III. — CARXIVORES
Étiologie et pathogénie. — La congestion pulmonaire est un processus des plus fréquents chez le chien. Les troubles vaso-moteurs respectent l'énergie des contractions cai'diaques, mais abaissent la tension des vaisseaux pulmonaires qui se laissent dilater sous l'action de l'ondée sanguine partie du cœur droit : il y a un afflux plus considérable de sang dans le système pulmonaire. Ces congestions sont quelquefois hémorragiques et caractérisées par une hémo- })tysie rapidement mortelle. — Les brûlures étendues produisent, par voie réflexe, de la congestion pulmonaire. Les infections générales (maladie du jeune âge. broncho-pneumonies), sont fréquemment accompagnées de congestion
(1) Collin, Arcli. vét., 1879, p. 761.
Cadé.ac. — PattiolOKie interne. IV. 5
pulmonaire et d'œdème ; il y a enfin chez ces animaux, des états morbides liyperhémiques et phlegmasiques diversement associés, des fluxions difluses et multiples.
L'œdème pulmonaire aigu a quelquefois ime origine mécanique : il succède à une paracentèse ou à une thoracentèse lorsque le liquide a été évacué rapidement et totalement. Cet œdème est dû à un brusque at'lliix sanguin qui suit la décompression
La congestion passive résulte presque toujours d'une lésion myocardiqiie ou valvuiaire qui crée un obstacle à l'écoulement du sang dans les veines pulmonaires.
Symptômes. — Lescongestions aiguës s annoncent par de la dyspnée ou un essoufflement très intense accompagné d'un j étage muqueux presque toujoui's strié de sang, et d'une « pluie de râles fins » avec les râles sibilants de la bronchite. Elles se terminent quelquefois par une hémoptysie à marche rapide et continue ou intermittente révélée par des vomissements sanguinolents avec décoloration des muqueuses; l'animal devient si faible qu'il a de la peine à marcher; il succombe quelquefois au miUeu d'une mare de vomissements de sang. La congestion passive des cardiaques se traduit par une augmentation de ladyspnc^e et de la cyanose, ilu jetage muqueux, de la submatité et des râles sous-crépitants.
V œdème pulmonaire est dénoncé par un jetage muqueux aéré, rosé ou blanchâtre et albumineuxet un essoufflement marqué.
La percussion accuse une exagération de la sonorité pulmonaire due à l'emphysème des parties qui ne sont pas soustraites à la respiration; l'auscultation fait entendre des râles crépitants qui envahissent graduellement les parties élevées des poumons.
Cet œdème envahissant tue plus ou moins rapidement le sujet par asphyxie mécanique : il est étouffé par l'obstructioa bronchique provoquée par l'exsudat.
Lésions. — 1° Conf^estion active. — Tous les organes
sont sains, sauf la trachée, les bronches et le poumon. Ces divers organes oflVent de nombreux caillots ; le poumon est engoué, noirâtre, violacé, plus dense. Plongé dans l'eau, il nage entre deux couches de liquide .; coupé, il s'en écoule du sang et de l'air.
Au microscope, on remarque que tous les vaisseaux pulmonaii'es ont subi une dilatation énorme, prodigieuse ; ils sont tous thromboses ; le sang a fait irruption en dehors de leurs parois ; des caillots s'étendent sans discontinuité de l'intérieur d'un raisseau dans un tube bronchique.
2" OEdèine. — Les poumons œdémateux sont volumineux, turgescents ; mais leur consistance est molle , sans élasticité ; ils gardent l'empreinte du doigt ; ils crépitent facilement sous le doigt. Leur coloration est blanche, leur surface lisse n'est le siège d"aucun exsudât. A la coupe, on voit sourdre un liquide spumeux, aéré, incolore, que la pression fait couler abondamment.
Un fragment de parenchyme jeté dans l'eau ne gagne pas le fond du vase mais reste entre deux eaux.
Histologiquement, on constate que les alvéoles sont remplis d'un liquide séreux ; l'épithélium alvéolaire est intact ; il n'y a que quelques cellules desquamées ; le fait dominant, c'est l'hydropisie alvéolaire.
Diagnostic. — L'apparition brusque d'une dyspnée intense, le jetage spumeux et strié de sang, la submatité de la poitrine et les râles nombreux perçus par l'auscultation permettent de reconnaître la congestion et l'oedème pulmonaire.
Traitement. — Les révulsifs, les stimulants du cœur et de la circulation, comme le café et la digitale, l'ergotine, sont les agents les plus propres à combattre la congestion et l'œdème pulmonaires. L'animal, enveloppé dans une couverture, est maintenu immobile pour lui épargner tout effort respiratoire.