II. — PNEUMONIES
Définition. — On désigne sous le nom de pneumonies, toutes les inflammations aiguës on chroniques du poumon.
Ce parenchyme est essenliellement composé de bronchioles, d'alvéoles et de tissu conjonctif ; il possède trois circulations : circulation de l'air, circulation du sang, nutritive et fonctionnelle, circulation de la lymphe, réglées et assurées par le pneumogastrique et Je sympathique.
Ces diverses parties du poumon ne sont jamais également lésées : on voit toujours prédominer les lésions bronchiques, alvéolaires ou interstitielles. L'air, qui est le principal agent infectant des voies respiratoires, comme les aliments du tube digestif, contamine, à divers degrés, les bronchioles et les alvéoles: la pneumonie Q%i /o6a//'e quand l'exsudation fîbrineuse ou séro-fîbrineuse a envahi uniformément un lobe ou une grande partie d'un lobe ; c'est une bi^onchopneumonie qnaxid les bronchioles infectées infectent à leur tour le territoire alvéolaire qu'elles desservent ; une pneumonie inlerstitielle quand l'infection s'est propagée au tissu conjonctif périalvéolaire et périlobulaire.
La pneumonie es\ in fectantc quand les microbes passent dans les circulations lymphatique et sanguine et déterminent des lésions extrapulraonaires. Cette généralisation est l'exception. Les infections primitives de l'arbre respiratoire, qui sont les plus fréquentes, sont donc des affections locales qui restent ordinairement localisées au poumon ; elles constituent les pneumonies vraies ; les infections pulmonaires d'origine sanguine ou lymphatique {morve, tuberculose, infection purulente) sont des maladies générales ou en voie de le devenir ; ce sont des pneumonies fausses, la localisation pulmonaire n'est qu'un épisode de leur évolution.
Toutes les espèces animales présentent des pneumonies bien différentes par leur origine, leurs caractères cliniques
PNEUMONIES LOBAIRES. 77
et leurs propriétés infectieuses. Aupointde vueanatomique, on peut les rapporter toutes à l'une des formes suivantes : lobaire, lobulaire, interstitielle. On étudie sous ces trois chefs toutes les variétés de pneuntonies qu'on a reconnues chez chaque espèce.
A. — PNEUMONIES LOBAIRES.
Par pneumonies lobaires, il faut entendre toutes les affections aiguës et fébriles du poumon qui occupent xin lobe ou une partie notable d'un lobe.
La pneumonie franche sporadique est le Ijpe de la pneumonie lobaire.
On l'appelle pneumonie flbrineuse, pneumonie croupale, quand elle est caractérisée anatomiquement par la production d'un exsudât coagulable, fibrineux ou hémorragique qui remplit les alvéoles pulmonaires sans altérer les parois de ces cavités et le tissu conjonctif du poumon.
De plus, l'inflammation porte sur l'ensemble des lobules d'une même région ; elle est tout d'une pièce ; la partie malade ne présente pas d'intervalles de zones saines, et s'il existe plusieurs noyaux inflammatoires, chacun de ces foyers comprend plusieurs lobules et présente la confluence et l'homogénéité caractéristiques. Ces points communs sont accompagnés de divergences très grandes dans l'étendue des lésions, l'intensité des symptômes et la puissance infectieuse des malades.
Chaque espèce animale présente un grand nombre de variétés de pneumonie lobaire. C'est l'inflammation viscérale la plus commune chez les liolipèdes.