NÉCROSE. M ORTIFICA TI OS. G A S G R E S E
l'autre volatil, eu soumettant à la putréfaction de Y albumine pure mise à l’abi-i de l'air. Il n’est que juste de mentionner que, dès i8;v., A. Gautier, en soumettant de la fibrine du sang' bien lavée ou de l'albumine d’œuf coagulée, pure de toute matière végétale ou extractive, à l'action des bactéries, avait obtenu des alcaloïdes fixes et volatils à sels eristalli-
sables.
Selmi a nommé les alcaloïdes qu il a retirés du cadavre, par la méthode d’OTTO Stas, ptomaïnes (t'c = cadavre], et il a consacré à
leur étude les dix dernières années de sa vie.
Depuis les travaux de Gautier et Selmi, on a publié une série de recherches sur les substances chimiques formées pendant la putréfaction, substances auxquelles appartient une action nocive sur 1 organisme.
En 1876, Nencki a retiré des produits de la digestion de la gélatine par le pancréas une base huileuse, la première ptomaïne qui ait été isolée à l’état de pureté, et qui, en combinaison avec le platine, donne de belles aiguilles de sel cristallisé. L’analyse de cet alcaloïde répond à celle de la collidine (C8H"Az).
A l’aide d’une méthode qu’il a instituée, A. Gautier, en collaboration avec Étard, a retiré de la fermentation bactérienne du seombre et de la viande de cheval la parvoline fC9Hl:,Az) et l’hydrocollidine (C8H,3Az).
Plus tard furent poursuivies les recherches de Koiiert, de Guareschi etMosso, de Poughet, de Bockltsch. L’étude la plus complète sur ce sujet appartient à Brieger, qui, à partir de 1 883 , a exposé, dans une série de travaux, la théorie des alcaloïdes cadavériques. Cet auteur a trouvé un nouveau procédé d’extraction des ptomaïnes et a obtenu a 1 état de pureté, aux dépens de diverses matières végétales et animales, plusieurs substances semblables aux alcaloïdes, dont il a déterminé la formule chimique.
En dehors des matières en putréfaction et des cultures des bactéries saprophytes inoffensives, Buiecf.h a extrait de certaines cultures de b actéries pathogènes (bactéries de la fièvre typhoïde, du tétanos) quelques bases semblables aux alcaloïdes. En ce qui concerne le bacille d’EniuiTH, le (ait a été confirmé par (.haxtemks.se.
Parmi les substances qui naissent au sein des matières albuminoïdes, sous l’influence de l’activité vitale des bactéries, il en est qui ne sont pas toxiques; Brieger a proposé d introduire dans la science le terme de toxine pour désigner celles des ptomaïnes, et d une manière générale tous les produits de la vie microbienne, qui exercent une action toxique sur l’organisme vivant.
ptomaïnes extraites par Brieger des cadavres en putré et des albumines putréfiées, sont les suivantes :
Choline. .
C“lIlsAz02
C5HuAz2
CpijaAzj
C5II„Az2
CMi'Uz*
(Cil2)3Az
Xeuridine.
Puirescine
Cadaverine.
Saprine.
Triinelhvlamine.
Mvdaléine.
Midine. .
rsmi a ,n
Midotoxine
C8Hl3Az02
1 ouïes ces Substances ne se produisent pas simultanément pendant la putréfaction : les premiers jours, la lécithine des tissus en voie de décomposition donne naissance à la choline et à la neuridine , bases peu ou point toxiques, puis à la neurine , qui possède au contraire un haut degré de toxicité.
A partir du septième jour après le début de la putréfaction, la choline dispai ait, puis la neuridine, et il se forme de la trunethy lamine , ainsi que deux autres produits non toxiques, la eadaverine et la puirescine. Du quinzième au vingtième jour, apparaît, à côté d'une grande quantité de cadaverine et de saprine, une ptomaïne des plus toxiques, la mydaléine , qui s t tait déjà manifestée, a 1 état de traces, dès le septième jour, dans les produits de la décomposition. Enfin, Brieger a isolé d’un cadavre humain putréfié depuis 4 mois, indépendamment d’une grande quantité de eadaverine et de puirescine, deux ptomaïnes nouvelles: la midine et la mido toxine.
En dehors des ptomaïnes (pie nous venons de signaler, ptomaïnes (pii ont reçu des dénominations fixes et dont la composition chimique est déjà connue, on a trouvé encore beaucoup d’autres bases analogues aux alcaloïdes, comme par exemple les ptomaïnes des poissons (Anrep), les ptomaïnes de la farine de seigle (Pôl), les ptomaïnes du fromage ou la lirotoxine \ aughaîs), la ptomaïne de la fibrine putréfiée ou la peptotoxine (Brieger), une ptomaïne non dénommée, qu’on obtient dans la putréfaction de la viande et qui bout à a84» C. Pour en finir avec rémunération des ptomaïnes de la putréfaction, il faut citer encore la gadinine que Bocklisch a retirée des cadavres de perches putréfiées, etc., etc.
Récemment, Kianitzixe en Russie et Vassale en Italie ont extrait des organes d’animaux atteints de brûlures étendues de la peau une nouvelle ptomaïne. Il est probable qu’à l’action de cet alcaloïde doivent être rattachés les phénomènes que l’on observe après les brûlures de la peau, tels que l’abaissement de la température, la diminution de l’activité du cœur, les troubles de la respiration, les diarrhées, les
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