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analyses directes faites en grand nombre par Klemderer, qui a trouvé l’acidité du sang des goulteux exprimée en acide carbonique plus faible (pi’à l’état normal, et d’autre part ceux obtenus par Magnes Lévy Cono-rès de Wiesbaden, 1 898) qui affirme de nouveau d’une façon absolue (pie, dans les nombreuses analyses du sang des goutteux qu’il a faites, il 11’a trouvé pendant l’accès ni augmentation du chiffre de l'acide urique, ni abaissement du taux de l’alcalinité du sang. De ces constatations il faut rapprocher celles de Rendu et de Potaix, que nous avons citées plus haut.
Parmi les partisans de la théorie étiologique de la goutte par excès absolu d’acide urique dans le sang s’est rangé Lecorché. Il a constaté que, chez les jeunes goutteux, dans la période floride de la maladie, l’urée, loin d’etre diminuée, est au contraire augmentée; cette observation lui fait rejeter la théorie palhogénique de la goutte par l’hypothèse de l’existence d’une nutrition générale paresseuse. Il admet, au contraire, que l’uricémie est due à la production exagérée d’acide urique, à l’accélération de la nutrition. ^
La plupart des théories palhogéniques que nous venons de passer en revue, auxquelles on pourrait joindre celles d’É ni i le Pfeiffer, de Riehl, de Likiiatcheff, admettent que la cause de la goutte réside dans l’uricèmie , c’est-à-dire dans une lésion générale des plasmas; elles fournissent d’ailleurs de cette uricémie des explications diverses et parfaitement opposées. Il y a cependant dans l’origine de l’accès de goutte des circonstances que la clinique a depuis longtemps mises en lumière et que les premiers théoriciens n’avaient pas fait entrer dans leur doctrine : c’est le rôle d’une lésion locale, d’un traumatisme articulaire, d’un refroidissement, dans la création d’une arthrite goutteuse. C’est précisément de cet adjuvat local dont se sont préoccupés des travaux plus récents. Dans ses expériences (1897), Mordhorst a constaté que l'acide urique circule dans l’économie à l’état de globules d’urate de soude d’une extrême petitesse, et il 'suppose (pie l’accès aigu de goutte est du à un état momentanément neutre ou même acide de certains tissus, qui précipitent en masse les globules d urâtes. Xoorden, Ivlempkrer défendent aussi l’hypothèse d’une lésion primitive des régions. Déjà l’opinion (I’Ebstein avait été longtemps accréditée, qui admettait (pie, dans la production des tophus, la première lésion en date consistait dans une altération dégénérative locale, une nécrose des tissus. Il est vrai que les affirmations d’EnsTEix ont été battues eu brèche par les observations de Mordhorst et surtout de Riehl, qui ont démontré qu’à la périphérie des tophus, les incrustations d’urate sodique se trouvaient dans un tissu tout ;i fait normal, parfois dans la lumière de vaisseaux lympha-
DEPOTS LU A TIQ UES
tiques à endothélium intact, et même à l'intérieur de cellules géantes. Il faut, pour se rendre compte de ces localisations, éviter l’erreur de technique d Ebstkix, qui utilisait pour ses préparations îles matières colorantes a réaction alcaline, lesquelles dissolvent les lins cristaux siégeant a la périphérie, el ne laissent visible que la région centrale, en partie nécrosée par suite de l’accumulation des urates.
S il n y a pas une nécrose préalable, comme le voulait Ebstein, en quoi consiste donc cette prédisposition morbide des tissus, qui aboutit a la précipitation des urates ? Se fait-il en ces points une formation d acides organiques? Ces régions subissent-elles l’action d’un ferment spécial ? (substance arthritique de Klempehem .) Déjà cette idée se fait jour dans la science; « il est possible que l’acide urique, sans être la cause de la maladie, sans représenter le substratum de l’intoxication dialhésique, soit une sorte de scorie qui témoigne de la viciation de la nutrition. L acide urique conserverait dès lors une grande valeur au point de vue diagnostique, mais n’aurait plus qu’une importance secondaire au point de vue pathogénique. On peut légitimement se demander si ce ne sont pas des toxines, indéterminées, qui sont la cause de la maladie. Ces toxines se «produiraient le plus souvent en même temps (pie l’acide urique et les urates, parallèlement. Celle hypothèse a le mérite de permettre une explication satisfaisante des faits relevés; malheureusement, ce n’est qu une hypothèse » (Proust et Mathieu).
Quelle que soit l’opinion que l’on puisse émettre sur la pathogénie de la goutte, au sujet de laquelle la lumière n’est pas faite, l’expérience clinique a fourni des données certaines sur deux points : l’influence de 1 alimentation dans la production de cette maladie et les relations qu’affecte la goutte avec une série d’autres états morbides, qui coexistent ou qui alternent, dans certaines familles. Il faut, chez les candidats à la goutte, modérer et doser les aliments, non seulement l’usage des albuminoïdes, mais celui de la graisse, des hydrates de carbone, des alcools, des vins généreux. Il faut aussi les mettre à l’abri de certaines intoxications (le saturnisme). La sobriété, la vie régulière, l’absence de tout surmenage intellectuel, sont les conditions les meilleures pour permettre aux prédisposés d’échapper à la goutte.
Parmi les substances albuminoïdes nuisibles aux goutteux se placent en toute première ligne les matières riches en nucléine. Déjà l’observation clinique avait signalé le danger de certaines sources d’alimentation : les expériences récentes de Weixtràub, d’HoRBAC/.EWzia ont montré que l’absorption de substances riches en nucléine (thymus de veau, viande, foie, reins de veau) lait apparaître dans le sang une grande quantité d’acide urique, tandis que cet acide fait défaut, comme on le
TROUBLES ATROPIIIQU ES DE L.l SI TRITIOS CELLULAIRE
sail, dans le sang1 des gens bien portants. Ces laits, ainsi que I observation de Küiinau sur l'augmentation du taux de l’acide urique dans les urines, en cas de leuooeytose, rendent très plausible 1 hypothèse d Hoit- Iîac/k wsk i , Minkowsky, etc. , (pie 1(1 majeure partie <le l’acide arûjae provient de la auclèine.
.Mais le vice de l'alimentation n’est pas tout dans la production de la goutte; ne devient pas goutteux qui veut. 11 est sans doute des individus qui, sans prédisposition ancestrale, arrivent à la goutte sous I in- (luence de fatigues intellectuelles, d’alimentation plantureuse, et, devenus goutteux, transmettent à leurs lils une prédisposition particulière qui aboutit à créer, soit la goutte, soit des états morbides qu'on peut considérer comme les équivalents de cette maladie. La communauté d origine du groupe des maladies diathésiques est connue depuis fort longtemps, non seulement par les médecins, mais même par les littérateurs : « tu as la gravelle et j'ai la goutte, nous avons épousé les deux sœurs » est une phrase célèbre. A notre époque, les travaux de beaucoup d’observateurs sont venus affirmer ces relations Bazin, N. (Iuexeau de Mussy, Sénat, KaUCON N E AL-D U l'RKSN ES, VlLLEMlN, BeNEKK, BOUCHARD, SEEGEN, ReNDY, Lancekkaux, Le Cendre, Franz Glknard, etc.). Ils ont démontré : les uns (pie la goutte, le rhumatisme chronique, le diabète, 1 obésité, la lithiase biliaire, la migraine, l’astluue, se présentaient dans les mêmes familles, d’une manière alternative ou successive, avec un degré de fréquence véritablement frappant; les autres c j n e les maladies neuro-arthritiques dont nous venons de parler formaient une branche de la famille névropathique, à côté des affections mentales, des névroses et des lésions cérébro-spinales.
En résumé, la caractéristique biologique de la prédisposition qui donne naissance à la goutte reste encore à découvrir. En ce qui concerne la précipitation des urates, on peut expérimentalement, chez des animaux sains, en entravant la fonction des reins, provoquer des dépôts dans le tissu conjonctif normal ; mais, chez les goutteux, la formation des dépôts ne s’accompagne pas seulement de 1 augmentation du taux de l’acide urique dans les humeurs; elle exige aussi I intervention d’une certaine prédisposition locale des tissus.
C O N C ItETIO .V .S’ C A t. CAIRE S
APPENDICE
FORMATION DES CONCRÉTIONS F/r DES CALCULS
Les dépôts d’origine endogène qui se montrent dans les tissus vivants ou morts peuvent aussi se produire au sein des liquides et dans les cavités naturelles qui les contiennent. Les amas de sels insolubles ainsi formés sont désignés sous le nom de concrétions et de calculs. Ils s’accumulent dans la vessie et la vésicule biliaire, les bassinets, la prostate, dans la lumière îles canaux excréteurs des glandes et même dans la cavité intestinale. On les désigne d’après leur composition chimique (i calculs d’urates, d’o valûtes , de phosphates , etc.) ou d’après le nom de la cavité qui leur donne asile (calculs biliaires , vésicaux , rhinolithes., o/olithes, nèphrolithes, bronchiolithes , phlébolithes , arlériolithes , etc.).
La composition chimique des calculs varie avec celle dos liquides où ils se sont formés et dont les parties les moins solubles entrent d’ordinaire dans leur constitution (urine, bile, sécrétions canaliculaires). Dans la vésicule biliaire, par exemple, les concrétions ont pour élément constitutif principal la cholestérine, additionnée de pigments et de sels biliaires. Dans les bassinets et la vessie, les calculs se composent d’acide urique et d’urates, ou de phosphate et de carbonate de chaux, ou d’acide oxalique, ou, plus rarement, de eysline et de xanthine, etc.; dans les conduits des glandes salivaires ('I d'autres glandes, dans les vaisseaux, ils sont formés principalement par du carbonate de chaux. Rarement une seule substance entre dans leur constitution : d’ordinaire, au dépôt salin qui prédomine dans la structure de tel ou tel calcul viennent se joindre d’autres matières en petite quantité.
Les calculs les plus communs tirent leur origine des parties composantes do {'urine et de la bile, et ce sont précisément les calculs urinaires qui accpiièrent les dimensions les plus grandes.
Deux causes principales contribuent à la formation des calculs : la faible solubilité clans l’eau de quelques-unes des substances sécrétées ou excrétées, d'une part, et, d’autre part, une modification des conditions «pii maintiennent leur solubilité à l’état normal. On peut subdiviser ces causes dans les propositions suivantes :
i° Obstacle à l’écoulement des Ut/ aides renfermés dans les cavités et les conduits , et par conséquent stase;
a0 Présence , dans le lit/uide, de substances étrangères et en général de particules organiques cellules desquamons, grumeaux de mucus, cail-
TROUBLES ATROPHIQUES DE LA NUTRITION CELLULAIRE
lois de fibrine, amas de bactéries, de parasites morts, etc.) qui constituent un centre autour duquel se déposent les sels insolubles;
3° Viciation de la composition du liquide qui entraîne la précipitation des sels insolubles. Le rôle pathogénique des bactéries occupe ici une place prépondérante.
Dans la formation des calculs, surtout des concrétions uratiques et calcaires, les recherches d’EBSTEix (1884 ont montré la nécessité de la présence d'une substance étrangère et d’une base organique au centre des amas de sels précipités, et l’impossibilité d’assimiler la formation des calculs aux cristallisations des minéraux dans une solution mère. Fourcroy et Vauquelin, puis Carter, avaient, il est vrai, signalé l’existence de cette base organique dans les concrétions, mais la technique microscopique d’Ebsteix a fait voir que les calculs, quels qu’ils fussent (oxaliques, phosphatiques, carbonates, cholestériniques, uratiques, etc. . même les plus minimes, laissaient, après dissolution du sel, une base albuminoïde ayant à peu près les dimensions du calcul dissous. La forme radiée des concrétions résulte de la disposition des cristaux et s'efface par leur dissolution; au contraire, la structure concentrique est sous la dépendance des dépôts successifs de la base organique et n’est pas influencée par la disparition de la matière minérale. Cette base organique n’est point toujours disposée en couches concentriques ; elle peut se distribuer d’une façon irrégulière, circonscrivant des fentes et des cavités. Tandis que les rayons prédominent dans les calculs carbonatés, phosphatiques, uratiques purs, la disposition concentrique est plus fréquente dans les concrétions mixtes d’u rates et de carbonates ou de phosphates tribasiques. Seuls les calculs formés de cystine seraient dépourvus de base organique. La matière organisée, formée de mucus, de leucocytes et de caillots albumineux, se retrouve encore au centre des calculs expérimentaux qui apparaissent chez, les animaux soumis à l’absorption d’oxamide (Ebstein et NicolaïeU, Tuffier).
Les concrétions calcaires se trouvent à l'état physiologique dans les petites niasses concentriques, incrustées de carbonate et de phosphate de chaux, qui siègent dans les plexus choroïdes et dans la glande pinéale. Leur base organique est formée de couches superposées de matière albuminoïde en dégénérescence colloïde et hvaline, provenant de 1 endothélium des vaisseaux sanguins. Cette base, qui forme le centre du calcul, devient facilement appréciable après la dissolution des sels calcaires qui l’entourent. Parfois les grains de sable rappellent tellement les formes considérées comme des sporo/.aires dans les cellules cancéreuses, (pie certains auteurs, obnubilés par la théorie parasitaire