‹ Pathologie générale et expérimentaleChapitre 62 sur 72 · PCT RE FA CT ION · texte numérisé non relu

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En 1898, Veillox el Zuber ont perfectionné un procédé d'isolement des microbes strictement anaérobies, qui leur a permis de reconnaître le rôle joué, dans certains processus gangreneux, par des germes (bacillus ramosus, bacillus serpens) que l’on rencontre fréquemment dans les otites putrides et dans les foyers gangreneux métastatiques du cervelet, du poumon, etc., développés consécutivement à ces otites.

Quelques-unes des bactéries putrides déterminent la formation d’une grande quantité de gaz : tel est le vibrion septique de Pastiîuu (bacille de l’œdème malin des Allemands), le bacille du charbon symptomatique découvert par Arloing, Cornevin et Thomas (Rauschbrand des Allemands), etc. La faculté que possèdent quelques bactéries putrides de décomposer la matière organique est variable suivant qu’elles agissent en présence ou à l’abri de l’oxygène : par exemple, le bacille saprogène 1 de Rosexbach, en présence de l’oxygène, produit rapidement une putréfaction intense avec élimination de gaz fétides, et, en l’absence d’oxygène, il détermine au contraire une décomposition lente et inodore.

Le nom de proteus, donné par Hauser à une bactérie, doit être considéré comme un nom générique, s’appliquant à plusieurs espèces, parmi lesquelles le proteus vulgaris, le proteus mirabilis, etc. Ces bactéries sont extrêmement polymorphes, c’est-à-dire qu elles sont tantôt longues, en bâtonnets, tantôt courtes, tantôt filiformes, tantôt spiralées, suivant le milieu où elles poussent. On peut obtenir des cultures du genre proteus un virus très actif qui, à faible dose, fait périr les animaux avec les symptômes d’une intoxication septique.

Le uo/ua, terme employé pour désigner la mortification progressive des joues, présente une variété particulière de gangrène. Rares et Bambïlovici pensent avoir réussi à isoler le microbe du noma, qu’ils décrivent comme une bactéi'ie longue et très mince. Injecté sous la peau de lajoue du lapin, ce microbe amène la mortification. Guizktti a dernièrement confirmé cette observation (1896).

Putréfaction. — On nomme putréfaction toute décomposition des matières organiques mortes , déterminée par les bactéries et accompagnée de la formation de gaz putrides. Les hypothèses sur l’origine vitaliste de la putréfaction remontent à des temps reculés ; elles ont fait l’objet de controverses entre les savants (l’abbé Kihciieh, Neediiam, Spallanzani, etc.) ; vers le milieu de ce siècle, la question de la génération spontanée et celle du panspermisme furent soumises régulièrement à l’étude par la méthode expérimentale. Sciiwann (i835), Schultze ( 1 836) montrèrent que, sur une infusion putrescible de viande bouillie, on pouvait faire arriver de l’air, sans produire la putréfaction, à la condition que cet air ait été préalablement chauffé (Sciiwann) ou qu’il ait barboté dans l’acide sulfurique (Sciiultze). On objectait à ces expériences que l’air 11’était plus de l’air, puisqu’il avait été modifié. En i854, Schrôder et Dlsch évitèrent l’objection en assurant l’aération du flacon à l’aide d’un courant d’air qui traversait simplement de l’ouate de coton, tassée à l’intérieur du tube. Ces expériences démontraient qu en arrêtant des

NÉCROSE. MORT! E1CA TtON. GANGRENE

g.ennes hypothétiques, on empêchait la putréfaction, mais elles n'établissaient pas, directement et d’une manière évidente, que c’étaient ces germes qui engendraient la vie. Pasteur résolut définitivement le problème. Faisant bouillir une infusion putrescible dans un ballon à col très allongé et sinueux, il laissa librement pénétrer dans b; ballon refroidi le courant d’air extérieur qui, cheminant avec lenteur, déposa sur les sinuosités du col toutes ses poussières, inertes et organisées. L’air arrivait au contact de l’infusion, pur de tout germe, et la putréfaction ne se produisait pas. 11 suffisait ensuite d’incliner le ballon pour que l’infusion vint mouiller le tube sinueux et y recueillir des germes; peu de temps après, la putréfaction éclatait dans le liquide du ballon (1857-1860).

Dans la putréfaction des substances albuminoïdes , une série de corps solides et gazeux prennent naissance, qui peuvent être répartis en cinq groupes :

a) Les acides et amines de la série grasse (acides formique, acétique propionique, oléique, valérianique, lactique, succinique, palmitique, leucines et corps analogues, etc.) ;

b) Les dérivés de la série aromatique (indol, scatol, phénol, crésol, tyrosine, pyrocatechine, hydroquinone, et autres);

c ) Les produits gazeux (CO2, SIP, II, Az, CH4, PH3, AzH3) et l’eau ;

d) Les bases organiques particulières, connues sous le nom collectif de ptomaïnes , qui méritent, à cause de leur action sur l’organisme, d’être appelées toxines putrides ;

e) Les peplones , les ferments et les albumines toxiques qu’on a désignées sous le nom de tox albumines.

Dans chaque substance en putréfaction on trouve en quantité plus ou moins grande les groupes sus-indiqués. Suivant le degré de la putréfaction, sa durée, sa nature, la présence, l’excès ou le défaut d air, la quantité de ces substances varie notablement : à un moment donné, quelques-unes d’entre elles se développent en abondance, d’autres font défaut.

Les ptomaïnes et les ferments ont une grande importance pour la pathologie, parce (pie leur action sur l’organisme est franchement nocive; aussi ces deux groupes mérilent7ils une attention particulière.

Ptomaïnes . — La toxicité des éléments et des substance» en voie de décomposition était connue dans l’antiquité. Les premières recherches expérimentales sur ce sujet et l’élude de quelques produits de la putréfaction, notamment de 1 ammoniaque, ont commencé à la fin du siècle dernier (Seuiikut), et elles ont été surtout entreprises au commencement de ce siècle par Gaspaud (1808). Les tentatives pour isoler les diverses substances contenues dans les matières organiques en voie de décomposition

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