TROUBLES CIRCULATOIRES
Iaire. L’exemple le plus typique est fourni par le ralentissement du pouls clans certaines méningites fébriles.
Indépendamment de son accélération dans la lièvre, on note d’autres modifications des qualités du pouls. Quand la période d’ascension thermique est très courte, que le malade frissonne, le pouls est petit; dès que la température a atteint la période stationnaire, il est au contraire plein, ample et dur; enfin quand la courbe descend, il conserve son amplitude, mais il perd sa dureté. Lorsque l’ascension thermique se fait avec lenteur, comme dans la fièvre typhoïde, le dicrotisme de fondée sanguine est très prononcé (fig. 94) en même temps que la tension des parois artérielles diminue beaucoup ; ce dicrotisme est perceptible au doigt qui presse légèrement l’artère. L’exagération du dicrotisme normal est
Fig. 94. — Dicrotisme du pouls dans la fièvre typhoïde.
la conséquence directe de l’accentuation du choc cardiaque et de la diminution de la tension des parois artérielles, pouvant même aller jusqu’à l’état parétique (Marey, Liebermeister, Landois, Riegel, Frey, Ziemssen. etc.). Plus l’intoxication de l’organisme et en particulier celle des ganglions cardiaques est prononcée, plus grandes sont les modifications des impulsions cardiaques et des pulsations radiales. De nombreuses mensurations sphygmographiques (Marey, Lorain, Maximovilch, etc.), ont fait connaître avec précision les variations du pouls dans diverses pyrexies infectieuses. Lorsque les bruits cardiaques sont fréquents et faibles, à la suite d’une hyperthermie prolongée de 4o° et plus, la seconde ondée normale du pouls (dicrotisme) peut complètement disparaître, car les contractions cardiaques qui se répètent rapidement provoquent le choc de nouvelles ondées pulsatiles dans 1 intervalle qui sépare fondée principale de fondée dicrotique normale, de sorte que cette dernière n’a pas le temps de se produire. L’ondée secondaire se transforme en principale et le pouls devient monocrote.
La pression sanguine ne présente pas dans la fièvre de modifications constantes, soumise qu’elle est à des écarts très considérables. Elle dépend en effet du degré d’intoxication du myocarde par le poison microbien, de l’état des parois artérielles et du nerf sympathique. A son sujet, des opinions diverses ont été émises. Pour les uns, la pression sanguine s’élèverait rapidement avec la température, dépasserait la nor-
FIE VUE
male pendant l’acmé delà fièvre, diminuerait graduellement pendant la défervescence et brusquement pendant le stade de sueurs (Eekerth, Zadek, Àrnheim, Basch, Okouneff, Pasternatzky).
D'autres auteurs (Kuhe, Wigandt, Welzel) n’ont pas constaté ces élévations de pression. Reichmann soutient que la pression est toujours abaissée dans la fièvre. Il est certain que lorsqu’une pyrexie violente dure longtemps, que l’hyperthermie s’accompagne de signes manifestes d'intoxication de l’organisme, que le muscle cardiaque s’affaiblit graduellement (fièvre typhoïde), la pression sanguine tombe pendant la fièvre. Chez les sujets forts et pléthoriques, la pression reste longtemps assez élevée et le pouls plein et ample; c’est un phénomène inverse que l'on note chez les épuisés, les cachectiques, les anémiques. La question de la nature des modifications de la pression sanguine au cours de la fièvre ne peut être résolue dans un sens ou dans un autre d une manière absolue, car on peut observer une pression élevée et une pression faible, suivant les circonstances et suivant les périodes de la maladie. L’état de la pression sanguine dépend ici de certaines conditions, parmi lesquelles la durée de l’hyperlhermie, l’énergie du muscle cardiaque, le degré et le caractère de l’intoxication jouent un rôle important. Les contradictions reposent sur un défaut d’uniformité dans les faits d observation.
Les observations d'Okouneff sur la pression sanguine dans la fièvre intermittente montrent qu’elle tombe pendant le frisson, puis s’élève rapidement et atteint le chiffre le plus haut qu’on puisse observer dans l’hyperthermie. Pendant la période stationnaire cette pression est encore supérieure à la normale, quoiqu inférieure à son chiffre de la période précédente; puis elle diminue graduellement pour atteindre le niveau normal ou même s’abaisser au-dessous. Pendant les sueurs la pression est basse.
Dans le cours de la fièvre typhoïde la pression sanguine est toujours diminuée. De 18, elle tombe à 1 i‘i, et même 7 ou 8 centimètres de mercure. Dans les formes graves et toxiques, on remarque la faiblesse du pouls, sa rapidité et parfois son intermittence et son irrégularité.
L’étude du pouls dans la fièvre typhoïde fournit un des meilleurs éléments de pronostic, parce qu’il donne des renseignements précis sur l'état du muscle cardiaque et surtout de son innervation.
Le pouls esL donc la clef du pronostic, le thermomètre des forces, suivant 1 expression imagée d Hufeland. Malheureusement ce signe ne fournit d indications qu’à une période avancée de la maladie. Il est bien rare qu’on observe un pouls très rapide avant la fin du second septénaire; il est remarquable de constater la discordance qui existe, aux premières phases de la maladie, entre le pouls et la température. Roger, Lorain, Murchison ont insisté sur cette constatation et leurs conclusions ont été communément admises. Pendant la convalescence, au contraire, le pouls reste quelquefois fréquent, tandis que la température est revenue à la normale, et le moindre mouvement, la plus légère impression morale Suffisent à provoquer une