‹ Pathologie générale et expérimentaleChapitre 65 sur 72 · CU HC · texte numérisé non relu

CU HC

Cil HC

CH

convulsions, etc. On ne sait encore quel rapport précis existe entre la formation de cette ptomaïne et les processus de la putréfaction des régions mortifiées par la bruluic.

~Les substances depuis longtemps connues qui se forment au cours de la putréfaction, la mélhylamine, la diméthylamine, l’éthylamine. la diéthylamine, la triéthylamine, réthylènediamine, ainsi que les acides amidés, glycocolle, leucine et tyrosine, peuvent aussi être considérés comme des ptomaïnes.

La plupart des ptomaïnes ne sont autre chose que des elianuncs de la série grasse ou des dérivés de la série aromatique; elles sont toutes des bases, présentent une réaction alcaline et se combinent avec les acides pour former des sels cristallisés. Avec les sels de platine et d’or elles donnent naissance à des produits cristallisés. Les ptomaïnes sont pour la plupart des substances très peu stables, sujettes

à se décomposer, et c’est pour cette raison que quelques-unes d’entre elles n’onl pu encore être isolées. La quantité des ptomaïnes dans les matières en voie de putréfaction est très minime, ce qui explique la difficulté de leur extraction et de leur analyse. Corps très oxydables, ces substances constituent des réducteurs énergiques, qui réduisent à froid 1 acide chromique, les sels d’or, d’argent, etc.

Quelques-unes de ces bases affectent un certain lien de parenté avec une substance extraite des produits de la distillation du bois et qu’on nomme pyridine. D’après Pictet, la constitution de la pyridine se rapprocherait de celle du benzol, comme l’indique le schéma ci-contre.

On voit que la différence réside dans le remplacement d’un groupe CM du benzol par N dans la pyridine. Dans ces deux corps le C tétravalent a trois valences satisfaites par ses combinaisons avec les valences issues des autres C, comme 1 indiquent

les traits intérieurs des figures, et la quatrième est satisfaite par H monovalent. Mais cet H peut être remplacé par d’autres atomes ou d’autres groupes ch(ch3) d’atomes et il peut en résulter, par addition ou substitution, une énorme quantité de dérivés. Les valences libres dans la base pyridine sont satisfaisantes par l’addition d un seul atome d hydrogène dans le corps alcaloîdique qu on nomme la pipéridine. On peut aussi constater la formation de la méthylpipéridine par la substitution d’un groupe methylique à un II de la pipéridine, ou 1 apparition, par un procédé analogue de substitution, de la dimethylpiperidine, ou de l’élhylpipéridine, etc. Toutes ces substances de composition chimique différente constituent un groupe possesseur d une tète commune, et leur communauté, qui se traduit dans leurs caractères chimiques, se laisse encore reconnaître dans leurs propriétés physiologiques.

Il est possible qu’on arrive à former par la synthèse chimique les ptomaïnes de

Benzol.

Pyridine.

tfc

HZC

ch2 idc

cid idc

Mélhylpipéridine.

PUTREFACTION

4oi

la série de la pyridine, comme on a créé un grand nombre des membres de la série du benzol.

On peut diviser les ptomaïnes en deux grands groupes : a) ptomaïnes liquides (volatiles, non oxygénées); b) ptomaïnes solides, dont quelques-unes peuvent être cristallisées et contenir de l'oxygène. Les ptomaïnes liquides se distinguent par leur odeur pénétrante; elles sont le plus souvent solubles dans l’éther sulfurique, et quelques-unes d’entre elles dans l'alcool amylique et le chloroforme. Les ptomaïnes solides sont pour la plupart solubles dans l’eau et très peu solubles ou insolubles dans l’alcool et le chloroforme.

On a proposé divers procédés d’extraction des ptomaïnes. Les deux principaux sont celui du chimiste belge Stas, modifié et perfectionné par A. Gautier, et celui de Brieger.

Cette dernière méthode est la suivante. On conserve pendant quelques jours la viande putréfiée dans de l’eau légèrement acidulée, on fait bouillir cette infusion, on concentre le liquide filtré jusqu’à consistance sirupeuse, on traite alors par l’alcool à 96° et l’on précipite cette solution alcoolique, soit par une solution alcoolique chaude d’acétate neutre de plomb, soit d’emblée par la solution alcoolique saturée de sublimé. Le précipité qui se forme dans la première solution du sirop dans l’alcool contient les ptomaïnes solides insolubles dans l’eau (ncuridine et autres); en précipitant de nouveau la solution par le sublimé, on obtient des combinaisons doubles des ptomaïnes et de mercure, qui se décomposent ensuite par l'hydrogène sulfuré, etc.

Comme le fait remarquer A. Gautier, l’une et l’autre de ces deux méthodes de Brieger prêtent le flanc à la critique. Le sous-acétate de plomb précipite une petite proportion de bases qu’il est presque impossible de retrouver dans le volumineux amas plombique qui se sépare, et le chlorure de mercure, môme en solution alcoolique, est bien loin de précipiter toutes les ptomaïnes.

Peptones, ferments, toxalbumi/ics. — Le fait que quelques bactéries septiques et autres sécrètent des ferments solubles, appelés diastases, enzymes, et que ceux-ci déterminent la transformation de la peptone et de l’amidon, est connu depuis longtemps; la liquéfaction de la gélatine sous l’influence de quelques bactéries le démontre. Ces enzymes peuvent, par divers procédés, être séparés des bactéries qui les ont engendrés. Comme les ferments sécrétés par les cellules des végétaux supérieurs et des animaux, ils témoignent d’une action peptonisante sur les substances albuminoïdes et collogènes. Ainsi, Huf.ner a retiré de la viande putréfiée à l’aide d’un extrait glvcérique un ferment particulier, qui possède à la fois des propriétés trypliques et diastasiques.

Ouant aux to.valbuniin.es, Brieger cl C. Frankel ont décrit sous ce nom des substances albuminoïdes particulières, à action toxique, qui se rapprochent, par leur composition chimique, de l’albumose et de la peptone, et qui sont sécrétées par les bactéries, aussi bien dans l’organisme animal que dans les milieux nutritifs artificiels.

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