D É G É S ÉRESCESCE G LY CO G É N I QUE
Mixkovsk\ a lait sur ce diabète expérimental une observation curieuse. Il a vu «iue la glycosurie si abondante n’était pas le résultat d’une glycémie exagérée, et il a supposé, pour expliquer le passage du sucre dans l’urine, l’existence d’une lésion de 1 epithelium rénal provoquée par la phloridzinc. A l’état ordinaire, comme on sait, le sucre, contenu dans le sang dans la proportion de o,o5 à o,i5 p. ioo, n’est pas éliminé par les reins; il est retenu par 1 épithélium fonctionnant normalement. La phloridzine paraît troubler ce pouvoir cellulaire.
Il serait eiioné cependant de chercher 1 explication de la glycosurie phloridzinique dans la seule altération de la fonction rénale, comme certains auteurs sont enclins a le faire. L élimination de grandes quantités de sucre sous l’influence de la
phloridzine, même pendant 1 inanition, et quand toutes les provisions d hydrates de taibone de 1 oignnisine sont épuisées, constitue un élément de présomption en faveur de l’existence d’une dégénérescence hydrocarbonée de l’albumine des tissus.
Cependant, le rôle important que joue l’altération de la fonction rénale dans la glycosurie phloridzinique est prouvé par les expériences de Minkoysky, de Schaiiade, etc., sur la ligature des uretères et sur 1 extirpation des reins chez les chiens soumis à l'ingestion de phloridzine. Si la glycosurie ne prenait pas une de ses sources principales dans le tissu des reins, 1 extirpation de ces organes, la ligature de 1 artère rénale ou de 1 uretère chez les animaux en expérience, auraient pour conséquence 1 accumulation du sucre dans le sang. Or, celte accumulation fait, en pareil cas, complètement défaut.
Lu solution aqueuse faible, la phloridzine chauffée à l'ébullition prend une molécule d’eau et se dédouble en une variété de sucre dextrogyre, la phlorose, et un éther composé, la phlorétine :
G 21 H -lO 10 -f H 20 = C °H ,20 G + G 1 II «*0:i.
(phlorose) (phlorétine).
Chauffée à l’ébullition en présence de la potasse caustique, la phlorétine se décompose en phloroglueine (C °II °03) et en un homologue de l'acide salicylique, l’acide phlorétique (C 3H 10O3). 11 est très probable que, darts l'organisme, la phloridzine se dédouble aussi en phlorétine et en phlorose. Une partie du sucre urinaire peut provenir, dans ce cas, directement de la phloridzine. Mais toute la teneur en sucre de 1 urine ne peut être mise sur le compte de la phlorose, car, pour une dose de phloridzine, la quantité de sucre urinaire est 3 à 4 fois plus grande que celle que pourrait fournir la décomposition de ce glucoside. Enfin, la preuve la plus décisive est donnée par cette constatation, que la glycosurie s’observe aussi quand l’animal ingère la phlorétine, c’est-à-dire une substance qui n’a plus une seule molécule d’hydrocarbure.
Une glycosurie comparable à la glycosurie phloridzinique, et peutêtre encore plus considérable que celte dernière, est provoquée par l’ingestion stomacale ou l’injection intra-veineuse d'oxalate d’ ammoniaque (Kobert et Ivhoiil). Cette glycosurie persiste pendant 2 ou 3 jours.
Contrairement à la glycosurie phloridzinique, qui est passagère et qui ne dure que tant que cette substance 11’est pas éliminée de l’organisme, la glycosurie consecutive à V extirpation du pancréas persiste pendant toute la Chantemessk et Podavyssotsky. Processus généraux. I à :l
aio TROUBLES ATROPHIQUES UE LA SUTRITIOX CELLULAIRE
vie de l’animal, jusqu’à sa mort. Celle variété de glycosurie expérimentale, découverte par Mehi.no et Minkovsky, peut être avec raison considérée comme une glycosurie maligne et constitue un véritable diabète sucré expérimental. La glycosurie pancréatique est accompagnée de tous les autres symptômes caractéristiques du diabète, c’est-à-dire d'amaigrissement, d’azolu rie, d’hyperglycémie, de polyurie, de soif ardente, d’acétonurie, de l’élimination d’acide oxybutirique § par l'urine et d'une forte proportion d’ammoniaque. La mort survient, précédée d'une dépression complète de toute la sphère psychique ( coma diabétique).
La différence entre le diabète sucré de l’homme et le diabète pancréatique expérimental des animaux réside surtout dans la durée de la maladie. Tandis que, chez l'homme, les accidents évoluent d'ordinaire sous la forme chronique, le diabète expérimental a une marche aiguë et les animaux succombent fréquemment en 1 espace de quelques semaines. La glycémie s’accroît notablement, de sorte que le chien élimine par les urines de 60 à 80 grammes de sucre par jour. Mais il ne s’agit là que d'une différence apparente dont la raison principale réside dans ce fait que le chien opéré perd, du môme coup, non seulement la sécrétion interne (glycolytique) de son pancréas, mais aussi la sécrétion externe, déversée dans l’intestin par le canal de Wirsung. Comme l'a montré Thiroloix, et comme l’un de nous (Ch.vxtemesse) l’a vérifié, on peut produire chez le chien un diabète à marche lente, un diabète gras, en ayant soin d'habituer l’animal à la suppression du sucre pancréatique versé dans l'intestin (injection solidifiante dans les canaux excréteurs de la glande . Au bout de quelques mois, lorsque, à la suite de phénomènes de suppléance d’oriaine inconnue, le chien nourri abondamment à la viande crue a repris la santé, on extrait une partie du pancréas. L'animal devient alors un diabétique, mais un diabétique gras, dont la maladie évolue lentement.
Depuis les publications de Mering et Mixkovsky en Allemagne (1888-1889), et de Dominicis en Italie, montrant la possibilité de réaliser chez le chien, par l’extirpation du pancréas, le diabète sucré typique, l’étude de celte question a fait l’objet de nombreuses recherches; les données principales qui ressortaient des premiers travaux ont été confirmées par un grand nombre cl’auteurs IIkdon, Lepixe, Hari.ey, G LE V, Ca.PP.-V 11 ELLI, Ca.VAZZ.YNI, AlDEIIOFE, TiIIHOLOIX, ScH.VB.VDE, SOKOI.OIT, Miesch, etc.). Les recherches de ces savants, poursuivies dans des conditions diverses, ont mis en lumière beaucoup de détails touchant celle importante question. On ne peut dire cependant que, même sur le fait essentiel, à savoir la relation obligée entre l'extirpation du pancréas chez les animaux et l’apparition du diabète sucré, il y ait unanimité dans l’opinion des expérimentateurs.
DÉGÉNÉRESCENCE GLYCOGÉNIQ CE a ii
On a affirmé que 1 extirpation du pancréas n amenait pas chez Ions les animait j. I accumulation du sucre dans le sa ni/ et son élimination exonérée par larme. On obtient des résultats positifs avec les chiens, les porcs, les tortues, et, parait-il, avec les lapins et les grenouilles; chez ces deux espèces animales, I opération, en raison cl e la situation anatomique de I organe, ne peut pas être faite d’une manière parfaite, et c’est pourquoi les résultats obtenus sont l’objet d’une suspicion légitime.
L extirpation du pancréas, chez les oiseaux i pigeons, oies, canards), donne, suivant quelques auteurs (Lewix, Mixkûvski, Weinthavd, K.ujscü), des résultats encore moins nets. Ainsi, d’après les recherches do Ix u sc u (1896), on trouve parmi les oies et les canards des individus chez lesquels l'extirpation du pancréas ne détermine pas l’hyperglycémie. Chez la plupart îles canards la glycémie atteint son chiffre maximum déjà au bout de vingt-quatre heures. L’inanition qu’on fait subir aux animaux, même trois jours avant l’opération, ne met pas obstacle à l’augmentation de la quantité du sucre sanguin. Cependant, chez les oiseaux opérés, l’hyperglycémie n’est jamais aussi considérable que chez les mammifères.
Dans l’étude de celle forme de diabète expérimental par extirpation du pancréas, un élément d’appréciation ne doit jamais être perdu de vue, c’est la perméabilité rénale vis-à-vis du sucre sanguin. Si le passage du sucre à travers le rein subit un empêchement plus ou moins marqué, la glycosurie peut faire défaut ou bien être minime, tandis que l’hyperglycémie est devenue notable. Lu expérimentateur qui baserait son jugement sur le seul examen urinaire s’exposerait à tomber dans l’erreur. Les observations de K.vusch ont précisément montré que, chez les oies et les canards privés de leur pancréas, h' sucre du sang traverse difficilement le filtre rénal. La connaissance de ce lait permet d’expliquer en partie les contradictions des auteurs qui ont lait leurs expériences sur des oiseaux. Il faut aussi se souvenir que l’intensité des processus d’oxydation dans le parenchyme rénal varie avec les espèces animales et que le sucre éliminé du sang peut subir une oxydation dans le rein même.
Dans le diabète pancréatique expérimental, les résultats positifs ne sont obtenus qu’à la suite de l’extirpation presque totale de l'organe. Les opérations partielles n’amènent rien. D’après les observations de Sciiahade, il suffit de laisser en place un douzième de la glande pour que la glycosurie fasse défaut ou qu’elle disparaisse bientôt, si elle s’était montrée après l’opération. Ce fait permet d’expliquer bien des résultats négatifs auxquels les expérimentateurs ont abouti; 011 peut supposer que le pancréas n’a pas été enlevé entièrement et que les lobules restants se sont adaptés peu à peu à une fonction de suppléance.
a 3 a TR O U R LES ATROPHIQUES DE l.A NUTRITION CELLULAIRE
La découverte <lo> Mering el Minkovsky a remis à l’ordre du jour la question de la cause même du diabète et des rapports qui existent entre le pancréas et l'utilisation du sucre dans l’économie. Ce problème n’est pas encore résolu. On sait seulement que les troubles dons les mutations organiques du sucre sanguin ne dépendent pas des produits de sécrétion glandulaire versés dans le canal intestinal. La ligature ou l’obstruction du canal excréteur ne déterminent pas le diabète. La glande pancréatique régit les étapes de la circulation intra-organique du sucre sanguin, par l’action des substances inconnues qui, sorties de la glande, pénètrent directement dans le sang ou dans le système lymphatique. Sous leur influence, le sucre subit une destruction continuelle. Leur absence, consécutive à l’extirpation du pancréas, laisse le sucre échapper à cette destruction, s’accumuler dans le sang et s’éliminer par l’urine. La nature de cette ou de ces substances n’est pas encore définitivement établie. Lépine et, après lui, Nommés pensaient qu’il s’agissait d’un ferment particulier que ce dernier auteur a dénommé gly colysine et qui sortait de la glande pancréatique pour pénétrer dans le sang. 11 serait plus juste d’appeler ce ferment une oxydase du glucose. Le fait, connu depuis Cl. Bernard, (pie, dans le sang sorti des vaisseaux et conservé à la température de 38-39°, 1° *uere présent tout d’abord se détruit peu à peu, pourrait être attribué à la présence de ce ferment contenu dans le liquide. Le sang frais d'un chien privé de pancréas, conservé de la même façon, ne subirait pas une diminution notable de sucre, parce que le sang du diabétique ne contiendrait pas ou contiendrait peu de ce ferment glycolytique. Le chauffage du sang jusqu’à 54° tue ce ferment. On peut supposer qu'il entre dans le sang par les vaisseaux lymphatiques et que la lymphe du canal thoracique possède au maximum la propriété de détruire le sucre. Lépine est arrivé à diminuer notablement la glycosurie pancréatique expérimentale en injectant au chien opéré la lymphe du canal thoracique d’un animal sain.
Malgré les nombreuses objections soulevées contre l’hypothèse de Lépine, la partie essentielle de sa théorie a pour elle h' résultat d'expériences d’une haute signification, celles, par exemple, qui visent les tentatives de transplantation de la glande pancréatique. HÉnox et M inkoyski ont réussi à démontrer qu'on peut remédier à la glycosurie pancréatique expérimentale en transplantant el en greffant sous la peau de V abdomen un morceau de pancréas. Il suffit d extirper le pancréas greffé, et la glycosurie survient de nouveau.
On ne peut méconnaître V analogie qui existe entre ces faits et ceux oit l’on a pratiqué la greffe de la glande thyroïde. 1 .a transplantation du corps thyroïde' peut arrêter et guérir les phénomènes de myxœdème;