ORMES
en dedans de la membrane du noyau, el ce n’est qu'après la mort de ce dernier qu'ils pénètrent librement dans le protoplasme cellulaire. Pendant la fonte ou la destruction de la cellule, ces grains nagent dans le liquide du tissu ou dans le sang. Lorsque les lentes intertissulaires du foyer gangreneux renferment des I i I a ments de fibrine, les grains en question s’attachent à eux et y restent jusqu’à ce qu’ils soient dissous ou résorbés par les cellules vivantes ( fi g . 161).
Entre les deux types extrêmes de destruction du noyau il existe toute une série de stades intermédiaires, comme on peul facilement s’en convaincre en examinant sous le microscope un foyer quelconque de gangrène.
Pour étudier les processus de kariolyse, il suffit d’introduire sous la peau d’un lapin un morceau de moelle de sureau. Deux ou
trois jours plus tard, on le durcit et on étudie les coupes au microscope : les alvéoles du fragment de sureau sont remplis de leucocytes en état de mortification graduelle et de désagrégation kariolytique (fig. 107).
C’est encore suivant le type de la destruction kariolytique que se fait la mort lente du noyau des organismes unicellulaires, les sporozoaires et les bactéries. En ce qui concerne les bactéries, entièrement composées d’une substance nucléiniquc, l’altération correspondante est décrite sous le non de plasniolysc (Eischeh) el s’observe dans les cultures de bactéries en milieu qui leur est peu favorable, par exemple les milieux salins et acidulés. Ees cellules, dont le noyau se désagrège suivant ce type anatomique, affectent une ressemblance si grande avec l'image que l’on observe dans quelques stades du développement des coccidies, qu’une confusion a été quelquefois commise. L’erreur est d’autant plus facile que la dégénérescence des sporozoaires peut aussi se produire suivant
Fig. lüo. — Vésicule de Gruaf (lapin). Chromnlolyse des cellules de la membrane granuleuse.
Fig. 161. — Réseau fibrineux dans un foyer de nécrose. Les leucocytes son! en état de karyolyse; des grains de chromatine sont dispersés dans les mailles de lu fibrine et adhèrent à ses filaments.
NÉCROSE. MORTIFICATION. GANGRÈNE
le type karioly tique. A plusieurs reprises déjà, les amas globulaires formés aux dépens des cellules mortes ont été pris pour des sporozoaires, tandis que les grains de chromatine étaient considérés comme les spores, filles du parasite hypothétique (tig. 162).
Le degré le plus avancé des altérations régressives qui s’observent dans la nécrose de coagulation, et d’une manière générale dans la gangrène sèche, est représenté par la dégénérescence caséeuse des éléments du tissu nécrosé. Ceux-ci se transforment en une masse albuminoïde
pauvre en eau, friable et grenue, rappelant par son aspect extérieur le fromage. La dégénérescence caséeuse peut se produire dans toute région mortifiée, antérieurement riche en éléments cellulaires et pauvre en vaisseaux. Aussi frappe-t-elle souvent les bourgeons peu vasculaires du tissu de granulation, bourgeons qui surgissent au cours de la phtisie et de la syphilis et qu’on nomme les granulomes tuberculeux et syphilitiques ( tubercules , gommes) ; elle atteint aussi les ganglions lymphatiques envahis par la tuberculose. Voilà pourquoi le tubercule qui a subi la dégénérescence caséeuse complète, ne renferme plus ni éléments cellulaires, ni noyaux. Dans cette masse caséeuse on ne distingue que de tout petits grains de nucléo-chromatine régulièrement disséminés. Les seuls indices de vie qu’on trouve quelquefois dans l’amas désagrégé sont fournis par la présence des bactéries tuberculeuses. Ces dernières témoignent que le produit caséeux 11e peut être considéré comme un élément dépourvu de caractère offensif.
Les étapes qui mènent du granulome encore vivant au granulome en désagrégation caséeuse sonl séparées par une série de stades intermédiaires. On trouve quelquefois dans les tubercules en voie de transformation caséeuse des restes de cellules déjà mortes, mais non encore désagrégées, des amas de substance nueléo-ehromal ique, des fibres du lissu conjonctif, etc. Les parties centrales du tubercule étant les plus éloignées des vaisseaux nutritifs subissent les premières la caséification, tandis que la vie cellulaire persiste encore dans les zones périphériques.
La présence de certaines bactéries ('1 de leurs produits de sécrétion dans les tissus dont les cellules sont on train de mourir ou sont déjà mortes, joue, semble-t-il , un grand rôle dans la production de la transf'or-
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Fig. iGü. — Crusse cellule d une tumeur sarcomateuse ayant englobé dans son protoplasme des fragments de tissu en voie de nécrose et des corpuscules rappelant l’image de parasites.