‹ Pathologie générale et expérimentale (volume 2)Chapitre 57 sur 87 · J S FL. I MM A T 10. VU LOGO SE · texte numérisé non relu

J S FL. I MM A T 10. VU LOGO SE

Quand une inflammation séreuse, fibrineuse ou purulente survient dans une région quelconque d’un organisme prédisposé, elle prend très souvent le caractère hémorrhagique; les vaisseaux, déjà anormalement perméables, subissent encore des altérations inflammatoires et voient, par ce fait, leur friabilité accrue. Dans les inflammations expérimentales des cavités séreuses (péritoine, par exemple), 1 injection, dans la séreuse, de trypsine, d’huile de crolon, de toxines bactériennes, provoque un exsudât hémorrhagique.

Dans les maladies microbiennes, les propriétés hémorrhagiques de l’exsudât inflammatoire sont particulièrement marquées au cours de l’influenza, de l’œdème malin, de la gangrène gazeuse, de la peste, de la variole, etc., et d’une manière générale, dans les maladies infectieuses dites hémorrhagiques.

Si l’on se refuse à considérer comme une forme spéciale d'inflammation celle qui s’accompagne d’un exsudât hémorrhagique, il n est guère possible, ni en clinique, ni en anatomie pathologique, d’accorder le titre d’espèce nosologique à l’inflammation qui s’accompagne d un exsudât putride. Quand des bactéries septiques ont accès dans un foyer inflammatoire ou nécrotique quelconque et qu’elles y provoquent la putréfaction, l’exsudât prend une teinte gris sale ou brunâtre et se transforme en un liquide d’odeur pénétrante sui generis, désigné sous le nom d’ichor. Celui-ci renferme toujours un grand nombre de globules de pus et d’éléments des tissus à l’état de désagrégation, des cristaux de cholestérine et des graisses ; il est plus liquide que le pus. 11 contient plusieurs espèces de bactéries, surtout des bâtonnets et l’analyse peut en extraire les multiples produits de la putréfaction des albuminoïdes (voir le chapitre de la putréfaction), dont quelques-uns témoignent d’une extrême toxicité. Ces produits de la vie microbienne peuvent être résorbés par le sang et provoquer une intoxication putride générale ou septicémie. Le pus iehoreux était autrefois désigné sous le nom de pus malin ou de pus de mauvaise nature, par opposition au pus ordinaire, non fétide, appelé pus louable, pus de bonne nature.

La différence, dans le degré de malignité du pus, se manifeste par le pouvoir variable d’extension et de propagation de la suppuration (métastases). L’évolution des phénomènes généraux observés chez les malades qui portent un foyer purulent en un point quelconque de l’économie, est fonction de plusieurs facteurs. Entrent en ligne de compte : les qualités diverses de virulence et de toxicité des espèces bactériennes en jeu et aussi l’âge et la vigueur de la génération micro-

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