CALCULS URINAIRES
La fréquence des calculs urinaires s’explique par ce fait que, pour assurer la solubilité de certains sels de l’urine, des conditions instables par elles-mêmes, telles que 1 acidité, la température, etc., ne doivent pas subir de modifications importantes. Aussi, même à l’état normal, voit-on l’acide urique se précipiter facilement dans l’urine, dès que celle-ci se refroidit.
L' exagération de l'acidité urinaire favorise la précipitation de l’acide urique, de 1 urate acide de soude et de l’acide oxalique sous forme d’oxalate de chaux; tandis
l’ig. i pi. — Calcul d’oxnlalo de chaux ; calcul muri- L forme (D’après Beale).
Fig. 1 4 7 . — Calculs urinaires uro-phosphaliques. La partie centrale est formée d’urate do soude et la périphérie de phosphate ammoniaco-magnésien.
que la diminution de son acidité , et surtout sa fermentation alcaline (ammoniacale), résultat de la décomposition de l’urée, aboutit à la précipitation du phosphate basique de soude, du phosphate ammoniaco-magncsien et de l’urate d’ammoniaque. Si l’urine ne contient pas de base organique, il se forme du sable urinaire; dans le cas contraire, les sels précipités incrustent cette hase et donnent naissance, par ce procédé, à des concrétions cl des calculs. Dans les premières portions des canalicules urinaires la fermentation ammoniacale d’origine microbienne ne pénètre que très rarement; aussi le sable urinaire et les concrétions qui se forment à ce niveau
Fig. 148. — Calcul vésical. Le contre renferme de l’oxalale de chaux et la périphérie des phosphates tribasiqaes. Grandeur naturelle (D’après Rikdfleisch).
ne se composent-ils presque exclusivement que d’acide urique, d’urale acide de soude et d’oxalale de chaux. Les calculs phosphatiques qu on trouve dans les bassinets doivent au contraire leur origine à la fermentation alcaline propagée de la vessie vers le bassinet.
Kn dehors de l’état catarrhal de la muqueuse des voies urinaires, la formation des
rnomr.ES athopiiiques de i.a mthitio.v cellulaire
•il s
concrétions urinaires est favorisée par la concentration excessive de certaines urines pathologiques, par les évacuations vésicales insuffisamment renouvelées et, d'une manière générale, par des troubles de la nutrition se traduisant par une élimination excessive d’acides urique et oxalique ou de phosphate de chaux.
11 est facile de comprendre que l'alimentation joue dans ces métamorphoses nutritives anormales un rôle important à litre de cause prédisposante.
Les calculs qui ne comprennent dans leur constitution qu'un seul des éléments salins de l'urine sont rares : le plus souvent une de ces substances prédomine, mais d’autres viennent s’y ajouter et former autour d’elle des couches nouvelles. L’aspect extérieur, la couleur, la configuration, la consistance de ces calculs examinés sur une tranche de section ou de cassure varient selon la composition.
On peut classer les calculs en diverses catégories.
Les u rates sont formés d’acide urique et d’uratc de soude; leur consistance est ferme, leur volume peu considérable et leur couleur jaune-orange ou fauve. La surface mise à nu par une cassure offre un aspect cristallin dans les petits calculs, amorphe dans les plus volumineux ; elle montre parfois des couches concentriques, alternativement foncées et claires. Les concrétions d’acide urique pur sont petites et de couleur fauveorangée. Les calculs d’urate de soucie pur sont rares; on les trouve d’ordinaire accompagnés d'oxalale de chaux et de phosphate ammoniaco-magnésien, sels qui constituent les couches superficielles du calcul (fig. i$y).
Les oxalates sont les plus résistants; leur couleur est fauve foncée; ils sont mamelonnés et rappellent l’aspect cl’une mûre (fig. i ^ 6) . Quand ils s’unissent aux urates, c’est à la périphérie du calcul que se trouve ce dernier sel. Les dépôts d’oxalates se rencontrent de préférence chez les individus soumis à l’excès, au régime végétarien, d’où l’expression de « lithiase des pauvres » qui sert parfois à désigner l’état morbide caractérisé par la présence de ces calculs.
Les calculs phosphatiques renferment le plus souvent le phosphate basique de chaux, le phosphate ammoniaco-magnésien et, parfois, une certaine quantité de carbonate de chaux. Blancs ou gris, ils siègent dans la vessie, où ils peuvent acquérir un gros volume. Les calculs de phosphate ammoniaco-magnésien sont friables cl présentent une structure grossièrement cristalline. Les concrétions mixtes, dans la composition desquelles entrent à la fois les phosphates et les urates, ne sont point rares : on distingue le dépôt d’urate cristallisé au sein de la masse amorphe du phosphate. Si la réaction du liquide urinaire est alternativement acide et alcaline, il so dépose sur les concrétions déjà formées des couches successives d’urate et de phosphate aminonio-magnésien, de sorte que sur les stratifications est inscrite 1 histoire de la formation du calcul.
Les concrétions de cystiue sont rares; petites’, molles, de couleur jaune cireuse, on les trouve dans les canaux de la substance médullaire du rein et dans la vessie. Leurs modes de production sont obscurs : on les voit survenir de préférence dans certaines maladies du foie ; elles sont l’apanage de la jeunesse et de l’âge adulte. Elles se rattachent à un trouble cle la nutrition dénoncé par l’élimination excessive de cystinc par les urines.
Les concrétions formées de .vanthinc, d'indigo, sont très rares.
Il faut enfin signaler Y infarctus uralique et bilirubinique des nouveau-nés \ irchow, X r. u man N ; il se montre sous forme de bandelettes orangées ou fauves dans la région des pyramides et des tubes collecteurs. On trouve dans la composition de ces infarctus l’urate d'ammoniaque et l’acide urique et, en cas d 'ictère des nouveau-nés,
H li U .Y C 11 0 1. / /■ // /■: s
des pigments biliaires. La fréquence de ces concrétions chez le nouveau-né peut
premiers jours après la naissance; ils se montrent parfois pendant la vie intra-utérine. L’infarctus uratique est une production pathologique et constitue la manifestation de l'élimination excessive d’urates qui commence, chez certains enfants, dès les premiers jours de la vie; expression d’un état goutteux congénital, il frappe parfois plusieurs enfants de la même famille.
Les concrétions des conduits excréteurs des glandes, les otolithes , les r/unolithes, le§ ptyolithes (lig. 149), sonl composés principalement de carbonate basique de chaux el se forment d'ordinaire au voisinage de corps étrangers, de particules détachées de la muqueuse, de caillots de fi bri ne ou de sang, de colonies de bactéries mortes, de
champignons, de moisissures, etc. L’obstacle
anormale, comme une caverne. Elles présentent souvent des arborescences, des embranchements, comme les calculs rénaux, mais leur forme n’a pas un caractère de lixité absolue. Leur volume varie de la dimension d'un grain de millet à celle d’une amande; leur poids est très variable, parce qu’elles sonl denses ou poreuses. Leur texture montre tantôt des stratifications concentriques, tantôt des inégalités portant sur la constitution du centre et sur celle (b* la périphérie. Quelquefois,- en effet, le centre est liquide et d’apparence purulente, ou bien il est lornié par un corps étranger autour duquel se sont déposées des couches concentriques ou des granulations homogènes, comme il arrive dans la formation des calculs vésicaux. La constitution chimique de ces calculs comprend en majeure partie du phosphate, puis du carbonate de chaux, quelquefois du carbonate de magnésie, des chlorures el sulfates alcalins et de la matière organique. Bernheim a signalé chez certains goutteux
s’exprimer par le chiffre d’environ 53 p. 100. O11 les rencontre dans les dix à quinze
à l’écoulement du produit de sécrétion très riche en mucus el les états inflammatoires des membranes prédisposent à la formation de ces calculs, tpii reproduisent souvent la forme des cavités qui les Logent.
peuvent se former, soit dans les grosses bronches, soit dans les petits canalieulcs, soit
exceptionnellement dans les cavités alvéole- Fig- uo- — Rhînoiithes.
Des concrétions calcaires ou broneholilhes
Fig. 149. — Rhinolithes.
lion, quelquefois deux ou trois; elles sont
beaucoup plus nombreuses quand elles siègent dans une cavité
TUOLBLES atrophiques de i.a nutrition cellulaire
l'élimination, par les crachats, de concrétions calculeuses d’aeide urique.
Au point de vue des symptômes provoqués par l’existence de ces calculs, on constate une certaine analogie entre eux et ceux qui découlent de la présence de concrétions urinaires ou biliaires. Les crises broncholithiques ne laissent pas que de rappeler les coliques hépatiques ou néphrétiques. Si l’expulsion d’un bronchoüthe est parfois facile, elle est en revanche souvent douloureuse, constrictive, accompagnée d'une toux quinteuse et tout à coup entrecoupée d’une sensation de déchirement au larynx, suivie immédiatement de l'expulsion d’un corps dur. L'expectoration accomplie, la colique bronchique est terminée.
Quelleest l’origine des productions calculeuses de l’appareil bronchopulmonaire? Les causes doivent en être multiples. Il en est une cependant qui, encore peu connue, joue certainement un rôle important dans la formation des calculs, surtout de ceux qui surgissent au sein des cavités pulmonaires et bronchiques. Cette cause est l’intervention d’agents microbiens qui fut, à propos de la formation d’autres calculs, mise en lumière par Galippe (1886).
Les calculs intestinaux (coprolithes, entèrolithes ) se rencontrent surtout chez le cheval. Us présentent dans leur partie centrale des vestiges d’aliments cellulosiques noyés dans du mucus; dans leur constitution entrent le phosphore ou le carbonate de chaux, le phosphate ammoniaeomagnésien, la silice.
Chez l’homme, la lithiase intestinale, représentée par du sable ou des grains, n’est pas absolument rare. Les caleuls(analyses deMÉnu, Berlioz, Richard, Robert) ont toujours été trouvés, dans ces cas, formés d’une base organique de nature stercorale et d’un élément inorganique représenté par les sels de chaux et de magnésie, avec des traces de silice et de chlorures. Il se différencient facilement des calculs et du sable biliaires par l’absence de cholestérine.
La lithiase intestinale a fait l’objet d’une remarquable étude clinique de Dieulafoy, qui a montré ses rapports étroits avec l’entéro-colite pseudo-membraneuse. Souvent les malades qui souffrent d'une lithiase intestinale ont eu, longtemps ou peu de temps auparavant, des selles plus ou moins glaireuses, même sanguinolentes, contenant des membranes rubanées. Parfois, la lithiase intestinale parait se rattacher manifestement à un trouble de la nutrition proche parent de la diathèse goutteuse (Dieulafoy, Foxtet).
Les manifestations cliniques de la migration du sable intestinal varient suivant la sensibilité des individus : elles sont insignifiantes chez certains; chez d’autres, elles se traduisent par des crises douloureuses donL I intensité rappelle celle des coliques hépatiques ou appendieu-