CALCULS BILIAIRE. S
et cherchant des eoceidies dans tout lissn pathologique, n ont pas hésité à les appeler des parasites calcifiés.
Les incrustations calcaires des corpuscules amylacés qu’on trouve dans les ventricules cérébraux ou dans la prostate se rapportent au même type de concrétion.
('aïeuls biliaires. — La doctrine qui attribue les maladies dialhésiques au ralentissement de la nutrition interprétait les causes de formation des calculs biliaires, il y a quelques années, de la façon suivante. La nutrition paresseuse l'ail apparaître dans les humeurs des acides organiques en excès, dont la présence a pour résultat la dissolution de la chaux des éléments anatomiques. Celle chaux, se montrant en proportion notable dans un milieu chargé de cholestérine, amène la précipitation de celle-ci, parce quelle décompose les éléments qui assurent sa solubilité, c’est-à-dire les sels biliaires, dont elle prend les arides pour former des cholates insolubles. Enfin, quand la cholestérine s’accumule en excès dans une humeur, elle y tait un précipité, malgré la réunion des autres conditions favorables a sa dissolution. — Ces arguments très ingénieux n’ont pas été l’objet d’une démonstration directe. Comment, si la théorie était exacte, les calculs biliaires ne se montreraient-ils pas à foison dans l’ostéomalacie où, par suite de la déminéralisation, les sels île chaux encombrent les humeurs? Les expériences de Ja.uk.yu, Thomas, Kausch ont montré que la teneur de la bile en cholestérine était indépendante de la quantité de celte substance circulant dans le sang; (pie ni le mode d’alimentation, ni même l’introduction de cholestérine-sous la peau ne modifiaient la dose de cholestérine en dissolution dans la bile - — ceci, soit dit en passant, éveille le scepticisme au sujet de l’interprétation du régime alimentaire classique imposé aux lithiasiques biliaires. — 11 en serait de même de la chaux biliaire, indépendante de la quantité de chaux introduite par l’alimentation. La cause essentielle, constatée par des procédés microscopiques et chimiques, résiderait, d’après Naunyn, dans 1 altération et la desquamation des cellules épithéliales de la muqueuse des voies biliaires. De telle sorte (pie la lithiase biliaire, considérée il y a quelques années comme un des prototypes des maladies par ralentissement de la nutrition, ne serait en réalité qu’une maladie d’origine locale.
Déjà l’acidité de la bile contenue dans la vésicule des calculeux avait été constatée; Meckel attribuait même celle acidité à la fermentation du mucus altéré et prononçait le nom de catarrhe lithogène. Les découvertes bactériologiques allaient donner a celle théorie la démons-
troubles atropiuqi es de la yrr/trr/o.v ceu.vi.awe
t rat ion qui lui manquait. En 1886, Galippk avait émis l’opinion — audacieuse pour l’époque — que les concrétions de toute nature rencontrées dans l’organisme, et en particulier les calculs biliaires, étaient dues a l’action de microbes dont la présence était constatée à leur centre. On reconnut bientôt la fréquence des angiocholites et des cholécystites microbiennes (Duphk). Naunyx exposa au Congrès de Wiesbaden 1891 la théorie de la lithiase biliaire d’origine infectieuse, qui se résumait pour lui dans les trois conditions palhogéniques : stase, infection, inflammation de la muqueuse. La base sur laquelle cette doctrine allait reposer solidement fut fournie par les auteurs français. Gilbekt et Dominici mirent en évidence la fertilité des calculs jeunes, la présence, au sein de calculs plus anciens, de formes bacillaires, tantôt vivantes et tantôt mortes, la stérilité absolue du centre des calculs très âgés. IIanot et Létiexne signalèrent pour la première fois la présence de bacilles typhiques au sein d'un calcul. On sait que la fièvre typhoïde est fréquente dans les antécédents des calculeux et que Chante messe et Widal ont signalé, dans la dothiénentérie humaine et dans l’infection typhique expérimentale, la pénétration du bacille d’EREiiTii dans le contenu de la vésicule. Dans le cours de la lièvre typhoïde, il suffit parfois de quelques semaines pour que deux ou trois calculs du volume d’une petite noisette se forment dans la vésicule. L’un de nous (Chantemesse' a pu récemment observer un fait de cette nature, où les calculs renfermaient du bacille typhique vivant, à l’état de pureté.
Gilbert et L. Foubxieb ont constaté que, dans la majorité des cas de cholélitbiase, on peut mettre en évidence par la coloration et la culture la présence du col i -bacille dans l’intérieur des calculs. De nouvelles expériences communiquées par ces auteurs à la Société de biologie (3 o octobre 189^) ont montré les étapes de la formation de la lithiase biliaire consécutive à l’injection du bacille (I’Ebebth dans la vésicule. Plus récemment, Mignot a obtenu des résultats analogues (Soc. «le chirurgie, a3 février 1898). Vingt-trois fois sur soixante-dix cas il a trouvé dans les concrétions 1) i 1 i ai res le coli-bacille vivant. Introduisant dans la vésicule une culture pure et peu virulente de cette bactérie, il a pu provoquer la formation de calculs qui, par leur aspect et leur structure, présentaient les analogies les plus étroites avec les calculs spontanés.
Les microbes introduits dans la vésicule constituent des corps étrangers, mais l’énergie de leur action réside dans les effets de leurs produits solubles. Ce sont les toxines qui altèrent l'épithélium, modifient scs sécrétions, provoquent sa desquamation. On conçoit qu'une cause toxique quelconque agissant sur l'économie tout entière puisse amener
c,i i.cri.s biliaires
une altération de cel épithélium vésiculaire et aboutir à la formation d'un centre calculaire.
La cause essentielle de la lithiase biliaire est donc locale; elle lire son origine de l'infection ou de l’intoxication; mais là encore, comme dans la réalisation de tous les processus infectieux, interviennent des causes secondes qui jouent un rôle très important. Ces causes secondes favorisent la stase dans la vésicule biliaire; ce sont : l'usage du corset
— trois fois plus souvent que l'homme la femme est atteinte de lithiase,
— la sédentarité, la vie dans un air confiné où les mouvements sont peu développés, le peu d’ampleur
des contractions diaphragmatiques, la grossesse, l’alimentation trop copieuse qui trouble les fonctions digestives et facilite par ce moyen l’infection des voies biliaires, et enfin la vieillesse — il n’est pour ainsi dire pas de vieille femme, à la Salpêtrière, à l’autopsie de laquelle on ne trouve des calculs biliaires (Cklveiluikh ,
Chakcot). l'ne des raisons consiste dans l’affaiblissement et l’atrophie des muscles lisses des parois des voies biliaires (Charcot) qui laissent la voie plus facilement ouverte aux infections ascendantes.
Les calculs contenus dans la vésicule peuvent être solitaires ou extrêmement nombreux (plus de 7000). Uniques, ils sont ovoïdes ou sphériques, pouvant atteindre le volume d’un œuf de poule; multiples, ils présentent des angles et des facettes qui résultent de leurs pressions réciproques (Charcot) et non point de leurs frottements, car sur les côtés des facettes on trouve le même nombre de couches, plus fines, il est vrai, que dans les parties qui ne sont pas taillées fig. i4 > • Leur surface est tantôt lisse et tantôt rugueuse, comme mamelonnée. Plus souvent opaques que translucides, ils présentent des teintes de coloration qui varient du blanc au noir, en passant par le brun el le vert. Sur un plan méridien du calcul, on distingue l’écorce stratifiée en couches concentriques et sous l’écorce la partie moyenne qui d’ordinaire offre une apparence cristalline, radiée, blanche. Le centre ou noyau est constitué, en général, par une substance organique (le plus souvent mucus, cellules épithéliales, parasites), imprégnée de matières colorantes, bilirubine ou biliverdine, combinées à
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Calculs biliaires.