Gangrène disséminée cunimenoante
sphacélée, d'où la désintégration du tissu pulmonaire, des blocs fibrineux propres à Thépatisation et du sang épanché; la réaction Inflammatoire du tissu pulmonaire circonvoisin qui limite la gangrène.
La paroi de l'excavation est souvent le siège d'une sécrétion de pus sanieux, grisâtre, rougeàtre, noirâtre ou verdàlre, toujours trouble, qui propage l'ulcération; elle est revêtue d'une fausse membrane grisâtre, opaque, molle, qui laisse exhaler la sanie gangreneuse, quand l'inflammation a nettement isolé les parties mortes des parties vivantes. On peut y constater de nombreuses anfractuosités (1), y reconnaître desprolongements irréguliers ou brides constitués par des vaisseaux et des bronches, des cavités ou cavernes diverticulées assez vastes pour loger une tête d'enfant, tapissées par une membrane résistante, en partie remplies de pus. de matière caséeuse et de détritus grisâtres. La fausse membrane repose sur du tissu pulmonaire dur. Incisé, il offre une couleur foncée, brunâtre, tirant sur le gris; la coupe est grenue, hépatisée, souvent parcourue par des lignes ardoisées; la périphérie est engouée, hémorragique. Les foyers hémorragiques y occupent, quelquefois, une grande surface, et les vaisseaux sont thromboses.
L'examen microscopique des parties mortifiées fait reconnaître, dans le magma putrilagineux, des débi'is de fibres élastiques, des vaisseaux, des globules de pus, des granulations graisseuses, des hématies à tous les degrés de destruction, des granulations noires, orangées ou jaunes, des cristaux d'hématine, des microbes très variés, spirilles, bâtonnets divers, microcoques, staphylocoques et streptocoques de la suppuration.
Dans les parois, on observe les lésions de l'hépatisation
(1) Parent, Un cas de maladie ancienne de poitrine ou vieille courbature (Journ. de l'École vit. de Lyon, 1865, p. 444). — Lehlanc et Trousseau, Quelques considérations sur la ganjfrène du poumon et sur plusieurs accidents de ces oi-ganes {Journ. de méd. vét. Ihéor. et prat., 183.0, p. 217>.
PNEUMONIES LOBAIRES. 153
et de la gangrène mélangées; les alvéoles ont les parois déchiquetées, interrompues, ou contiennent des microbes en petit nombre, des cellules lymphatiques et de grandes cellules sphériques remplies de granulations graisseuses. Les bronchioles et les alvéoles sont remplis d'exsudats: les vaisseaux de tout calibre sont oblitérés par un caillot fibrineux; les parois vasculaires et bronchiques sont infiltrées d'éléments embryonnaires.
A la périphérie, on constate une zone de tissu pulmonaire engoué ou envahi par la suppuration. Les cavernes sont presque toujours ouvertes du côté des bronches, rarement du côté de la plèvre ; celles qui sont situées superficiellement sont décelées par la pleurésie fibrineuse circonscrite.
La gangrène limitée peut s'arrêter et guérir quand rinfection générale est évitée. Cette infection est la règle dans la gangrène diffuse, qui se développe dans le cours des pneumonies contagieuses.
B. Gangrène diffuse. — Les foyers gangreneux multiples qui apparaissent vers la fin de l'évolution des pneumonies contagieuses ont une teinte gris rougeàtre, blanc sale, gris jaunâtre, ou jaune brunâtre terreux. Ces diverses teintes sont mêlées, irrégulièrement, dans les diverses parties du poumon; on y remarque encore des parties d'un rouge livide qui contrastent par leur humidité avec la sécheresse des foyers qui précèdent : ce sont des parties infiltrées de sang, très liquide, en état de putréfaction (flg. 24).
Quelques foyers irréguliers, du volume d'une noisette, dune noix, d'un œuf, ou du poing sont ramollis et tombent en deliquium putride ; le contenu est constitué par un magma boueux, liquide ou semblable à du pus caséeux avec irisations verdàtres, qui exhale une odeur repoussante. Ce liquide sanieux, trouble, gris verdàtre, s'écoule des foyers ramollis. Plusieurs sont ouverts; les ulcérations bronchiques apparaissent sans lavage; on constate fré-
quemmcnl aussi des /istitles piilmonaircs siluées dans le voisinage des lobes antérieurs, et quelquel'ois dans la partie interne du poumon. Les foyers de gangrène occupent
Fig. 2i. — Pneumonie gangreneuse du cheviil. — Aspect d'une coupe du poumon.
A, B, foyers brunâtres ou noirâtres. — C, foyers de destruction. — 1, travées interlobulaires (Cadéac).
une grande étendue; ils sont disséminés et envoient des prolongements dans toutes les directions. Les foyers hémorragiques, le tissu hépatisé, le tissu sain sont intéressés; la gangrène est envahissante et septicémique : gangrène et putréfaction marchent ensemble ; on trouve des cavernes de divers âges, mais à parois organisées d'mie manière imparfaite; les canaux bronchiques et la trachée sont infectés par le contenu des cavei'nes et présentent une teinte verdàtre caractéristique.
PNEIMÔMES LiiHAlRES. 155
Pleuro-pneumonie. — Ordinairement la. pleurésie et la pneumonie se développent simultanément; une partie des microbes qui envahissent le poumon infestent la plèvre. La pleurésie est quelquefois consécutive à l'évolution de fovers inflammatoires ou gangreneux localisés sous la plèvre. La coexistence fréquente de ces deux inflammations a fait donner à la maladie le nom de pleuropneumonie contagieuse (1).
La pleurésie est alors la principale cause de la mort ; les chevaux qui ne sont que pneumoniques guérissent généralement. Ordinairement double, à néomembranes molles et friables, la pleurésie secondaire est très souvent gangreneuse et putride.
On peut observer une médiastinite : le liquide occupe la partie supérieure du thorax, le poumon est atélectasié d'un côté par compression ; le médiastin peut contenir plus de 10 litres de liquide et les plèvres sont absolument saines (Cadéac) ; la localisation au médiastin et à la plèvre diaphragmatique est fréquente (Dumas).
///. — Lésions extra pulmonaires.
Les pneumonies s'accompagnent d'altérations nombreuses intéressant les divers organes compliquant la formule symptomatique de cette maladie. On peut constater des lésions ganglionnaires, de nature congestive. hémorragique ou inflammatoire (ganglions rétropharyngiens et bronchiques), de la péricardite^ de l'endocardite, de la myocardite. de la néphrite, de la gastro-entérite, des arthrites et des synovites. On observe enfin des cas d'hémorragie cérébrale, encéphalique et médullaire.
Diagnostic. — 1° Pneumonie flbrineuse sporadique. — C'est la forme la plus facile à reconnaître. Au début, l'élé-
(1) Sur soixante et onze autopsies pi'otiquées far Dumas, on comptait quarante-quatre pieuro-pneumonies .gangreneuses.
vation de la température du corps, la coloration safranée des muqueuses, l'abattement, la dyspnée la font sujiçonner ; la plainte, la toux, le jetage rouillé, le râle crépitant, la submatité unilatérale permettent de la dépister.
Quand l'hépatisation s'est produite, la matité unilatérale, dessinant une courbe irrégulière, et le souffle tubaire sont des signes caractéristiques.
La RÉSOLUTION est difficile à distinguer de la période d'invasion, quand on voit le malade pour la première fois. Les renseignements sur l'ancienneté de la maladie peuvent servir à déterminer le degré de la pneumonie. On entend le râle crépitant, on constate de la submatité ; quelquefois même la matité n"a pas complètement disparu ; mais les signes secondaires, tels que l'abaissement de la température, le retour de l'appétit, la disparition de la tristesse, sont de sûrs indices que la maladie rétrograde et marche vers une terminaison heureuse. Les difficultés du diagnostic augmentent à mesure qu'on s'éloigne de la pneumonie franche.
2° Pneumonies contagieuses. — Ces affections déterminent des symptômes si complexes et si variables que le diagnostic en serait souvent impossible sans la contagion qui crée des types plus caractéristiques. Chez certains sujets, les signes physiques de la pneumonie existent au grand complet ; chez d'autres, ils font presque entièrement défaut {pneumonies abortives), ou sont marqués par des maladies antérieures à la pneumonie {angines, bronchites, gourme) ; ils sont quelquefois cachés quand le tissu pulmonaire enflammé occupe une situation profonde {pneumonie centrale).
La pneumonie est souvent complètement défigurée par les complications qu'elle a produites : supptiration, gangrène pulmonaire, pleurésie, péricardite, myocardite, paraplégie peuvent en imposer à l'observateur qui n'a pas suivi attentivement le sujet depuis le début de la maladie. C'est alors surtout que l'examen de la poitrine
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doit être minutieux et complet; il faut même savoir se passer quelquefois de tous] les signes physiques pour affirmer l'existence de la pneumonie .
La fièvre, avec une forte élévation de la température qui se produit brusquement au repos, et la dyspnée sont des signes pathognomoniques de la pneumonie contagieuse dans une écurie où règne cette maladie.
Le jetage rouillé, ou jaune-safran, est lun des signes les plus caractéristiques, Tun de ceux qu'il faut rechercher avec le plus de soin. Les signes plessimétriques et stéthoscopiaues. recueillis par l'examen journalier de la poitrine, en arrière des coudes, achèvent bientôt de contlrmer le diagnostic.
Les symptômes rationnels, réunis aux signes physiques, soigneusement cherchés, sont les signes révélateurs les plus certains.
Il faut prendre matin et soir la température des animaux sains qu'on na pu isoler complètement des malades ; on réussit fréquemment à dépister ainsi la maladie à son début. Xepas oublier de surveiller de très près les chevaux qui toussent ou qui jettent, de les percuter et de les ausculter souvent ; se souvenir que, chez beaucoup de sujets, les signes stéthoscopiques ne sont révélés que par de fortes inspirations; il faut obliger l'animal à respirer largement, compter le nombre de mouvements respiratoires qui se produisent au repos, le nombre des respirations étant toujours, au début, proportionnel à la difliculté de l'hématose et à la diminution de la capacité respiratoire du poumon.
Diagnostic différentiel. — Pour établir le diagnostic avec certitude, il faut différencier la pneumonie de la congestion pulmonaire, delà bronchite, delà broncho-pneumonie, de la pneumonie par corps étrangers, de la pleurésie avec épanchement. de la péricardite, de Vendocardite, de la fièvre typhoïde.
lo Congestion pulmonaire. — La pneumonie est une
maladie fébrile à invasion progressive ; la congestion pulmonaire idiopathique, une maladie à invasion subite. Elle présente immédiatement toute la gravité qu'elle doit avoir et évolue sans fièvre. L'expectoration nasale, striée de sang, consiste dans le rejet de sang pur (hémoptysie) ou de mucus légèrement strié de sang dans la congestion pulmonaire ; c'est un produit d'exsudation rosé dans la pneumonie. La congestion pulmonaire guérit ou tue très vite par hémorragie ; la pneumonie marche lentement et aboutit à l'hépatisation.
2» BroncLites. — Les pneumonies sont caractérisées par plusieurs signes physiques : submatitc ou matité à la percussion, râle crépitant ou souffle tubaire à l'auscultation ; ces signes manquent dans les bronchites. Les râles humides ou bullcux [râles muqueux, râles ronflants, râles, sibilants), la toux pénible, quintcuse suivie d'un rappel sifflant, le j étage muqueux ou muco-purulent et une dyspnée intense qui contraste avec la résonance de la poitrine, sont les principaux caractères des bronchites. Pneumonies et bronchites peuvent évoluer ensemble ou successivement dans le cours des épidémies de pneumonie ; il ne faut pas oublier de rechercher chaque jour le râle crépitant et le jetage rouillé qui dénoncent la participation du poumon à l'inflammation bronchique, pendant que les râles humides continuent d'aflirmer l'existence de l'inflammation des bronches.
30 Pneumonie catarrbale. — La pneumonie catarrhale mérite bien de porter le nom de broncho-pneumonie, car elle résulte constamment de l'extension de l'inflammation des bronches aux lobules pulmonaires.
La pneumonie catarrhale occupe quelques lobules isolés au milieu du tissu sain ; les pneumonies que nous avons étudiées portent sur l'ensemble des lobules d'une même région du poumon ; les lésions de la broncho-pneumonie sont nombreuses, variées, dissemblables; elles résultent de poussées inflammatoires successives; celles des pneu-
l'NElMOXIES LODAIRES. 139
monies évoluent avec beaucoup de régularité et présentent, dans les divers cas, des caractères à peu près identiques, quelle que soit la diversité qui règne dans leur distribution.
Los pneumonies lohaires sont déeelées par des symptômes physiques qui se succèdent dans un ordre prévu d'avance, tandis que les signes physiques de la broncho-pneumonie sont mobiles, irréguliers, atypiques. La fièvre est rémittente, et la dyspnée est plus intense que ne le comportent les signes plessimétriques et stéthoscopiques.
io Pneanionies par corps étrangers. — Lesp?îei<mo- «/esparcorpsefra/îj/er5 sont bilatérales, confinées aux deux lobes antérieurs et aux bords inférieurs du poumon. Ce caractère les rapproche de certaines formes de pneumonie contagieuse. Elles sen distinguent par leur étioloQie (administration dim breuvage chez des sujets affectés de coliques, etc., et indemnes de toute affection pulmonaire) et par la fétidité presque immédiate de l'air expiré, qui dénonce la production de la gangrène.
o" Suppuration pulmonaire. — La suppuration ou labcédation pulmonaire est dénoncée par les oscillations de la température, les frissons, le jetage purulent quand l'abcès s'ouvre dans les bronches. Le son de pot fêlé, le râle caverneux et les bruits de gargouillement bronchique achèvent de caractériser l'issue du pus dans les bronches; le souffle amphorique et le bruit de gargouillement pleurétique indiqneni l'ouverture de l'abcès dans les piètres.
Q" Gangrène pulmonaire — La gangrène pulmonaire est dénoncée par la fétidité de l'air expiré ou une odeur douceâtre, la couleur foncée du jetage. le son de pot fêlé, les bouffées de râle crépitant, le souffle tubaire accompagné quelquefois de souffle amphorique et d'une prostration extrême du sujet.
~° Pleurésie. — C'est la maladie dont les signes se rapprochent le plus de ceux des pneumonies ; elle peut être
unilatérale ; elle peut masquer les signes d'une pneumonie en empêchant les signes physiques propres à la condensation du poumon de parvenir jusqu'à l'oreille quand il j a coexistence des deux maladies. Il faut s'attacher à découvrir les nuances qui séparent les signes physiques et fonctionnels communs à \di pleurésie et k\\di pneumonie e faire ressortir ceux qui appartiennent exclusivement à chacune d'elles.
Au début, le frisson qui annonce l'invasion de la pneumonie est superficiel ei passager; il Q?,i prolongé et intense dans la pleurésie par suite de la douleur déterminée par le frottement de la plèvre sur elle-même.
La température est toujours très élevée dans la pneumonie ; elle l'est beaucoup moins dans la pleurésie.
La rovx, fréquente, sonore et facile à provoquer dans la pneumonie, est tellement douloureuse dans la pleurésie que l'animal résiste, le plus qu'il peut, aux excitations qu ont pour but de la provoquer ; elle est courte, sèche, avortée, exivèmemeni 2iénible ; elle communique au corps tout entier un ébranlement qui contraste avec le peu d'intensité du bruit qu'elle détermine.
L'air expiré, très chaud dans la pneumonie, conserve à peu de chose pressa température normale dans la pleurésie.
Les MouvEME.NTs RESPIRATOIRES ne présentent pas la même difficulté d'exécution dans les deux maladies. La pneumonie est marquée par une inspiration facile et une expiration j)énihle, entrecoupée, irrégulière et plaintive; la pleurésie, par une inspiration petite, incomplète, hésitée, tremblotante; les côtes restent presque immobiles.
La SENSiBiLïTÉ des parois du thorax est vague, difficile à déceler dans la pneumonie ; elle constitue l'un des signes les plus certains de la pleurésie. On peut la déceler en exerçant une pression avec les doigts dans les espaces intercostaux.
Le JETAGE ROUILLÉ, la suBMATiTÉ OU la MATiTÉ iiTégulière, décrivant une courbe à convexité antéro-postérieure,
PNEUMONIES LOBAIRES^ 164
et le râle crépitant sont des signes qui n'appartiennent qu'aux pneumonies. Cependant Vabsence même prolongée de ces signes ne peut permettre d'atTirmer l'existence d'une pleurésie.
Les pneumonies adijnamiques sont souvent latentes pendant plusieurs jours ; mais les signes plessimétriques et stéthoscopiques de l'inflammation du poumon unissent toujours par faire leur apparition sans qu'il soit possible, à aucun moment, d'observer ceux de la pleurésie.
Le FROTTEMENT PLEURÉTiQUE, qui manque dans la pneumonie, est un signe pathognomonique de la pleurésie (Delafond). A la période d'état des deux maladies, la confusion est presque inévitable quand la pleurésie est unilatérale. La rareté de cette variété de pleurésie rend cette erreur peu fréquente. Dans le cas de médl\stinite caractérisée par un épanchement dans les parties élevées de la poitrine, le poumon affaissé, condensé par la pression du liquide, laisse entendre, dans les parties moyennes de la poitrine, à la limite inférieure du liquide, un souffle tubaire très net et divers autres signes de pneumonie. En dehors de ces cas exceptionnels, on peut facilement faire le diagnostic différentiel de la pneumonie et de la pleurésie (1).
Le SOUFFLE TUBAIRE, précocc, net, et franchement tubaire dans la pneumonie, fait défaut ou se montre tardivement dans la pleui'ésie ; il est toujours faible, voilé et présente un caractère marqué d'éloignement dû à l'interposition d'une couche de liquide entre le poumon et la paroi costale. Le souffle tubaire qui succède au râle crépitant au moment de l'hépatisation est remplacé par lui à la période de résolution; il manifeste son maximum d'intensité au moment de l'expiration ; il est inspiratoire, disparaît ou se montre brusquement dans la pleurésie.
La DISCORDANCE dcs mouvements respiratoires est un des. meilleurs signes de Vhydrothorax confirmé: il n'appartient
(1) Delafond, Recliert-hes sur le diagnostic des maladies des plèvres (/fec. de mé(f. vét., 1831. p. 78).
pas à la période aiguë des pneumonies infectieuses.
L'oedème sous-sterxal manque dans la pneumonie ; c'est un des meilleurs signes de la pleurésie ancienne.
La PONCTION peut servir dans les cas douteux à lever tous les doutes. L'aspirateur de l'appareil Dieulatoy rend cette opération inofl'ensive quand le trocart introduit est parfaitement aseptique.
8" Péricardite. — Dcsfrissons. pareils à ceux qu'engendre la pleurésie, une toux faible, avortée, une respiration tremblotante, une douleur très vive dans la l'égion du cœur, mise en évidence par la percussion, un bruit de frottement péricardique et le frémissement cataire marquent le début de cette maladie. A la période d'état, on constate de la matité, répondant au triangle cardiaque, plus étendue à gauche qu'à droite, du pouls veineux, des œdèmes au niveau des extrémités, produits par la stase veineuse, et un aiYaiblissement très prononcé des battements et des bruits du cœur. Quand tous ces signes sont réunis, on ne peut confondre la péricardite avec la pneumonie. Il est souvent plus difficile, au début, de la différencier de la pleurésie.
90 Endocardite. — Dès le début, on peut soupçonner l'existence d'une endocardite ou d'une pneumonie. L'endocardite s'annonce toujours par des battements cardiaques tumultueux, fréquents, arythmiques et accompagnés de frémissement cataire; ces troubles ne se produisent jamais dans la pneumonie. De plus, on constate la persistance du murmure respiratoire dans toute l'étendue du poumon, ce qui atteste son intégrité.
iO Fièvre typiioïde. — On se fait quelquefois illusion sur l'abattement des sujets atteints de pneumonie infectieuse, que l'on est porté à confondre avec la prostration engendrée par la ftévre typhoïde. Ces affections sont nettement séparées, et leurs signes distinctifs subsistent pendant toute leur durée.
Les animaux atteints de fièvre typhoïde sont stupéfiés,
PNEUMONIES LODAIRES. 163
faibles, chancelants; les muqueuses sont infiltrées, œdéniatiées et colorées en jaune-capucine ; les jeux sont larmoyants, à demi clos, symptômes qui manquent ou ne se montrent jamais à un aussi haut degré dans les épidémies de pneumonie. Les modifications respiratoires se produisent d'emblée dans les pneumonies ; les localisations de la fièvre typhoïde sont secondaires ei dépourvues de fixité.
Au deuxième stade de la pneumonie contagieuse, les animaux recouvrent souvent la gaîté et l'appétit; il y a des chevaux qui hennissent, leur démarche est presque normale et ces signes contrastent avec l'attitude endormie, l'affaiblissement musculaire typique des chevaux atteints de fièvre typhoïde. Ce sont les signes fournis par l'appareil respiratoire qui prédominent dans les pneumonies. Rien de pareil dans la fièvre typhoïde ; les symptômes de l'appareil digestif sont des plus accusés; la bouche se recouvre d'un enduit muqueux de teinte plus ou moins foncée; les crottins sont petits, luisants, coiffés; des engorgements par stase sanguine tendent à se former à la peau et dans les organes internes, malgré les mouvements tumultueux du cœur. Quand ces congestions passives et migratrices se produisent dans le poumon, elles ne donnent pas, à cet organe, une cohésion suffisante pour déterminer le souffle tubairo.
Pronostic. — La guérison est la terminaison habituelle de la pneumonie. Elle se termine par la résolution complète dans la grande majorité des cas. La pneumonie tobairc sporadique guérit sans traitement; les pneumonies contagieuses sont beaucoup plus graves; elles se terminent fréquemment par la suppuration, la gangrène, l'état chronique. Pendant que la pneumonie fibrineuse guérit 99 fois sur 100, les pneumonies contagieuses tuent dans la proportion de 5 à 21 p. 100. La mortalité est de 12 p. 100. certaines années, d'autres de 8 p. 100.
La gravité du pronostic de toute pneumonie dépend
de l'état du terrrain et de l'activité du diplocoque.
Le TERRAIN est tantôt favorable, tantôt nuisible au développement du diplocoque.
L'espèce a une influence sur la terminaison d'un même type de pneumonie; la pneumonie fibrineuse, bénigne chez le cheval, est fréquemment gangreneuse chez Vàne.
Les chevaux de race commune sont moins éprouvés que les animaux de race fine; ceux-ci, plus malades, guérissent dans la plupart des cas.
La 'pneumonie lobaire est surtout bénigne chez les chevaux qui ont plus de cinq ans. C'est le jeune âge des animaux qui est la principale cause delà gravité des pneumonies contagieuses dans les dépôts de remonte.
Les chevaux vieux, usés sont décimés par cette affection ; ils résistent difficilement même à la pneumonie fibrineuse sporadique. Vorganisme est, règle générale, moins résistant à cette période de la vie ; le poumon et les plèvres ne sont pas complètement indemnes de toutes lésions organiques, de tout reliquat de maladies antérieures.
On établit les chances de guérison et les dangers de mort en consultant l'appétit et les forces du malade. La conservation de l'appétit, l'attention soutenue des malades pour tout ce qui se passe autour d'eux, une température qui se maintient à un chiffre au-dessous de 41° ou qui descend régulièrement, sans grandes oscillations, sont des signes très favorables.
Les VARIATIONS QU'ON OBSERVE DANS l'aCTIVITÉ dcS mi-
crobes expliquent les différences de gravité de cette maladie. V encombrement des animaux a une action des plus néfaste (Dumas) : il favorise l'exaltation de la virulence des microbes'et tend à affaiblir la résistance des malades. L'inflammation pulmonaire occupe alors une plus grande étendue; elle est très grave quand elle atteint le tiers supérieur d'un poumon, quand elle est double, compliquée de congestion des parties saines par paralysie vaso-motrice.
PNEUMONIES LOHAIRES. 165
de suppuration et de gangrène à la suite d'infections secondaires.
La suppuration et la gangrène peuvent être envisagées comme des accidents constamment mortels. Quand les animaux résistent, ce qui est exceptionnel, ils deviennent presque toujours inutilisables.
Beaucoup de chevaux paraissant complètement guéris continuent de tousser, s'essoufflent au moindre travail et deviennent emphysémateux ; d'autres présentent quelques semaines après de l'hémiplégie laryngienne.
Traitement. — Toutes les pneumonies lobaires sont justiciables du même traitement ; il doit être prophylactique et curatif.
10 Traitement prophylactique. — Quand le praticien est en présence d'un cas de pneumonie sporadique, il juge souvent tout traitement prophylactique inutile. C'est un tort; tout cheval pneumonique fournit de la graine de pneumonie. Peu contagieuse au début, la maladie peut passer progressivement à l'état de maladie très virulente qui se propage par le jetage, le principal véhicule des microbes.
11 faut ériger en principe que : tout cheval pneumonique doit être isolé.
L'isolement des animaux malades doit être immédiat et prolongé pendant un mois; c'est le seul moyen de prévenir la dissémination du virus dans l'écurie: les sujets infectés sont divisés en trois catégories : malades, convalescents, guéris. S'il n'est pas possible d'isoler entièrement les malades entre eux, il faut, dans l'endroit qu'ils occupent, laisser entre deux malades une place libre et convenablement désinfectée. On empêche souvent, par ce moyen, l'extension des complications de gangrène et de suppuration qui se sont produites chez quelques animaux. Les sujets mis accidentellement encontactmédiat ou immédiat avec les animaux malades doivent être isolés et surveillés.
Les animaux sains et suspects de pneumonie conta-
(jicHse doivent être l'objet de la plus stricte surveillance; il faut prendre, deux fois par jour, la température des animaux qui présentent de l'inappétence, désinfecter le thermomètre dès qu'on s'en est servi, isoler tous les animaux qui toussent.
Des personnes spéciales doivent être préposées aux soins à donner aux sujets contaminés; il faut leur interdire absolument l'entrée des écuries habitées par les animaux sains.
Les instruments de pansage, les seaux qui servent indistinctement à tous les animaux de l'éeui'ie, doivent être désinfectés, brùlé's ou réservés exclusivement aux pneumoniques. Les couvertures.les bridons, etc., provenant des sujets malades, convalescents ou guéris, ne peuvent être utilisés pour les animaux sains qu'après avoir subi une désinfection complète.
Quand un cheval a succombé à celte maladie ou quand il a été déplacé, il faut enlever la litière, le fumier, désinfecter le sol, les mangeoires, les râteliers et tous les objets qui ont été en contact direct ou indirect avec lui.
L'eait bouillante peut être utilisée très avantageusement, puisque le microbe de la pneumonie ne résiste pas à une température qui dépasse 60°. On peut compléter la désinfection des objets qui présentent des tissures par la pulvérisation d'eau phéniquée ou par un arrosage avec la solution de sublimé corrosif au millième, dont la puissance désinfectante est très considérable. Les solutions de lysol, moins dangereuses, sont aussi efficaces; elles exercent sur la peau une action caustique quand elles sont trop concentrées.
Lacide sulfureux qui résulte de la combustion du soufre convient bien pour opérer la désinfection des plafonds. Quand on le peut, il faut laisser les écuries inoccupées pendant une quinzaine de jours, les aérer, afin d'assurer la destruction des germes qui ont survécu
PXEUMOXIES LOBAIIIES. 167
à la désinfection. Ou doit toujours pratiquer l'enfouissement du fumier retii-é de ces écuries.
Les écuries renfermant les animaux sains doivent être entretenues dans un état de propreté extrême ; la litière doit y être souvent renouvelée; il faut éviter Tencombrement. tenir les portes et les fenêtres ouvertes afin d'assurer l'aération continue de ces écuries où les chevaux placés dans les coins sont les premiers atteints. Quand un cheval est déplacé, il faut laver et nettoyer complètement la place qu'il occupait. Si un nouveau cheval doit être introduit dans une écurie qui ne renferme que des sujets sains, il est bon de lui faire subir une quarantaine dans une autre écurie. On réussirait généralement à empêcher l'éclosion des épidémies de pneumonie contagieuse si ces précautions étaient toujoui"s prises.
Quand cette maladie règne dans une écurie importante, lamoitié ou le tiers des animaux sont successivement infectés; l'atîection se prolonge; il y a très peu d'animaux contaminés à la fois. Il serait dangereux de renoncer à toute mesure sanitaire pour hâter la fin de l'épidémie en facilitant la contagion. On risquerait d'étendre et d'aggraver la maladie qu'on veut enrayer : on ne peut attiser impunément le feu sous prétexte de raccourcir la durée les ravages d'un incendie. Les vétérinaires soucieux des deniers de l'État ou de leurs clients ne peuvent, dans un but de préservation, exposer volontairement tous les animaux à la contagion naturelle.
2° Traitement thérapeutique. — Les soins à donner aux pneumoniques sont de deux ordres : les uns hygiéniques, les autres thérapeutiques proprement dits.
Sorxs HYGIÉNIQUES. — Les soins hygiéniques entrent pour une large part dans le traitement des pneumonies; ils assurent la guérison des pneumonies sporadiques franches; ils ont une action curative presque égale à celle des médicaments les plus énergiques dans les pneumonies contagieuses.
Commencer par fournir un air pur au poumon malade. Les écuries doivent être convenablement aérées, les portes ■et les fenêtres alternativement ouvertes; il faut aménager une cheminée d'appel dans chaque écurie afin de remédier à l'insuffisance de leur aération, éviter l'encombrement dans des locaux étroits, bas de plafond. L'aérothérnpie restreint la contagion et améliore l'état des malades. La mise en liberté, le séjour au bivouac les fenêtres ouvertes en tout temps si l'animal est h l'écurie constituent la moitié du traitement(Alix). Les inhalations d"oxygène rendent des services quand leslésionssont très étendues; elles sont pratiques, car elles ne sont pas coûteuses; mille litres de gaz suffisent pour un malade ; on le trouve couramment da»ns le commerce. Il faut recouvrir les animaux d'une couverture de laine en hiver et de toile en été, les laisser plusieurs heures par jour dehors ; en les couvrant bien, on n'a pas à craindre de refroidissement.
Les fonctions cutanées doivent être soigneusement entretenues par un pansage régulier, un bouchonnage méthodique, il importe de calmer la soif, exagérée par la fièvre, à l'aide de boissons tièdes, adoucissantes et béchiques (graine de lin, farine d'orge, tisane de chiendent, etc.) qui entretiennent l'activité des glandes du tube digestif, les sécrétions broachiques et la sécrétion urinaire, principale voie d'expulsion des produits toxiques formés dans l'économie. C'est une bonne méthode de présenter les boissons un peu tièdes, à la température de la main, en petite quantité à la fois et aussi souventque cela est nécessaire. C'est une mauvaise pratique que celle qui consiste à verser, dans un baquet d'eau, les tisanes et boissons en grande quantité et à les laisser devant le cheval; celui-ci s'en dégoûte. Les carottes, les betteraves, les tubercules hachés, les fourrages verts excitent l'appétit des malades, combattent la constipation et entretiennent la sécrétion urinaire; on seconde leur action à l'aide des laxatifs et notamment du sel de Carlsbad. Le lait con-
PNEUMONIES LOBAIRES. 169
stitiie un excellent aliment et un diurétique de premier ordre .
Proscrire, d'une manière absolue, tous les breuvages que les animaux ne prennent pas d'eux-mêmes; ils font souvent fausse route et deviennent les agents actifs de la suppuration et de la gangrène pulmonaire.
Les infusions excitantes, composées de vin chaud, de feuilles de sauge, de petite centaurée, stimulent l'organisme et provoquent la sudation ; elles concentrent le sang et diminuent l'exsudation. Les irrigations rectales d'eau froide combattent la constipation, abaissent la température et diminuent le nombre des microbes de cette région. Les gargarismes d'eau miellée et vinaigrée excitent l'appétit et ont une action antiseptique sur la muqueuse buccale.
Soins médicaux. — Les principales médications à remplir dans le traitement de toute pneumonie sont : 1° combattre la fièvre ; 2° dériver l'inflammation ; 3° désinfecter l'appareil respiratoire en général et le poumon en particulier; 4° favoriser l'élimination des toxines et de tous les produits de combustion; 5° lutter contre les complications pulmonaires ou extrapulmonaires ; 6° soutenir toujours et exciter même les forces du malade.
1° Combattre la fièvre par la médication antipyrétique. — On cherche à ralentir les combustions, à exagérer les déperditions de chaleur engendrée, à soutenir le système nerveux affaibli, afin de faciliter la régulation thermique ; on s'efforce de tarir la source des toxines et d'éliminer toutes les substances pyrétogènes en excitant les sécrétions.
La médication antipyrétique est la plus complexe et la plus difficile à remplir.
La saignée fait plus de mal que de bien dans la pneumonie.
Le bicarbonate de soude liquéfie le sang, à l'instar de la saignée, et peut produire de bons effets sur les chevaux Cadéac. — Pathologie interne. IV. 10
en bon état de santé comme les chevaux de meunier.
Le sulfate de quinine à la dose de 10 grammes par jour en deux fois abaisse la température et atténue les symi)tûmes.
L'acétanilide, laphénacétine, le sulfate de thalline altèrent les globules rouges, diminuent les combustions et sont d'excellents antithermiques. Administrés à la dose de 15 à 20 grammes, ils déterminent un abaissement l'apide et prolongé de la température. L'antipyrine a ses défenseurs; le salicylatc de soude (50 à 10 grammes par jour), l'acide salicylique à la dose de 10 grammes, diminuent les échanges dans les tissus, entravent la multiplication des microbes et la production des toxines; ils ralentissent les battements du cœur et abaissent la température ; ils sont inférieurs aux médicaments qui précèdent.
La vératrine combat la fièvre, ralentit le pouls, facilite l'excrétion de tous les produits sécrétés par les glandes; elle a une action manifeste pour rétablir les fonctions de la peau.
Les rubéfiants n'ont qu'une action antipyrétique passagère; ils augmentent les déperditions de chaleur en dilatant les vaisseaux cutanés et en exagérant la radiation. Nous recommandons comme antipyrétiques l'acétanilide et la phénacétine, dont nous avons observé les bons elîets.
2° Dériver l'inflammation pulmonaire au début à l'aide des rubéfiants et des vésicants. — Le but principal de cette médication, c'est d'attirer les microbes et les toxines à la périphérie. Les recherches de Carnot et de Charrin ont en effet démontré que les microbes, les toxines et les poisons se rendent et s'accumulent dans les points qui sont le siège d'une vaso-dilatation. On cherche aussi à déterminer des inflammations superficielles bénignes, capables d'atténuer ou d'arrêter, par voie réflexe, l'évolution de la pneumonie. Les frictions sèches avec un bouchon de paille, les applications de sinapismes, les frictions d'essence de moutarde en solution au dixième ou
au vingtième dans riuiile ou la vaseline, d'essence de térébenthine, de vinaigre, d'alcool, d'ammoniaque sont les principaux moyens employés pour obtenir la rubéfaction. Les rubéfiants changent la répartition du sang, congestionnent la peau, anémient le poumon, exagèrent les sécrétions sudoripare et sébacée, ralentissent la respiration et la circulation, combattent lasphyxie en augmentant le champ de la respiration.
La moutarde et son essence sont les révulsifs les plus employés, ceux qui donnent les meilleui's résultats quand on en fait usage du premier au quatrième jour. On peut en renouveler l'emploi, plusieurs fois, en évitant cependant de produire la mortilication de la peau et des marques indélébiles.
L'onrjuent vésicatowc et les sétons otTrent plus d'inconvénients que d'avantages ; le premier tare souvent les chevaux; les seconds se compliquent fréquemment d'engorgements septiques. L'usage de ces agents est presque entièrement abandonné aujourd'hui ; il a été fortement recommandé par Brunet, qui prône les bons effets de la révulsion étagée obtenue avec la formule suivante :
Onguent basilicuni .jOÛ grammes.
Cantharides pulvérisées 1 00 —
Euphorbe 50 —
Huile de croton lu —
L'huile de croton associée à l'huile d'arachide (.\1V gouttes d'huile de croton pour un double centilitre d'huile d'arachide) est un révulsif énergique. Cette dose sidfit pour un côté de la poitrine : l'application de ce mélange doit se faire méthodiquement, de la façon suivante : on confectionne, à l'aide d'étoupes de chanvre, un petit tampon assez serré, du volume d'une grosse noix, que l'on tient entre le pouce et l'index de la main droite, par un petit appendice ménagé dans ce but.
Après avoir tondu toute lu surface des côtes qui s'étend au-dessus de l'engorgement du sinapisme, déjà appliqué
jusqu'au tiers suiiériiMir de la poitrine et le dos qu'il faut ménager, on trace horizotalenient, et dans le sens contraire des poils, une suite de lignes parallèles contiguës, avec le petit tampon d'étoupe préalablement trempé dans le mélange et en ne passant qu'une seule fois pour chaque ligne. On recommence une seconde fois la même opération, mais de bas en haut en suivant des lignes verticales coupant perpendiculairement les pi'écédentes, et sur toute l'étendue de celles-ci en égalisant autant que possible l'épaisseur de la couche d'huile dont s'imprègne le tégument et dont la trace est très visible à l'œil. Il faut se garder, s'il a été appliqué précédemment un sinapisme, de frictionner trop près du voisinage de l'engorgement iléjà produit, dont on provoque ainsi sûrement la mortification (Roj) (1).
On a également conseillé le feu anglais du commerce appliqué au pinceau ou à la brosse; les injections souscutanées d'un mélange de :
Chlorure de sodium 100 grammes.
Deau bouillie ."iOO —
De solution d'acétate d'amnioiiiaque 300 —
à la dose 50 centimètres cubes par jour.
Les abcès de fixation déterminés par des injections d'essence de térébenthine produisent de bons effets.
3° Médication antiseptique. — La. médication antiseptique est difficile à remplir, aucun agent ne possède une activité suffisante pour tuer les diplocoques sans nuire à la vie de l'animal pneumoniquc. Plusieurs exercent une action bienfaisante.
La tallianine, terpène ozone à la dose de iO centimètres cubes, et le collargol, précipité d'argent à l'état colloïdal (50 centigrammes dissous dans l'eau distillée injectés dans les veines) ont donné des résultats encourageants, supérieurs à ceux des médications usuelles, mais qui doivent
(1) Roy, Société centrale, 1900.
PNEUMONIES LOBAIRES. 175
dans les vaisseaux, active la résorption des produits épanchés et facilite leur sortie par le rein, qui est la meilleure voie d'élimination. Ce médicament, à la dose de 13 à 1-4 grammes en une l'ois, produit ces effets multiples tant que le cœur est sain; il n'agit plus quand il y a de la myocardite aigiië ou même une pneumonie intense avec forte hyperthermie. En continuant l'administration de la digitale, on n'obtient aucun résultat favorable et, en augmentant la dose, on risque de produire des effets toxiques.
Cette intoxication est nettement caractérisée par des palpitations, de l'arythmie, par la faiblesse ou l'effacement du pouls, la pâleur des muqueuses, le refroidissement des extrémités, et par des signes de légères coliques. L'accoutumance n'existe pas pour la digitale; l'accumulation peut entraîner l'apparition brusque de ces accidents, d'autant plus redoutables qu'ils sont sans remède. Aussi, chez le cheval, est-il prudent de nepasdépasser ladose quotidienne de 3 à o grammes et de n'en pas continuer l'administration plus de qualreou cinq joiu"s. Mieux vaut d'ailleurs, dans les cas où cet agent est indiqué, donner des doses un peu fortes deux ou trois jours de suite, que des doses moyennes pendant toute ime semaine, comme on le fait trop souvent dans les pleuro-pneumonies (Cadiotj (1).
La caféine combat les défaillances du cœur et les tendances à la syncope.
Chez le cheval, on l'administre en injections hypodermiques, à la dose de 1 à 2 grammes, que l'on répète deux ou trois fois dans les vingt-quatre heures, — la solubilité de la caféine dans l'eau étant obtenue par l'addition de benzoate de soude. Ses propriétés cardiotoniques sont bien accusées dans certaines asystolies; elle renforce l'énergie des contractions cardiaques et relève le pouls; toutefois, dans les neuro-myocardites infectieuses,
(1) Cadiot, Sur le traitement des myocardites pneumoiiitiues chez. le cheval {Rec. de méd. vét., 1907).
raction de la caféine est variable, souvent faible, parfois nulle; elle est impuissante lors(|ue les troubles sont graves, la circulation très accélérée ou le myocarde très affaibli.
L'éther est un bon excitant cardiaque dont les effets sont plus immédiats que ceux de la caféine et de la digitale. On l'emploie, en injections sous-cutanées ou intramusculaires, à la dose de 10 à 25 grammes répétée trois ou quatre fois dans les vingt-quatre heures. Si l'on n'en injecte que 5 ou 6 centimètres cubes à chaque piqûre, le médicament est absorbé sans susciter de phénomènes réactionnels locaux, ou il ne provoque qu'un petit îlot d'oedème bientôt effacé. Il rend des services dans les pneumonies adynamiques, avec troubles cardiaques à tendance syncopale. Il convient principalement loi'sque l'on veut agir vite sur le myocarde, mais son action est passagère et souvent insuffisante quand on ne lui adjoint pas le camphre.
Le camphre est un excellent remède dans les pneumonies lorsqu'il survient des désordres circulatoires graves par asthénie du myocarde, lorsque le cœur fléchit, surmené ou frappé soit dans son muscle, soitdans son appareil nerveux. C'est l'excitant cardiaque de choix dans les neuro-myocardites. On l'emploie en injections hypodermiques, dissous dans l'éther ou dans l'huile, ou encore dans ces liquide mélangés à parties égales. On prépare ces solutions au dixième (solution faible), au cinquième ou au quart (solution forte). On administre dans les vingt-quatre heures, en trois ou quatre fois, 60 à 100 grammes d'huile camphrée forte.
Lorsque l'on injecte ces solutions à raison de 5 ou 6 centimètres cubes par piqûre, elles sont absorbées comme l'éther simple, sans laisser autre chose qu'un petit îlot d'oedème. Les doses de 10 centimètres cubes ou plus fortes, poussées au même point dans le tissu conjonctif souscutané, provoquent généralementdes tuméfactions inflammatoires persistantes, dont beaucoup se transforment en
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encore être largement contrôlés, car il est assez difficile d'apprécier la valeur réelle de remèdes opposés à des affections dont le taux de mortalité est si variable suivant les périodes, les années, et les épidémies. La tallianine est toute préparée en tubes scellés; on l'injecte directement dans la jugulaire: elle provoque une leucocytose intense et favorise ainsi la défense pbagocjtaire.
Le sénim artificiel injecté dans la jugulaire ou sous la peau produit aussi de bons effets; on peut injecter chaque jour dans la jugulaire 2 litres de sérum artificiel, dans lequel on a fait dissoudre 1 gramme de caféine (Broeheriou) (1).
L'iodure de potassium combat la dyspnée ; il liquéfie les produits coagulés contenus dans les bronches et le poumon, favorise leur élimination, tonifie le cœur, prévient la compression du récurrent et aide l'organisme à triompher du di[)locoque. L'héroïne et la terpine sont très employés en Angleterre comme dissolvants des exsudais alvéolaires et bronchiques et comme antithermique.
L'essence de térébenthine et la terpine rendent les sécrétions de l'appareil respiratoire plus fluides, plus rares ; ces médicaments ont une action antiseptique sur la muqueuse respiratoire.
Le goudron, la créosote ont une action antiseptique et excitante qui accélère l'expectoration. Ces agents doivent être administrés par le tube digestif sous forme d'électuaires. Ils sont peu efficaces quand ils sont donnés en fumigations ; ils s'arrêtent dans les premières divisions bronchiques; ils provoquent des quintes de toux, de la dyspnée et même des signes asphyxiques. Les fumigations de crésyl, d'eau phéniquée, même à 5 p. 100, offrent les mêmes inconvénients; il est préférable d'administrer par les voies digestives de l'essence de térébenthine, de la
(I) Le sérum gélatine à 1 ou 1,» p. 100, stérilisé en le portant dans l'autoclave à 120». produit de bons effets ; la gélatine a une action vaso-constrictive persistante et prévient la congestion et l'hémorragie. On injecte journellement sous la peau 1',") à i litres de sérum gélatine.
terpine, ou une solution de lysol-menlhol-thymol, et de se contenter de badigeonner les naseaux avec la vaseline crésjlée ou phéniquée, de manière à stériliser l'entrée des voies respiratoires. Les lavements phéniqiics ou crésylés ou de chlorhvdrate de quinine sont indiqués.
Le chlorhydrate de quinine peut être injecté sous la peau sans déterminer d'abcès, en adoptant la formule suivante :
Chlorhydrate neiilrt' dj i|iiinine. ... 5 à lo grammes.
Chlorure de sodium OS'.T.t.
Eau distillée 100 grammes.
On fait bouillir la solution chaque fois qu'on veut s'en servir.
4:° V élimination des produits toxiques. — Elle est obtenue à l'aide des expectorants et des diurétiques.
Les expectorants employés sont : la terpine, Vesscnce de térébenthine la créosote, le goudron, le kermès. On a conseillé Vésérine el hi jjHocarpine qui excitent les sécrétions intestinales ainsi que celles des muqueuses respiratoires; Cagny a employé avec succès le mélange des trois alcaloïdes : ésérine, pilocarpine et vératrine; toutes les essences peuvent exercer une action analogue à celle de l'essence de térébenthine. Il serait logique de la remplacer par celles qui ont une plus grande action antiseptique. Tous ces agents agissent en fluidifiant les séci"étions, en augmentant les forces mises en jeu par les appareils qui les conduisent au dehors ; ils améliorent la nutrition de l'appareil respiratoire et balayent les microbes infectieux. Le principal reproche qu'on peut leur faire, c'est de produire l'anurie comme l'essence de térébenthine et de congestionner le poumon comme la pilocarpine.
Les diurétiques parviennent heureusement à contrebalancer ces fâcheux elTels.
La digitale renforce l'action ducœiu", excite le pneumogastrique, ralentit le jeu du cœur, augmente la pression
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abcès pendant la convalescence. A la vérité, c'est là un petit inconvénient, si l'on prend soin de faire les injections en des régions où des accidents de nécrose ne sont pas à craindre : sur les faces de l'encolure, les parties latérales du poitrail, ou encore au niveau de la masse des extenseurs de l'avant-bras.
Chez maints malades présentant des troubles graves de neuro-myocardite, Cadiot a constaté les bons effets de ces injections : le renforcement des systoles, le relèvement du pouls et le ralentissement de la circulation. Tant que les symptômes en établissent l'indication, on peut continuer cette médication sans le moindre danger.
5" Lutter contre la suppuration et la ijançjrènc pulmonaire. — On utilise les toniques et \es antiseptiques.
Les toniques {quinquina, noix vomique. alcooliques, café) relèvent les forces du sujet, contribuent à la réparation du sang, secondent le phagocytisme et peuvent limiter le processus de destruction dont le poumon est le siège et assurer le triomphe de l'économie. Les pulvérisations dans le nez d'eau phéniquée, d'eau boriquée. de teinture d'iode diluée, réduisent le nombre des microbes.
Quand il existe des cavernes pulmonaires, on peut s'opposer à leur extension 'par l'administration d'antiputrides tels que la créosote, le goudron, V essence de verveine, de géranium, surtout de thym et de serpolet, qui sont de puissants antiseptiques: maison a peu de chance de guérir le malade.
6» Complications extrapulmonaires. — Elles réclament toutes une médication spéciale.
Les affections secondaires du cœur sont justiciables de l'iodure de potassium qui calme les palpitations, exagère l'énergie des systoles et dilate les petits vaisseaux, de la digitale, et des injections sous-cutatiées de caféine qui tonifient le cœur et régularisent la circulation pulmonaire en déterminant d'abord une large diastole, puis une forte systole ventriculaire.
lis POUMONS.
Los troubles urinatt'cs sont combattus par le lait, le bicarbonate de soude et dépotasse.
La sérothérapie des pneumonies a suscité divers travaux, dont les résultats on été d'abord peu satisfaisants.
Quelquefois on observe un notable abaissement de la température, mais généralement la marche de la maladie, sa durée, sa terminaison ne sont pas sensiblement influencées par le séi'um antistreptococcique (Lignières).
Les microbes de ces maladies ne sécrètent pas à proprement parler de toxine vaccinante; les pneumonies sont des maladies récidivantes. On ne vaccine pas plus les chevaux contre les pneumonies qu'à l'égard des suppurations streptococciques ou staphvlococciques.
7" Il faut soutenir ou exciter leti forces du malade. — La diète n'est pas un remède contre les maladies infectieuses. Les animaux qui souffrent beaucoup s'a' mettent d'eux-mêmes : il est toujours inutile de la prescrire. II faut, au contraire, réveiller leiu* appétit, donner des aliments de très bonne qualité et sous la forme qui les fait le mieux appeler (lait, carottes, betteraves hachées). On peut administrer de légers purgatifs composés de sulfate de soude ou de magnésie pom* vaincre la constipation fébrile, et des électuaires de poudre de réglisse, de gentiane et de miel, pour exciter l'appétit.