FORMES
dans une éprouvette contenant de l’eau salée, d’un fragment de tissu arraché d'un corps vivant amène en peu de temps la dissolution des noyaux Arnheim). Soumise à l’action de certains agents cpii détruisent le protoplasme ( toxines cholériques, diphtériques , tuberculeuses, pesteuses, typhiques , — phosphore, arsenic, etc.), la substance nucléo-chromatique du noyau disparait vite, parfois quelques heures après la mort de la cellule. Il est évident que certaines bactéries élaborent des sécrétions qui, ii l’instar d'autres substances chimiques, favorisent l’action kariolytique du plasma des tissus sur les noyaux morts.
L'étude des fines altérations morphologiques du protoplasme cellulaire est indispensable pour la compréhension des processus survenant dans la cellule après sa mort. Les recherches faites à ce sujet par Zoja, Israël, Dansehl, etc., ont démontré que les granulations iJ’Altmann se conservent intactes, en cas de gangrène sèche, pendant dix-huit à vingt-quatre heures; chez les animaux à sang froid, elles peuvent même persister pendant deux et trois jours. Chez les animaux à sang chaud, elles s'effacent entièrement, et les granulations ne peuvent plus être colorées au bout de quarante-huit heures. Pendant leur disparition graduelle, quelques-unes se fusionnent, ce qui permet de supposer qu’elles sont semi-liquides.
La vitrification du protoplasme des cellules glandulaires nécrosées, sous l’inlluence île diverses toxines ou d’une anoxhémie brusque ( nécrose anémique ) est due à la fusion des granulations et à la constitution d’une masse albuminoïde unique.
Dans la mortification et la disparition du noyau cellulaire on distingue des tvpes anatomiques différents.
La mort dolente et très rapide de la cellule, quelle qu’en soit la cause, s'accompagne d’ordinaire de désagrégation des noyaux en fragments irréguliers nucléo-cliromatiques. On pourrait désigner ce processus sous le nom de Kariorheais 'y.apisv crg'.q — rupture). Pendant la destruction du corps de la cellule, ces amas peuvent nager librement dans le sang et dans la lymphe. Ils disparaissent progressivement du foyer do mortification, absorbés qu’ils sont par les cellules conjonctives et par les globules blancs du sang, ou encore dissous dans le plasma du tissu.
La mort lente de la cellule et du noyau processus nécrobiotique ) s'accompagne de la fonte progressive de la substance nucléo-chromatique en un amas de particules rondes, brillantes, huileuses. Ce processus, désigné sous le nom de chromatolyse (Flemmino) ou lariolyse •auo) — je dissous), s’observe très souvent dans des dégénérescences et gangrènes soit physiologiques, soit pathologiques. La mort des
NÉCROSE. MORTIFICATION. GANGRÈNE
"lobules blancs du sang, des cellules de la membrane granuleuse, lorsque les follicules de Grau- mûrissent; la mortification cellulaire, dans la dégénérescence kératique, colloïde et muqueuse; celle qui survient
Fig'. 1Ô7. — Coupe d'un fragment de moelle de sureau laissé pendant 4 jours sous la peau d'un lapin. La périphérie de ce fragment est infiltrée de leucocytes. Beaucoup de ces derniers éléments présentent des signes de ehromatolysc et tle karyolysc (Gross. ~I>o diaui. Fixation dans le liquide de Flemming; coloration par l’éosine et la thionine).
au niveau d’un infarctus hémorragique, dans les néoformations inflammatoires; et, d’une manière générale, Lotis les cas de destruction non rapide de la cellule, entraînent la mort du noyau (fig. 1.Ï7, 1 58, tày, 160',
l ig. i.)8. — Chromatolysc des leucocytes dans un foyer de nécrose.
F'ig. lôy. — Chromatolysc. des leucocytes dans une veinule.
suivant le type de la chromalolyse. 11 se produit une transformation chimique de la nucléine eu une matière huileuse, car les grains isolés do celle nouvelle substance ne sont ni anguleux, ni irréguliers, mais conservent l’aspect de gouttes liquides. Ces grains se distinguent d'abord