Eyckman) ; parmi les secondes, les sels à un ion métallique, les sels d’ammonium, les acides amidés, les sucres, etc. Mais quels que soient les échanges qui se produisent, la tension osmotique des globules reste la même. Il résulte des recherches subséquentes d’IIamburger que les globules blancs et les spermatozoïdes jouissent de la même « homœotome ».
3i8 PA THOLOGIE DE LA LYMPHE ET DE LA CIHCULATIOS LYMPHATIQUE
Toutefois cette régulation ne semble pas due uniquement à l'osmose. Parmi emploi ingénieux des mesures de conductibilité électrique. Calégareanu et Henri ontpu montrer que dans un milieu iso ou hypertonique les globules rouges perdent et laissent pénétrer en eux une certaine quantité de sels.
La concentration moléculaire des lissus et des organes a été directement mesurée par Sabbattini et Galeotti. Elle est d une remarquable constance dans certains organes, comme le cerveau; elle varie au contraire considérablement dans le foie et le rein, sous 1 influence de diverses conditions physiologiques.
Entre le milieu intérieur et les cellules ont lieu des échanges incessants. La tension osmotique joue un grand rôle dans ces échanges, et, parlant, dans le métabolisme cellulaire. Koranyi a fait remarquer que les liquides intercellulaires ont une tension osmotique plus grande que celle delà lymphe, et que cette dernière a elle-même une tension plus grande que celle du sang. Ces différences sont de la plus haute importance pour la production des courants nécessaires à la nutrition; elles imposent en effet un mouvement continu des liquides du milieu intérieur du sérum vers la lymphe, et de la lymphe vers les cellules. Celles-ci doivent, pour le bon accomplissement de leurs fonctions, se trouver toujours dans un certain rapport moléculaire, déterminé, avec les liquides qui les baignent Cependant, dans certains cas, il semble que les cellules aient le pouvoir d’agir directement contre les forces osmotiques. Achard cl Lceper ont observé que, lorsque la tension osmotique du milieu intérieur s’élève, les cellules peuvent lixer et retenir une certaine quantité de sels, surtout des chlorures. Elles interviennent ainsi dans la régulation de la concentration moléculaire générale, dont une valeur déterminée est seule compatible avec le jeu normal des organes. Albanese a montré que la solution la plus favorable pour entretenir, par circulation artificielle, les battements du cœur de la grenouille, est une solution isotonique au sérum normal de l’animal.
Telles sont les notions générales acquises sur la tension osmotique des humeurs et des tissus. On a encore rattaché à cette force certaines fonctions spéciales, dans lesquelles l’osmose paraît jouer un rôle. C’est ainsi que, pour expliquer la formation de la lymphe, à l’encontre d lleidenhain qui invoque une action physiologique, vitale, de sécrétion par les cellules endothéliales vasculaires, Cohnstein, Starling et Lcathes, ont cherché à prouver que les différences de tension osmotique suffisent à faire comprendre la sortie du plasma sanguin. L’absorption intestinale serait due, suivant Heidenhain, à cette même action vitale des cellules, puisqu’un animal peut absorber des solutions isotoniques à son sérum.
PllÉXOMEXES O SM OTIQL :£S
et ce sérum lui-même, si 011 en verse une partie dans une anse intestinale. Mais Hamburger, Starling et Lcathes, Cohnstein, ont vu (pie celte action se produisait, alors même (pie les cellules intestinales étaient détruites, et ils n’invoquent pour l’expliquer que des phénomènes osmotiques. L’élude des pressions osmotiques a donc pu éclairer singulièrement la question des sécrétions. Bornons-nous à citer les recherches de Win ter sur la sécrétion gastrique. Cet auteur a montré que le suc gastrique, à jeun, est hypotonique, mais ne descend jamais au-dessous de — o°36, correspondant, à 39°, à la concentration d’une solution de chlorure de sodium à 0,61 p. 100, c’est-à-dire à la limite inférieure de résistance des globules rouges, en deçà de laquelle se produit l’hématolyse. Si l’on introduit dans l’estomac des substances alimentaires, la tension osmotique s’élève brusquement ; mais il se fait une abondante sécrétion d’eau, et le liquide gastrique, est peu à peu, ramené à l’isotonie. Les limites théoriques de la digestion gastrique sont donc les concentrations correspondant, dune part, à — o°36, d’autre part, à — o°55. Suivant que les aliments sont ramenés plus ou moins vile entre ces limites, la digestion se fait plus ou moins bien. Et Winter pense que cette rapidité peut servir de base à une classification des digestions normales et pathologiques.
Telles sont, rapidement résumées, nos connaissances actuelles sur les phénomènes osmotiques physiologiques. 11 nous reste à passer en revue celles que nous possédons sur les phénomènes osmotiques pathologiques.
VI. Signalons d’abord les variations de la tension osmotique du milieu intérieur au cours de certaines affections hyperthermiques. L’un de nous (Chanlemesse) a étudié, au point de vue eryoseopique, le sérum de malades atteints de formes graves de fièvre typhoïde. Il a constaté (pie le point de congélation du sérum de ces malades s’élait abaissé à — o°48, — oü5o. A la lecture de ce premier résultat, on pourrait croire que le nombre des molécules organiques est moins grand dans le sérum des typhiques que dans celui de l’homme normal. Il n’en est rien. Si, en elfet, on dose dans ces sérums la quantité de chlorure de sodium, on voit qu’elle est beaucoup plus faible chez le typhique (pie chez l’individu sain. C’est (pie l’abaissement du point de congélation est produit chez le typhique, en majeure partie, par le nombre des molécules de matière albuminoïde, tandis que, chez l’homme bien portant, ce chiffre de — o"56 est donné par la dose relativement considérable des molécules de chlorure de sodium en dissolution dans le sérum.
Signalons, quoique nous n’ayons pas à en parler ici, les variations de la tension au cours des maladies du cœur et des reins, qui ont l'ait l’objet de travaux importants de Koranyi, de Dreser, de Claude et Balthazard. A l’aide de la cryoscopie, Bouchard a étudié, en détermi-
PATHOLOGIE DE LA LIAI PUE ET DE LA CIRCULATION LYMPHATIQUE
nant le poids de la molécule élaborée moyenne, l’activité plus ou moins grande de la destruction de l’albumine el surtout de la perfection de cette destruction, c’est-à-dire l’état qualitatif de la nutrition. A la notion de la grosseur de la molécule élaborée moyenne, Claude et Balthazard ont ajouté la connaissance du nombre des molécules élaboré en vingtquatre heures; à l’étude de la qualité, ils ont joint celle de la quantité.
Il ne nous reste qu’à nous occuper du rôle que certains auteurs attribuent à la tension osmotique dans la formation des œdèmes et la résorption des épanchements.
Pour expliquer l’œdème, deux théories ont été proposées : Heidenhain, Fano et Botazzi, Hamburger, admettant que la lymphe n'est produite que grtâce à l’intervention vitale des cellules de l'endothélium, pensent que c’est à une lésion de ces cellules qu’il faut attribuer la genèse de l’œdème. Au contraire, Cohnstein et Théaulon n’invoquent que l’action des forces physiques. Pour eux, l’épanchement du liquide est dû à la différence des concentrations moléculaires, et cette différence elle-même se rattache à l’augmentation de la pression sanguine. L’accroissement de pression amène en effet la stase de la lymphe, et par suite, élève sa concentration et sa tension osmotique, laquelle détermine alors un afflux de l’eau du sérum. Les mêmes auteurs ajoutent qu’à cette pression il faut attribuer la genèse de l’œdème, dans les cas où le sérum est hypotonique (hypoalbuminose). Lœb va plus loin encore; il n’admet pas l’intermédiaire de la pression sanguine, ayant pour effet la stase lymphatique. Il pense que l’œdème se produit quand la lymphe devient, d'ellemême, par le seul jeu du métabolisme, fortement hypertonique.
Les travaux de Hamburger sur la résorption des épanchements ont montré le rôle important de la tension osmotique dans ce processus. Cet auteur a fait voir qu’une solution hyper ou hypotonique, injectée dans une cavité séreuse, devient rapidement isotonique; cette isotonie est obtenue par des échanges d’eau avec le plasma sanguin ; et non avec la lymphe). Quand l’épanchement est devenu isotonique il peut se résorber. Les seules forces qui président à celle disparition seraient, d’après Hamburger :1a pression hydrostatique pression des parois, pression de l’intestin refoulé par le diaphragme dans l’ascite, du poumon en expiration dans la pleurésie); l’entrainement des substances dissoutes dans le liquide immobile, par le courant sanguin exerçant une sorte d'aspiration à travers les parois des capillaires, entrainement dont l'auteur a prouvé expérimentalement l'existence; 1 « imbibition moléculaire » des séreuses par les liquides épanchés, unbibition qui rappelle les phénomènes que nous avons signalés à propos des membranes organiques; et enfin la pression osmotique.
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