CA L O RI FIC A TI O N
L’origine de la chaleur animale est le dégagement dans l’organisme de l'énergie latente que possèdent les substances nutritives. Le résultat final de leur combustion, qui permet de juger de l’intensité des mutations nutritives, est représenté par une série de matières extractives, et principalement par l’urée, l’eau et l’acide carbonique. Favre, Liebermann, Stohmann, Franldand, Y. Danilewsky, Rubner, Bouchard, etc., ont calculé, à l’aide de mensurations calorimétriques, combien de chaleur peut donner la combustion des différentes substances qui entrent dans la composition des aliments et des tissus. Ainsi dans la combustion complète jusqu’à formation d’acide carbonique et d’eau :
gramme des divers hydrates de carbone donne de 3,6ooà4,47G calories
— albumines — 4,876 à 4,778 — -
graisses — 9,365 à 9,686 —
gramme d’alcool 8 , 9 5 8
— de carbone. 8,080
d’urée. . .
d'bydrogcnc
Il faut remarquer de suite qu’en vertu des lois thermochimiques, le dégagement calorique obtenu par la combustion des matières albuminoïdes dans l’organisme, c’est-à-dire la chaleur développée par la combustion physiologique de ces substances, est inférieure à celle qui se dégagerait de leur combustion artificielle, poussée jusqu’à leur transformation en acide carbonique et en eau. C’est que la combustion de ces éléments dans l’organisme donne naissance à des produits dont l'oxydation n'a pas été portée jusqu’aux dernières limites (eau et acide carbonique); la partie principale du résidu est représentée par une matière encore combustible, l’urée. Pour l’évaluation exacte delà chaleur dégagée par la combustion organique des albumines, il faut soustraire de la quantité de chaleur que produirait leur combustion complète, celle qui est encore en puissance dans l’urée ou plutôt dans l’azole total des urines* et des selles. D’après les recherches de Rubner (1894), un gramme de matière albuminoïde, dépourvue de graisse, d’un chien soumis au jeune, ne donne que 3,84a calories.
Etant donnés la perte exacte de l’organisme en vingt-quatre heures, la quantité d aliments prise et le total des produits ultimes d’oxydation éliminés par l’individu, on peut mesurer la dose de calorique élaborée par l’organisme pendant une journée. Par suite, étant connus le pouvoir calorique des divers aliments, le poids du malade elle nombre de calories dont il a besoin, on peut calculer le régime alimentaire rationnel de l’homme.
Deux méthodes permettent de mesurer la quantité de chaleur animale produite ; l’une est directe, c’est le méthode calorimétrique; l’autre
(Jiiantemesse et Podw yssotsky . — Processus généraux, 11. 27
l'Kli VERStOXS CALORIFIQUES
est indirecte, elle est basée sur le calcul du produit de la combustion des aliments, défalcation faite de la chaleur contenue dans les substances éliminées. La première est plus précise. Grâce aux perfectionnements apportés aux calculs du bilan calorique, et dont nous sommes redevables surtout à Rubner, la différence entre la quantité de chaleur mesurée par le calorimètre et celle que lournit 1 emploi de la méthode indiiecU , n'est pas aussi considérable qu on se 1 imaginait autrefois. Stoudensk\ (,897), a montré, par ses recherches comparatives avec les deux méthodes, que, chez l’animal bien portant, les chiffres fournis par l’un et l'autre procédé ne sont guère éloignés, et que par suite, la méthode indirecte, d’exécution beaucoup plus facile que l'autre, est légitimement applicable. Malheureusement, chez les animaux atteints de lièvre, cette dernière ne peut être utilisée, parce qu’ici la calorimétrie fait constater des émissions de chaleur bien inférieures à celles que la méthode de détermination parle calcul de la désassimilation des substances laisserait supposer.
Une calorie-gramme ou pelile calorie est la quantité de chaleur nécessaire poui élever un centimètre cube d'eau de o° à i« C. La grande calorie est mille lois plus forte.
A la fin du siècle dernier, Lavoisier et Laplace ont fait les premières mensurations calorimétriques à l’aide d'un calorimètre à glace. L'appareil qu'ils avaient imaginé se composait de trois enceintes concentriques formées de feuilles minces de cuivre. La plus intérieure recevait l'animal ou l'objet source de chaleur; 1 espace entre la première et la seconde enveloppe était rempli de glace tondante dont 1 eau de fusion se recueillait à l’aide d'une tubulure traversant la troisième enceinte, dans un vase placé au-dessous. Enfin l'espace entre la seconde et la troisième enceinte était lui-même rempli de glace fondante, afin qu aucune quantité de chaleur autre que celle de l'animal ou du corps en expérience ne put arriver jusqu'à la glace contenue dans l'enceinte précédente. La quantité d eau recueillie par la tubulure qui prenait naissance dans la seconde enceinte, répondait à la quantité de chaleur dégagée par l’objet source de chaleur, ou par 1 animal et lui servait de mesure.
Presque en même temps que Lavoisier, Crawford construisit un calorimètre à eau. Des recherches furent entreprises plus tard avec des calorimètres à eau par Dulong et Despretz, par Senator, Wood, Liebermeister, lîelmholtz, Pachoutine, etc. Liebermeister (i85y) lit les premières mensurations calorimétriques sur l'homme.
lvlebs et Zapolesky (1872) ont utilisé les calorimètres à air, instruments perfectionnés plus lard par d’Arsonval, Ch. Richet (1880), llosenthal (1889), Rubner (1891), etc., qui peuvent servir à des recherches sur 1 homme.
Les premières mensurations précises de calorimétrie directe ont été piatiquées sur l'homme bien portant par Likhatcheff à 1 aide d un grand calorimètre (189 >).
Les nombreuses mensurations de calorimétrie indirecte, c est-à-dire de mensuiation de la chaleur par le calcul .les calories résultats des échanges nutritifs, ont fourni à divers auteurs les résultats suivants :