DE G E A È RE SC E X C E MU QUE U S E
une sorte de synthèse, en thyro-nucféo-albuinine, laquelle, déversée ensuite dans l’appareil circulatoire, irait servir à la nutrition de la substance grise du cerveau. En opérant avec une méthode différente, l' a aïs k el a retiré de la glande thyroïde, indépendamment des matières albumineuses qu’il éliminait par précipitation et par filtration, un produit cristallin donnant les réactions alcaloïdiques. L’injection de ce produit provoque l’accélération du pouls et fait disparaître les convulsions chez les animaux thyroïdectomisés, sans toutefois les empêcher de mourir. Là encore, dans ces expériences, on voit apparaître la dualité, ou mieux la multiplicité des substances extraites de la glande thyroïde : à côté de corps albumineux et phosphorés exerçant un rôle dans la nutrition (thyro-nucléo-albumine), on distingue l’action concomitante d’une substance agissant comme un élément antitoxique (enzyme de Notkix, thyroantiloxine de Frankel). — Baumanx a poussé plus loin celte étude. Traitant les glandes fraîches par l’acide sulfurique, à ébullition prolongée, il a obtenu une poudre brune, soluble seulement dans les alcalis, et dont la teneur en iode est de 10 p. 100 : c'est l’iodothyrine.
Pour Baumanx et Roos, l’iodothyrine est combinée à une matière albuminoïde et c’est à peine si l’on en trouve quelques traces à létal libre. Goitre exophtalmique (Colt. A. Londe). Parmi ses combinaisons albuminoïdes,
deux surtout sont bien connues: la ihyro-iodalbumhie et la i/iyro-iodog/obuline, celle-ci en faillie proportion. Baumanx et Roos ont tenté le dosage de la quantité d’iode renfermée dans le tissu thyroïdien chez divers animaux; leurs conclusions signalent des variations suivant les espèces, les individus, la race, et meme suivant le régime alimentaire et médicamenteux. Pour Baumanx, l’iode manque dans le corps thyroïde des goitreux, et, dans les cas rares où il s’y rencontre, on ne peut en extraire qu’une quantité infinitésimale. Si l'on prescrit la médication iodurée, le métalloïde fait son apparition ou augmente de quantité dans toute l’étendue de la glande. Ainsi se trouve fondée une des théories pathogéniques du goitre et son traitement par l’iode.
troubles atrophiques nu la sutritios cellulaire
Ce n’est plus à la chimie pure, mais aux réactions cellulaires histochi, niques, que IIkn.u t (de Lyon) a demandé des éclaircissements au sujet des propriétés des sécrétions thyroïdiennes. Par la coloration à I éosine hématoxylique ce savant a constaté que l'épithélium thyroïdien sécrété, lorsqu’il' est jeune, une substance particulière, la thyro-mucoïne, qui ne se colore pas par l’éosine, tandis qu’à l’âge adulte, il en fournit une autre, la thyro-colloïne, répondant comme constitution histo-chimique a la substance colloïde. C’est la thyro-mueoke qui serait le produit direct de l’activité sécrétoire de la glande. La thyro-colloïne ne constituerait que le résultat de réactions secondaires avant lieu dans la cavité de chaque vésicule; elle répondrait à l’état de maturité de la sécrétion thy-
roïdienne.
La thvro-mucoïne, d’après le professeur lyonnais, représente le vrai poison thyroïdien, celui qui, fabriqué ou absorbé en trop grande quantité, provoque le goitre exophtalmique. En effet, chez les Basedowiens, d’après Revaut, les lymphatiques n’existent qu’à la périphérie du lobule: or, comme ceux-ci sont les excréteurs normaux de la thyro-colloïne, il en résulte que les vésicules périphériques seules produisent cette substance, tandis que les vésicules centrales ne fournissent que de la thyro-mucoïne, laquelle, entraînée directement parles veines, va intoxiquer les centres nerveux. D’après la théorie de H exact, Brissaud donne du goitre exophtalmique une explication pathogénique. De même que la fonction glycogénique du foie, la fonction de la glande thjroide est sous la régulation d’un centre nerveux bulbo-protubéranliel . Le signal de l’hyperfonction glandulaire est donné par le système nerveux central. Un primum movens quelconque, mettant le corps thyroïde en hyperactivité, fait apparaître dans la glande un mouvement subinflammatoire, d’ou sortira un retour à l’état fœtal des éléments sécréteurs, un effacement des lympathiques par la sclérose et une élimination dans le sang d’un produit de sécrétion fœtal, toxique pour le système nerveux et créateur du syndrome de Graves. — Reprenant les expériences que l’un de nous et Rexé Marie avaient ('ailes sur le mouton, Ballet et Exriquez ont pratiqué, chez le chien, des injections sous-culanees d’extrait thyroïdien. Ils ont pu faire apparaître les principaux symptômes de la maladie de Graves, le goitre, l’exophtalmie , le tremble-
ment. Chez les animaux soumis aux injections ils ont constate que les lobes thyroïdiens devenaient plus volumineux, plus vascularisés, qu’ils subissaient une certaine transformation scléreuse et que les voies lymphatiques étaient moins perméables. Or ce sont la précisément les lésions décrites par Rknaut dans la glande thyroïde des Basedowiens.
Innervation du corps thyroïde. — La glande thyroïde a une innervation très riche qui lui vient de deux sources : le pncumo-gastrique, qui fournit le nerf thyroïdien supérieur et le nerf thyroïdien inférieur (ce dernier par 1 intermédiaire du récurrent) — et le grand sympathique, dont les filets thyroïdiens accompagnent les artères thyroïdiennes, supérieure et inférieure. La sécrétion thyroïdienne, comme toutes les sécrétions glandulaires, est influencée par le système nerveux; et il y aurait grand intérêt à déterminer de quelle façon s’exerce celle influence. 11 est malheureusement impossible d’étudier directement les modifications sécrétoires provoquées par les excitations nerveuses dans une glande dépourvue de canal excréteur. On pourrait, il est vrai, rechercher les modifications histologiques de la glande à la suite de telle ou telle excitation, en prenant soin de fixer les éléments de façon à les surpendre, en quelque sorte, en pleine activité sécrétoire. Mais ces « signes histologiques de 1 activité cellulaire » (Rknaut) ont-ils une valeur assez certaine pour que nous puissions en tirer des conclusions au point de vue physiologique; il est permis d’en douter.
Si l’on n’a pu jusqu’ici aborder directement l’élude des nerfs excito-sécrétoires de la thyroïde, l’expérimentation a permis de déterminer le rôle du système nerveux dans les changements de calibre des vaisseaux de la glande (Cyon, Mokat, F. Franck). Or nous savons que, dans tout organe (pii entre en fonction, le sang afflue plus abondamment, autrement dit (pie tout effet excilo-sécrétoire est en même temps vaso-dilatateur. 11 est donc logique de penser que, inversement, toute excitation produisant la vaso-dilatation dans une glande aura pour effet d’en exciter la sécrétion.
Si l’on interroge, au point de vue des réactions vasculaires, tour à tour les nerfs qui se rendent à la thyroïde, voici les résultats que l’on obtient, d'après F. Franck.
i° L’excitation du grand sympathique, depuis la 6e paire dorsale jusqu’au ganglion cervical supérieur, produit toujours la vaso-constriction dans le lobe thyroïdien du côté correspondant;
20 L’excitation du nerf laryngé supérieur produit constamment une vasodilatation très nette et très marquée, qui survit longtemps à l’excitation provocatrice. I
Si les nerfs excito-sécrétoires se confondent avec les nerfs vaso-dilatateurs, comme il est permis de le penser, c’est dans le nerf laryngé supérieur (pneumogasti(jue) qu’il faut les localiser.
D’autres excitations expérimentales permettent aussi de produire une vaso-dilatation active dans le corps thyroïde: celles du cerveau , du cœur et surtout de l aorte. Ces résultats offrent un intérêt tout particulier, car ils nous amènent a comprendre certains faits pathologiques. Ainsi, l’excitation du gyrus sigmoïde, chez le chien, a pour conséquence une vaso-dilatation des plus actives du corps thyroïde : il semble qu’il y ait là une action vraiment élective de 1 excitation cérébrale sur la glande. A’est-il pas intéressant de rappeler, à ce propos, (pie le syndrome basrdowien peut se constituer d emblée chez I homme, a la suite de grands chocs nerveux ? L’irritation des plexus aortiques, principalement vers la base du cœur, est suivie du même effet vaso-dilatateur prolonge, et la clinique a montre la coexistence fréquente de l’aortite et du syndrome de lîascdow.
Le trajet suivi parues excitations éloignées nous est connu : elles mettent en jeu la sensibilité du sympathique dans le sens centrifuge et arrivent a 1 organe thyroïdien
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par le pneumogastrique et le laryngé supérieur. Quand le chirurgien sectionne le sympathique dans un but thérapeutique, il ne supprime nullement les vaso-dilatateurs thyroïdiens, comme on l’a dit, puisque le nerf est exclusivement constricteur; mais, pour expliquer certains succès obtenus par la sympathectomie dans le goitre exophtalmique, on peut admettre que la section arrête la transmission des irritations pathologiques ayant leur point de départ dans la région cardio-aortique, et refrène ainsi l’excitation thyroïdienne permanente.
Nous avons vit précédemment qu’à la suite de l’extirpation des glandes thyroïdes chez de jeunes lapins, Hofmeister avait constaté l’hypertrophie compensatrice de l’hypophyse. 11 est d’autres organes auxquels on a voulu faire jouer un rôle de suppléance possible de la grande glande thyroïde et qu’on a gratifiés du nom de glandes thyroïdes accessoires. Leur présence a d’abord été signalée par Remak chez le poulet, l ue description très complète en a été donnée, en 1880, par un anatomiste suédois, Sandstrôm. Celui-ci les a décrites chez l’homme (cinq cas . chez le chat, chez le chien, le cheval, le bœuf, le lapin. L’exactitude de sa description fut vérifiée par Krauss (anatomie du lapin) et plus tard par Gley chez le lapin, par Nicolas, Hofmeister, Koiin, Rouxeau, par René Marie et l’un de nous chez l’homme. Sandstrôm avait eu la prudence de ne rien préjuger de leur action et de les nommer glandes parathyroïdes.
Chez l’homme, d’après nos recherches personnelles, ces dernières glandes forment, au niveau du bord postérieur de chaque lobe, deux groupes accompagnant chacun une des artères thyroïdiennes. Le groupe supérieur est le plus inconstant. Ces glandes sont situées très près du corps thyroïde, dans sa capsule ou dans le tissu cellulo-adipeux environnant. Leur couleur se rapproche beaucoup de celle de la glande principale et elles sont réunies à une des branches des vaisseaux thyroïdiens par un petit pédicule vasculaire. Leur grosseur varie du volume d’un grain de blé à celui d’une lent i lie. Leur structure histologique les rapproche des glandes thyroïdes embryonnaires. Ce sont des tubes pleins : en de très rares points seulement l’on voit quelques vésicules se former eL se remplir de matière colloïde.
Chez le rat (Christian)), chez le chien (Gley, Phisalix), elles sont enchâssées dans la glande thyroïde, mais cependant leur fusion avec elle est loin d’être complète.
L’existence de ces glandules étant connue depuis longtemps, on a pensé que c’étail à elles qu’on devait attribuer l'absence ou la guérison des accidents de cachexie pachydermique, après la thyroïdectomie totale. A cette explication s’était rattaché Thibierge (i8pi). Cependant, le rôle de ces organes, envisagé au point de vue de la suppléance qu'ils exer-
cent à l’égard des fonctions de la glande thyroïde, a été surtout exposé par Gley. Ce savant enlève le corps thyroïde à des lapins : les animaux survivent ; il extirpe, en même temps ou peu après, les glandes thyroïdes accessoires (glandes parathyroïdes), et les animaux succombent. Donc, conclut-il, les glandes thyroïdes accessoires suppléent l’action de la glande principale. A ces expériences et à ces conclusions Moussu est venu opposer récemment des faits et des conclusions contraires. Dans une longue série d’expériences faites sur les porcs, les chèvres, les chiens, les chats, les lapins et les gallinacés, Moussu a extirpé le corps thyroïde de ces animaux, en laissant intactes les glandes parathyroïdes (en laissant deux glandules tout au moins intactes). A la suite de ces opérations il s’est toujours produit des troubles trophiques (retard de croissance, crétinisme), d’autant plus développés que le sujet était plus jeune au moment de l’intervention. Chez le chien et le cochon, le crétinisme s'est montré sous la forme myxœdémateuse, tandis qu’il revêtait la forme atrophique chez les chevreaux, les chats, les lapins, les oiseaux. Dans une autre série d’expériences faites sur le chien et le chat, Moussu n’a enlevé que les glandes parathyroïdes, en laissant intactes les thyroïdes. La suppression des parathyroïdes, lorsqu’elle était totale, a toujours entraîné la mort à bref délai ; lorsqu’elle était partielle, elle provoquait l’apparition de troubles alarmants : appétit capricieux, élévation légère et permanente de la température, tachycardie, dyspnée et polypnée, crampes, secousses fibrillaires, albuminurie légère et inconstante, etc., c’est-à-dire la venue de symptômes qui se rapprochent beaucoup de ceux du goitre exophtalmique. Moussu conclut qu’il existe une fonction thyroïdienne et une fonction parathyroïdienne distinctes l’une de l’autre; qu’ils n’y a pas de suppléance entre elles; que les accidents aigus, tétanie, tachycardie, polypnée, etc., consécutifs à l’opération du goitre, sont des accidents parathyroïdiens; (pic les accidents chroniques, abaissement thermique, troubles de croissance, affaiblissement des facultés intellectuelles, myxœdème, etc., sont des accidents exclusivement thyroïdiens.
Bhissaud a tenté le premier de dégager dans la clinique humaine des types qui correspondraient aux lésions isolées de la thyroïde et des parathyroïdes. Les hypothèses qu il conçoit sont conformes à 1 esprit des expériences de Moussu, mais non pas tout a lait a la lettre. Biuss.vun, ayant observé des cas frustes de myxœdème où toutes les apparences morphologiques de cette maladie existaient, sans qu’il y eût le moins du monde torpeur de 1 intelligence et de la mémoire, sans que « la lame lut assortie au fourreau », émit l’hypothèse que, chez ces malades, les parathyroïdes étaient restées intactes, tandis que le corps de la glande princi-
TROUBLES ATROPHIQUES DE LA S VT IUT 10 S CELLULAIRE
pale, comme la palpation permettait de le reconnaître, s’était atrophié. Pour cet auteur, on le voit, les troubles psychiques seraient sous la dépendance d'une lésion des parathyroïdes, tandis que le grand irivxcedéme spontané ou opératoire serait basé sur la suppression fonctionnelle ou matérielle plus ou moins complète des deux espèces de glandes.
Gley n’accepte pas la différence radicale établie par Moi ssi entre les fonctions thyroïdiennes et parathyroï (lien nés. Ayant constaté, dans les parathyroïdes comme dans les thyroïdes, la substance iodée de Balmaxn, il maintient qu’il existe une association fonctionnelle entre la glande et les glandules, ces dernières préparant le produit de sécrétion qui se déposerait ensuite dans les glandes pour être utilisé selon les besoins de l’organisme. Cette hypothèse s’éloigne de l’idée de suppléance possible des deux appareils, pour se rapprocher de l’idée de synergie fonctionnelle établie entre eux.
L’expérience de Schiff ( 1884), montrant que la greffe thyroïdienne empêchait les accidents immédiatement consécutifs à l’opération, contenait en germe toutes les découvertes thérapeutiques qui ont si heureusement modifié l’évolution du myxœdème et d’autres états pathologiques. Lanneloxgue tenta la première greffe sur l’homme; Bircher, Kocher, Bettancourt et Serraxo, Merklex et Walther Limitèrent et obtinrent des résultats encourageants. En i8go, Vassale établit que les injections intraveineuses de suc thyroïdien pratiquées aux chiens thyroïdectomisés prévenaient ou faisaient cesser les manifestations convulsives ; l’année suivante, Murray utilisa cette méthode, en injection sous-cutanée, pour le traitement du myxœdème par le suc thyroïdien; une année plus tard encore, Horxvitz recommanda l’ingestion de lobes de la glande, méthode thérapeutique qui allait donner des résultats surprenants.
Situés obliquement sur le cartilage thyroïde du mouton, on trouve deux corps allongés, du volume et de la forme d’une grosse amande, rouges comme la chair musculaire, et que les bouchers nomment cornets. Ces corps sont ordinairement coupés à l’union de leurs deux tiers postérieurs et du tiers antérieur par le couteau qui sectionne le cou; ils constituent le corps thyroïde du mouton. Pour le traitement du myxœdème, après s’être assuré de la nature et de la fraîcheur du corps thyroïde de mouton, on donne au malade, dans du bouillon ou dans un cachet, un lobe chaque jour, pendant trois ou quatre jours, en surveillant l’apparition des phénomènes d intoxicalion (céphalalgie, agitation, palpitations), puis un lobe tous les deux jours, ensuite tous les quatre jours. L’ingestion de glandes en nature est toujours préférable aux préparations des diverses substances desséchées. Chez les myxœdéinateux ainsi traités, dès le second jour la température centrale s’élève, la polyurie s’établit, l’infiltration des téguments se résorbe. En quelques semaines, la métamorphose est complète : les ongles et les poils ont repoussé; le gonflement des téguments a disparu; l’intelligence est sortie de sa torpeur; l’amaigrissement a fait de notables progrès.
Cet amaigrissement a tellement frappé les observateurs (pie, dès 1894, Lkichtkxster.n et Wendei.stadt utilisaient la médication thyroïdienne pour la cure de l’obésité simple et obtenaient des résultats favorables, au moins momentanément, qui ont
ELABORATION DE LA MATIÈRE COLLOÏDE
été contrôlés en France par Rendu, par Chaiuun et Roger. Le même mode de traitement qui calme les crises de tétanie strumiprive a réussi, entre les mains de CiOTTsteix, a modifier les symptômes de la tétanie idiopathique; entre celles de Byrom-Bramwel, à améliorer trois cas de psoriasis rebelle.
Bruns i 8p'() a étendu la même médication au traitement du goitre simple. Nous reviendrons plus loin sur ses résultats.
Dans la maladie de Basedoav, qui est considérée par la majorité des auteurs comme un ensemble de phénomènes traduisant l’hyperthvroïdisation, la médication thyroïdienne semble a priori tout à fait contre-indiquée. Quand elle a été tentée, elle s est montrée le plus souvent défavorable et quelquefois utile. Ce dernier résultat n’est pas en contradiction avec la théorie de rhyperthyroïdisalion. Comme le fait remarquer Güiart, l’ingestion de suc thyroïdien faisant cesser le gonflement du goitre simple, mettant la glande au repos, peut produire le même phénomène sur le corps thyroïde des Basedowiens et. mettre fin à la sécrétion d une substance anormale, toxique. En tout cas, le traitement de cette maladie devra être tenté par ce procédé avec une grande circonspection. Entre les mains de Bourneville, la médication thyroïdienne a donné de bons résultats, pour augmenter l’activité de la croissance des idiots myxœdémateux et aussi des enfants simplement arriérés.
APPENDICE
Elaboration de la matière colloïde.
La substance colloïde qui se trouve dans les vésicules du corps thyroïde, dans la partie antérieure de l’hypophyse, dans le follicule de de Graff à sa période de maturation, a reçu son nom de Laënnec, qui voulait spécifier ainsi le caractère consistant de cette substance, analogue à celui de la colle forte. Nous devons conserver cette désignation purement physique, parce que la constitution de la matière colloïde varie suivant les régions et que les substances dites colloïdes ne représentent pas un composé chimiquement défini. Les recherches d’EicuwAi.D, d’ÛBOLENSKY, de IIammarsten, de Boubnoff, de Landwehr ont montré que les composés colloïdes sonL formés d’un mélange, en proportions variables, de mucine et de matières albuminoïdes modifiées (métalbumine de Scherer, thyréoprotéine de Boubnoff). La mucine n’est pas elle-même un corps chimiquement pur, comme le croyaient Virchow, Scherer, mais un mélange d’un corps albuminoïde avec un hydrate de carbone gélatineux (gomme animale de Landwehr, qui, d’après cet auteur, répond à la formule C12lP0O10). Les analyses constatent des dillérences notables dans la composition chimique et aussi dans la consistance des corps colloïdes. Ils donnent cependant tous, quelle que soit
troubles atrophiques de la nutritios cellulaire
leur provenance, la réaction des matières albuminoïdes réaction xanthoprotéique, réaclion de Millon). La substance colloïde se distingue de la mucine pure en ce qu’elle se gonfle sous l’influence de l'acide acétique, mais ne fournit pas de précipité. Vise dans l’eau, elle se transforme en une masse filante, sans se dissoudre; l’addition d’alcool provoque alors la précipitât ion de flocons blancs solubles dans l’eau. Le corps ainsi obtenu rappelle les caractères de la gomme arabique. C’est la « colloïdine » de Gautier, (pie ce chimiste rapproche de la tyrosine. L’alcool, le formol, l’acide ehromique et d’autres fixateurs habituels des matières albuminoïdes coagulent le corps thyroïde en une masse homogène, compacte, dont les vésicules présentent des vides créés par la rétraction de la masse au moment de la coagulation. Ces vacuoles s observent donc à la périphérie, au contact de la substance colloïde el de l’épithélium qui tapisse la vésicule. Le coagulum reste relié à la paroi par de petites travées de substance. La matière colloïde prend avec avidité les matières colorantes, surtout l’hématoxyline et le picro-carmin. Ernst trouve dans la coloration de Van Giesson (hématoxyline suivie d’un bain dans 1 acide picrique chargé de fuchsine acide) un moyen de distinguer ce qui appartient à une masse colloïde et ce qui relève d’une dégénérescence hyaline. Celle dernière se colore en rouge intense, tandis que la substance colloïde prend une coloration rouge orangé jaunâtre.
On a beaucoup discuté sur l’origine de la matière colloïde thyroïdienne. L’opinion la plus répandue veut qu elle provienne des cellules qui, tapissant la paroi vésiculaire, subissent la dégénérescence colloïde (Frericiis, Rokitansky, Fret, Cornil et Ranvier . Pour Defai camberge, qui a fait ses recherches dans le laboratoire de Cornil, la substance colloïde se formerait par augmentation de la matière chromatique des noyaux, lesquels éclateraient en envoyant leur contenu dans l'intérieur des alvéoles. Biondi (1888) a étudié la glande thyroïde chez les amphibies, les oiseaux et les mammifères. D'après lui, la sécrétion est le produit de l’activité cellulaire, car on peut la reconnaître, par des réactions microchimiques, dans le protoplasma même des cellules épithéliales. Langendorff ( 1 88y) a observé, vers le bord libre des cellules épithéliales, des granulations jaunâtres, arrondies, plus ou moins volumineuses; la matière qui en découle est trop visqueuse pour être entraînée par les lymphatiques et s’accumule dans les vésicules. Nous avons signalé plus haut l’opinion de Renavt de Lyon sur la thyromucoïne et la thyro-colloïne.
Dans la glande pituitaire, la formation de la substance colloïde est liée à la présence de cellules particulières (chromatophiles', qui agissent suivant un mécanisme encore mal déterminé.