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CHAPITRE III

TROUBLES ATROPHIQUES DE LA NUTRITION CELLULAIRE

De l’ovule fécondé sortent, par multiplications successives et différenciations, les cellules et les tissus. Dans les éléments cellulaires, le protoplasma, chargé de fonctions variables, a cependant toujours la constitution d’une substance albuminoïde douée d’un ensemble commun de caractères et de propriétés physico-chimiques. A ces*caractères familiaux de constitution chimique correspondent, dans les cas pathologiques, des troubles élémentaires communs à tous les tissus de l’organisme. Tissus et organes n’étant que des composés cellulaires, les modifications consistent en dernière analyse en des altérations des cellules et de leurs dérivés.

La pathologie cellulaire est donc la clef de toute connaissance générale des processus pathologiques, de toute compréhension de la nature d’une maladie ou d’un organe ; c’est la pierre fondamentale sur laquelle s’élève la science de la médecine.

Basant son étude sur les modifications pathologiques de l’élément le plus simple de la matière vivante, de l’unité de construction des tissus, Rudolf Virchow, en 1 858 , jeta les fondements de la pathologie cellulaire. Il écarta délibérément le principe de Schwann, qui invoquait la naissance des cellules dans un blastème, et il se rattacha à la doctrine de Remak : toute cellule provient d’une cellule déjà préexistante. Son axiome « Omnis cellula e cellula » devint le drapeau de la pathologie cellulaire, opposée à la pathologie humorale. Les recherches ultérieures n’ont fait que confirmer et développer dans les détails l’idée fondamentale de Virchow, qu’on peut résumer ainsi : tout, processus pathologique a. pour base les modifications anatomiques des cellules et de leurs dérivés; connaître la cellule , c’est pénétrer dans le secret de la vie normale et de la vie pathologique. La révolution apportée par la doctrine nouvelle était grande, comme on le voit, et elle apparaissait plus grande encore qu’elle n’était en réalité, car étudier la cellule, c’est aboutir à la connaissance de scs fonctions, de ses sécrétions, c’est retourner, en un mot, après une in-

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cursion dans le domaine de l'anatomie, aux analyses de la chimie organique et aux conceptions de 1 Humorisme.

Nous considérons chaque cellule comme étant douée d'une triple fonction : se nourrir, se multiplier, élaborer un travail spécifique. Chez quelques races ou espèces cellulaires, la dernière fonction, le travail spécifique, est réduit au minimum: certains épithéliums de revêtement, certains groupes de formations conjonctives ne témoignent qu'une activité de labeur bien spéciale; la vigueur de leur pouvoir de nutrition et de multiplication est, en revanche, très développée (voir, plus loin, le chapitre des Régénérations).

Les diverses anomalies de la vie cellulaire se présentent sous des formes variables, qu’il faut classer. La base d’une classification naturelle doit envisager tout d’abord la fonction cellulaire la plus importante, celle qui régit les autres, le processus de la Nutrition ( f, tpc^r,'. Plus que tous les autres, les phénomènes d’assimilation et de désassimilation sont intimement liés aux modifications de la morphologie cellulaire et permettent de saisir le lien de corrélation intime qui rattache les troubles du fonctionnement des tissus et des organes aux altérations anatomiques constatées dans les éléments cellulaires.

L’état normal de la vie d’une cellule dont l'accroissement est terminé réside dans la stabilité plus ou moins parfaite de sa nutrition, dans un certain équilibre des forces d’assimilation et de désassimilation. Pendant la période d’accroissement de l’être, l’édification de la matière organisée, aux dépens des substances inorganiques qui la baignent, surpasse les actes de destruction. Une partie des matériaux assimilés augmente la masse totale de la matière vivante et par conséquent de la cellule; l’accroissement peut s’étendre au delà des limites de l’individualité et aboutir à la division. La nutrition exagérée conduit à l’hypertrophie.

C’est l’inverse qui se produit pendant la période où la cellule se flétrit et perd son individualité. Quand les actes d’édification et d'assimilation se ralentissent, le volume de la cellule diminue, son fonctionnement s’affaiblit : elle s’atrophie.

Autant qu’il est permis de chercher dans la composition des urines une mesure de l’activité de la vie et des métamorphoses nutritives, il semble (Carrox de la Carrière) que l’intensité de la vie cellulaire de l’enfant dépasse du tiers celle de l’adulte et que l’utilisation de l’azote alimentaire soit chez lui plus parfaite. D’après Parrot et A. Iionix, un kilogramme du corps d’un nouveau-né utilise plus d’oxygène et deux fois plus d’azote que ne le fait le même poids d’un corps d’adulte, tandis que le taux d urée est, chez le premier, égal au sixième de ce qu’il est chez le second. Aon moins

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