ANATOMIE PATHOLOGIQUE
dans cette affection; il est même des cas de diphtérie maligne sans élévation très notable de la température.
Seule, la chromatolyse des corpuscules de Nissl se rencontre dans l'hyperthermie simple, dans l'inanition (Golscheider et Flatau, Marinesco, Tarasseviteh) et aussi dans diverses hyperthermies fébriles (Nissl, Mo u ravie If, Marinesco, Babès, Magukovsky, Brasch, KlimofF, Chantemesse, etc.).
Les altérations anatomiques dont nous parlons sont donc bien moins la conséquence de l’élévation de la température que des empoisonnements microbiens. Le choléra, l’urémie, maladies non fébriles, ne s’accompagnent-ils pas de lésions régressives considérables portant sur les reins, sur les ganglions cardiaques, sur le cerveau, etc. ?
Lorsque la fièvre est continue, les dégénérescences parenchymateuse et graisseuse des éléments cellulaires constituent la lésion la plus apparente, même lorsque l’hyperthermie n’a pas atteint un degré très élevé. Parmi les divers muscles, ceux de l’abdomen et du thorax et le muscle cardiaque sont particulièrement frappés. Il y a, dans ces localisations, en dehors de l’action de la température élevée, le résultat d'une fatigue excessive, provoquée par l’accélération de la respiration et des contractions cardiaques. Une hyperthermie de 4o-4i° qui ne dure que quelques heures n’entraîne comme conséquence aucune dégénérescence des muscles ou des glandes.
En ce qui concerne les altérations du sang , les données recueillies sont, malgré le nombre de recherches (Bœekmann, Manasseïne, Maissouriantz, A. Lœwy, etc.), très contradictoires. On a signalé tantôt une augmentation et tantôt une diminution du nombre des hématies; cependant on s’accorde généralement à admettre une destruction très active des globules rouges, ce que traduit avec évidence la présence d’urobiline dans les urines. Indépendamment de la diminution du nombre des globules rouges, on note aussi la modification de la forme des hématies (microcytes). Au sujet des globules blancs le désaccord est plus grand, parce que le degré et la nature de l'infection interviennent ici avec une puissance particulière (voir plus haut le chapitre de la leucocytose). Le rôle important de l’inanition ne doit pas être perdu de vue.
Nutrition. — Les mutations nutritives subissent des perturbations puisque l’intensité des échanges dépend précisément des processus de combustion. L’hyperthermie intervient, les fonctions cardiaques et respiratoires se font plus actives, celles de la peau s’altèrent et la distribution sanguine est modifiée dans les divers organes. Aucun processus morbide plus que celui de la fièvre, n’entraîne de changemements dans
Charte messe et Podwyssotsky. — Processus généraux, H. 3i
les mutations nutritives et l’équilibre organique. Ces modifications ont fait l'objet d’études cliniques et expérimentales.
Le sens des perversions quantitatives a été déterminé depuis longtemps par l’aspéct du malade, et par l’appréciation de son état général. L’amaigrissement proportionnel à la durée et la hauteur de la fievre, les propriétés physiques des urines (concentrations, dépôts; avaient laissé soupçonner dans les maladies fébriles l’accroissement des processus de combustion et de destruction. Appuyée pour la première fois suides chiffres précis, cette hypothèse fut soutenue par Liebermeister et son -élève Behse ; leurs conclusions sont aujourd’hui admises par tous et confirmées par les recherches de nombreux auteurs sur les échanges des gaz et des substances minérales dans les diverses pyrexies.
Les mutations nutritives portant sur les matières albuminoïdes ont été étudiées avec grand soin. Autrefois la croyance en la. destruction exagérée des matières azotées était basée sur 1 accroissement du taux d’urée qu’indiquaient les analyses quantitatives, et en partie aussi sur l’augmentation de l’acide urique et de la créatinine. De nombreuses analyses ont été faites de l’urine de divers fébricitants et surtout des typhiques (des trois typhus), de l’urine d'animaux soumis à une septicémie expérimentale. Ces travaux, commencés en i85o, furent poursuivis jusqu’en 1870-1S80 (W-achsmuth, Traube et Jochman, Brattler. Moos, Tchechekhine, Huppert, Unruh, Schultzen, Silouyanoff, Liebermeister, Senalor, Démangé, A. Robin) ; le but qu'ils ont visé a été d’établir un rapport entre le degré de l’élévation thermique et la quantité d’urée éliminée. Mais les chiffres obtenus n’ont pris toute leur valeur qu’après avoir reçu la confirmation des recherches pratiquées sous le couvert des règles édictées par Voit, pour juger la métamorphose des matières albuminoïdes. Des études plus récentes ont pris pour point de comparaison un organisme ramené à l’état d’équilibre d'azote, et elles ont tenu compte, non seulement de l’urée, mais de l'azote total des urines et des excréments.
La comparaison de la quantité d’azote alimentaire absorbée par un fébricitant avec celle de l’azote éliminée par les urines et les lèees laisse reconnaître que l’excès de perte est dû à la destruction de la substance albuminoïde des tissus.
Bien que le nombre des observations réellement très précises soit encore faible, leurs conclusions sont unanimes (Huppert, M. Tichomiroff, Abramoviteh, lladji, Tchistovitch, Loewy, Likhatcheff et Avroroff, Slovvdensky, etc.). L'augmentation de l’azote des urines et l’exagération île la métamorphose des matières albuminoïdes dans la lièvre, au moment de son acmé, ont été constatées par tous. Dans la pé-