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NATURE ET ROLE BIOLOGIQUE DE LA FIEVRE

Nebelthan, Cheinisse, etc.). Wagner a montré l'excitation on la dépression de l’activité des phagocytes chez la poule à laquelle il avait inoculé le charbon, suivant qu’il laissait l’animal se défendre avec la fièvre ou qu’ille soumettait à la réfrigération, comme l’avait fait Pasteur.

Savtenchko qui a expérimenté sur les pigeons a obtenu des résultats analogues. Ayant constaté que les pigeons normaux sont réfractaires à la fièvre charbonneuse, l’auteur déterminait chez eux par la section de la moelle cervicale une hypothermie de trois degrés au-dessous de la normale et il obtenait chez ces animaux le tableau complet de l'infection, sans fièvre avec une température abaissée jusqu’à 37°-36°. L’hypothermie semble ici arrêter les moyens de défense (phagocytose, action destructive bactéricide du sérum sanguin) par lesquels les pigeons normaux manifestent leur immunité contre le charbon.

Les expériences de Walter méritent une mention spéciale. Les cliniciens avaient remarqué depuis longtemps que les cas de pneumonie dite franche oit la température atteignait rapidement le chiffre maximum et s’y maintenait pendant longtemps avaient une évolution favorable. Walter inocula une série de lapins avec le pneumocoque de Talamon; les uns furent conservés comme témoins et les autres chauffés artificiellement dans un thermostat fixe à 4aU pendant trente-deux heures. Les animaux chauffés artificiellement vécurent plus de trois jours et demi tandis que les animaux abandonnés à eux-mêmes succombèrent en dix-neuf heures. Ce résultat est d’autant plus frappant que le surchauffage excessif, porté à 42° a dû dans une certaine mesure exercer une influence nuisible sur les tissus de l’animal. Malgré cet inconvénient, il semble bien que l’hyperthermie ait affaibli les propriétés toxiques des pneumocoques et restreint leur multiplication. Walter a constaté que les bactéries encapsulées faisaient presque défaut, ou se montraient en petit nombre, dans le sang des animaux surchauffés, tandis qu’elles pullulaient dans celui des animaux infectés, conservés comme témoins.

Chez des animaux soumis à une fièvre amicrobienne par l’injection intravasculaire d’un ferment (pepsine, invertine, émulsine, diastase, etc.), Hildebrandt a constaté que l’intoxication était mieux tolérée quand le corps était chauffé artificiellement. Même constatation faite par Filehne chez les animaux infectés par le streptocoque.

Enfin, dans les expériences de Loewy et Richter, les lapins qui avaient reçu une inoculation de pneumocoque et qui avaient subi une hyperthermie par piqûre du cerveau, ont survécu à l’infection, tandis que les lapins non chauffés ont succombé malgré la dose plus faible qui leur avait été inoculée.

A ces faits expérimentaux on peut ajouter ceux de Cheinisse. L’au-

Chantemesse et Podvvyssotsky. — Processus généraux, II. 3a

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teur a vu que les lapins infectés par le staphylocoque pyogène succombaient à une septicémie aiguë quand on abaissait leur température par des badigeonnages de gaïacol, tandis que les animaux, laissés sans traitement contractaient une infection purulente avec abcès métastatiques qui mettait deux à trois semaines à les faire périr.

Les observations de Maurel sur l’influence des températures élevées à l’égard des leucocytes doivent être rapprochées des faits précédents. Maurel a constaté une activité amiboïde particulièrement énergique dans les globules blancs maintenus à 39°-4a0 chez l'homme, à 4i°-42° chez le chien et à 4i°-43° chez la poule et le pigeon. Il en résulte que dans beaucoup de maladies infectieuses, l’hyperthermie fébrile peut être considérée comme un phénomène salutaire qui exagère 1 activité phagocytaire des cellules mésodermiques à l’égard des microbes et des toxines qui circulent dans le sang.

Dokhmann a vu que l’animal curarisé, soumis au surchauffage, se débarrasse plus rapidement qu’un témoin des effets du poison. Ce serait cependant méconnaître le rôle de l’hyperthermie que de limiter sa puissance à l’excitation des leucocytes ; en réalité elle influence l'organisme de beaucoup de manières. Elle provoque l’exagération des échanges, elle favorise l’oxydation et la décomposition des toxines microbiennes. Kast a fait une observation qui mérite l’attention et le contrôle. 11 a vu que les cobayes chauffés à 4o°-4i° et inoculés ensuite avec une culture virulente de choléra pouvaient être sauvés par une injection de sérum, tandis que les cobayes témoins soumis à la même inoculation, mais non chauffés, succombaient malgré la sérothérapie. On sait bien aussi que les malades qui échappent à la période algide du choléra ne le font qu’à la suite d’une réaction fébrile très intense.

Il ressort de ces faits que l’hyperthermie dans les maladies fébriles, à la condition de ne pas dépasser certaines limites qui la rendent dangereuse par elle-même, ne constitue pas un phénomène contraire à la marche vers la guérison. On doit modérer l’hyperthermie dans les maladies infectieuses, lorsque l’excitabilité nerveuse particulière des malades fait apparaître des troubles moteurs, psychiques ou encore sensitivo-sensoriels trop intenses. On peut utiliser à cet effet de petites doses de substances hypothermisantes, mais la suppression de la fièvre par l’usage de médicaments n’aboutit qu’à des désastres thérapeutiques.

Le conseil de respecter jusqu’à un certain point la fièvre dans le cours des maladies toxi-infectieuses semble aujourd’hui encore un peu paradoxal. Il parait aller à l’encontre défaits sanctionnés par la pratique médicale à savoir l’utilité de la balnéation froide dans un grand nombre de maladies infectieuses. Cependant, si l’on veut y regarder de près on

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