‹ Pathologie générale et expérimentaleChapitre 61 sur 72 · MC · texte numérisé non relu

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avec les substances chimiques nécrosantes contenues dans leur milieu de culture, pour que le tableau change, que des parties se nécrosent et deviennent des foyers de multiplication microbienne et de putréfaction. Celle-ci débute d'ordinaire dans les régions où s’accumulent en abondance le sang et l’eau.

Il n’existe pas de germe spécifique qui tienne sous sa dépendance exclusive la décomposition putride. Le baclerium termo de Ceux, qui a eu la réputation d’être l’agent particulier de cette altération, n’existe même pas en tant qu’espèçe ; il ne représente qu’un stade d’évolution d’une autre bactérie du genre proteus (Hauser), qui détermine souvent la putréfaction des matières organiques. En dehors des microbes du genre proteus, beaucoup d’autres germes provoquent la putréfaction, et la plupart d’entre eux sont des bâtonnets ( bacille saprogène , bacille fétide, bacille fluorescent, colibacille putride, bacille pyogène, bacille butyrique, etc., etc. . Les microbes anaérobies, le bacille de l'œdème malin, du charbon symptomatique, le bacillus liquefaciens magnus et spinosus, etc., etc., produisent, d’après Keiiry, Wencki, Lüdderitz, la putréfaction. Parmi les bactéries sphériques, il faut mentionner principalement le micrococcus albus fœtidus liquefaciens. Aux microbes qui déterminent la décomposition putride des parties déjà mortifiées, mais non encore détachées du tissu sain, il faut ajouter la bactérie signalée autrefois par Le Daxtec et décrite par Vixcent, en 1896, pendant l’expédition de Madagascar. Dépourvue d’action sur les tissus sains, cette bactérie provoque l’apparition de la pourriture d’hôpital dans les- tissus préalablement affaiblis.

Dans tout liquide putride on trouve, sous le microscope, un grand nombre de bactéries différentes. La bactérie la plus fréquente et la plus répandue dans la putréfaction des cadavres est le baclerium fluorescens liquefaciens. Rarement les bactéries putrides se développent dans les régions riches en oxygène ; dans la majorité des cas, les microbes de putréfaction sont des espèces anaérobies. D après les récentes recherches de Biexstock (1899), c’est le bacillus pulriflcus coli qui serait la cause la plus fréquente de la putréfaction.

La putréfaction de la fibrine ne semble pouvoir être produite, d après cet auteur, que par l’action de germes anaérobies. Celte idée ancienne de Pasteur, contestée par l'école allemande de Flügge, a reçu un appui des expériences de Biexstock. Les germes aérobies, mélangés avec les bacilles anaérobies de la putréfaction (par exemple avec le bacillus putrificus de Biexstock), agissent comme des antagonistes et empêchent la putréfaction, laquelle s’effectue beaucoup mieux dans un milieu peuplé uniquement d’anaérobies. Ces faits ont une grande importance et donnent la clef d’une série de processus intestinaux. Nous partageons les idées de Biexstock attribuant la restriction de la putréfaction intestinale à 1 influence des bacilles aérobies de l’intestin (colibacille, bacillus aerogenes laclis) sur les bacilles de la putréfaction plutôt qu'à l’action antiputride (encore problématique) de la bile.

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