CALORIFICATION
chaud et des oiseaux possède aussi une thermo-régulation dont la limite atteint un niveau plus élevé.
La température des animaux est, comme celle de l’homme, sujette à des oscillations. Les écarts que l'on constate en portant le thermomètre sur un grand nombre d’animaux de la même espèce sont assez considérables ; c’est dire qu'une moyenne ne mérite créance que si elle porte sur un grand nombre d'observations. Ch. Richet a recueilli à ce point de vue et colligé beaucoup de chiffres; nous lui empruntons les suivants : la température moyenne des animaux serait, pour les chiens 3p,2, le lapin 39,0, le cobaye 39,2, le mouton 3q,6, le bœuf 39,0, le cheval et l’âne 37,9, le singe 38,3. D’autres auteurs ont donné comme température moyenne des oiseaux 4l° à 4a° C.,chez les poules, canards, alouettes, moineaux, hirondelles, elle pourrait atteindre 43° C.
Les animaux à sang chaud (homéothermes) possèdent la faculté de maintenir une certaine fixité de leur température; les animaux a sang froid poikilolhcrmes) sont dépourvus de ce pouvoir et leur température 11'est supérieure que de quelques dixièmes de degré à la température ambiante; elle lui serait même le plus souvent égale. Ils n’ont pas de température propre, dans le sens précis du mot et ne possèdent que celle du milieu ambiant. Ils se comportent, à ce point de vue, sensiblement comme les corps inanimés. Le système d adaptation régulatrice, qui permet aux animaux à sang chaud de maintenir leur température a peu près indépendante de celle du milieu extérieur fait ici défaut.
Les animaux à sang chaud nouveau-nés se rapprochent des animaux a sang froid par leur impuissance à maintenir constante leur propre température. Un lapin nouveau-né dont la température rectale est de 3g0 C. enlevé du terrier et placé dans une chambre où le thermomètre marque 140 U- se refroidit au point que sa température est descendue au bout d une heure à 170 ou 180. La cause principale dune réfrigération si rapide des nouveau-nés réside dans le développement incomplet des appareils nerveux de régulation thermique (Raudnitz).
Il est de notion vulgaire que l’enfant se refroidit facilement après sa naissance. Lorsqu il vient au monde, sa température, d après les observations de IL Roger, confirmées par Barensprung et par Amiral, dépasse de un à un demi-degré celle de la mère. L incapacité des nouveau-nés de maintenir constante leur température résulte évidemment de l’insuffisance de développement de leur système nerveux central et périphérique; les observations anatomiques de Falck, Soliman, Flechsig, larkanoll, Bekhtereff, D. Sokoloff, etc., donnent l’explication de ce phénomène.
D’après les nombreuses mensurations de Chelmonski, on constate souvent chez les vieillards des irrégularités du cycle de la température quotidienne, en ce sens «pie le chiffre thermique matinal est plus élevé que celui du soir. Cette inversion est d’autant plus prononcée que le sujet est plus âgé. La cause de ce phénomène résidé peut-être dans la sclérose des vaisseaux cutanés si fréquente chez les vieillards, lésion qui apporte un obstacle à la contraction de ces vaisseaux sous 1 influence des
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liasses températures du milieu ambiant. Vers le soir, le corps du vieillard subit un refroidissement parce qu’à ce moment la température extérieure s abaisse. Chez les animaux soumis au jeûne la production de chaleur diminue progressivement pendant les premiers jours ; à partir du cinquième jour la quantité de chaleur dégagée par le chien soumis au jeûne est constante pour un kilog de poids vif et continue a l’être jusqu’à la perte de 3i p. 100 de son poids primitif (Stoudensky ,.
Régulation thermique. — La quantité de chaleur à laquelle donnent naissance les processus chimiques et mécaniques est telle 'deux et demi à trois millions de calories-grammes par vingt-quatre heures que la vie deviendrait impossible, si l’organisme ne possédait, agissant à la façon d’une soupape de sûreté, un appareil de dégagement de chaleur dans le milieu ambiant. Sans cette sauvegarde, la température du corps humain s'élèverait dans un espace de temps qui ne dépasserait pas beaucoup vingt-quatre heures à cent degrés centigrades, c’est-à-dire au point d’ébullition de l’eau. La conservation de la température au chiffre normal n’est assurée que par la mise en jeu cl’une série d’appareils soustraits à la volonté, mais régis par le système nerveux central. Ainsi est établi l’équilibre entre l’élimination et la production de chaleur intra-organique. La faculté de l’organisme de proportionner les pertes à la recette, c’està-dire à l’élaboration calorique et inversement, comprend la réglementation et de la production de chaleur et de son dégagement.
Régulariser la production en se basant sur l’intensité de la dépense, c'est tenir compte des différences de l’alimentation, de l’activité variable des échanges organiques, du travail musculaire effectué, de la perte plus ou moins forte de la chaleur dans le milieu ambiant. Ainsi, dans les périodes froides, l’organisme a besoin d’une alimentation plus copieuse ; les Esquimaux et les Lapons n’absorbent pas moins de dix livres de graisse par jour. Le besoin d’aliments diminue dès que la température s’élève. Les idées d’abstinence et de jeûne, dans le sens propre du mot, auraient-elles pu prendre naissance ailleurs que dans des cerveaux d’habitants des pays chauds ? Dans les régions tropicales, l’absorption de l’oxygène et l’élimination de l’acide carbonique sont moindres que dans les pays froids ; et, toutes choses égales d’ailleurs, les mutations nutritives sont plus intenses en hiver qu’en été. Le besoin d’exercice musculaire se manifeste plus énergiquement en hiver et dans les climats tempérés et froids qu’en été et dans les zones tropicales. La paresse des habitants des pays chauds est la conséquence naturelle des conditions climatériques. La chaleur ambiante limite involontairement la production de calorique ; le froid, au contraire, provoque les contractions réflexes des muscles, active la formation de chaleur, et régularise ainsi la stabilité de la température.