‹ Pathologie générale et expérimentale (volume 2)Chapitre 65 sur 87 · C.-l LOnil'lC A T · texte numérisé non relu

C.-l LOnil'lC A T

En une heure un kilogramme de poids d’être vivant engendre :

i5oo calories gramme a5oo —

Admettant que la moyenne du poids du corps humain soit de Go à 70 kilogrammes la quantité de chaleur développée par lui en vingt-quatre heures équivaut à 2 160 000 (1 5ooX»4X6o), ou 2 020 000 (1 5ooXa4X7o) petites calories. Ces chilfres coïncident à peu près avec les données obtenues par Likhateheff à l’aide des mensurations calorimétriques pratiquées sur l'homme. Cinq expériences entreprises par cet auteur ont fourni comme moyenne de dégagement calorique chez un homme pesant Go kilogrammes, le chiffre de 2 207 000 en vingt-quatre heures, ce qui représente 1 53 2 calories par heure et par kilogramme.

Les réactions chimiques incessantes dont l’organisme est le théâtre forment la source principale de la chaleur animale. Les muscles et les glandes volumineuses, le foie en particulier, représentent les foyers principaux de cette élaboration, bien que la chaleur prenne naissance aux dépens de tous les tissus, partout où siègent des cellules vivantes. De nombreuses expériences ont démontré que la température des produits de sécrétion glandulaire était supérieure à la température du sang allluent, que le sang veineux sorti du foie et des muscles en contraction était plus chaud que le sang artériel, que la chaleur du muscle contracté était plus forte que celle du muscle au repos, etc. (Béclard, Becquerel et Brechet, Ludwig, Spiess, Heidenhain, CI. Bernard, Fick, Wunderlich, Ch. Richet, Mosso, etc.)

ha quantité de chaleur dégagée par les diverses régions du corps est variable avec chacune d’elles, parce que l’exercice des processus chimiques dont elles sont le siège se manifeste à des degrés inégaux. Les animaux dont la motilité est lente ou rapide donnent l’impression la plus nette des rapports qui unissent la formation de la chaleur à l’intensité des mouvements musculaires. Chez des insectes agiles (sauterelles, criquets, etc.), E. Blanchard a constaté l’absorption d’une grande quantité d’oxygène et la production d’une chaleur vive. L’air qui a pénétré ces orthoptères s’échauffe rapidement, se dilate, devient plus léger et leur permet de se maintenir en l’air malgré la pesanteur relative de leur corps.

La transmission de la chaleur dans tout l’organisme est l’œuvre de la circulation sanguine. Mais cette dernière n’a pas la même activité dans toutes les parties du corps. Les diverses régions reçoivent des apports de calorique inégaux, indépendamment des variations de la chaleur élaborée sur place. A conditions égales, ce sont les plus richement irriguées qui sont les plus chaudes. Là est le secret de- la chaleur

Chez l'homme

Chez le chien

Chez le lapin et chez le cobaye

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plus grande dont jouissent les organes en activité, oit se trouvent associés et l’hyperémie fonctionnelle cl les processus chimiques intenses.

L’émission de la chaleur est non moins variable dans les diverses régions du corps et cette irrégularité retentit naturellement sur leur température propre. Moins grande est la déperdition, plus haute se maintient la température; et comme la surface est I agent d émission de la chaleur, les zones superficielles sont toujours plus froides que les parties profondes. Dans ces particularités régionales de température, trois facteurs entrent en jeu : les variations de la production de calorique, celles de l’apport par le sang, celles de l’émission par la superficie. Les différences constatées entre les diverses régions de l'organisme oscillent entre un degré et dix degrés et parfois davantage.

Le corps humain peut se diviser en trois zones : externe, moyenne et interne, dans lesquelles la température est comprise entre 23° et 39° 5 C.

Ainsi :

La température de la peau du pavillon de l'oreille est de . .

Dayy

— de la peau du pavillon de l oreille est de . . -27,8-28,2

— de la plante du pied 3o-3a

— du dos de la main 3i, 5-3-2, 5

de la paume de la main 33,4-34

— du dos, du thorax, de l’abdomen 34,2-34,6

Kunkel

— de l’aisselle 36, 2-3;, 4

— de la cavité buccale ^7, 2-3", 6

— du vagin et du rectum 36.6-37.9

Ch. Iîjciiet

La température du sang de la veine fémorale est de 37.2

• — - du cœur gauche et de l’aorte 38,5

de la veine hépatique 39,5

L’aisselle et le rectum sont les régions choisies d ordinaire pour la mensuration de la température. L’écart entre les résultats qu elles fournissent est d’ordinaire de o°,4 à o°,5.

Dans les pays froids, la différence de la température îles zones cutanées superficielles et des parties profondes est plus accentuée que dans les pays chauds, oit elle s’atténue au point de disparaître; par exemple la température de l'aisselle dans les climats torrides peut n être pas plus élevée (pie celle de la paume de la main (Moty).

Les variations de la température normale dues au climat, ù la race et au sexe des sujets sont peu considérables; au contraire, l’âge, l’individualité, l’intensité des mutations nutritives tempéraments anémiques ou vigoureux, sanguins ou lymphatiques, etc.), exercent une influence très manifeste. Chez le môme individu, les oscillations thermiques

CALOHIFICA TION

acquièrent parfois une étendue considérable ; l'état de repos ou d’activité musculaire constituent le principal facteur de ces variations. Des nombreuses recherches entreprises à ce sujet (Helmholtz, Dutrochet, Brechet, Forel, Schtchelkoff, Wunderlich, Heidenhain, Bergmann, Jurgensen, Ch. Richet, Gley et Rondeau, Danilewsky, LikhatchefF, etc.), il résulte que le travail musculaire exagéré ne peut élever la température de un à trois degrés que pendant un temps très court. Lorsque ces contractions musculaires se répètent souvent ou durent longtemps (tétanos microbien ou strychnique, cocaïnisation des animaux non curarisés (Ch. Richet et Langlois), l'élévation de la température peut durer

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Fig. 8o. Courbe indiquant la température axillaire d’un homme bien portant, prise toutes les

heures, pendant vingt-quatre heures (d’après Ch. Richet).

quelques heures et même quelques jours; elle entre alors dans le cadre des phénomènes pathologiques.

Les oscillations quotidiennes de la température évoluent dans un cycle régulier qui présente un abaissement nocturne et une élévation diurne. A trois ou quatre heures du matin la température tombe au chiffre le plus bas; depuis ce moment elle s’élève progressivement et atteint son maximum à cinq et six heures du soir, puis baisse de nouveau lig. 80). Le minimum de la température est de 36°6 et le maximum de 37°, 5 C. (aisselle).

Le chiffre thermique le plus élevé est atteint à cinq ou six heures du soir et correspond précisément à la dose la plus forte d’oxygène absorbée dans la journée (Fréclôricq) et à l'émission la plus intense de calories par l’organisme (Langlois). Les mensurations précises de Likhatchefi, indiquent que les périodes de sommeil et de veille jouent le rôle le plus actif dans la production de la chaleur animale, rôle supérieur même à celui de l’alimentation. Pendant le sommeil, l’élaboration et le

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déoaseinenl de chaleur subissent une diminution marquée. La raison

de ces oscillations quotidiennes réside dans l’adaptation héréditaire des appareils nerveux qui régissent la production et le dégagement du calorique; le sommeil, l’état de veille, la fatigue, l’excitation de tout le système neuro-musculaire de l’homme, entrent au nombre des causes d’importance secondaire. Le changement des heures de repas est impuissant à transformer complètement la courbe thermométrique.

Les faits avancés par Ch. Richet sur l’interversion de la courbe therrnométrique quotidienne d’un animal sous l'influence de changement des habitudes, c’est-à-dire de la veille nocturne et du sommeil diurne, n’ont pas été entièrement confirmés par les recherches ultérieures. Les repas et la digestion ne semblentpas influencer beaucoup la production et le dégagement de la chaleur organique. Les élévations vespérales et les baisses matutinales (Chossat, Luciani, Rosenthal, Hermann) ne disparaissent pas chez l’animal soumis au jeûne. La température du corps est plus élevée pendant la journée que pendant le sommeil nocturne, même chez les personnes gardant le repos absolu. La cause essentielle de 1 élévation vespérale réside donc dans l’excitation générale du système neuro-musculaire qui débute de bonne heure et grâce à laquelle vers quatre, cinq, six heures du soir la production calorique et 1 élévation thermique du corps atteignent leur plus grande énergie. L abaissement de la courbe, qui se dessine dès six-sept heures du soir, est attribuable à la fatigue commençante du système nerveux vers la fin de la journée.

Les expériences de Rosenthal ont précisé les rapports qui existent entre les chiffres de la température et les heures des repas. Lorsque l’animal ne prend ses aliments qu’une fois par vingt-quatre heures, la plus grande élévation thermique se constate sept heures après Je repas, et les deux minimum de température se présentent une heure et vingt-trois heures après ce même repas. Le jeûne absolu provoque chez l'animal un abaissement progressif de la température ; celle-ci remonte de nouveau, même après quelques jours de jeûne, dès que les aliments sont rendus au patient. Ces données expérimentales concordent avec les observations faites par Senalor sur l’homme soumis au jeûne (Cecci) et avec celles de Pettenkoffer et Voit au sujet des échanges gazeux pendant le jour et pendant la nuit. L homme au repos, soumis au jeûne, dégage 4o3 grammes d’acide carbonique pendant la journée; dans le même temps, l’homme endormi n’en exhale que 3 1 4 grammes.

Les oscillations quotidiennes de la température des animaux à sang chaud n’empêchent pas le maintien d’une certaine fixité thermique, indépendante jusqu’à un certain point de la température extérieure. Les pertes de calorique qui se font sans cesse à la périphérie du corps sont réparées grâce à la production incessante de chaleur; celle production devient-elle excessive, alors les pertes de calorique s’accroissent ellesmêmes et tendent à rétablir l’équilibre. L’organisme sain possède, dans une certaine mesure, la faculté de régulariser sa propre température. Sorte de thermo-régulateur vivant, sans adaptations mécaniques extérieures, il s’arrête à quatre ou cinq heures du matin sur 156°, 2 (dans 1 aisselle) ou 36°, 6 (dans le rectum). L’organisme des autres animaux à sang

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